Les différents groupes de vertèbres

 

 

Les sept VERTÈBRES CERVICALES se distinguent par la constitution de leurs apophyses transverses, qui présentent à considérer une branche antérieure et une branche postérieure. Ces deux branches sont unies en dehors et délimitent un orifice appelé trou transversaire (foramen transversarium) (fig. 109). Cette disposition résulte du fusionnement de l’apophyse transverse proprement dite, c’est-à-dire de la branche postérieure (tr), avec un rudiment de côte (cost). Ce rudiment de côte, qui représente l’apophyse costiformede la vertèbre, constitue la branche antérieure : elle est soudée d’une part avec le corps de la vertèbre et d’autre part avec l’apophyse transverse proprement dite (tr), c’est-à-dire avec la branche postérieure. De la troisième à la sixième vertèbre, l’apophyse costiforme est recourbée vers le haut et circonscrit en avant une gouttière, dirigée en bas et en dehors et que délimite en arrière l’apophyse transverse proprement dite.

A l’exception des deux premières vertèbres cervicales, la largeur du corps des vertèbres de cette région va en augmentant de la troisième à la septième. La face supérieure du corps de ces vertèbres est concave transversalement; leur face inférieure est aussi concave, mais d’avant en arrière. Comme ces faces sont en même temps un peu convexes en sens inverse, on leur donne le nom de « faces en selle ».

Le trou vertébral est triangulaire (fig. 109 et 110 for. vertebr.). Les arcs vertébraux des différentes vertèbres sont obliquement dirigés en bas et en arrière et se recouvrent les uns les autres en s’imbriquant.

Les apophyses articulaires■ constituent des saillies peu importantes.

Les surfaces articulaires des apophyses articulaires supérieures (fig. 110) sont dirigées obliquement en arrière et en haut ; celles des apophyses articulaires inférieures sont obliques en avant et en bas. Les apophyses articulaires supérieures seules contribuent à délimiter le trou intervertébral.

Les apophyses épineuses regardent obliquement en bas ; leur longueur est d’autant plus considérable que l’on a affaire à une vertèbre plus inférieure. Jusqu’à la sixième, vertèbre l’apophyse épineuse est bifide à son extrémité : elle se termine ainsi par deux tubercules, qui sont déjà beaucoup plus courts à la sixième vertèbre et qui sont généralement à peine indiqués à la septième.

L’apophyse épineuse de la sixième vertèbre est moins obliquement dirigée que celles des vertèbres précédentes. Celle de la septième vertèbre est dirigée à peu près directement en arrière et forme ainsi une saillie plus considérable : de là le nom de vertèbre proéminente, que l’on donne à la septième vertèbre cervicale.

Les rudiments de côtes ou apophyses costiformes (ap. costif.) des cinq premières vertèbres cervicales sont toujours soudés aux apophyses transverses. A la sixième vertèbre l’apophyse costiforme est parfois indépendante; elle l’est presque toujours à la septième (E. ROSENBERG). C’est là une transition vers la région thoracique et un indice de la réduction, qui a lieu d’avant en arrière.

Le rudiment de côte de la septième vertèbre cervicale prend parfois un plus grand développement et présente alors une articulation mobile avec la vertèbre. Le perfectionnement de cette côte cervicale montre différents degrés; parfois sa partie antérieure se fusionne, dans le cours du développement, avec la première côte thoracique. Très rarement elle atteint le sternum, c’est-à-dire que l’on trouve au sternum un vestige d’une septième côte cervicale.

L’apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale fait toujours plus fortement saillie que celle de la septième. Sa branche antérieure (apophyse costiforme) présente fréquemment une saillie, qui constitue chez la plupart des mammifères une puissante lame verticale. A la septième vertèbre cervicale l’apophyse costiforme est généralement peu développée ; elle est dirigée tout à fait en dehors pour s’unir à l’apophyse transverse, beaucoup plus forte et plus longue qu’elle.

La hauteur du corps des vertèbres cervicales diffère seulement un peu à la troisième et à la quatrième ; à partir de la cinquième elle commence à être un peu plus considérable en arrière qu’en avant. Par contre, la largeur du corps des vertèbres augmente d’avant en arrière ; le corps de la septième vertèbre est d’un tiers plus large que celui de la troisième. La position des surfaces articulaires des apophyses articulaires varie d’une vertèbre à l’autre. A la troisième vertèbre, les axes transversaux- des surfaces articulaires correspondantes de droite et de gauche convergent entre eux et font partie d’un arc de cercle, dont le centre est placé loin en arrière de la vertèbre. Aux vertèbres suivantes le rayon de cet arc de cercle devient de plus en plus grand, et enfin, à la dernière vertèbre cervicale, les axes transversaux des deux surfaces articulaires correspondantes se trouvent dans une même ligne transversale. Ces surfaces articulaires ne sont pas toujours planes; elles sont beaucoup plus fréquemment concaves ; parfois aussi cependant elles sont légèrement convexes.

