Os de la base du crâne

 

La plupart de ces os proviennent de l’ossification du crâne primordial. Nous rangeons ici l’occipital, le sphénoïde, les temporaux. L’ethmoïde appartient aussi partiellement à la base du crâne, qu’il complète en avant; mais il délimite principalement les cavités nasales. C’est pour ce motif que nous le rangeons parmi les os de la région nasale.

Occipital (Occipitale)

L’occipital forme la partie la plus postérieure du crâne. Il établit l’union entre le crâne et la colonne vertébrale et participe à la fois à la formation de la base et à celle de la voûte du crâne. Il présente un grand orifice, qui met en communication la cavité crânienne et le canal spinal : c’est le trou occipital (foramen occipitale, foramen magnum).

Il y a lieu de distinguer à cet os quatre parties, disposées autour du trou occipital et servant à le délimiter. Le bord antérieur du trou occipital est formé par le corps de l’os (portion basilaire ou occipital basilaire). Ses bords latéraux sont formés par les parties latérales de l’os, c’est -à- dira par les occipitaux latéraux. Enfin en arrière il est délimité par l’écaille de l’occipital. Tandis que le corps et les parties latérales dérivent complètement du crâne primordial cartilagineux, seule la partie inférieure de l’écaillé présente la même origine. Sa partie supérieure, interposée entre les pariétaux, ne dérive pas du crâne primordial, mais constitue, comme les autres os de la voûte du crâne, un os de revêtement : déjà pendant le troisième mois de la vie fœtale, il commence à se souder avec la partie inférieure de l’écaillé. L’écaillé est donc formée de deux pièces : l’une fait partie du crâne primordial; son ébauche cartilagineuse primitive délimite en arrière le trou occipital et on la désigne sous le nom d’occipital supérieur; l’autre est un os de recouvrement qui s’unit au précédent : c’est l’interpariétal (fig. 140).

Les différentes parties de l’occipital représentent des os distincts, qui restent séparés chez les vertébrés inférieurs : l’interpariétal est propre aux mammifères. Chez l’homme ils ne sont pas encore soudés entre eux au moment de la naissance. Seul l’interpariétal est fusionné presque complètement avec l’occipital supérieur: il existe toutefois encore une trace de la séparation primitive, sous forme d’une fente partant du bord de l’os et insinuée entre les deux pièces (fig. 140).

Chez les singes l’interpariétal existe, sauf chez les Mycètes. L’interpariétal se forme par deux centres d’ossification : il est donc primitivement pair comme les autres os de revêtement.

Le CORPS de l’occipital ou occipital basilaire (Occipitale basilare) présente son maximum d’épaisseur dans sa partie antérieure, là où il se met en rapport avec le corps du sphénoïde, auquel il se soude plus tard. Sa face supérieure, un peu déprimée en gouttière (gouttière basilaire), regarde vers la cavité crânienne et est légèrement oblique en arrière et en bas. Elle se continue avec la face inférieure du corps de l’os, le long du bord antérieur du trou occipital. Au milieu de la face inférieure fait saillie un tubercule aplati, le tubercule pharyngien (tuberculum pharyngeum). Le bord externe rugueux du corps de l’occipital ne s’étend pas dans toute sa longueur. Il est uni par du fîbro-cartilage avec la portion pétreuse du temporal, et, sur cette étendue, il règne à la face supérieure un sillon, dans lequel repose un vaisseau sanguin de la dure-mère. La partie postérieure du corps de l’os, qui intervient pour la plus grande part dans la délimitation du trou occipital, se prolonge encore un peu en dehors et déborde le condyle articulaire, dont il forme la partie antérieure (fig. 140).

Les PARTIES LATÉRALES ou occipitaux latéraux (Occipitalia lateralia) présentent leur maximum de développement à leur point d’union avec le corps; en ce point, elles sont plus hautes que larges; en arrière elles s’élargissent horizontalement, s’aplatissent et se continuent insensiblement avec l’écaillé.

A leur partie antérieure, elles portent les condyles articulaires, recouverts de cartilage, c’est-à-dire les condyles occipitaux (voir aussi fig. 186), qui articulent avec l’atlas. La surface de chaque condyle est convexe d’arrière en avant et de dehors en dedans. La convexité est plus forte dans la partie antérieure du condyle que dans sa partie postérieure. Les axes longitudinaux des afleux condyles convergent en avant : le sommet de l’angle qu’ils forment correspondrait à peu près à la limite antérieure du corps de l’os. La partie antérieure du condyle siège sur une saillie de l’os, tandis que sa partie postérieure est dirigée vers une dépression, la fosse condylienne postérieure, dans laquelle se trouve le trou condylien postérieur (foramen condyloideum posterius), l’orifice postérieur d’un canal très variable, le canal condylien (canalis condyloideus). Au-dessus du condyle, la partie latérale est traversée par un canal constant, qui donne passage au nerf hypoglosse, c’est 1 Q canal de hypoglosse (canalis hypoglossi); son orifice situé au dessus du condyle porte le nom de trou condylien anterieur (for. condyl. ant.). Il est souvent divisé en deux parties par une bandelette osseuse.

Le bord latéral ou externe présente une échancrure à concavité antérieure  et offrant le plus souvent une arête vive : c’est l’échancrure jugulaire (incisura igularis). L’angle externe de cette échancrure est formé par l’apophyse jugulaire (processus jugularis) qui délimite en avant l’extrémité d’une gouttière courant à la face interne de l’os et appelée gouttière du sinus latéral. Nous décrirons cette gouttière en parlant de l’écaille de l’occipital. L’échancrure jugulaire contribue à former le trou jugulaire ou trou déchiré postérieur (foramen jugulare). A partir de l’apophyse jugulaire, le reste du bord latéral est rugueux et s’unit par suture dentée avec la portion pétreuse du temporal.

L’union du corps de l’occipital avec ses parties latérales est souvent représentée par un renflement qui fait saillie dans la cavité crânienne. Une épine dirigée en dehors et en arrière sert parfois à délimiter en avant le trou jugulaire, de telle sorte qu’alors la plus grande partie du périmètre de ce trou est formée par l’occipital. Les surfaces articulaires des condyles sont très variables dans leur disposition. Il n’est pas rare que la convexité soit divisée en deux facettes par une dépression La facette postérieure se termine alors brusquement dans la fosse condylienne postérieure. C’est De fond de cette fosse qui constitue la partie la plus mince de l’occipital. Au niveau de l’apophyse jugulaire on trouve fréquemment, à la face inférieure de l’os une apophyse tronquée (fig. 188) pour l’insertion du muscle droit latéral de la tête (musc.prectus capitis lateralis). Cette saillie correspond à l’apophyse paramastoïde ou jugulaire, bien développée chez une foule de mammifères et particulièrement chez les ongulés et les rongeurs. Une saillie, appelée apophyse interjugulaire (processus interjugularis) procède de l’échancrure jugulaire, se dirige vers une saillie semblable di portion pétreuse du temporal et tend à subdiviser le trou déchiré postérieur en ) partie externe généralement plus grande et en une partie interne plus petite.

