Muscles internes de la cuisse

 

Ces muscles occupent l’espace compris entre la partie inférieure du bassin et le fémur. Ils rapprochent les cuisses de la ligne médiane et leur permet de se mettre en contact l’une avec l’autre, dans toute leur étendue. Ils forment donc un groupe de muscles adducteurs. Ils sont disposés en plusieurs couches. Ils sont innervés par -des rameaux du nerf obturateur.

Première couche.

M. PECTINE (m. pectineus) (fig. 305). Il est situé le long du bord interne de la partie inférieure du m. psoas-iliaque. Il prend origine à la crête pectinéale jusqu’au tubercule ilio-pubien et parfois même un peu plus bas, vers le trou obturateur. Son corps charnu est aplati; il se dirige en dehors et en bas et va s’insérer, à l’aide d’un court tendon, au dessous du petit trochanter, à la lèvre interne de la ligne âpre du fémur et fréquemment aussi un peu plus haut, en arrière du trochanter.

Bien que ce muscle soit généralement innervé par le nerf crural, il reçoit cependant encore fréquemment une branche du nerf obturateur. On peut, d’après cela, le. diviser en deux parties. Il forme avec le psoas-iliaque le fond de la fosse ilio-pectinée.

M. PREMIER OU MOYEN ADDUCTEUR (m. adductor longus) (fig. 305). Il est situé en dedans du précédent et se trouve en contact immédiat avec lui à son origine, au-dessous du tubercule ilio-pubien. Le corps charnu du muscle est dirigé obliquement en bas et en dehors. Il devient de moins en moins épais et de plus en plus large, au fur et à mesure qu’il s’éloigne de son origine. Il va s’insérer au tiers moyen de la lèvre interne de la ligne âpre du fémur. Le tendon terminal du premier adducteur est plus ou moins intimement uni à celui du m. grand adducteur, qui est placé en arrière. Il est adducteur de la cuisse.

M. DROIT INTERNE (m. gracilis). Ce muscle court le long de la face interne de la cuisse. Il naît, à l’aide d’un tendon aplati, de la moitié inférieure de la symphyse pubienne jusqu’à l’arcade pubienne. Le corps  charnu du muscle, aplati à son origine, est en contact en avant avec le moyen adducteur; puis il s’en sépare et se continue, en se rétrécissant, en un long tendon terminal cylindrique, qui passe au-dessus de l’articulation du genou, en arrière du condyle interne. Il se continue, en arrière du tendon du couturier et en avant de celui du demi-membraneux, mais en étant plus rapproché du premier que du second, en une expansion aponévrotique, qui entoure le condyle interne du tibia. Elle est d’abord recouverte- par l’expansion aponévrotique du couturier; puis, unie avec elle, elle s’étend jusqu’à la crête du tibia (fig. 303).

Comme le tendon terminal du couturier, celui du droit interne envoie, à l’origine de son expansion terminale, un faisceau qui va se continuer inférieurement avec le.fascia de la jambe. Ce muscle n’est adducteur que pendant l’extension du genou. Quand le genou est fléchi, il exerce une action secondaire, qui consiste en un mouvement de rotation de la jambe en dedans.

Voir également  Muscles de l’oreille externe

Deuxième couche.

M. SECOND OU PETIT ADDUCTEUR (m. adductor brevis) (fig. 306). Il est recouvert à son origine par le moyen adducteur. Il naît du pubis suivant une ligne, qui commence en dehors du moyen adducteur et s’étend inférieurement jusque près du point d’origine du droit interne. Le corps charnu du muscle, déjà aplati à son origine, s’élargit encore plus bas et apparaît dans l’espace compris entre le m. pectiné et le moyen adducteur. Il va s’insérer à la ligne âpre du fémur, entre les insertions de ces deux muscles. Le petit adducteur prend généralement son insertion terminale, en haut, en arrière de celle du pectiné, et en bas, en arrière de celle du moyen adducteur. C’est ce qui fait qu’il se montre dans l’espace compris entre ces deux muscles.

Le moyen adducteur est uni à son insertion terminale avec le grand adducteur. L’étendue de cette insertion est variable. Généralement le muscle, à sa terminaison, est plus éloigné du pectiné que du moyen adducteur (fig. 306). Parfois même, l’extrémité inférieure de son .insertion terminale est en contact immédiat avec l’extrémité supérieure de celle du moyen adducteur. Ce muscle est adducteur de la cuisse.

Troisième  couche.