Les DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES CERVICALES ont, à cause du voisinage du crâne, subi des transformations spéciales. Le corps de la première, l’atlas, est en apparence formé par un mince arc osseux, désigné sous le nom ; d’arc antérieur de l’atlas (fig. 111, arc. ant.), qui unit deux parties latérales plus massives et appelées masses latérales. Des masses latérales part latéralement l’apophyse transverse, plus longue que celle des autres vertèbres cervicales et terminée par un tubercule transversal. Un demi-anneau osseux, faiblement convexe, naît des masses latérales et complète la vertèbre en arrière : on l’appelle l’arc postérieur.

Au lieu de l’apophyse épineuse, on trouve une petite éminence, le tubercule postérieur (tuberculum posticum); l’arc antérieur présente, à sa face antérieure, une saillie semblable, appelée tubercule antérieur (tuberculum anticum). Au lieu des apophyses articulaires, on trouve, à la face supérieure et à la face inférieure des masses latérales, des surfaces articulaires. Les supérieures servent à l’articulation avec les têtes articulaires (condyles) de l’occipital : elles sont concaves ; leur grand axe est dirigé en avant et en dedans et elles regardent en haut, en dedans et un peu en arrière. Oblongues et beaucoup plus excavées en avant, il n’est pas rare de les voir divisées en deux parties, de constitution variable d’ailleurs.

Les surfaces articulaires inférieures sont planes ou légèrement con- caves ; elles convergent un peu en dedans et en même temps en arrière. Le trou délimité par l’atlas ne correspond au trou vertébral des autres vertèbres que dans sa partie postérieure ; sa partie antérieure, rétrécie parles masses latérales (fig. 111), se trouve en dehors du canal spinal, dont elle est séparée par un appareil ligamenteux. L’apophyse odontoïde de la deuxième vertèbre cervicale vient se placer dans cet espace et s’articule avec une facette articulaire que présente à sa face interne ou postérieure l’arc antérieur de l’atlas (fig. 112). A la face interne des masses latérales, il existe une saillie qui sert d’insertion à un ligament transverse.

La partie postérieure de chaque masse latérale s’étend loin en arrière, ainsi que la surface articulaire supérieure ; elle est délimitée par un sillon, étendu du trou transversaire jusqu’à l’origine de l’arc postérieur ; dans ce sillon court l’artère vertébrale.

Il peut se former, par extension de la surface articulaire supérieure, en arrière une lame osseuse, qui, en s’unissant à l’arc postérieur, transforme en un canal le sillon de l’artère vertébrale.

La deuxième vertèbre cervicale, l’axis ou epistropheus (fig. 112) présente un corps plus élevé, dont la face inférieure ressemble à celle des autres vertèbres cervicales, mais qui porte à sa face supérieure une forte apophyse, appelée apophyse odontoïde (Dens, processus odontoïdes). Cette apophyse possède une facette articulaire antérieure et une facette articulaire postérieure.

La première s’articule avec l’arc antérieur de l’atlas, l’autre est en rapport avec le ligament transverse, que nous avons mentionné plus haut, en décrivant l’atlas. Cette apophyse odontoïde est, en réalité, le corps de l’atlas qui, au lieu de se fusionner avec les ébauches de l’arc de l’atlas, se soude avec le corps de l’axis.

L’arc de l’axis présente, à droite et à gauche, une forte racine partant de la face latérale correspondante du corps de la vertèbre. Chaque racine porte à sa face supérieure une surface articulaire arrondie inclinée obliquement en dehors. A l’apophyse transverse, seul le tubercule postérieur est développé. Le trou transversaire regarde obliquement en dehors et en arrière. L’apophyse épineuse se distingue par son grand développement; elle est plus longue que celle des vertèbres suivantes et est bifide comme ces dernières : elle se termine par deux tubercules.

L’ébauche du corps de l’atlas se divise en plusieurs parties. La partie axiale devient l’apophyse odontoïde de l’axis; sa partie périphérique donne naissance aux masses latérales, qui sont unies alors par du tissu conjonctif. Ce tissu conjonctif délimite en avant et en arrière l’apophyse odontoïde: en avant de cette apophyse il s’ossifie en procédant des masses latérales et devient l’arc antérieur de l’atlas; en arrière, il se transforme en le ligament transverse..