L’ÉCAILLE de l’occipital forme la partie la plus étendue de l’os. Nous lui distinguons une face interne ou cérébrale et une face externe, la convexité cette dernière correspondant exactement à la concavité de la première. Lapa* supérieure triangulaire de la face externe est lisse et constitue la surface occipitale (planum occipitale). Elle se distingue nettement de la partie inférieure rugueuse, qui donne insertion aux muscles de la nuque et que l’on appelle pour ce motif, surface nuchale (planum nuchale) (fig. 141). A la limite entres ces deux surfaces se trouve sur la ligne médiane la protubérance occipitales externe (protuberantia occipitalis externa), d’où part verticalement vers le trou occipital une crête peu accusée d’abord et qui devient dans la suite beaucoup plus marquée : on désigne cette crête sous le nom de ligne médiane dans  la nuque ou crête occipitale externe (Linea nuchœ mediana vel crista occiitalis externa). Elle divise la surface nuchale en deux moitiés latérales et sert  comme la protubérance occipitale externe, à l’insertion du ligament de la nuque De la protubérance part latéralement une ligne, à faible convexité supérieure; c’est la ligne courbe supérieure ou ligne supérieure de la nuque (linea nuchae superior), formée par une série de rugosités, qui séparent la surface occipitale de la surface nuchale. Parallèlement à cette ligne, court la ligne courbe infeieure ou ligne inférieure de la nuque (linea nuchae inferior), qui divise surface nuchale en deux parties superposées. Elle part de la crête occipitale  externe et se dirige vers le bord externe de l’écaillé.

La ligne courbe supérieure s’élargit très souvent dans sa partie externe et délimite une surface en forme de croissant, dont la convexité est dirigée vers le haut. L’on désigne alors la limite supérieure du croissant sous le nom de ligne suprême de nuque (linea nuchae suprema), réservant le nom de ligne supérieure de la nuque sa limite inférieure (fig. 141).

La face interne de l’écaillé présente en général les particularités qu’offre face cérébrale des autres os du crâne. On y trouve une saillie ou éminence cruciale (eminentia  cruciata), délimitant quatre fosses. Les deux fosses inférieures reçoivent le cervelet ; dans les deux fosses supérieures viennent se loger les lobes a postérieurs des hémisphères cérébraux. Le point de bifurcation des deux branches de l’éminence cruciale est formé par la protubérance occipitale interne (protuberantia occipitalis interna), qui correspond à la protubérance occipitale externe. La partie supérieure de la branche verticale de l’éminence cruciale est creusée en une large gouttière aplatie, qui généralement se prolonge dans une gouttière de la branche transversale droite, mais qui parfois aussi continue avec une gouttière que présente la branche transversale gauche La gouttière de la partie supérieure de la branche verticale est appelée gouttière du sinus longitudinal (sulcus sagittalis). Les gouttières des branches transversales droite et gauche sont désignées sous le nom de gouttières du sinus latéral (sulcus transversus). Quant à la partie inférieure de la branch verticale de l’éminence cruciale, on l’appelle crête occipitale interne (cristal occipitalis interna). Elle offre plus rarement une faible gouttière et généralement.

Elle  fait plus fortement saillie. Dans le voisinage du trou occipital elle se divise en  deux bourrelets qui entourent ce trou.

On donne aux bords de l’écaillé des noms en rapport avec les connexions qui’ils présentent avec les os voisins. La partie inférieure des bords latéraux, designée sous le nom de bord mastoïdien (margo mastoideus), s’articule, à l’aide d’une suture dentée peu marquée, avec la portion mastoïdienne du temporal. La partie supérieure de chacun de ses  bords latéraux forme avec la partie inferieure un angle latéral obtus : superieurement elle s’unit, en formant un angle aigu, avec la partie corresponde du bord latéral de l’autre côté, elle s’articule avec le pariétal suivant la nature occipitale ou lambdoïde. D’où le nom de bord pariétal ou lambdoïde (margo parietalis vel lambdoides) qu’on lui  donne (fig. 142).

La partie de la surface nuchale comprise entre la ligne courbe supérieure et la ligne de la courbe inférieure est divisée en deux portions par une ligne oblique qui, partant de ligne courbe supérieure, sur la ligne médiane, se dirige en dehors et en bas vers la ligne courbe inférieure. La portion ;interne de la surface nuchale, ainsi délimitée, est souvent rugueuse et donne insertion au muscle grand complexus (musculus  demi-spinalis capitis). La portion externe donne insertion au muscle petit oblique (musculus obliquus capitis superior). La ligne de la courbe supérieure forme parfois une saillie plus considérable, qui se confond aussi plus pu moins avec la ligne suprême de la nuque, bien qu’elle puisse également en être distincte. Cette saillie peut même constituer un bourrelet transversal (torusn occipitalis) chez certaines races humaines. Chez les singes ce bourrelet remplace la crête occipitale externe.

Le fusionnement des diverses parties de l’occipital, sur le pourtour du trou occipital ont  eu  lieu plusieurs années après la naissance. Il est généralement achevé vers l’âge de six ou sept ans.

L’interpariétal se maintient parfois, mais rarement, comme os distinct. Il ne peut cependant pas alors être confondu avec les os intercalaires de la suture lambdoïde qui  souvent atteignent une grandeur considérable et constituent une partie de l’interpariétal.

c’est cet os que l’on a décrit dans les momies péruviennes sous le nom d’os Inca  La suture qui sépare cet os de revêtement du reste de l’occipital, ou bien les vestiges de cette suture semblent s’être conservés plus longtemps chez les anciens Péruviens que dans les autres races.

Sphénoïde (Sphenoidale)

Le sphénoïde occupe le milieu de la base du crâne. Son corps est situé sur la ligne médiane en avant de la portion basilaire de l’occipital. Grâce à sa situation, il entre en rapport avec la plupart des os du crâne. Il se compose de plusieurs pièces (fig. 143), qui se fusionnent à la fin de la vie fœtale et qui proviennent de l’ossification du crâne primordial. Ces pièces constituent des éléments distincts du < crâne chez une foule de vertébrés inférieurs ; ils sont encore même partiellement distincts chez les mammifères.

Ainsi le corps de l’os, qui se trouve sur la ligne médiane, est formé par deux pièces distinctes (fig. 144), l’une, postérieure, appelée basisphénoïde ou sphénoïde basilaire postérieur, l’autre antérieure, appelée présphénoïde ou sphénoïde basilaire antérieur. Chacune de ces deux parties du corps est en rapport avec une paire de pièces latérales, désignées sous le nom d ailes ou sphénoïdes latéraux (fig. 143).

