Muscles antérieurs du bras

 

Tous les muscles de ce groupe sont innervés par le nerf musculocutané.

M. BICEPS .BRACHIAL (m. biceps brachii) (fig. 285). Ce muscle se compose de deux chefs. Le long chef naît par un long tendon, en partie aplati, de la tubérosité sus-glénoïdienne de l’omoplate. Ce tendon court à l’intérieur de la cavité de l’articulation de l’épaule, au-dessus de la tête de l’humérus; il pénètre ensuite, entouré par un mince prolongement membraneux de la capsule articulaire, dans la gouttière bicipitale et se continue, à l’extrémité de cette dernière, avec le corps du muscle. Le court chef prend son origine dans un tendon qui part du sommet de l’apophyse coracoïde et qui est commun avec le tendon d’origine du m. coraco-brachial. A peu près au niveau où commence la portion charnue du long chef, il naît du tendon d’origine du court chef un corps musculaire, qui s’unit à celui du long chef pour former le corps commun du muscle.

Le tendon terminal se forme à l’intérieur du corps commun, passe au-dessus du m. brachial antérieur, lorsque le coude est fléchi, et va s’insérer, en s’élargissant un peu, à la partie postérieure de la tubérosité bicipitale. Avant de pénétrer dans la profondeur, le tendon fournit un large faisceau aponévrotique, qui se dirige du côté cubital et va se perdre dans le fascia antibrachial qu’il sert a renforcer. Ce faisceau est désigné sous le. nom d’ex névrotique du biceps (lacertus fibrosus).

Le corps commun du muscle se détache généralement, en dedans et en dehors, des parties sous-jacentes, de façon à former deux sillons longitudinaux : le sillon bicipital interne (sulcus bicipitalis medialis) et le sillon bicipital externe (sulcus bicipitalis lateralis). Dans le sillon interne, qui est le plus développé des deux, courent les vais-i seaux du bras.

Le biceps offre de nombreuses variétés, dont la plus fréquente est l’existence d’un troisième chef : il existe en moyenne une fois sur dix. Il naît généralement entre l’insertion terminale du m. coraco-brachial et l’origine du m. brachial antérieur, plus rarement à la face externe de l’humérus. Un quatrième chef peut aussi exister et les deux chefs supplémentaires peuvent exister en même temps. De l’expansion aponévrotique naissent parfois quelques faisceaux du m. rond pronateur ou du m. grand palmaire et parfois même de ces deux muscles à la fois. Dans le voisinage de la tubérosité bicipitale on trouve, entre le tendon terminal du muscle et la partie interne de la face antérieure du radius, une bourse muqueuse. Chez l’adulte il en existe encore assez fréquemment une seconde, entre le point d’insertion du muscle et le cubitus.

Le biceps fléchit l’avant-bras et, grâce à la continuité qui existe entre son expansion aponévrotique et le fascia antibrachial, il se trouve relié à l’avant-bras tout entier. Il détermine en même temps, comme action secondaire, la supination ; grâce à la disposition de son tendon terminal par rapport à la partie antérieure, lisse, de la tubérosité bicipitale, ce mouvement de supination est plus énergique. Cette partie de la tubérosité bicipitale forme, en effet, une sorte de poulie, sur laquelle le tendon du biceps est enroulé. Lorsque le mouvement de supination s’opère, le tendon se déroule. Le muscle intervient également, grâce à son origine à l’omoplate, dans le mouvement d’élévation du bras pendant que l’avant-bras est en extension.

Voir également  Muscles de la face de flexion de l’avant-bras

La pénétration du tendon d’origine du long chef à l’intérieur de la cavité de l’articulation scapulo-humérale est le résultat d’une immigration progressive, dont on rencontre plusieurs phases, réalisées à l’état permanent, chez les mammifères. Chez l’embryon humain ce tendon n’est pas encore libre dans la cavité articulaire, mais il se  trouve uni à la capsule articulaire par un prolongement de la membrane synoviale.

M. CORACO-BRACHIAL (m. coraco-brachialis) (fig. 285). Il naît de l’apophyse coracoïde, d’une part, à l’aide d’un court tendon qui lui est propre, et, d’autre part, à l’aide d’un tendon commun à ce muscle et au court chef du biceps. Son corps est grêle, il est situé en dedans du biceps et va s’insérer vers le milieu de la longueur du bord interne de l’humérus.

Parfois le muscle va se terminer à une bandelette fibreuse qui se trouve en continuité avec le ligament intermusculaire interne. Il passe au-dessus de l’insertion terminale du m. grand dorsal et de celle du m. grand rond et va se terminer au-dessus de ces muscles, sous la petite tubérosité de l’humérus.

Le m. coraco-brachial aide dans leur action les muscles releveurs du bras. Il est traversé obliquement par le nerf musculo-cutané et divisé de la sorte en deux parties.

C’est à ce fait que le nerf musculo-cutané doit son nom de n. pérforant et que l’on a également donné au muscle coraco-brachial le nom de muscle perforé de Cassérius.

M. BRACHIAL ANTÉRIEUR (m. brachialis internus) (fig. 286). Ce muscle, situé au-dessous du biceps, naît de l’humérus par deux faisceaux qui entourent l’insertion terminale du m. deltoïde. Il naît ensuite: de toute la partie inférieure de la face antérieure de l’humérus jusqu’à la capsule de l’articulation du coude ; de la membrane intermusculaire externe, en haut, et enfin de la membrane intermusculaire interne, en bas. Le corps musculaire, beaucoup plus volumineux dans sa partie inférieure, donne naissance à un tendon terminal qui le recouvre superficiellement et va s’insérer à la tubérosité cubitale. Les faisceaux inférieurs les plus. profonds s’unissent parfois à la capsule articulaire, qui se trouve de la sorte en relation intime avec le muscle.

Il agit exclusivement comme fléchisseur de l’avant-bras.  La partie du muscle qui naît en dehors de l’extrémité distale de l’humérus forme avec la masse principale une gouttière, dans laquelle se loge le corps charnu du m. long supinateur.

Cette partie du muscle est souvent innervée par le nerf radial. Sa couche superficielle se continué avec le fascia du long supinateur ; elle se prolonge aussi parfois dans ce fascia sous forme d’une mince couche de fibres musculaires.