Répartition des régions de la surface de l’axe du corps

 

Comme le relief de la surface du corps est, en grande partie, dû à la musculature, c’est ici que nous devons étudier la répartition des différentes régions qu’il y a lieu de distinguer. La distinction de ces régions a, en effet, une importance pratique. Les faces antérieure et postérieure de l’axe du corps, nous les désignons respectivement sous les noms de face ventrale et face dorsale.

La FACE DORSALE de l’axe du corps est délimitée supérieurement par la ligne courbe supérieure de l’occipital et inférieurement par les crêtes iliaques. Latéralement la partie supérieure du dos, encore appelée région de la nuque ou région cervicale postérieure (regio nuchalis, regio cervicalis posterior, nucha ou cervix), est séparée de la région cervicale antérieure par une ligne menée de l’apophyse mastoïde à l’acromion. Plus bas, l’omoplate établit la séparation entre la région scapulaire et la région thoracique moyenne ou interscapulaire (regio interscapularis). A cette dernière font successivement suite, de haut en bas, la région lombaire et la région sacrée. La première est séparée de la face ventrale par une ligne verticale menée de la dernière côte à la crête iliaque. Enfin la région sacrée est en rapport avec la région fessière (regio glutycalis), qui fait déjà partie du membre inférieur.

De même que la face ventrale du squelette de l’axe du corps se divise en un plus grand nombre de parties que sa face dorsale, de même aussi la face ventrale de la surface du corps comprend un plus grand nombre de régions distinctes que sa face dorsale. La face ventrale ou antérieure de la tête offre à considérer la portion faciale, qui se divise en plusieurs régions, en rapport avec les différents organes de la face. La région cervicale antérieure ou région du cou (regio cervicalis anteriorvel r. colli) est séparée de la région cervicale postérieure par la ligne dont nous avons donné précédemment le trajet. Sa limite inférieure est formée par la clavicule et le manubrium du sternum.

On range dans la région du cou une partie qui rigoureusement appartient à la tête, en ce sens qu’on lui donne pour limite supérieure le bord de la mâchoire inférieure. La région cervicale antérieure comprend une partie médiane et deux parties latérales. La région médiane du cou (regio mediana colli) est comprise entre deux lignes parallèles que l’on suppose menées, à droite et à gauche de la ligne médiane, de chacune des articulations sterno-claviculaires jusqu’au bord du menton. Cette région montre, dans sa partie inférieure, une dépression, la fosse jugulaire (fovea jugularis). Au-dessus de cette dernière, le cartilage thyroïde, forme une saillie, l’éminence du larynx ou pomme d’Adam (prominentia laryngea), qui est plus prononcée chez l’homme que chez la femme, où elle est généralement à peine indiquée. Au-dessus de la pomme d’Adam se tl trouve l’os hyoïde ; de là le nom de région hyoïdienne (regio hyoidea) qu’on donne à la partie de la région médiane du cou comprise entre l’os hyoïde et la pomme d’Adam. La partie de la région médiane du cou, comprise entre l’os hyoïde et le bord du maxillaire inférieur est désignée sous le nom de région sous-mentonnière (regio submentalis). Chacune des deux régions cervicales latérales se trouve divisée en deux triangles séparés par une saillie, oblique de bas en haut et de dedans en dehors, et formée par le muscle sterno-cleïdo-mastoïdien. Le triangle cervical inférieur (trigonum cervicale inferius) a sa base formée par la clavicule ; son sommet est dirigé vers le haut. Au-dessus de la clavicule, ce triangle présente à considérer la fosse sus-claviculaire (fossa supraclavicularis), qui est particulièrement marquée chez les individus maigres. Elle est délimitée en arrière et en haut par le ventre inférieur ou postérieur du muscle omohyoïdien qui généralement ne se voit pas à la surface. Le triangle cervical supérieur (trigonum cervicale superius) constitue dans sa partie supérieure, délimitée par le maxillaire inférieur, une région spéciale connue sous le nom de région sous-maxillaire (regio submaxillaris). L’angle postérieur et supérieur du triangle cervical supérieur est en rapport avec la région rétro-maxillaire (regio retro-mandibularis vel retro-maxillaris), qui fait réellement partie de la tête. Cette région forme, en arrière du maxillaire inférieur jusqu’à l’oreille, une dépression, dont l’extrémité est désignée aussi sous le nom de fosse parotidienne (fossa parotidea).