L’étude du développement nous montre que l’apophyse odontoïde de l’axis appartient à l’atlas : elle est traversée par la corde dorsale, tout comme le corps des autres vertèbres. D’ailleurs la part que prend le corps de l’atlas à la constitution de l’axis n’est nullement limitée à son apophyse odontoïde. En effet une autre partie du corps primitif de l’atlas et procédant de la partie inférieure de l’apophyse odontoïde intervient également dans la formation du corps de l’axis.

Voir également  Formes des articulations

Chez les reptiles les corps des deux vertèbres restent séparés l’un de l’autre. Chez les mammifères ifs se fusionnent et alors l’arc antérieur de l’atlas se développe sous forme d’un arc procédant des racines de. l’arc postérieur, c’est-à-dire des masses latérales de l’atlas. L’ossification de l’apophyse odontoïde a lieu comme celle du corps des autres vertèbres. Chez le nouveau-né les corps des deux premières vertèbres sont encore séparés l’un de l’autre (fig. 113). L’extrémité supérieure du corps de la première vertèbre, c’est-à-dire le sommet de l’apophyse odontoïde, est encore cartilagineuse, tout comme l’arc antérieur de l’atlas (fig. 113). Dans son ébauche, ce dernier est donc uni au corps proprement dit de l’atlas, ce qui conduit à admettre qu’ils sont congénères.

Les premières VERTÈBRES THORACIQUES se rapprochent, par leur structure, des vertèbres cervicales, de même que les dernières nous offrent des transitions vers les vertèbres lombaires. Le caractère le plus essentiel des vertèbres thoraciques consiste dans leur union avec des côtes mobiles, ce qui détermine, chez elles, plusieurs autres particularités de structure.

La hauteur du corps de ces vertèbres va en augmentant progressivement de la première à la dernière. En même temps leur diamètre sagittal augmente, et dans les vertèbres thoraciques inférieures il est à peu près égal à leur diamètre transversal. Le volume du corps de ces vertèbres s’accroît aussi de la première à la dernière. Il en résulte que la forme de leurs faces terminales varie également. Tandis que dans les vertèbres supérieures elles sont allongées transversalement, elles deviennent de plus en plus cordiformes, dans les vertèbres moyennes (fig. 114), et, grâce à l’accroissement de leur largeur dans les vertèbres inférieures, elles redeviennent ovalaires à grand axe transversal. La face postérieure du corps varie peu d’une vertèbre thoracique à l’autre. Les faces antérieure et latérales sont d’autant plus considérables que le volume du corps de la vertèbre est plus important. Sur les côtés du corps de la vertèbre, juste à la racine de l’arc vertébral, se trouvent des facettes articulaires, encroûtées de cartilage et destinées à s’articuler avec la tête de la côte. A la première vertèbre thoracique cette facette s’étend jusqu’au bord supérieur. A partir de la deuxième vertèbre, elle empiète sur le disque intervertébral précédent ainsi que sur la vertèbre qui la précède.

Il en résulte que jusqu’à la cinquième ou la sixième vertèbre, il existe une demi facette articulaire sur le bord antérieur du corps de la vertèbre et une autre demi-facette sur le bord postérieur du corps de la vertèbre précédente. A partir de la sixième ou de la septième vertèbre thoracique, ce rapport se modifie et la plus grande partie de la facette articulaire siège sur le bord supérieur de la vertèbre inférieure (fig. 115). Enfin, parfois déjà à la dixième, mais en général à la onzième et à la douzième vertèbre, toute la facette articulaire se trouve sur une seule vertèbre: elle n’empiète plus sur la vertèbre précédente.

Les arcs vertébraux prennent leur origine aux corps des vertèbres à l’aide d’une pièce, dont la hauteur est au moins égale à la moitié de la hauteur de ces derniers. La hauteur de cette pièce augmente dans les vertèbres thoraciques inférieures, jusqu’à atteindre les deux tiers de la hauteur du corps de la vertèbre. Comme la racine de l’arc part de la partie supérieure du corps de la vertèbre, le trou intervertébral qui existe entre deux racines d’arcs voisines se trouve délimité en avant par la partie inférieure du corps de la vertèbre supérieure.

