Muscles et nerfs

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L’activité d’un muscle repose d’abord sur une contraction du corps du muscle. Cette contraction est le résultat de l’irritation que le muscle reçoit du nerf avec lequel il est uni. Quand il n’est pas irrité, le muscle est inactif, il est au repos. La destruction du nerf est suivie de la paralysie du muscle. Le muscle est donc, pour sa fonction, sous la dépendance de son nerf, le système musculaire, sous la dépendance du système nerveux. L’existence du nerf moteur suppose l’activité du muscle. De même que les éléments constitutifs du nerf et du muscle sont unis d’une façon continue, de même aussi le muscle et le nerf s’appartiennent mutuellement l’un à l’autre, le premier représentant l’APPAREIL TERMINAL du second. On peut donc grouper les muscles d’après leurs nerfs. Les muscles innervés par le même tronc nerveux font partie du même groupe. Les différents groupes de muscles sont donc d’ordres différents.

En partant de l’idée que les nerfs moteurs appartiennent aux muscles qui les reçoivent, on peut juger des modifications éprouvées par le système musculaire depuis ses dispositions les plus simples jusqu’aux complications importantes qu’il présente chez l’homme. Dans les relations qu’offre le muscle avec son nerf moteur, nous trouvons souvent un caractère qui nous permet de le rattacher à une partie déterminée du corps avec beaucoup plus de certitude que nous ne pourrions le faire en tenant seulement compte de sa situation. Les nerfs sont en effet moins variables dans leurs rapports que les muscles, dont la forme, l’étendue et la situation ont subi de nombreuses modifications, avec les fonctions qu’ont entreprises les parties du corps auxquelles ils appartiennent.

Parmi les modifications subies par les muscles dans l’évolution phylogénique, les plus importantes, après leur différenciation, sont à coup sûr leurs changements de position. Ils ont déterminé des métamorphoses du système musculaire ; on ne retrouve des indices de son état primitif que dans la présence des nerfs qui lui fournissent. Le nerf a certainement changé de situation en même temps que son muscle ; mais ce n’est que sa partie périphérique qui éprouve ces changements. Il devient plus long au fur et à mesure que son muscle se développe; mais son origine au système nerveux central ainsi que la première partie de son trajet doivent conserver leurs rapports primitifs. La disposition et les relations des nerfs nous permettent donc de comprendre le système musculaire.

Un muscle reçoit tantôt un seul, tantôt plusieurs rameaux nerveux. Cela dépend de sa structure et de son mode d’origine. Les muscles qui dérivent de plusieurs myomères reçoivent plusieurs nerfs.

Bien que la manière dont s’est accompli le changement de position des muscles, leur cheminement, ne puisse généralement être trouvée que par des recherches entreprises dans toute la série des vertébrés, et que, par conséquent, cette question rentre essentiellement dans le domaine de l’Anatomie comparée, cependant elle a aussi son importance pour nous, étant donné le but que nous poursuivons. En effet, le système musculaire de l’homme n’est qu’un produit de ce changement de position et nous devons l’apprécier au point de vue scientifique et non pas seulement au point de vue « descriptif». Enfin, l’ontogenèse nous fournit également, pour beaucoup de muscles, la preuve de leur cheminement.

Voir également  Spino-transversaire ou splénius

Les rapports des muscles avec leurs nerfs subissent aussi pendant ces changements de position des modifications plus ou moins profondes. Aussi, l’idée que nous avons développée précédemment ne doit-elle être pas être adoptée d’une façon exclusive. Dans le cours de ces changements de position, pendant qu’un muscle passe d’une région du corps à une autre, il acquiert parfois de nouvelles connexions nerveuses,

qui peuvent remplacer les anciennes. Les rapports qu’affectent les muscles avec les nerfs ne sont donc pas toujours primitifs, et il est besoin de preuves nombreuses fournies par l’Anatomie comparée, pour déterminer exactement la place qui revient à chaque muscle.