Les ailes postérieures sont, chez l’homme, beaucoup plus développées que les ailes antérieures. Elles interviennent dans la délimitation de la fosse temporale et sont désignées sous le nom d’ailes temporales ou grandes ailes. Les ailes antérieures, qui, chez l’homme, sont plus petites que les précédentes, sont appelées ailes orbitaires ou petites ailes. Chacune des ailes temporales présente, à une période reculée du développement, une apophyse dirigée vers le bas : c’est l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde future. On la désigne sous le nom d’apophyse de l’aile.

Voir également  Maxillaire supérieur

A la face interne de cette apophyse s’applique le ptérygoïde. Cet os primitivement ne fait pas partie du crâne, mais il se soude secondairement avec l’apophyse de l’aile, pour former avec elle l’apophyse ptérygoïde du sphénoïde. Le ptérygoïde (fig. 143, P T.) constitue la lamelle ou aile interne de l’apophyse ptérygoïde.

La formation du corps du sphénoïde aux dépens d’une pièce antérieure et d’une pièce postérieure (fig.144) détermine la forme allongée que présente encore le corps de l’os au moment de la naissance. Sa forme est alors la même que celle qu’il possède chez la plupart des mammifères, chez lesquels ses deux pièces constitutives restent séparées. Après que ce fusionnement s’est produit la face supérieure, on trouve encore des restes cartilagineux entre les pièces du corps de l’os, dans sa partie inférieure. Lorsque le fusionnement est achevé, le corps de l’os se développe moins dans le sens sagittal que dans le sens transversal, et la forme e cette partie de l’os, désormais unique, devient plus cubique. Plus tard il se fait même une soudure entre le corps du sphénoïde et le corps de l’occipital. Cette soudure commence aussi, vers l’âge de douze ou de treize ans, à se produire à l’intérieur; elle est achevée lorsque la croissance est complète. Le sphénoïde constitue alors avec l’occipital un os unique (os tribasilaire de VIRCHOW). Parfois cependant les deux os restent séparés pendant toute la durée de la vie. Chez le nouveau-né la synchondrose sphéno-occipitale ou sphéno-basilaire, comme on l’appelle également, s’étend sur la partie supérieure du sphénoïde jusqu’au dos de la selle turcique, qui est encore cartilagineux (fig. 144).

Le CORPS présente d’une façon générale une forme cubique. Sa face postérieure est dirigée un peu obliquement en bas et se trouve unie au corps de l’occipital par une couche de cartilage (synchondrose sphéno-basilaire), jusqu’au moment où s’accomplit la soudure des deux os. Elle est rugueuse aussi longtemps qu’elle constitue une face distincte.

La face supérieure regarde vers la cavité crânienne : elle forme la selle turcique (sella turcica, Ephippium). Elle présente une dépression transversale considérable, la fosse pituitaire, qui est moins profonde en dehors où elle se continue avec les grandes ailes. En arrière elle est délimitée par une saillie transversale, le dos de la selle turcique (dorsum ephippii, fig. 145). Les deux angles externes de la crête du dos de la selle turcique s’étendent en avant sous forme d’apophyses, les apophyses clinoïdes postérieures (processus clinoidei posteriores). La face postérieure de la selle turcique se continue avec la face supérieure du corps de l’occipital et forme avec elle le clivus. La place qu’occupait primitivement la synchondrose est fréquemment marquée chez l’adulte par des rugosités. La fosse pituitaire est délimitée en avant par un bourrelet transversal, tantôt aplati, tantôt faisant un peu saillie en arrière : c’est la tête ou tubercule de la selle turcique (tuberculum ephippii). Sur les côtés de la fosse pituitaire et un peu en avant se trouve, à droite et à gauche, une apophyse clinoïde moyenne (processus clinoïdeus medius): elles font fréquemment défaut. En avant du tubercule de la selle turcique, la face supérieure, à peu près plane, du corps du sphénoïde se continue latéralement avec la face supérieure de la petite aile : elle est unie en avant, par un bord déchiqueté, avec la lame criblée de l’ethmoïde.

Chacune des faces latérales du corps de l’os se continue avec les ailes; en avant et en haut partent les petites ailes; en arrière et en bas, les grandes ailes. A la racine des grandes ailes règne un sillon antéro-postérieur qui longe latéralement la selle turcique; c’est le sillon carotidien (sulcus caroticus), dans lequel court l’artère carotide interne. Ce sillon est délimité en dehors par une saillie plus ou moins forte, la lingula sphénoïdale (lingula sphenoidalis) (fig., 145).

La face antérieure forme une partie de la voûte des fosses nasales. Elle est marquée par une crête verticale médiane, la crête sphénoïdale (crista sphenoidalis), qui se continue en une saillie dirigée en avant et en bas et appelée bec du sphénoïde (rostrum sphenoidale) (fig. 146). La crête sphénoïdale unit sur la ligne médiane deux minces lamelles osseuses qui recouvrent en avant et en bas le sinus qui existe dans l’intérieur du corps de l’os. Ces lamelles sont les cornets de Bertin ou sphénoïdaux (ossicula Bertini, conchae sphenoïdales) (fig. 146).

Il arrive fréquemment que ces cornets restent unis à l’ethmoïde et se détachent avec lui : c’est pourquoi on les rattache parfois à l’ethmoïde. Ils présentent dans leur partie supérieure une échancrure qui délimite inférieurement un orifice de communication entre les cavités nasales et le sinus sphénoïdal. La crête sphénoïdale et le bec sont articulés avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde.

Le bord externe de la face antérieure du corps de l’os s’articule avec le bord postérieur du labyrinthe de l’ethmoïde et est superficiellement en contact avec le bord postérieur de la lame papyracée de ce même os.

La face inférieure intervient aussi pour former la paroi supérieure des fosses nasales. Elle présente une saillie médiane, souvent effilée, qui se continue dans le bec du sphénoïde, dont elle est parfois séparée par une dépression, contenant un reste de cartilage. Ce point correspond à la limite entre le sphénoïde basilaire antérieur et le sphénoïde basilaire postérieur. Latéralement la face inférieure est, à droite et à gauche, séparée de la grande aile par un sillon qui court d’avant en arrière et de dehors en dedans. Entre le sillon externe et la saillie médiane de l’os se trouve ainsi délimitée, à droite et à gauche, une surface triangulaire, qui fait partie de la face inférieure du corps de l’os et qui est en rapport, dans l’os complètement développé, avec le cornet de Bertin correspondant, ce dernier étant soudé au sphénoïde (fig. 146).

Le corps du sphénoïde, après son ossification complète, est formé par du tissu osseux spongieux. Par résorption, il apparait vers l’âge de trois ans, à l’intérieur da corps de l’os, une paire de cavités désignées sous le nom de sinus sphénoïdaux (sinus sphenoidales) : chacun de ces sinus n’est qu’une cavité accessoire de la fosse nasale correspondante. Ce phénomène de résorption s’accomplissant d’une façon indépendante, à droite et à gauche, il en résulte que les deux sinus sphénoïdaux sont séparés l’un dé l’autre par un septum médian. Cependant les deux sinus n’ont généralement pas la. même étendue, de sorte que le septum n’occupe pas exactement la ligne médiane, et ces cavités ne sont pas symétriques. Plus rarement les deux sinus sphénoïdaux sont confondus en un seul; enfin, parfois ils sont subdivisés par des lamelles osseuses en des cavités plus petites. L’orifice qui met en communication le sinus sphénoïdal avec la cavité nasale correspondante répond au point où commence à se former le sinus.