M. GRAND ADDUCTEUR (m. adductor magnus) (fig. 307). C’est le plus puissant des muscles adducteurs de la cuisse. Il s’étend, en arrière des adducteurs superficiels, depuis le pubis et l’ischion dans toute la longueur de la cuisse. Son origine au pubis est étroite : elle se trouve dans le voisinage immédiat de celle du petit adducteur et du droit interne. Le muscle naît ensuite de la branche ascendante de l’ischion jusqu’à la tubérosité ischiatique, au-dessous de l’origine du muscle carré crural. Ses faisceaux divergent à partir de leur origine. Ceux d’entre eux qui sont les plus supérieurs et en même temps les plus antérieurs recouvrent la partie inférieure du muscle obturateur externe en avant, et se dirigent à peu près transversalement en dehors. En arrière, leur bord supérieur est en rapport avec le bord inférieur du m. carré crural. Ces faisceaux s’insèrent à une rugosité qui commence au-dessous de la ligne intertrochantérienne et descend verticalement jusqu’à la ligne âpre du fémur. Les faisceaux moyens du muscle se dirigent vers la ligne âpre, où ils s’insèrent d’autant plus bas qu’ils naissent plus bas de l’ischion, en dehors de la tubérosité de cet os. L’insertion du grand adducteur à la ligne âpre descend à peu près jusqu’au tiers inférieur de la longueur de cette ligne. La partie la plus interne, et en même temps la plus inférieure, du muscle se continue avec un tendon terminal, qui recouvre une partie de sa face antérieure et se développe en une arcade tendineuse puissante, qui passe de la limite inférieure de l’insertion du muscle à la ligne âpre, au condyle interne du fémur. Cette arcade délimite un orifice, qui donne passage aux vaisseaux fémoraux se rendant de la face antérieure de la cuisse au creux poplité.

Ces différentes parties du muscle sont parfois si nettement séparées que l’on a pu décrire sa partie supérieure comme formant un muscle distinct, l’Adductor minimus. L’origine du grand adducteur possède un tendon très puissant, visible à la face postérieure du muscle ; ce tendon pénètre obliquement à l’intérieur du corps charnu, à partir de la tubérosité de l’ischion. Du bord interne de ce tendon naît la partie inférieure et interne du muscle, celle qui se rend à l’arcade tendineuse.

Voir également  IMuscles de la tête

L’insertion terminale des faisceaux du grand adducteur à la ligne âpre s’accomplit à l’aide d’un système de petits arcs tendineux, qui sont partiellement renforcés par de minces faisceaux fibreux provenant du muscle. A chacun de ces arcs aboutit un groupe de faisceaux musculaires. C’est de cette façon qu’une masse charnue puissante peut prendre insertion sur une surface très restreinte. Au-dessous de quelques uns de ces arcs tendineux, passent des branches artérielles : les artères perforantes de la fémorale profonde. Ces arcs tendineux représentent donc en petit ce que représente en grand l’arcade, à laquelle aboutit la partie inférieure et interne du muscle.

A la face antérieure du grand adducteur, de larges faisceaux du tendon terminal sont souvent unis aux tendons terminaux du moyen et du petit adducteurs. On trouve également des connexions semblables entre le tendon terminal du grand adducteur et le tendon d’origine du vaste interne, la partie inférieure de ce dernier provenant alors partiellement de l’arcade tendineuse du grand adducteur. Ce muscle est adducteur de la cuisse. La partie du muscle qui est la plus rapprochée des muscles fléchisseurs par son origine reçoit généralement des branches du nerf sciatique.

Quatrième couche

M. OBTURATEUR EXTERNE (m. obturator externus). Il est situé au-dessous des adducteurs de la cuisse. Il recouvre la face externe du trou obturateur. Il naît du bord inférieur et du bord interne de ce trou, c’est -à dire de l’ischion et du pubis, ainsi que du corps du pubis jusqu’au voisinage du canal obturateur; enfin, un certain nombre de ses faisceaux procèdent de la face externe de la membrane obturatrice. Tous les faisceaux du muscle convergent en arrière et en bas et forment un corps charnu, ayant la forme d’un cône un peu aplati. Le tendon terminal qui en part va s’insérer à la cavité digitale du fémur.

Le tendon terminal du muscle se voit, en arrière, entre le jumeau inférieur et le carré crural. Il s’unit aussi à la capsule de l’articulation coxo-fémorale. Au point de vue physiologique, ce muscle doit être réuni aux muscles rotateurs de la cuisse. Nous avons cru devoir le réunir aux adducteurs, non seulement parce qu’il est innervé par le nerf obturateur, mais aussi parce qu’il forme, au point de vue topographique, un groupe unique avec les adducteurs proprement dits.