Division de l’oeuf (segmentation et formation de la vésicule blastodermique

 

 

Le développement de l’œuf commence par un phénomène de division. L’œuf se divise en deux cellules qui, elles-mêmes, se divisent à leur tour. Ce processus de division continuant à se produire, il en résulte la transformation de l’œuf en un certain nombre d’éléments plus petits qui sont eux-mêmes des cellules. Ce phénomène est essentiellement le même que celui qui s’accomplit dans la multiplication cellulaire, chez tous les métazoaires. Cette division se manifeste extérieurement par l’apparition de sillons plus ou moins profonds à la surface de l’œuf. Il en résulte un véritable sillonnement (Furchung des auteurs allemands) de la surface de l’œuf. En réalité, l’œuf se trouve divisé en segments; de là le nom de segmentation que nous donnons à ce phénomène.

La segmentation ne s’accomplit pas partout de la même manière. Même chez les vertébrés, elle a lieu de façons très diverses, mais que l’on peut cependant dériver les unes des autres. Tantôt toute la substance de l’œuf se divise en segments, tantôt ce phénomène n’intéresse qu’une partie de cette substance. Sous sa forme la plus simple, la segmentation est complète : c’est là ce que l’on appelle la segmentation totale. A la suite de la segmentation totale, l’œuf se trouve divisé en un grand nombre de cellules, qui peuvent être toutes semblables entre elles, ou bien qui diffèrent entre elles par leurs dimensions. Dans le premier cas, l’on dit que la segmentation est égale. La figure 6 nous montre quelques stades de segmentation égale.                                                                                Ici la segmentation intéresse l’œuf tout entier; elle se produit uniformément et donne lieu successivement à 2, 4, 8, 16, 32, 64 cellules.

Ainsi se trouve constitue un arnas de cellules semblables, qui ressemble à une mûre; de là le nom de morula qu’on lui a donne(fig:6, D).                                                                            La segmentation, égale au début du phénomène, peut cependant conduire à une autre forme lorsque la division ne s’accomplit plus uniformément dans les cellules égales résultant des premiers stades de la segmentation. Dans ce cas, les 2, 4 ou 8 cellules résultant des premières divisions de l’œuf présentent encore le même volume; mais le phénomène cesse de s’accomplir de cette façon, et une partie des cellules égales ainsi formées se divisent, dans la suite, plus rapidement que les autres. Il en résulte la formation d’un amas de cellules, dont les unes sont plus grandes que les autres. La morula est alors formée d’éléments de volume inégal. L’on a, dans ce cas, affaire à la segmentation inégale. Dans l’un comme dans l’autre de ces processus, l’œuf tout entier est toutefois divisé en cellules, qui servent à l’édification du corps de l’embryon : de là le nom d’œufs holoblastiques, que l’on a donné aux œufs qui se segmentent de cette façon. La segmentation inégale dérive de la segmentation égale. Elle a pour résultat de donner, d’une façon précoce, une valeur différente aux produits de la division de l’œuf. Ce mode de segmentation se rencontre déjà chez le vertébré le plus inférieur, l’Amphioxus. Étant donnée la grande importance qu’offrent ces phénomènes pour nous permettre de comprendre la première différenciation d’un organisme compliqué, il convient que nous les décrivions au moins brièvement. L’amas cellulaire (morula) résultant de la division de la cellule-œuf, et formé d’éléments de volume différent, montre ses cellules groupées autour d’une cavité centrale, qu’elles délimitent, cavité qui déjà, dès les premiers stades de la segmentation, commence à apparaître : c’est la cavité de segmentation (fig. 7, h). Les cellules sont disposées autour de cette cavité, de telle. sorte que les plus petites sont groupées à l’un des pôles, les plus grandes étant groupées au pôle opposé : au point où elles se continuent les unes avec les autres, l’on trouve des cellules de transition (fig. 7, A). Dans les stades ultérieurs de

Voir également  Signification du développement

la segmentation, l’on observe toujours cette disposition des grandes et des petites cellules (B), et ainsi se trouve formée, par cette couche de cellules entourant la cavité de segmentation, la paroi d’une vésicule (C), qui est la vésicule blastodermique. La paroi de cette vésicule, constituée par une seule rangée de cellules, on l’appelle le blastoderme. Les cellules du blastoderme qui, dans les stades précédents, étaient saillantes à leur surface et séparées entre elles par de véritables sillons, sont maintenant, grâce à leur multiplication et à leur compression réciproque, transformées en un nombre plus considérable de cellules cylindriques. A l’un des pôles de la vésicule, les cellules sont notablement plus élevées qu’au pôle opposé, que nous désignerons sous le nom de pôle animal, pour le distinguer du premier, auquel on donne le nom de pôle végétatif de l’œuf (fig. 7). Nous avons donc maintenant affaire à un organisme, dont la paroi du corps est formée d’une seule assise de cellules entourant une cavité née de la cavité de segmentation. Toutefois les cellules qui constituent cette paroi du corps diffèrent entre elles par leur volume, ce qui dépend du processus de segmentation.