Les GRANDES AILES du sphénoïde, appelées AILES TEMPORALES OU ALISPHÉNOÏDES, prennent naissance sur les faces latérales de la partie postérieure du corps de l’os, avec lequel elles sont unies jusque dans le voisinage de sa face inférieure.

Il y a lieu de distinguer trois parties à chacune des grandes ailes : d’abord la partie volumineuse qui l’unit au corps de l’os et que nous appellerons la racine; puis la pièce aliforme qui en part et qui est dirigée latéralement et, enfin, une apophyse, dirigée à peu près verticalement en bas : elle procède de la racine et est désignée sous le nom d’apophyse ptérygoïde.

La racine est traversée en haut et en avant (fig. 147), dans le voisinage immédiat du corps, par un canal dirigé en avant et un peu en dehors : on le désigne sous le nom de trou grand rond (foramen rotundum); il donne passage au, deuxième rameau du nerf trijumeau (nerf maxillaire supérieur). En arrière, la racine est délimitée par la lingula, qui la sépare du corps (fig. 145). La pièce aliforme ou aile s’étend d’abord à peu près horizontalement en dehors, sa face antérieure étant convexe en bas ; puis elle se dirige en haut et un peu en arrière. Dans le voisinage de son bord postérieur, elle est traversée par le trou ovale (foramen ovale), qui donne passage au troisième rameau du trijumeau (nerf maxillaire inférieur) (fig. 145). Un peu en dehors du trou ovale et en même temps en arrière, se trouve un trou beaucoup plus petit : c’est le trou petit rond, ou sphèno-épineux (foramen spinosum), par lequel passe l’artère méningée moyenne (art. meningea média). L’angle postérieur de la grande aile, situé en dehors du trou sphéno-épineux, constitue une apophyse dirigée vers le bas et généralement aiguë : c’est l’épine du sphénoïde (spina angularis).  Il y a lieu de distinguer à la grande aile une face dirigée en dedans et une Autre face dirigée en dehors.

La première est concave : c’est la face cérébrale (faciès cerebralis) (fig. 145) : elle présente des inégalités comme la face cérébrale de l’occipital. L’autre face, externe, se divise, grâce à l’articulation avec l’os malaire, en deux parties : une face orbitaire (faciès orbitalis) et une face temporale (f. temporalis). La face orbitaire (fig. 147) a la forme d’un trapèze et regarde en avant et en dedans : elle sert à délimiter latéralement la cavité orbitaire. Son bord postérieur s’étend jusqu’à la racine de l’aile temporale et forme, en s’unissant avec une partie du bord antérieur de la face cérébrale, une arète qui délimite inférieurement la fente orbitaire supérieure ou fente sphénoïdaie (fissura orbitalis superior). Le bord inférieur de la face orbitaire constitue au contraire la limite supérieure de la fente orbitaire inférieure ou sphéno-maxillaire (fissura orbitalisinferior). Le bord antérieur s’articule avec l’os malaire et le bord supérieur répond à l’articulation avec le frontal.

La face temporale est dirigée en dehors vers la fosse temporale. Sa partie supérieure, qui est la plus étendue, est obliquement inclinée vers le bas; elle est séparée de la partie inférieure de cette face par une crête transversale, plus ou moins nette et désignée sous le nom de crête sous-temporale (crista infratem poralis). Les faces temporale et orbitaire s’unissent suivant une saillie en forme de crête, qui s’articule avec l’os malaire : on l’appelle crête malaire ou jugale (crista jugalis) (fig. 147). La partie de la face temporale qui est située au-dessous de la crête sous-temporale se dirige à peu près horizontalement en dedans et s’incline légèrement vers l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde.

L’extrémité externe de la fente sphéno-maxillaire correspond à la crête jugale. Cette crête fait défaut chez une foule de mammifères, c’est-à-dire que la cavité orbitaire et la fosse temporale constituent une cavité unique, qui se divise progressivement en deux cavités distinctes. Chez le nouveau-né, la fente sphéno-maxillaire est encore très large, ce qui rappelle l’état primitif. Indépendamment de son articulation avec l’os malaire, l’aile temporale présente encore une articulation en suture avec l’os frontal. Cette articulation se fait à l’aide du bord supérieur ou frontal (margo frontalis), élargi en une surface triangulaire, de l’aile temporale. L’articulation de la grande aile du sphénoïde avec le pariétal se fait au moyen de l’angle supérieur de l’aile; cet angle est généralement tronqué : on le désigne aussi sous le nom d’angle pariétal (angulus parietalis). Le bord postérieur et externe de la grande aile, encore appelé bord squammeux ou temporal (margo squamosus veltemporalis), s’articule avec l’écaillé du temporal. Enfin, la partie du bord postérieur qui, à partir de l’épine du sphénoïde, se dirige en dedans, forme avec la portion pétreuse du temporal le trou déchiré antérieur (foramen lacerum anterius), lequel est en grande partie comblé par du fibro-cartilage.

L’apophyse descendante de la grande aile, appelée généralement apophyse ptérygoïde (processus pterygoideus), est formée par deux lamelles ou ailes, fusionnées à leur racine et séparées à leur extrémité libre par l’échancrure ptérygoide (fissura pterygoidea). L’aile externe constitue une large lame osseuse., dont le bord postérieur est dirigé en dehors; l’aile interne n’est autre chose que l’os ptérygoïde (voir fig. 148). L’aile interne, au point où elle s’unit avec le corps de l’os, se recourbe en dedans et forme une crête, appelée apophyse vaginale (processus vaginalis) (fig. 147). A la face inférieure de cette apophyse court une gouttière antéro-postérieure, qui -parfois constitue un canal-dans sa partie antérieure, mais qui généralement se trouve transformé en un canal par l’apophyse sphénoïdale du palatin: on le désigne sous le nom de canalicule pharyngien (canaliculus pharyngeus) au canal ptérygo-palatine. L’extrémité inferieure de l’aile  interne constitue un crochet pterygoïde (hamulus pterygoideus) recourbé en dehors (fig. 147). Les deux ailes de l’apophyse ptérygoïde forment le fond de la fosse ptérygoïde (fossa pterygoidea), ouvert en arrière (fig. 188). Cette fosse est complétée inférieurement par apophyse ptérygoïde du palatin, qui vient s’insérer dans l’échancrure ptérygoïde, formée par les extrémités des deux ailes. La partie supérieure de cette fosse constitue une fossette allongée de haut en bas; c’est la fossette scaphoïde, qui donne insertion au muscle péristaphylin externe.