Les apophyses transverses sont reportées d’autant plus en arrière que la racine de l’arc vertébral est plus développée. Elles sont plus fortes que les apophyses transverses (branches postérieures) des vertèbres cervicales. Leur longueur augmente un peu de la première à la septième ou la huitième vertèbre, pour diminuer de nouveau jusqu’à la douzième, de sorte qu’à la douzième vertèbre elle est à peu près la même qu’à la première. Les apophyses transverses sont en outre un peu dirigées en arrière (voir fig. 114 et 115), moins cependant chez l’homme que chez la femme. A la première vertèbre thoracique cette direction est moins marquée qu’elle ne l’est aux vertèbres suivantes. Leur extrémité est épaissie et rugueuse du côté dorsal; elle porte, aux dix premières vertèbres, une surface articulaire, qui s’articule avec la tubérosité de la côte (fig. 114, c’). Le plus souvent à partir de la deuxième vertèbre ces facettes articulaires sont mieux développées et dirigées en dehors et en avant. Cependant aux dernières vertèbres thoraciques elles sont moins nettes, plus planes et regardent plus vers le haut. A la dixième vertèbre la surface articulaire de l’apophyse transverse est généralement rudimentaire, et elle n’existe plus à la onzième ni à la douzième. L’articulation y est remplacée par une syndesmose.

Les apophyses épineuses sont dirigées obliquement en bas, à partir de la première vertèbre thoracique; elles se recouvrent comme des tuiles ainsi que les arcs vertébraux, jusqu’à la huitième ou la dixième vertèbre. A partir de la huitième cette inclinaison commence à diminuer et à la douzième seul le bord supérieur de l’apophyse épineuse est encore dirigé obliquement.

Les apophyses articulaires supérieures s’élèvent et paraissent plus indépendantes de l’arc vertébral (fig. 116). Elles font saillie au-dessus de la face supérieure du corps de la vertèbre. Leurs surfaces articulaires sont dirigées en arrière et un peu en dehors. Les apophyses articulaires inférieures sont unies à l’arc vertébral, de façon à en constituer la partie latérale inférieure. Leurs surfaces articulaires sont dirigées en avant et un peu en dedans.

Les articulations des apophyses articulaires se trouvent au niveau des disques intervertébraux. Entre les apophyses articulaires supérieures, l’arc vertébral présente une surface rugueuse, à laquelle s’insèrent des ligaments qui vont s’insérer d’autre part à une surface rugueuse, que présente l’arc de la vertèbre précédente, entre ses deux apophyses articulaires inférieures.

La hauteur du corps de la vertèbre n’est que rarement la même en avant et en arrière. Généralement le corps de la vertèbre est un peu moins élevé en avant qu’en arrière, de sorte que dans son ensemble il a la forme d’un coin. Les axes des surfaces articulaires correspondantes de droite et de gauche des apophyses articulaires se trouvent dans un arc de cercle, dont le centre est placé en avant du corps de la vertèbre. Souvent l’extrémité de l’apophyse épineuse est déviée de la ligne médiane.

Les CINQ VERTÈBRES LOMBAIRES n’ont pas de côtes libres. C’est là leur différence essentielle avec les vertèbres thoraciques. Le corps de ces différentes vertèbres présente sensiblement la même hauteur; leurs diamètres transversal et sagittal varient. Par sa forme, la première vertèbre lombaire se rapproche de la dernière thoracique. Le diamètre transversal des vertèbres lombaires suivantes s’accroît plus que leur diamètre sagittal, de sorte que leurs faces terminales prennent une forme ovalaire, à grand diamètre transversal (fig. 117). Les deux faces terminales sont à peu près parallèles entre elles, aux quatre premières vertèbres ; à la dernière elles convergent un peu en arrière, de sorte que le corps de cette vertèbre est cunéiforme.

Les arcs et leurs apophyses sont, comme ceux de la dernière vertèbre thoracique, plus massifs et partent de la partie supérieure et latérale du corps de la vertèbre, à laquelle manquent les facettes articulaires caractéristiques des vertèbres thoraciques. Comme aux vertèbres thoraciques, les arcs vertébraux des vertèbres lombaires, après avoir délimité le trou intervertébral, se dirigent très obliquement vers le bas. Ils se prolongent à droite et à gauche en l’apophyse articulaire inférieure. Le trou vertébral est plus développé.

L’apophyse épineuse est dirigée directement en arrière ; elle est caractérisée par son épaisseur et sa hauteur. Son volume augmente de la première à la troisième vertèbre; à partir de cette dernière il diminue progressivement jusqu’à la cinquième. Ce sont les apophyses transverses qui paraissent s’être le, plus modifiées. Pour comprendre leur disposition, il faut les comparer avec celles des dernières vertèbres thoraciques.

