Sacro-spinal

Cette masse musculaire prend son origine à la face postérieure du sacrum et à la crête iliaque. Elle naît du fascia lombo-dorsal, fascia qui s’étend au-dessus du sacrum et qui y recouvre les origines inférieures du muscle transverso-spinal. Elle forme une couche superficielle qui, dans la région thoracique, se dirige en haut et un peu en dehors et arrive jusqu’à la nuque et au crâne. De la portion sacrée du fascia lombo-dorsal superficiel partent de larges bandelettes tendineuses qui recouvrent la masse musculaire sacro-spinale et lui servent de tendons d’origine.

Spino-transversaire ou splénius

Le MUSCLE SPLÉNIUS (fig. 260) forme une couche musculaire à la région thoracique supérieure et à la nuque. Il est recouvert par le trapèze, le rhomboïde et le petit dentelé postérieur et supérieur. Il prend ses origines aux apophyses épineuses des six premières vertèbres thoraciques et de la septième vertèbre cervicale, ainsi qu’à la partie inférieure du ligament de la nuque. Son corps- charnu, aplati, se dirige obliquement en haut et en dehors et se divise en deux faisceaux. Son faisceau inférieur, qui provient de deux à cinq vertèbres thoraciques, longe le bord externe du faisceau supérieur, et se divise alors en deux ou trois languettes qui vont s’insérer aux tubercules postérieurs des apophyses transverses des trois premières vertèbres cervicales. On désigne ce faisceau inférieur sous le nom de M. SPLÉNIUS DU COU (m. splenius cervicis vel colli). Le faisceau supérieur, qui prend ses origines aux apophyses épineuses des autres vertèbres, se dirige vers le haut et arrive jusqu’au crâne, où il va s’insérer à la ligne courbe supérieure de l’occipital, en dehors de l’origine du trapèze, ainsi qu’au bord postérieur de l’apophyse mastoïde. On lui donne le nom de M. SPLÉNIUS DE LA TÊTE (m. splenius capitis).

Muscles spino-dorsaux longs ou m. longs de la colonne vertébrale

Ces muscles constituent un groupe, qui n’intéresse guère que la colonne vertébrale, du sacrum au crâne. On les répartit, d’après leurs origines et leurs terminaisons, ainsi que d’après le trajet de leurs fibres, en plusieurs couches, qui se recouvrent partiellement, et dont plusieurs sont confondues à leurs points d’origine et de terminaison. Nous retrouvons donc, dans chacune de ces couches, le même type de disposition, correspondant à la segmentation du squelette axial. Tous ces muscles sont innervés par des rameaux dorsaux des nerfs spinaux.

Muscles spino-dorsaux

Les muscles spino-dorsaux sont des muscles qui dérivent des muscles latéraux dorsaux du tronc et qui ont conservé leur position primordiale. Très différenciés dans leurs couches superficielles, ils ont conservé dans leurs couches profondes la disposition métamérique primitive de leurs faisceaux. Ils nous montrent sous ce rapport toute une série de formes de transition. On désigne les muscles spino-dorsaux profonds sous le nom de muscles spino-dorsaux courts pour les distinguer des superficiels, auxquels on réserve le nom de muscles spino-dorsaux longs.

Muscles spino-costaux

Ces muscles vont des apophyses épineuses aux côtes. Ils sont innervés par des branches des nerfs intercostaux, c’est-à-dire par des rameaux ventraux. Ils se distinguent des muscles spino-huméraux, par leur composition métamérique, et des muscles spino-dorsaux, par leurs rapports avec des rameaux nerveux ventraux.

Muscles spino-huméraux

M.TRAPÈZE (Trapezius, Cucullaris) (fig. 258). Ce muscle recouvre la plus grande partie du dos jusqu’à la région lombaire. Il part de l’occipital, par une portion rétrécie qui s’insère à la ligne courbe supérieure. Il s’insère ensuite au ligament de la nuque, aux apophyses épineuses de la dernière vertèbre cervicale et de toutes les vertèbres thoraciques, ainsi qu’aux ligaments interépineux de ces vertèbres. De cette ligne d’origine ses fibres se dirigent en convergeant vers l’épaule. Son tendon d’origine est mince et étroit dans sa portion crânienne ainsi qu’au niveau de la partie supérieure du ligament de la nuque. Il s’élargit dans la partie inférieure de ce dernier et constitue, jusqu’au niveau de l’apophyse épineuse de la deuxième vertèbre thoracique, une lame tendineuse étendue latéralement. Les parties du muscle qui naissent de l’occipital et de la partie supérieure du ligament de la nuque se dirigent obliquement en avant et en bas jusqu’à l’acromion; les faisceaux suivants s’insèrent à l’acromion et à l’épine de l’omoplate. Les faisceaux inférieurs du muscle se dirigent obliquement en haut et en avant et vont s’insérer également à l’épine de l’omoplate. Ils se réunissent en un tendon terminal commun, qui passe sur l’origine de l’épine de l’omoplate et va s’insérer en arrière et en bas, sur cette épine.