A sa racine, l’apophyse ptérygoïde est traversée par le canal vidien (canalis vidianus) ; ce canal est dirigé d’arrière en avant et un peu de dehors en dedans (fig. 147). A son origine ce n’est qu’une gouttière située entre le sphénoïde et le ptérygoïde; à la suite du fusionnement des deux os, elle se trouve délimitée de toutes parts par du tissu osseux et transformée en un canal. Ce canal doit son origine à l’existence des nerfs et vaisseaux qui courent primitivement entre les deux os. Son orifice postérieur se trouve immédiatement au-dessous du sillon carotidien. Son orifice antérieur, un peu élargi, se trouve à la partie supérieure d’un sillon peu marqué qui descend sur l’apophyse ptérygoïde. Ce sillon forme la paroi antérieure d’un canal qui est complété par le palatin et le maxillaire supérieur et que l’on désigne sous le nom de canal palatin postérieur (canalis pterygo-palatinus des auteurs allemands) (voir fig. 184).

Voir également  Articulations tarso-métatarsiennes

Entre l’orifice postérieur du canal vidien et la fosse ptérygoïde se trouve une faible dépression, parfois cependant très nettement marquée, dans laquelle se loge la trompe d’Eustache et appelée, pour cela, sillon de la trompe d’Eustache (sulcus pro tuba Eustachiana).

L’aile externe de l’apophyse ptérygoïde se prolonge souvent en une pointe dirigée en arrière. Cette disposition est souvent accompagnée d’une expansion de l’épine du sphénoïde, qui s’étend en dedans vers le trou ovale; il arrive même qu’il s’établit ainsi une union entre l’épine du sphénoïde et l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde. Plus rarement il s’en établit en même temps une seconde, située plus bas entre l’épine du sphénoïde et l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde. W. GRUBER, Bull. Acad. des se.

de Saint-Pétersbourg, VIII, no 24. L’extension de l’aile externe est en rapport avec l’expansion de l’origine du muscle ptérygoïdien externe. Elle existe également chez Hylobates; on la trouve aussi réalisée, bien que modifiée, chez Ateles et Cynocephalus.

Les PETITES AILES, encore appelées AILES ORBITAIRES, ORBITO-SPHÉNOÏDES OU APOPHYSES ENSIFORMES, naissent de la partie antérieure et supérieure du corps de l’os, par deux racines, qui délimitent un orifice conduisant dans l’orbite et donnant passage aux nerfs optiques : on désigne cet orifice sous le nom de trou optique (foramen opticum). Elles sont dirigées horizontalement au-dessus du corps du sphénoïde et s’étendent latéralement en dehors. Elles s’articulent, par leur bord antérieur rugueux, avec la partie orbitaire de l’os frontal (fig. 147). Leur bord postérieur est lisse et dirigé vers la cavité crânienne. Il se prolonge en dedans en une saillie, dirigée vers le dos de la selle turcique et appelée apophyse clinoïde antérieure (processus clinoideus anterior) (fig. 145). Sa face inférieure regarde en avant, sur le pourtour du trou optique, dans la cavité orbitaire et délimite supérieurement la fente sphénoïdale (fig. 145 et 147).L’apophyse-clinoïde antérieure se fusionne parfois avec l’apophyse clinoïde moyenne ou bien avec l’apophyse clinoïde postérieure, ou même encore avec les deux à la fois. Chez l’orang cette dernière disposition est générale. Nous avons représenté figure 189 un cas de fusionnement de l’apophyse clinoïde antérieure avec l’apophyse clinoïde moyenne.

Le développement inégal des ailes orbitaires et des ailes temporales du sphénoïde, qui nous a permis de les distinguer sous les dénominations de petites et de grandes ailes est propre à l’homme et se trouve en rapport avec la participation des ailes temporales à la délimitation de la cavité crânienne. Chez la plupart des mammifères, les ailes temporales peuvent avec peine être désignées sous le nom de grandes ailes et même chez beaucoup d’entre eux elles sont beaucoup plus petites que les ailes orbitaires. Chez l’homme on trouve encore la preuve que leur extension est déterminée par le développement du volume du cerveau, dans ce fait qu’elles deviennent plus volumineuses que les ailes orbitaires, après la naissance (fig. 143 et 145).

Temporal (Temporale, Os temporis)

Le TEMPORAL remplit l’espace qui existe, tant à la face externe qu’à la base du crâne, entre l’occipital et le sphénoïde.

Il Se compose de plusieurs parties, très différentes par leur origine, et qui chez le nouveau-né sont encore presque entièrement séparées.

Elles ne se fusionnent complètement entre elles que plus tard. Ce sont

aussi ces éléments que nous considérerons comme parties distinctes de l’os complètement développé.

La portion pétreuse (pars petrosa) du temporal constitue encore chez beaucoup de mammifères un os distinct, appelé Vos pétreux (petrosum).

Elle naît par plusieurs points d’ossification aux dépens d’une partie du crâne primordial. Elle entoure le labyrinthe de l’organe auditif et ses rapports extérieurs sont influencés par les rapports qu’elle affecte avec cet organe de sens, en ce sens qu’il s’est développé dans son voisinage des appareils accessoires de l’organe auditif. La partie que l’on voit latéralement à la face externe du crâne et que l’on appelle habituellement la portion mastoïdienne (pars mastoidea), n’a pas la même valeur que les autres parties de l’os : elle doit être d’autant mieux rattachée à la portion pétreuse, qu’elle naît en même temps qu’elle du crâne primordial. Elle présente toutefois un noyau d’ossification spécial.

La portion squammeuse ou écaille du temporal (pars squamosa).

Chez les poissons, les reptiles et les oiseaux, elle forme un os distinct, le squammeux (squamosum) ; c’est un os de revêtement du crâne.

La portion tympanique (pars tympanica). Elle est formée par une pièce squelettique             distincte, l’os tympanique (tympanicum), qui se trouve primitivement en rapport avec l’os pétreux, sous forme d’un os annulaire, Vanneau tympanique (fig. 150), dirigé en dehors -et en bas.. Il sert à l’enchâssement de la membrane du tympan. La partie supérieure, ouverte, de l’anneau s’applique contre le squammeux. Chez la plupart des mammifères cet os reste distinct pendant toute la durée de la vie. 11 n’a primitivement rien à voir avec le crâne proprement dit.

Pendant que l’anneau tympanique s’articule avec la face externe de l’os pétreux et, par sa partie supérieure ouverte, avec l’os squammeux, toute la partie de la face externe du pétreux qu’il revêt se trouve profondément située. Grâce à la transformation de l’anneau en une lamelle osseuse plus large, cette face de l’os pétreux se trouve cachée par elle. Le conduit auditif externe osseux est formé par développement de cet anneau.

A la suite de la soudure de l’os tympanique aux deux autres éléments du temporal, se trouve délimitée une cavité, creusée à l’intérieur de l’os et désignée sous le nom de cavité tympanique (cavum tympani). Nous aurons l’occasion d’y revenir, lorsque nous parlerons de l’organe auditif.  A ces. éléments du temporal s’ajoute encore enfin:

Une petite pièce osseuse, qui se soude à la partie inférieure de l’os

pétreux et qui primitivement ne fait pas non plus partie du crâne : c’est l’apophyse styloïde.

