DES TISSUS

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Dans la première ébauche du corps, constituée par les produits de division de la cellule-œuf, nous ne trouvons que des cellules, qui se comportent toutes de la même manière (p. 30). Même les éléments cellulaires dont se constituent les organes primitifs, c’est-à-dire les feuillets germinatifs, ne présentent entre eux que des différences minimes. Ce n’est qu’avec la formation des organes secondaires aux dépens des feuillets germinatifs qu’il se produit, pour la première fois, une différenciation importante des cellules. Le corps protoplasmique de la cellule n’accomplit plus, comme le faisait la cellule indifférente, tous les phénomènes de la vie ; il se développe dans une direction plus spéciale. Du protoplasme se séparent des substances nouvelles, qui diffèrent avec la fonction des éléments cellulaires et qui déterminent la qualité des organes.

En même temps que la cellule perd certaines fonctions, qu’elle pouvait remplir quand elle était à l’état indifférent, d’autres fonctions, qu’elle accomplissait déjà alors, se perfectionnent en elle. Cette séparation, qui s’opère dans la cellule, n’engendre donc rien de nouveau, dans le sens absolu du mot ; les dispositions nouvelles, qui en sont la conséquence, ne sont que l’accentuation de l’une ou de l’autre propriété, que possédait déjà la cellule indifférente.

Les associations de cellules, qui se sont transformées d’une même façon et dans le plasma desquelles se sont engendrés les mêmes produits de différenciation, forment, avec leurs dérivés, les tissus (telæ). La différenciation des cellules en tissus est intimement liée à la différenciation des organes eux-mêmes; c’est celle-là qui détermine celle-ci. De même que la formation des organes, la formation des tissus est la conséquence d’une division du travail. Le mode d’union des éléments constitutifs d’un tissu et de ses dérivés, ainsi que la disposition de ces parties dans leur ensemble, constituent la texture du tissu. La texture est donc l’état morphologique des tissus, tout comme la structure représente l’état morphologique des organes. De même que les tissus se composent d’une somme de cellules, de même leurs fonctions sont accomplies par l’ensemble de leurs éléments. Les tissus sont, par conséquent, le trait d’union naturel entre les cellules isolées et les organes, ces derniers étant composés de tissus Les tissus diffèrent entre eux par la qualité des cellules dont ils se composent, de même que par les substances qui se différencient dans le protoplasme de ces cellules. Ce sont ces mêmes caractères qui déterminent leur valeur fonctionnelle. Nous devons distinguer: le tissu épithélial le tissu conjonctif (tissu de la substance conjonctive), le tissu musculaire et le tissu nerveux. Ces deux dernières formes de tissus ne se rencontrent que dans les organismes animaux, tandis que les deux premières sont les seules que l’on trouve dans le règne végétal. Ce sont en même temps le tissu épithélial et le tissu conjonctif, qui prennent la plus grande extension dans les systèmes d’organes, qui servent à l’accomplissement des fonctions végétatives, chez l’animal. De là la dénomination de tissus végétatifs qu’on leur donne pour les distinguer des deux autres formes de tissus que l’on réunit sous le nom de tissus animaux. L’étude des tissus forme l’objet de l’Histologie, que l’on ne doit pas confondre, comme on le fait fréquemment, avec l’Anatomie microscopique. Tandis que l’Histologie s’occupe d’un objet bien déterminé, l’étude des tissus et de leur genèse, l’Anatomie microscopique s’occupe de toutes les recherches faites au moyen du microscope. Il y a donc évidemment entre elles une grande différence. L’Anatomie microscopique n’a nullement pour objet exclusif l’étude des tissus comme tels, mais celle des organes formés par eux, pour autant que leur structure ne puisse être observée qu’à l’aide du microscope. L’Anatomie microscopique peut, comme l’Histologie, être considérée comme une branche spéciale; mais elle fait, en réalité, partie intégrante de l’Anatomie, qui comprend l’étude la plus complète des organes ; en effet, la structure d’un organe n’est compréhensible que pour autant que l’on connaisse les tissus dont il est formé. Tous les tissus dérivent de cellules plus ou moins profondément transformées ; l’étude des tissus est donc basée sur l’étude de la cellule.

Voir également  Coup d’oeil rétrospectif sur la différenciation des tissus

Les tissus que nous avons mentionnés plus haut sont généralement appelés tissus simples, par opposition à une autre catégorie de tissus que l’on appelle tissus composés. Ces derniers ne sont en réalité pas des tissus, mais des organes. Cette distinction résulte de l’erreur que l’on a commise en désignant sous le nom de tissus des organes formés de différents tissus, ce qui a amené de la confusion dans la notion du tissu et dans celle de l’organe. Quand une partie du corps se compose de différents tissus, elle ne peut naturellement pas être considérée comme formant un tissu spécial; il existe dans ce cas plusieurs tissus, dont l’ensemble ne peut pas prendre ce nom, mais forme un organe ou une partie d’organe. Ces tissus dits composés ne peuvent pas être histologiquement caractérisés : il est évident, par exemple, que le prétendu « tissu vasculaire », à la formation duquel concourent plusieurs tissus distincts, et qui comprend tous les vaisseaux, capillaires, veines, artères et lymphatiques, dont la texture varie considérablement selon leur calibre, ne constitue pas un tissu; mais son étude n’est que l’étude d’organes proprement dits.