Muscles dorsaux

La face dorsale du corps est occupée par une masse musculaire considérable, que l’on peut répartir en deux groupes très différents. Le groupe superficiel comprend des muscles généralement très larges et aplatis, qui se rattachent aux membres supérieurs. Ils naissent principalement de la colonne vertébrale, surtout des apophyses épineuses. Le groupe profond est formé par des muscles recouverts par les. précédents et affectant des rapports plus immédiats avec la colonne vertébrale. Nous désignons les muscles du groupe superficiel sous le nom de MUSCLES SPINO-HUMÉRAUX, en prenant le mot humérus dans un sens très large.

Muscle de l’axe du corps

De même que le squelette de l’axe du corps s’est moins hautement différencié du côté dorsal, c’est-à-dire dans les arcs vertébraux et leurs apophyses, que du côté ventral, c’est-à-dire dans les côtes et leurs dérivés, de même nous constatons que la musculature primordiale de l’axe du corps a conservé du côté dorsal des rapports plus primitifs que du côté ventral. Dans la région du tronc, les modifications subies par la musculature sont dues au développement ou à l’atrophie des côtes ; dans la région de la tête elles doivent leur origine au développement de la mâchoire inférieure et de l’os hyoïde ainsi qu’à l’atrophie des autres arcs du squelette viscéral. Les modifications qu’a fait subir à la conformation de la tête le perfectionnement des organes des sens ont aussi exercé une  influence importante sur le système musculaire.

DISPOSITION DU SYSTÈME MUSCULAIRE

A première vue il semble bien difficile, si l’on examine la disposition des muscles du corps, d’en établir une répartition rationnelle et systématique. Presque partout nous les voyons disposés en plusieurs couches, formées elles- même de groupes distincts, dans lesquels les muscles diffèrent les uns des autres par leur forme et par leur action. L’on a adopté jusqu’ici, pour en faire l’exposé didactique, la division en régions de la musculature, comme étant la plus naturelle. En fait, les muscles sont répartis en différents groupes correspondant aux différentes régions du .corps, et cette répartition est due non seulement à leurs rapports avec les pièces du squelette, mais aussi à leurs connexions nerveuses. Cependant en beaucoup de points du corps nous trouvons réunis des muscles dont ;l’action physiologique est différente. Toutefois, lorsque nous rencontrons i dans la même région topographique des muscles qui sont innervés par des nerfs très différents, nous sommes en droit, d’après ce que nous avons dit précédemment sur l’origine congénère des muscles et de leurs nerfs , de douter de l’unité réelle de cette région.

APPAREILS ACCESSOIRES DU SYSTÈME MUSCULAIRE

Il se forme dans le voisinage des muscles des appareils accessoires qui facilitent leur travail physiologique. De même que tous les organes du corps sont unis par du tissu conjonctif, de même aussi les différents muscles sont unis les uns aux autres par ce tissu. Il comble les interstices qui existent entre eux, forme des cloisons de séparation entre les différents muscles et livre passage aux vaisseaux et aux nerfs qui s’y rendent Cette disposition du tissu conjonctif intersticiel est identique à celle du périmysium interne et du périmysium externe. Il y a cependant entre le périmysium et le tissu conjonctif interstitiel une différence importante. Cette différence est due aux rapports différents des éléments qu’ils unissent. Tandis que les faisceaux d’un même muscle agissent simultanément, au contraire les différents muscles, qui se trouvent dans le voisinage immédiat les uns des autres, n’agissent pas toujours simultanément. Cette autonomie de leurs fonctions n’est pas sans exercer son influence sur le tissu intersticiel qui les unit. Tandis que le périmysium externe d’un muscle quelconque est toujours en connexion intime avec son périmysium interne, il n’est généralement pas intimement uni au tissu intersticiel, qui le sépare d’un muscle voisin. La contractionne s’accomplissant pas en même temps dans les différents muscles voisins, il en est résulté un relâchement du tissu intersticiel qui les sépare. C’est aussi ce qui s’est produit autour des tendons terminaux, qui dans certaines circonstances, surtout dans les muscles pluriarticulés, se meuvent sous l’action de leurs muscles. Cette séparation du muscle d’avec le tissu intersticiel a nécessairement déterminé une certaine autonomie de ce dernier. Le relâchement conduit à la séparation. C’est de là que proviennent ces dispositions que nous désignons sous le nom d’appareils accessoires du système musculaire. Les principaux sont les fascias, les gaines tendineuses et les bourses muqueuses, TOUTES FORMATIONS QUI ONT LA MÊME ORIGINE TOUS PRODUITS DE L’ACTIVITÉ DESMUSCLES.
FASCIAS.