PORTION PÉTREUSE. Nous lui distinguons une partie antérieure et interne et une partie postérieure et externe. La première, que l’on désigne sous le nom de partie pyramidale (pars pyramidalis) ou rocher, formé une pyramide quadrangulaire, dont le sommet est dirigé en avant et en dedans, sa base regardant en dehors et un peu en arrière. Elle occupe la base du crâne. En dehors et en même temps en arrière, la base de la pyramide s’applique contre la seconde partie, la portion mastoïdienne (pars mastoidea). Celle-ci forme extérieurement une apophyse, l’apophyse mastoïde (processus mastoides), qui naît immédiatement en arrière du conduit auditif externe ; elle est dirigée vers le bas et fortement mamelonnée. En dedans de l’apophyse mastoïde règne une profonde échancrure, appelée échancrure mastoïdienne (incisura mastoidea) ou rainure digastrique (fig. 151 et 152). L’apophyse mastoïde est plus ou moins volumineuse; elle n’atteint tout son développement qu’après la naissance.

Elle est intérieurement creusée de nombreuses cavités, plus ou moins étendues (fig. 153), que l’on désigne sous le nom de cellules mastoïdiennes (cellulae mastoideae), et qui communiquent avec la cavité du tympan. Sur la saillie qui délimite en dedans la rainure digastrique court l’artère occipitale, qui généralement y laisse une empreinte, apparaissant sous forme de gouttière et appelée sillon de l’artère occipitale. Sur la face externe de l’apophyse mastoïde règne une partie rugueuse qui s’étend du sommet de l’apophyse, longe son bord postérieur, en se dirigeant vers le haut et se continue avec la ligne courbe supérieure de l’occipital. A sa face interne la portion mastoïdienne se prolonge en arrière sous forme d’une lame osseuse plus mince et se trouve séparée de la pyramide par une gouttière large et profonde, la gouttière sigmoïde (sulcus sigmoides) ou gouttière du sinus latéral (fig. 189, sulc. sigm.) Cette gouttière est la continuation de la gouttière du sinus latéral de l’occipital.

A la PYRAMIDE il y a lieu de distinguer quatre faces, – deux d’entre elles, l’antérieure et la postérieure, sont dirigées du côté de la cavité crânienne. La troisième, l’inférieure, est tournée vers la base du crâne. Quant à la quatrième, elle est unie en dehors avec l’os tympanique; il en résulte que cette face externe est en grande partie cachée et n’est visible que vers le sommet de la pyramide. Comme la portion tympanique de l’os apparaît à la base du crâne en même temps que la face inférieure de la pyramide, on la décrit généralement avec cette dernière et l’on dit alors que la pyramide est triangulaire. La pyramide est formée par du tissu osseux très compact, surtout dans ses parties avoisinant le labyrinthe de l’oreille : de là le nom d’os pétreux ou de rocher qu’on lui donne.

Des deux faces supérieures ou cérébrales de la pyramide, l’une présente une direction verticale; elle regarde en arrière : c’est la face postérieure de la pyramide. L’autre face supérieure regarde en avant : c’est la face antérieure. Sur le bord qui sépare l’une de l’autre ces deux faces(bord supérieur), règne un sillon, généralement bien exprimé dans sa partie externe; on l’appelle la gouttière du sinus pétreux supérieur (sulcus petrosus  superior); dans cette gouttière se loge un vaisseau de la dure mère. Sur la face postérieure se trouve l’orifice d’un canal important, dirigé obliquement en dehors; c’est le trou auditif interne (meatus acusticus auditivus internus).

Par ce trou passe le nerf acoustique accompagné du nerf facial, à leur sortie de la cavité crânienne. En arrière et un peu au-dessus de cet orifice, tout à fait dans le voisinage du bord qui sépare les deux faces cérébrales de la pyramide, on remarque une fente irrégulière, dirigée aussi en dehors. Elle constitue chez le nouveau-né une fosse profonde. Elle est remplie par un prolongement de la dure-mère, formé par du tissu conjonctif lâche.

Plus en dehors encore, il existe une autre fente, délimitée par une mince lame osseuse. Cette fente regarde obliquement en bas et en dehors : on la désigne sous le nom d’Aqueduc du vestibule (aquœductus vestibuli). Au bord inférieur de la face postérieure, à peu près au niveau de l’espace compris entre le trou auditif interne et 1 aqueduc du vestibule, existe une échancrure jugulaire (incisura jugularis), répondant à l’échancrure de même nom de l’occipital. Une saillie qui procède de la face postérieure de la pyramide, et appelée apophyse interjugulaire (processus interjugularis), la divise en deux parties.

La FACE ANTÉRIEURE de la pyramide s’élargit en dehors vers l’écaillé du temporal, elle est formée, en cette région, par une mince lame osseuse qui recouvré la cavité tympanique : on la désigne sous le nom de toit du tympan ou tegmen tympani (fig. 155). Elle se continue en avant et en dedans vers le sommet de la pyramide, en formant la voûte du canal musculo-tubaire (canalis musculo-tubarius). Cette face est à peu près horizontale; ce n’est que dans sa moitié interne qu’elle est obliquement inclinée vers Je bas. A la limite entre sa portion horizontale et sa portion interne inclinée vers le bas. elle offre, près du bord supérieur, une saillie, la saillie du canal demi-circulaire supérieur (jugum petrosum). Cette saillie, ainsi que son nom l’indique, correspond au canal demi-circulaire supérieur du labyrinthe. En avant et au-dessous de cette saillie, à peu près au milieu de la face antérieure de la pyramide, se trouve une fente dirigée en avant et en dedans; c’est l’hiatus du canal de Fallope (hiatus canalis Fallopii) (1), d’où part un sillon généralement peu profond, parfois manifestement divisé en deux et dirigé obliquement en dedans et en bas. Près du bord externe, en bas et en avant de l’hiatus du canal de Fallope, se trouve un petit orifice qui s’ouvre aussi dans un sillon; c’est l’orifice supérieur du canal tympanique (apertura superior canalis tympanici). Enfin, une empreinte peu profonde, située près du sommet de la pyramide, correspond au ganglion de Gasser.

A la FACE INFÉRIEURE de la pyramide (fig. 152) l’on observe plusieurs rugosités plus ou moins grandes. En avant de la rainure digastrique (Incisura mastoidea) se trouve l’orifice inférieur et externe du canal de Fallope: on l’appelle le trou stylo-mastoïdien ( foramen stylo – mastoideum). Immédiatement en avant de ce trou sort d’une dépression une apophyse styliforme, de volume variable : c’est l’apophyse styloïde (processus styloides). Une lamelle osseuse recourbée et dépendant de l’os tympanique forme latéralement une gaine autour de la base de cette apophyse.