A la dernière et parfois même déjà à l’avant-dernière vertèbre thoracique (fig. 118, i i et 12), il y a lieu de distinguer à l’apophyse transverse trois tubercules, plus ou moins distincts. Un tubercule antérieur (l) et regardant un peu en dehors est uni à la dernière côte par une masse ligamenteuse.

 

 

Un second tubercule, représentant la masse principale de l’apophyse transverse, est dirigé en arrière (a). Enfin on peut distinguer un troisième tubercule plus petit, à la partie supérieure de la face postérieure : ce tubercule regarde en haut (m). Ces trois tubercules sont plus volumineux et plus distincts aux vertèbres lombaires. Le tubercule dont nous avons parlé en premier lieu (l) constitue, déjà à la première vertèbre lombaire, une apophyse importante, qui devient plus importante encore aux vertèbres suivantes; il est cependant en général un peu plus court à la dernière lombaire : on l’appelle l’apophyse transverse. Le deuxième tubercule, désigné sous le nom d’apophyse accessoire (a), présente des dimensions variables; il est situé en arrière, à la racine de l’apophyse transverse,, et regarde en bas. Il est moins développé aux vertèbres suivantes ou même n’est plus représenté que par une simple rugosité.

Voir également  La colonne vertébrale dans son ensemble

Enfin le troisième tubercule ou apophyse mamillaire (m) part, à la première vertèbre lombaire, de la racine de l’apophyse transverse et se dirige en haut vers l’apophyse articulaire supérieure. A la deuxième vertèbre lombaire, elle est placée sur la face postérieure de l’apophyse articulaire supérieure et constitue, comme aux vertèbres suivantes, une saillie arrondie. Au lieu de l’apophyse transverse unique des vertèbres de la région thoracique, il existe donc aux vertèbres de la région lombaire trois apophyses, dont une est encore désignée sous le nom d’apophyse transverse, mais ne correspond en réalité qu’à une partie de cette dernière et mérite par conséquent un nom spécial : apophyse latérale.

Les apophyses articulaires supérieures partent de la racine de l’arc vertébral. Leur surface articulaire regarde en arrière et en dedans. A cette disposition correspond la direction opposée, c’est-à-dire externe et antérieure, des surfaces articulaires des apophyses articulaires inférieures, lesquelles proéminent plus bas. Les surfaces articulaires des apophyses articulaires supérieures, tout comme celles des inférieures, sont donc surtout développées dans la direction sagittale.

Elles sont généralement courbées de telle sorte que l’on peut considérer dans son ensemble chacune des apophyses articulaires inférieures d’une vertèbre comme formant une tête articulaire cylindrique, qui s’engrène dans une cavité de réception de l’apophyse articulaire supérieure correspondante de la vertèbre suivante.

L’axe de la face articulaire d’une apophyse articulaire quelconque décrit un arc de cercle, dont le centre est situé en arrière de la vertèbre. Toutefois ici les axes des deux surfaces articulaires correspondantes de droite et de gauche ne font pas partie du même cercle, mais de deux cercles différents, ce qui n’est pas le cas pour les vertèbres thoraciques. Ce rapport n’est qu’à peine indiqué à la dernière vertèbre thoracique; on le trouve réalisé à la première lombaire, pour ainsi dire sans transition.

La hauteur du corps de la vertèbre présente à la première et même parfois aussi à la deuxième vertèbre lombaire une disposition identique à ce qu’elle est aux vertèbres thoraciques, c’est-à-dire qu’elle est moindre en avant qu’en arrière ou qu’elle est égale en avant et en arrière. A la troisième ou à la quatrième, la hauteur devient plus grande en avant qu’en arrière et le corps de la vertèbre devient parfois cunéiforme, mais cependant pas toujours d’une façon bien nette. Le corps de la dernière vertèbre lombaire est toujours nettement cunéiforme; il est plus haut en avant qu’en arrière.

La division de l’apophyse transverse en plusieurs apophyses se trouve en connexion très étroite avec ses relations par rapport aux côtes. L’apophyse accessoire seule des vertèbres lombaires est homologue à l’apophyse transverse des vertèbres thoraciques.