Action des muscles

L’action exercée par les muscles du squelette s’exprime par les mouvements des pièces squelettiques. Grâce au raccourcissement du corps du muscle, son point de terminaison se rapproche de son point d’origine, ou bien c’est l’inverse qui a lieu dans certaines circonstances, comme nous l’avons dit précédemment .

Muscles et nerfs

L’activité d’un muscle repose d’abord sur une contraction du corps du muscle. Cette contraction est le résultat de l’irritation que le muscle reçoit du nerf avec lequel il est uni. Quand il n’est pas irrité, le muscle est inactif, il est au repos. La destruction du nerf est suivie de la paralysie du muscle. Le muscle est donc, pour sa fonction, sous la dépendance de son nerf, le système musculaire, sous la dépendance du système nerveux. L’existence du nerf moteur suppose l’activité du muscle. De même que les éléments constitutifs du nerf et du muscle sont unis d’une façon continue, de même aussi le muscle et le nerf s’appartiennent mutuellement l’un à l’autre, le premier représentant l’APPAREIL TERMINAL du second. On peut donc grouper les muscles d’après leurs nerfs. Les muscles innervés par le même tronc nerveux font partie du même groupe. Les différents groupes de muscles sont donc d’ordres différents.

STRUCTURE DES MUSCLES

Les fibres musculaires d’un muscle ne s’unissent pas directement aux parties qu’elles servent à faire mouvoir, mais elles le font par l’intermédiaire de faisceaux fibreux qui existent aux deux extrémités du muscle et qui constituent ses tendons. Il y a donc à distinguer dans un muscle la portion charnue, c’est-à-dire le corps du muscle, qui est formée de fibres musculaires et qui en constitue la partie la plus volumineuse, et les tendons, qui en partent. Le corps du muscle est sa partie active.

Différenciation du système musculaire

Chez les vertébrés primitifs tout le système musculaire est formé de parties identiques, disposées d’une façon métamérique. Ces segments musculaires (métamères du système musculaire ou myomères) dérivent des plaques musculaires des protovertèbres et offrent primitivement la même disposition que ces dernières. C’est aux dépens des plaques musculaires que se développe toute la musculature du tronc et des membres. Les protovertèbres étant situées du côté dorsal, les plaques musculaires gagnent, en se développant, la région ventrale du corps. Les myomères sont séparés les uns des autres par des lames de tissu conjonctif, verticalement placées, qui forment entre eux des cloisons de séparation dans toute la longueur du corps. Ces cloisons servent en même temps d’insertion aux éléments constitutifs contractiles des différents segments. Il existe ainsi, de chaque côté de la ligne médiane, une couche musculaire, divisée en métamères ou segments et étendue dans toute la longueur du corps. La couche droite est séparée de la gauche, sur la ligne médiane, tant à la face ventrale qu’à la face dorsale. Cette musculature, les muscles latéraux du tronc, comme on les appelle, fonctionne comme organe de locomotion, bien que, dans sa disposition la plus simple, elle ne soit pas encore unie au système squelettique. C’est cette disposition que montre également le système musculaire, chez les vertébrés supérieurs, à un stade reculé de l’ontogénie.

Répartition des régions de la surface de l’axe du corps

Comme le relief de la surface du corps est, en grande partie, dû à la musculature, c’est ici que nous devons étudier la répartition des différentes régions qu’il y a lieu de distinguer. La distinction de ces régions a, en effet, une importance pratique. Les faces antérieure et postérieure de l’axe du corps, nous les désignons respectivement sous les noms de face ventrale et face dorsale.