Vers le bord interne de la face inférieure siège une dépression tantôt faiblement marquée, tantôt profonde, dont l’étendue varie. C’est la fosse de la veine jugulaire (fossa jugularis), dans laquelle se loge l’origine, généralement dilatée, de la veine jugulaire. ,En avant de la fosse jugulaire et tout à fait au bord interne de la face inférieure de la pyramide, se trouve une fossette triangulaire, qui intéresse même en partie la face postérieure de l’os : c’est l’aqueduc du limaçon (aquaeductuscochleœ), qui conduit dans le limaçon du labyrinthe. Plus près du bord externe, en avant de la fosse de la veine jugulaire, se trouve l’orifice inférieur et externe du canal carotidien (canalis caroticus). Ce canal se recourbe en bas et en avant et son orifice supérieur et interne (fig. -153) s’ouvre sur le côté ou tout à fait au sommet de la pyramide. La figure 154 nous montre ce canal en coupe longitudinale et verticale. Contre la paroi de séparation, entre son orifice externe et la fosse jugulaire, se trouve une fossette peu profonde, parfois même à peine marquée : c’est la fossette pêtreuse (fossula petrosa).

Voir également  Articulation tibio-tarsienne

Dans cette fossette se trouve un orifice étroit, l’orifice inférieur du canal tympanique (apertura inferior canaliculi tympanici), qui conduit lui-même dans la cavité tympanique. Ce canalicule se prolonge sur le promontoire, dans la cavité tympanique, et se continue le plus souvent dans le sillon de Jacobson. Un autre fin canalicule part de la paroi postérieure de la fosse jugulaire; c’est le canalicule mastoïdien (canaliculus mastoïdeus). Son orifice est parfois uni par une gouttière à la fossette pétreuse. Ce canalicule se dirige vers le canal de Fallope et se prolonge de là vers l’apophyse mastoïde.

Une branche du canalicule mastoïdien s’ouvre en arrière du trou stylo-mastoïdien, dans le voisinage immédiat de l’apophyse mastoïde. Au point de sortie du canal carotidien, la paroi postérieure de ce canal présente aussi quelques fins orifices ; deux d’entre eux servent généralement au passage de nerfs qui se rendent à la cavité tympanique : ce sont les canalicules tympano-carotidiens (canaliculi carotico-tympanici) (fig. 154).

La FACE EXTERNE de la pyramide est recouverte, dans la plus grande partie de son étendue, par la portion tympanique du temporal. Elle forme la paroi interne de la cavité tympanique, dont la voûte est formée par le tegmen tympani, que nous avons mentionné précédemment en décrivant la face antérieure de la pyramide. La figure 155 représente la cavité tympanique telle qu’elle se présente sur une coupe verticale et transversale. Si l’on enlève la portion tympanique du temporal, ou bien si l’on examine le temporal d’un nouveau-né, qui laisse voir la face externe de la pyramide au fond du châssis que lui forme l’anneau tympanique (fig. 149), l’on constate l’existence d’un orifice allongé, obliquement dirigé: c’est la fenêtre ovale (fenestra ovalis). Au-dessous de cet orifice se trouve une saillie convexe, le promontoire (promontorium) (fig., 153 et 154). A la partie inférieure du promontoire, en arrière, on voit un autre orifice, à peu près triangulaire, c’est la fenêtre ronde (fenestra triquetravelrotunda). Au même niveau que la fenêtre ovale, fait saillie à la paroi postérieure de la cavité tympanique une courte saillie, perforée à son extrémité libre; on la désigne sous le nom d’éminence pyramidale ou pyramide (eminentia pyramidalis) (fig. 153).

Sur le promontoire court de bas en haut le sillon de Jacobson (sulcus Jacobsonii vel tympanicus). En avant et au-dessus de la fenêtre ovale proémine une mince lamelle osseuse, dont les bords sont courbés en avant : c’est le bec de cuiller (processus cochleariformis). En avant cette lamelle osseuse se prolonge en ligne droite, ce qui détermine la formation, sur la face externe de la pyramide, de deux demi-gouttières, qui font partie du canal musculo-tubaire (canalis musculo-tubarius), lequel est délimité d’une part par l’os tympanique et d’autre part par la face inférieure de la pyramide. De ces deux demi-gouttières, l’une, la supérieure, court au-dessus du bec de cuiller, et forme le canal du muscle du marteau (semi-canalistensoris tympani); l’autre, inférieure et beaucoup mieux développée, forme le canal de la trompe d’Eustache (semi-canalis tubae Eustachii). C’est à son extrémité que s’unit la trompe d’Eustache cartilagineuse. A la partie postérieure et supérieure de la cavité tympanique se fait, sous le tegmen tympani, l’union avec les cellules mastoïdiennes (fig. 153).

L’intérieur. du temporal est partiellement occupé par le labyrinthe de l’organe auditif, auquel aboutissent plusieurs des orifices mentionnés précédemment. Il résulte aussi de cette situation de l’organe auditif, à l’intérieur du temporal, que cet os est traversé par le canal de Fallope, le nerf facial qui court dans ce canal faisant partie du nerf auditif (voir plus loin SYSTÈME NERVEUX). Ce canal s’ouvre primitivement à l’extérieur par l’hiatus du canal de Fallope et se continue, sous forme d’une gouttière peu profonde, en arrière de la paroi du. labyrinthe à la face externe de la portion pétreuse’ du temporal. Ce n’est que pendant la dernière période du développement fœtal que cette gouttière se transforme en un canal osseux, et ainsi se forme secondairement une; seconde partie du canal de Fallope. En même temps que se développe cette partie du’ canal de Fallope, naît aussi l’éminence pyramidale. Il en résulte que des parties de l’os, qui primitivement occupaient une position superficielle, se trouvent à l’intérieur du temporal.

PORTION SQUAMMEUSE OU ÉCAILLE DU TEMPORAL. Elle constitue une lame dont le bord supérieur a une forme circulaire, sa partie antérieure étant, dirigée horizontalement en dedans (fig. 149 et 151). En arrière elle est unie à la portion mastoïdienne et, plus en avant, au bord du tegmen tympani. Il y a lieu de lui distinguer une face externe et une face interne. De la face externe naît une apophyse dirigée en avant, élargie à son origine et dont l’extrémité est anguleuse : c’est l’apophyse jugale ou zygomatique (processus jugalis seu zygomaticus). Elle s’articule avec l’os jugal ou malaire pour former l’arcade zygomatique.

L’apophyse zygomatique nait par deux racines (fig. 152), dont l’une; postérieure. plus petite, se trouve immédiatement en avant du trou auditif externe, dont elle sert à délimiter l’entrée. L’autre racine, plus large, placée transversalement en avant de la précédente, en est séparée par une dépression profonde transversalement dirigée : c’est la fosse articulaire ou cavité glénoïde (fossa articularis, cavitas glenoidalis), avec laquelle s’articule le condyle du maxillaire inférieure. La cavité glénoïde est délimitée en dedans par la portion tympanique du temporal. En avant de la cavité glénoïde se trouve un tubercule articulaire, le tubercule zygomatique (tuberculum articulare). En. avant du tubercule zygoma tique existe une facette, appelée facette infratemporale (facies infratemporalis).

