Coup d’oeil rétrospectif sur la différenciation des tissus

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La différenciation des cellules, telle que la manifeste la texture des tissus, donne lieu à des produits très divers, à côté desquels persistent des restes plus ou moins importants du corps des cellules primitives. Ces produits de différenciation d’une partie du protoplasme des cellules sont les plus divers. Ils semblent être des éléments nouveaux, n’ayant aucun rapport avec le protoplasme indifférent des cellules; ils sont en outre très différents les uns des autres. Qu’v a-t-il, en effet, de plus dissemblable que la substance des fibres musculaires striées et la substance intercellulaire du tissu osseux? Et cependant ces substances sont, l’une comme l’autre, des produits de la différenciation d’un protoplasme primitivement identique. C’est cette forme primitive indifférente qui sert de trait d’union entre ces différentes substances ; elles ont donc une origine commune.

A ce stade inférieur, voisin de l’état indifférent, le protoplasme doit donc jouir des propriétés des différents tissus. Nous devons considérer les caractères divers que présentent les différents tissus comme des perfectionnements de caractères exprimés déjà dans les cellules indifférentes qui leur ont donné naissance (V. p. 20 et suiv.). Dans la substance protoplasmique, différenciée en les substances spécifiques des différents tissus, il n’existe plus cette richesse de manifestations vitales que présentait la cellule indifférente. La plupart d’entre elles se sont atrophiées; quelques-unes seulement se sont maintenues, et la substance protoplasmique s’est transformée en vue du perfectionnement de ces fonctions. Ainsi, par exemple, la motilité du protoplasme, qui consiste en des déplacements moléculaires, en des changements de position des particules protoplasmiques les plus minimes, a disparu dans la plupart des substances différenciées. Elle s’est maintenue toutefois dans le tissu musculaire, s y est transformée et est manifestée par des parties hautement différenciées. Quelque différente du protoplasme que soit la substance musculaire, elle n’en est cependant qu’une transformation. La motilité du protoplasme s’est, grâce à ce perfectionnement, transformée en la contractilité musculaire. La formation, aux dépens de la couche superficielle du protoplasme, d’une membrane cellulaire, servant d’organe de soutien peu perfectionné, est le premier indice d’une fonction qui a pris une importance considérable dans la substance fondamentale du cartilage ou du tissu osseux. Nous voyons donc s’accentuer énormément, dans chaque tissu, l’une des diverses propriétés du protoplasme, et, dans les substances différenciées des divers tissus, il n’en est pas une qui n’existât déjà à un moindre degré de perfectionnement dans la cellule indifférente. Avec L’apparition des tissus il se produit un- perfectionnement des fonctions, qui est accompagné d’une transformation d’éléments matériels, existant au préalable dans les cellules indifférentes. Les fonctions des différentes cellules, avec la formation des tissus, se répartissent sur un grand nombre d’éléments, qui, selon la direction dans laquelle ils fonctionnent, acquièrent une valeur qualitative différente. L’apparition des tissus repose donc sur le principe de la division du travail, qui détermine le perfectionnement de la fonction des éléments constitutifs des tissus, aux dépens de la diversité fonctionnelle primitive, qui existait à l’état d’indifférence.

Voir également  Premier système vasculaire

La fonction qu’accomplit un organe se trouve répartie entre les tissus qui le composent; enfin, chaque élément de l’un des tissus entrant, dans la constitution d’un organe accomplit une partie de la fonction totale de l’organe. Les phénomènes de la vie doivent donc être ramenés à des phénomènes que manifestent les éléments constitutifs les tissus. On peut en conclure que chacun de ces éléments fonctions pour son propre compte, jouit d’une vie indépendante et possède une existence propre. En fait, l’union des éléments constitutifs, leur continuité, nous oblige à restreindre cette manière de voir. L’unité de l’organisme n’est en rien atténuée par la diversité de ses éléments constitutifs, attendu que la condition essentielle de l’existence de chacun de ces éléments réside précisément dans les unions qu’il contracte et les relations qu’il présente dans l’organisme et à cause de lui.

La durée de la vie des éléments constitutifs de l’organisme n’est pas identique à celle de l’organisme lui-même. Pour certains tissus, l’on sait que les éléments se trouvent dans un état continuel de transformation, de destruction et de régénération. Pour d’autres tissus nous possédons des indices de l’existence de ces mêmes phénomènes ; enfin, pour d’autres encore, jusqu’à ce jour l’on n’a rien observé de semblable.

Malgré cette imperfection de nos connaissances, il faut admettre que cette notion est générale. Cela nous permet d’ailleurs de comprendre comment il se fait que, même dans l’organisme complètement développé, l’on trouve, à côté des éléments constitutifs différenciés, des cellules indifférentes. C’est que ces éléments indifférents sont des éléments jeunes destinés à remplacer ceux qui ont joué leur rôle, terminé leur vie et qui seront rejetés par l’organisme. Quand ils sont différenciés, les éléments constitutifs de l’organisme jouissent donc d’une propriété qui est caractéristique de tout organisme : ils vivent et meurent. C’est pour ce motif qu’on les a désignés sous le nom d’organismes élémentaires.