Muscles abdominaux longitudinaux (muscles droits de l’abdomen)

 

M. GRAND DROIT DE L’ABDOMEN (m. rectus abdominis) (fig.. 278). Il fait partie d’un système de muscles ventraux qui, interrompu dans la région thoracique par la cage thoracique, est encore représenté dans la région cervicale par certains muscles. Ses fibres ont une direction longitudinale.

Le grand droit de l’abdomen est entouré d’une gaine formée en dehors de la ligne blanche par les aponévroses des muscles larges de l’abdomen. Il naît à la face externe du thorax à l’aide de trois languettes, plus ou moins séparées, qui proviennent des cinquième, sixième et septième cartilages costaux. La languette externe est située le plus haut;

l’interne est la plus inférieure et recouvre l’appendice xiphoïde. Le corps musculaire, large, se dirige directement vers le bas en se rétrécissant un peu; le quart inférieur du muscle est notablement plus étroit. Il va s’insérer, à l’aide d’un tendon terminal court et puissant, au bord supérieur du pubis entre le tubercule ilio-pubien et la symphyse.

Le muscle est divisé superficiellement, par des intersections tendineuses transversales, en quatre ou cinq corps musculaires. Trois de ces tendons intermédiaires se trouvent au-dessus de l’ombilic; le quatrième est situé au-dessous, mais il fait fréquemment défaut. Ces tendons sont unis intimement à la paroi antérieure de la gaine du muscle. Ils sont beaucoup moins marqués à la face postérieure du muscle, où le trajet des fibres se trouve de la sorte presque entièrement ininterrompu.

Les intersections tendineuses et la division qui en: résulte du muscle grand droit de l’abdomen en plusieurs corps musculaires sont l’expression de la métamérie de ce muscle. C’est ce que montrent aussi les muscles antérieurs du cou. C’est une conséquence de la composition métamérique primitive du muscle. Il est rare que chez l’homme ce muscle remonte plus haut dans la région thoracique antérieure. Par contre, chez la plupart des mammifères, il s’étend beaucoup plus loin sur la face antérieure du thorax et même chez beaucoup d’entre eux il arrive jusqu’à la première côte ; il se rapproche donc notablement de la musculature du cou. Dans cette partie antérieure de son trajet, chez les mammifères, il est recouvert par le muscle grand pectoral. Nous retrouvons chez l’homme un reste de cette disposition : en effet, certains faisceaux du grand pectoral naissent de la gaine du muscle grand droit de l’abdomen. Cette extension du muscle grand droit sur la paroi antérieure du thorax représente sa disposition primitive, ainsi que le prouve l’existence, chez les mammifères, d’un nombre plus considérable d’intersections tendineuses. On trouve encore chez l’homme d’autres traces de cette extension primitive du muscle sur la partie supérieure de la paroi antérieure du thorax : il existe en effet parfois des faisceaux tendineux longitudinaux, qui passent au-dessus – des cartilages costaux, sans se fusionner avec les faisceaux fibreux obliques des ligaments intercostaux. Le tendon terminal du muscle grand droit envoie encore un faisceau, qui se croise en avant de la symphyse pubienne avec un faisceau identique fourni par le tendon du muscle de l’autre côté. Ils vont de la ligne blanche au dos de la verge chez l’homme au clitoris chez la femme) ; ils constituent le ligament suspenseur du penis (ligamentum suspensorium penis) . Quant à la gaine du muscle grand droit de l’ abdomen, j’en parlerai à propos des muscles larges.

Voir également  Muscles iliaques

M. PYRAMIDAL (m. pyramidalis) (fig. 278). Le muscle pyramidal de l’abdomen est situé dans la gaine du grand droit, à l’extrémité inférieure de ce dernier. Large à son origine, il naît au pubis en avant de l’insertion du m. grand droit. Il se dirige vers le haut, en se rétrécissant, le long de la ligne blanche, et va s’insérer obliquement à cette ligne blanche. Il fait assez souvent défaut. Dans ce cas, l’insertion terminale du m. grand droit est plus étendue.

Ce muscle est également peu développé dans les groupes supérieurs de mammifères; il manque même complètement chez beaucoup d’entre eux. Chez les Monotrèmes et les Marsupiaux, au contraire, il a un grand développement. Il constitue chez eux un muscle de l’os marsupial ; il prend naissance à cet os. De là, ou bien il s’étend dans toute la longueur de l’abdomen jusqu’au sternum, ou bien il s’unit avec celui de l’autre côté par l’intermédiaire d’une membrane tendineuse située sur la ligne médiane. Avec la disparition de l’os marsupial l’origine de ce muscle a passé sur le pubis et le muscle lui-même a perdu de son importance.