A l’union de la face interne de l’écaillé avec la portion pétreuse, il persiste longtemps ne suture, trace de la séparation primitive de ces deux parties du temporal. La. face interne présente les mêmes particularités que les faces des autres os dirigées vers la cavité crânienne. La face externe est beaucoup plus développée que la face interne, ce qui dépend de la manière dont se fait l’articulation avec le pariétal. le bord de l’écaillé, taillé en biseau aux dépens de la face interne de l’os, forme jusqu’au voisinage de l’apophyse zygomatique une arête aiguë. Ce biseau s’applique sur le bord du pariétal qu’il recouvre comme une écaille (suture squamieuse). La partie antérieure et inférieure du bord de l’écaille forme une suture entée.

Très rarement, du bord antérieur de l’écaillé, procède une apophyse qui s’étend jusqu’au frontal et sépare l’aile temporale du sphénoïde de l’angle antérieur et inférieur a pariétal, avec lequel elle s’articule habituellement. Cette apophyse frontale (proissus frontalis de VIRCHOW) existe dans plusieurs ordres de mammifères Rongeurs, Mipèdes). Elle se rencontre également chez les singes, bien que cependant tous les anthropoïdes ne la possèdent pas d’une façon normale.

PORTION TYMPANIQUE. C’est la partie la plus petite du temporal. C’est be lamelle osseuse délimitant en arrière, en bas et en avant, le trou auditif externe (meatus acusticus exterus) : elle est donc recourbée. Elle se norme aux dépens de l’anneau tympane, ce dernier s’accroît en dedans vers la portion pétreuse et en dehors r sa partie inférieure. La partie de s tympanique qui délimite en arrière trou auditif externe s’applique contre apophyse mastoïde. Il existe fréquement entre elles une fente, appelée ‘en tetympano -mastoïdienne (fissura tymtanico-mastoidea), dans laquelle s’ouvre le canalicule mastoïdien (canaliculus nastoideus).

En avant et en dehors l’os tympanique forme une lame, à peu lès verticale, un peu concave, qui dépite en dehors la cavité tympanique (fig. 155). A la face interne de la me osseuse recourbée qui délimite en dehors le trou auditif externe, à une certaine distance de cet orifice, se trouve une gouttière délicate, delimitée par deux lèvres ; on la désigne sous le nom de rainure tympanique (sulcus tympanicus). Elle existait déjà à l’anneau tympanique; est dans cette rainure que s’insère la membrane du tympan. En dedans 1la rainure tympanique et par conséquent aussi en dedans de la membrane du tympan, se trouve la cavité tympanique; en dehors, la portion osseuse du conduit auditif externe. Les limites de ces deux cavités sont données par la rainure tympanique.

Le bord antérieur et supérieur de la rainure présente une petite saillie, dirigée

en dedans et délimitant une gouttière qui court de haut en bas et d’arrière en avant. Cette gouttière est surtout très nette chez le nouveau-né. De cette saillie’ procède l’épine tympanique postérieure (spina tympanica posterior), qui se dirige en dedans.

C’est à son bord antérieur et supérieur que la portion tympanique s’unit à la portion squammeuse, sur laquelle s’applique une lame du tegmen tympanique (fig. 155). Plus bas le bord externe du tegmen tympani s’insinue dans une fente existant entre la portion tympanique et la portion squammeuse. Il en résulte, qu’entre le tegmen tympani et la portion tympanique persiste une petite fêlure: c’est la scissure de Glaser (fissura Glasseri) ou scissure pétro-tympanique (fissura petro-tympanica) (fig. 151), qui donne passage à la corde du tympan, au moment où elle quitte la cavité tympanique. J C’est surtout par l’intermédiaire de ses portions pétreuse et squammeuse que le temporal s’articule avec les os voisins. Le bord postérieur de la pyramide qui se trouve à l’union de ses faces postérieure et inférieure, s’articule avec l’occipital (synchondrose pètro-occipitale) ; il délimite en outre le trou jugulaire ou trou déchiré postérieur (foramen jugulare) formé, au niveau de la fosse jugulaire, par l’échancrure jugulaire du temporal et l’échancrure de même nom de l’occipital. En arrière du trou jugulaire l’occipital est articulé avec la portion mastoïdienne du temporal. Dans la suture mastoïdienne (sutura mastoidea) ainsi formée se trouve généralement, en arrière de l’apophyse mastoïde, le trou mastoïdien (foramen mastoideum), qui s’ouvre en dedans sur le prolongement de là gouttière du sinus latéral. Parfois cependant le trou mastoïdien ne siège pas dans la suture, mais sur la portion mastoïdienne du temporal ou sur l’occipital. Le ( bord antérieur de la pyramide s’articule avec la grande aile du sphénoïde : on désigne cette suture sous le nom de synchondrose sphéno-pétreuse (synchondrosisphenopetrosa).

Le bord supérieur de la portion mastoïdienne s’articule avec le pariétal; ce dernier s’articule en outre avec lé bord postérieur et supérieur de l’écaillé du temporal (suture squammeuse, sutura squamosa). Le bord antérieur de l’écaille s’articule avec l’aile temporale du sphénoïde. L’épine du sphénoïde vient s’appliquer dans l’échancrure comprise entre l’écaillé et la pyramide du temporal son bord postérieur s’articulant, par l’intermédiaire d’un fibro-cartilage, avec 1 bord antérieur et inférieur de la pyramide. Cette articulation est traversée par une partie du canal carotidien.

De toutes les parties dont se constitue le temporal, c’est I’APOPHYSE STYLOÏDE qui offre les variations les plus importantes. Elle se forme aux dépens d’une partie du deuxième arc branchial cartilagineux, qui s’unit à la portion pétreuse du temporal et se fusionne avec elle après s’être ossifiée, c’est-à-dire après la naissance. Une partie de l’apophyse styloïde pénètre à l’intérieur du temporal. Sa longueur est variable et, dépend de l’atrophie plus ou moins complète de l’arc branchial, qui lui donne naissance Elle se continue vers le bas avec le ligament stylo-hyoïdien (ligamentum stylo-hyoideum), qui dérive de l’atrophie d’une autre partie du même arc branchial. L ‘apophyse styloïde est d’autant plus longue que le ligament stylo-hyoïdien est plus court et réciproquement : elle va parfois jusqu’à s’unir directement à la petite corne de l’os hyoïde Dans d’autres cas, elle fait défaut, ou bien elle n’est représentée que par la partie qui se trouve engagée dans le temporal. Dans d’autres cas encore, l’apophyse styloïde est formée de deux pièces: l’une soudée au temporal et engagée plus ou moins profondement dans cet os; l’autre, libre, s’unissant à la première par une articulation mobile