C’est ce que nous démontre à l’évidence un examen comparatif des régions lombaire et thoracique de la colonne vertébrale. Quant à l’apophyse latérale de la vertèbre lombaire ses rapports sont identiques à ceux de la dernière côte de la dernière vertèbre thoracique. Il n’est pas rare que l’apophyse latérale manque et que l’on trouve à sa place une côte rudimentaire. De là l’idée que l’apophyse latérale est un rudiment de côte fusionné avec la vertèbre lombaire. Cette manière de voir est d’ailleurs démontrée en ce qui concerne les premières vertèbres lombaires (voir les remarques des §§ 82 et 86). Pour ce qui regarde les apophyses latérales des dernières vertèbres lombaires, elles semblent provenir de ce que la côte rudimentaire ne présente plus une ébauche distincte, mais qu’elle est dès le début fusionnée avec l’ébauche de la vertèbre.

C’est la partie de la colonne vertébrale qui fait suite à la région lombaire qui a subi les modifications les plus importantes. Elles sont en rapport avec les relations que possède celte région avec la ceinture des membres postérieurs. Cette partie de la colonne vertébrale est unie au bassin par une articulation à peu près immobile. Les vertèbres qui la constituent perdent peu à peu leur indépendance. Les cinq vertèbres de cette région se fusionnent en une pièce unique, le SACRUM. La dernière vertèbre sacrée montre déjà une rétrogradation importante et établit une transition progressive vers la région caudale de la colonne vertébrale.

Le fusionnement des cinq vertèbres sacrées en une pièce unique (fig. 119) est donc en rapport avec le changement de fonction de cette partie de la colonne vertébrale. Les vertèbres sont disposées les unes par rapport aux autres de telle sorte que le sacrum présente une face antérieure concave et une face postérieure convexe. Comme les vertèbres diminuent de volume de haut en bas, le sacrum prend la forme d’une pyramide renversée. Sa large face supérieure constitue la base de la pyramide; son extrémité inférieure en est le sommet. Les corps des vertèbres sacrées sont primitivement unis entre eux de la même manière que ceux des autres vertèbres. A la suite de leur fusionnement, qui commence à la seizième année de la vie et est achevé à l’âge de trente ans, l’appareil intervertébral disparaît. Il en résulte une synostose, qui laisse cependant encore voir des traces de la séparation primitive des vertèbres, sous forme de crêtes transversales plus ou moins nettes siégeant à la face antérieure du sacrum (fig. 119). La synostose se produit en procédant des dernières vertèbres vers les premières, de telle sorte que la première vertèbre est encore séparée de la deuxième, lorsque les autres sont déjà soudées entre elles. Ce n’est donc qu’à la tin du développement du sacrum que la première vertèbre sacrée lui est assimilée. Le même fusionnement a lieu entre les arcs vertébraux et leurs apophyses. L’arc de la dernière vertèbre sacrée, et parfois même aussi celui de l’avant dernière, est privé de sa portion médiane, qui se prolongeait autrefois dans l’apophyse épineuse.

Ces rudiments d’arcs se terminent alors de chaque côté de la ligne médiane par les apophyses articulaires. Les apophyses articulaires inférieures de la dernière vertèbre sacrée forment les cornes sacrées (cornua sacralia) (Hg. 120). La partie du canal spinal qui correspond au sacrum et que l’on désigne sous le nom de canal sacré (Can. sac.) s’ouvre donc à la face postérieure de la dernière ou des deux dernières vertèbres sacrées, par l’hiatus du canal sacre (Hiat. can. s Sur le reste de la face dorsale du sacrum s’élèvent trois ou quatre tubérosités médianes, dont l’importance diminue de haut en bas : ce sont les rudiments des apophyses épineuses «fig. 120. Proc. spinosi). Les apophyses articulaires forment, de chaque côté de la ligne médiane, une série longitudinale, peu nette.de rugosités; celles qui étaient contiguës se sont soudées entre elles : ce sont les rudiments des apophyses articulaires (Proc. articul.). Seule l’apophyse articulaire supérieure de la première vertèbre sacrée est libre et s’articule avec l’apophyse articulaire inférieure de la dernière vertèbre lombaire (fig. 120. p. art.).

Mais les particularités les plus remarquables du sacrum se trouvent réalisées dans ses parties latérales. A la place des apophyses transverses se trouvent des prolongements très puissants qui. partant des corps des vertèbres ainsi que des racines des arcs vertébraux, s’élargissent en dehors et se fusionnent entre eux. Ils délimitent ainsi, de chaque côté de la ligne médiane, quatre orifices intervertébraux, communiquant avec le canal sacré. Ces orifices existent aussi bien à la face antérieure du sacrum (fig. 119) qu’à sa face postérieure (fig. 120) : on les désigne sous les noms de trous sacrés antérieurs et de trous sacrés postérieurs (foramina sacralia anteriora et posteriora). Les trous sacrés antérieurs sont plus larges que les postérieurs.