Voir également  Différenciation du système musculaire

A la région du cou fait suite la région thoracique (regio thoracica), qui comprend toute la surface du thorax. Elle se divise en une partie antérieure, deux parties latérales et une partie postérieure. La région thoracique antérieure (regio thoracica anterior) se subdivise elle-même en une région médiane et des régions latérales. Deux lignes menées verticalement à partir des articulations sterno-claviculaires délimitent à droite et à gauche la région sternale (regio sternalis). En dehors de la région sternale, il y a lieu de distinguer en allant de haut en bas : la région sous-claviculaire (regio infraclavicularis) ; la région mammaire (regio mammaria), dans les limites de laquelle se trouvent les glandes mammaires, volumineuses chez la femme, atrophiées chez l’homme ; la région sous-mammaire (r. inframammaria), dont la limite supérieure est formée, chez la femme, par le bord inférieur du sein, et se trouve chez l’homme au niveau de l’extrémité osseuse de la sixième côte. L’arc costal en forme ainsi toujours la limite inférieure. Chacune des régions thoraciques latérales (r. thoracica lateralis) forme, à sa partie supérieure, le creux axillaire (fovea axillaris), qui se trouve au-dessous de l’articulation scapulo-humérale. Le creux axillaire est délimité en arrière par le bord externe du muscle grand dorsal et en avant par le bord externe du muscle grand pectoral. Cette dépression est due à l’union intime de la peau avec des faisceaux fibreux unis aux tendons terminaux de ces deux muscles. Ces faisceaux renforcent le tissu conjonctif, qui prolonge vers le haut le fascia brachial et qui enveloppe des vaisseaux et des nerfs.

En raison de l’importance des organes contenus dans la cavité thoracique, l’on a fixé, afin de déterminer les rapports de situation de ces organes et leurs modifications, un certain nombre de lignes, que l’on suppose menées verticalement sur le thorax en des points bien spécifiés. Ce sont : 10 la ligne sternale (lineasternalis), qui correspond à la ligne médiane du sternum; 20 la ligne paraslernale (1. parasternalis), qui est située en dehors de la précédente et court parallèlement à elle. Elle part du point d’union du tiers moyen de la longueur de la clavicule avec son tiers interne (extrémité sternale de la clavicule) et croise la deuxième côte généralement au point d’union de sa partie osseuse avec son cartilage costal ;  la ligne mamillaire ou papillaire (l. mamillaris, vel papillaris), qui est parallèle à la précédente, et qui en est séparée par un intervalle égal à celui qui existe entre la ligne sternale et la ligne parasternale. Elle doit son nom à ce fait qu’elle passe par le mamelon ; la ligne axillaire (l. axillaris), qui part verticalement du creux axillaire; la ligne scapulaire (l. scapularis), qui part de l’angle inférieur de l’omoplate et est menée verticalement, parallèlement à la colonne vertébrale. Elle passe à peu près par la ligne que forme la huitième côte avec l’angle de cette côte.

La limite inférieure de la région thoracique forme la limite supérieure de la région abdominale (regio abdominalis). Cette dernière est divisée en trois régions, la région épigastrique, la région mésogastrique et la région hypogastrique (fig. 252), par deux lignes horizontales, dont l’une est supposée menée de l’extrémité libre de la dernière côte gauche à l’extrémité libre de la dernière côte droite, et dont l’autre est censée unir superficiellement les deux épines iliaques antérieures et supérieures. La région épigastrique (r. epigastrica) est divisée en une région médiane et deux latérales. La première, à laquelle se termine l’appendice xiphoïde du sternum, est généralement un peu déprimée. Elle forme l’épigastre (epigastrium), que l’on désigne aussi à tort sous les noms de creux de l’estomac et de fossette cardiaque (scrobiculus cordis). Ses régions latérales, qui s’étendent au-dessous des côtes osseuses, sont appelées les hypocondres. La région mésogastrique (r. mesogastrica) s’étend plus loin en arrière que les autres; elle comprend la partie externe, la plus étendue, de la face ventrale. Au milieu de sa ligne médiane se trouve l’ombilic, d’où partait chez le fœtus le cordon ombilical. La région avoisinant cette cicatrice ombilicale est appelée région ombilicale (r. umbilicalis). En dehors de cette dernière on trouve la région iliaque (r. iliaca) que l’on suppose séparée de la région lombaire (r. lumbalis), située en arrière et que nous avons déjà mentionnée en parlant des régions de la face dorsale, par une ligne verticale menée de l’extrémité libre de la dernière côte à la crête iliaque. On désigne sous le nom de région lombaire externe (r. lumbalis lateralis) la partie de la région lombaire située en dehors des muscles longs du dos. La région hypogastrique (r. hypogastrica) comprend aussi une partie médiane et deux parties latérales. La première se termine à la symphyse du pubis dans la région pubienne (r. pubica), qui est occupée par le mont de Vénus (monsVeneris). Chacune des parties latérales de la région hypogastrique est délimitée inférieurement par le pli de l’aine et constitue la région inguinale (r. inguinalis).