Les parties latérales du sacrum ont une épaisseur notable dans la région des trois premières vertèbres sacrées. Il ya lieu de distinguer sur leur face latérale ou externe deux parties distinctes. L’une, antérieure, constitue une facette rugueuse, recouverte de cartilage : on la désigne sous le nom de facette auriculaire (faciès auricularis, fig. 120, Fac. auric.). Elle regarde en dehors et un peu en bas et en arrière, et sert à l’articulation avec l’os iliaque ou os de la hanche. C’est la première vertèbre sacrée qui intervient pour la plus grande part dans la formation de la facette auriculaire; la deuxième vertèbre sacrée y prend une part moindre et moindre encore est la participation de la troisième vertèbre sacrée, qui peut même parfois ne pas y intervenir du tout. L’autre partie de la face externe de l’os est située en arrière de la facette auriculaire et constitue la tubérosité sacrée (tuberositas sacralis).

Elle s’étend jusqu’au niveau du trou sacré postérieur et présente des dépressions et des rugosités; elle donne insertion à une masse ligamenteuse (fig. 120).

La courbure du sacrum est déterminée par la forme en coins des corps des vertèbres. Les corps des deux premières vertèbres sacrées sont plus élevés en avant qu’en arrière; pour les trois dernières vertèbres, c’est l’inverse qui a lieu. C’est au niveau du corps de la troisième vertèbre que la courbure est la plus considérable: par contre, la face antérieure des corps des deux premières vertèbres se trouve dans un seul plan. Les parties latérales du sacrum ne sont pas formées par une simple extension des apophyses transverses ; car, à la première vertèbre sacrée, la partie correspondant à l’apophyse transverse des vertèbres lombaires est souvent très nettement distincte. Aussi la région antérieure des parties latérales du sacrum, celle qui porte la facette auriculaire, n’est nullement homologue à une apophyse transverse. En effet, elle procède surtout du corps de la vertèbre et non pas seulement de l’arc vertébral, comme c’est le cas pour les apophyses transverses. Si l’on étudie le mode d’ossification des vertèbres sacrées cartilagineuses, on constate l’apparition, dans la région antérieure de chacune des parties latérales du sacrum, d’un point d’ossification spécial. La région postérieure, au contraire, correspondant à-.la tubérosité sacrée, s’ossifie aux dépens des arcs vertébraux lfig. 121). Ces considérations embryologiques, qui sont d’ail-

Voir également  Os du crâne

leurs en parfaite harmonie avec les données fournies par l’Anatomie comparée, tendent à démontrer que cette extension des parties latérales du sacrum, qui se produit au niveau des trois premières vertèbres sacrées, doit être considérée comme résultant du fusionnement de côtes rudimentaires avec les apophyses transverses. On doit donc désigner ces parties du sacrum sous le nom de pièces costales pour les distinguer des apophyses transverses.

L’articulation des deux ou trois premières vertèbres sacrées, c’est-à-dire de leurs pièces costales avec l’os de la hanche suffit pour expliquer la synostose de ces vertèbres, attendu que, grâce à cette articulation, ces vertèbres perdent leur indépendance. Mais cette considération ne peut expliquer la soudure synostotique des deux ou trois vertèbres sacrées postérieures, que l’on désigne sous le nom de fausses vertèbres sacrées, pour les distinguer des premières, auxquelles on réserve le nom de vraies vertèbres sacrées.

La soudure de ces vertèbres aux vraies vertèbres sacrées peut provenir en partie de l’atrophie de la région caudale de la colonne vertébrale, en partie de ce que les vertèbres supportaient aussi primitivement l’os iliaque et constituaient par conséquent alors de vraies vertèbres sacrées. Cette manière de voir devient très vraisemblable si l’on considère que ce n’est que dans le cours de l’ontogénie que la première vertèbre sacrée s’unit aux autres pour intervenir dans la formation du sacrum, ce qui prouve que précédemment cette vertèbre appartenait à la région lombaire.

Le sacrum affecte des différences dans sa forme, en relation avec le sexe ; mais elles ne se produisent pas d’une façon constante. Chez l’homme le sacrum est plus long et relativement plus étroit; il est plus large et plus court chez la femme, ce qui fait que sa courbure est moindre. Il arrive parfois que six vertèbres interviennent dans sa formation; d’autres fois, mais plus rarement, il n’est formé que de quatre vertèbres. Parfois la pièce costale de la première vertèbre sacrée se développe moins que d’habitude : cette disposition établit alors une sorte de transition entre les vertèbres lombaires et les vertèbres sacrées. Quand les pièces costales droite et gauche de la première vertèbre sacrée se développent inégalement, il en résulte une disposition asymétrique, qui existe aussi au bassin. Cette asymétrie peut dépendre de l’absence de la pièce costale; à la première vertèbre sacrée, d’un côté de la ligne médiane, ou bien de la formation d’une pièce costale, d’un côté de la ligne médiane, à la dernière vertèbre lombaire, cet élément intervenant dans la composition du sacrum. Dans l’un comme dans l’autre cas, les deux facettes auriculaires n’ont pas la même extension. Ces dispositions sont des transitions entre vertèbres lombaires et vertèbres sacrées (fi g. 122).

En ce qui concerne l’ossification des vertèbres sacrées, je renvoie à ce que j’ai dit plus haut (§75) de l’ossification des vertèbres en général; il faut, bien entendu, tenir compte de la particularité, dont nous venons de parler, concernant les pièces costales. A la facette auriculaire il se forme très tard un point d’ossification lamellaire spécial. Enfin, de petits points d’ossification apparaissent au bord latéral cartilagineux des vertèbres sacrées suivantes.

Au sommet du sacrum s’unit la portion caudale de la colonne vertébrale, appelée coccyx (os coccygis, coccygeum). Elle correspond au squelette de la queue, en général beaucoup plus développé chez les mammifères. Elle consiste en quatre ou cinq vertèbres, presque entièrement rudimentaires (fig. 119). L’ensemble même de la région caudale de la colonne vertébrale est également rétrogradé : en effet, l’ébauche de cette région est formée par un nombre de vertèbres plus considérable que chez l’adulte. La première vertèbre caudale, qui est aussi la plus volumineuse, présente, indépendamment de courts prolongements latéraux, de chaque côté de la ligne médiane un rudiment d’arc vertébral, dont les extrémités libres, dirigées vers les cornes sacrées, sont appelées cornes coccygiennes (cornua coccygea). Ce sont des apophyses articulaires supérieures rudimentaires. A la deuxième vertèbre, les prolongements latéraux sont très réduits; ils le sont davantage encore à la troisième. Enfin, on n’en trouve plus de traces à la quatrième et à la cinquième vertèbre, qui ne forment plus l’une et l’autre que de petites pièces osseuses souvent irrégulières. Ces vertèbres ont donc perdu progressivement leurs diverses pièces constitutives, jusqu’à ce qu’enfin les dernières ne sont plus représentées que par des rudiments de corps. C’est donc la partie la plus ancienne de ces vertèbres qui se maintient le plus longtemps.

Chez le vieillard, il se produit généralement un fusionnement des dernières vertèbres caudales. La première vertèbre peut se souder cependant aussi avec le sacrum et cette disposition est plus fréquente chez l’homme que chez la femme. Elle constitue alors un prolongement immédiat du sacrum, en ce sens que les cornes coccygiennes sont soudées aux cornes sacrées et qu’à la fin les prolongements latéraux de la vertèbre sont fusionnés avec l’extrémité des prolongements latéraux de la dernière vertèbre sacrée. Il se forme de la sorte un cinquième trou sacré et le sacrum est formé par six vertèbres. A cause de son état rudimentaire, la portion caudale de la colonne vertébrale présente les plus grandes variations, tant en ce qui concerne son étendue que par la disposition spéciale des éléments qui la constituent. A la suite de son fusionnement avec le sacrum, cette région de la colonne vertébrale perd son individualité propre. Lorsqu’il y a augmentation du nombre des vertèbres présacrées, la première vertèbre caudale entre généralement dans la composition du sacrum. Quand, au contraire, il y a diminution du nombre des vertèbres présacrées, alors la dernière vertèbre sacrée devient la première caudale. de la colonne vertébrale comptant, à un stade reculé du développement, trente-huit vertèbres, il se produit donc, dans le cours de l’ontogénie, une réduction considérable du nombre des vertèbres, réduction qui s’opère dans la région caudale. A la sixième semaine, les trois dernières vertèbres sont déjà fusionnées en une masse unique et la trente-cinquième ne possède plus que des limites peu nettes. Plus tard enfin, la trente-quatrième vertèbre se trouve constituée par la fusion des dernières vertèbres