Variations de la colonne vertébrale

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Les diverses régions de la colonne vertébrale, que nous avons décrites précédemment, ne sont pas toujours formées par le même nombre de vertèbres. C’est, à ce point de vue, la région cervicale qui montre la plus grande constance, bien que le nombre des vertèbres, dont elle se constitue, puisse se trouver réduit, à la suite de la formation d’une côte à la septième vertèbre. Toutefois l’existence de cette côte ne détruit pas entièrement la valeur de cette vertèbre. Plus fréquentes sont les variations qui se produisent dans le nombre des vertèbres des deux régions suivantes de la colonne. Le nombre total des vertèbres de ces deux régions peut augmenter ou diminuer d’une vertèbre, et c’est alors tantôt une vertèbre thoracique, tantôt une vertèbre lombaire qui est acquise ou perdue. C’est la manière d’être des côtes, dont l’existence caractérise les vertèbres thoraciques, qui sert à déterminer quelle est la nature de la vertèbre supplémentaire ou de la vertèbre qui fait défaut. Enfin, il peut arriver que le nombre total des vertèbres thoraciques et lombaires soit normal, bien que le nombre des vertèbres de chacune des deux régions ne le soit pas. Il y a, dans ce cas, généralement augmentation du nombre des vertèbres thoraciques, grâce à la formation d’une côte à la première vertèbre lombaire typique. Plus rarement on constate une diminution du nombre typique des vertèbres thoraciques, par atrophie de la dernière côte.

C’est en nous fondant sur les caractères des côtes que nous déterminons si les vertèbres appartiennent à la région thoracique ou à la région lombaire. C’est aussi ce caractère qui nous sert à décider si une vertèbre appartient à la région lombaire ou à la région sacrée. L’absence ou la transformation des pièces costales dans la région sacrée (page 170) détermine des variations non seulement dans la composition du sacrum, mais aussi dans la constitution des régions thoracique et lombaire, le nombre des vertèbres de ces régions pouvant être augmenté ou diminué par la composition de la région sacrée.

Toutes ces variations tirent leur origine d’une disposition commune, réalisée pendant la vie fœtale. A ce moment du développement, il existe dix sept vertèbres thoraco-lombaires. La treizième de ces vertèbres possède normalement une côte, qui existe aussi probablement à la quatorzième vertèbre. La vingt-sixième vertèbre de la colonne constitue la première vertèbre sacrée. Plus tard, grâce au déplacement progressif du bassin d’arrière en avant, c’est la vingt-cinquième vertèbre qui devient la première sacrée, en même temps que les côtes de la treizième thoraco-lombaire s’atrophient. Lorsque le déplacement du bassin ne s’accomplit pas, il reste dix-huit vertèbres thoraco-lombaires. La dernière de ces vertèbres présente alors une tendance à affecter le caractère des vertèbres sacrées, en ce sens qu’elle porte latéralement, à droite et à gauche, une apophyse costale (fig. 122, C). Quand cette apophyse prend plus de développement, la vertèbre prend un caractère de transition lombo-sacrée. L’intervention de cette dix-huitième vertèbre thoraco-lombaire dans la constitution du sacrum n’est pas toujours complète. Dans le sacrum du nouveau-né l’apophyse costale de cette vertèbre est beaucoup moins développée qu’elle ne l’est plus tard, et chez l’adulte même il n’est pas rare que les parties latérales n’aient subi qu’incomplètement la transformation sacrée. Le prolongement latéral provient donc de l’apophyse costale, comme cela est représenté fig. 122, B. Le déplacement du bassin peut pousser plus [loin en avant encore et atteindre la I dix-septième vertèbre thoraco-lombaire (fig. 122. A).

Voir également  Articulations péronéo-tibiales

Cette disposition est anormale. Mais en même temps que le sacrum empiète en avant sur la région lombaire, il diminue d’étendue en arrière, et il en résulte que la région caudale possède une vertèbre de plus. Ces faits expliquent la synostose précoce des dernières vertèbres sacrées, synostose qui s’étend plus tard à la vertèbre sacrée antérieure. C’est à la valeur physiologique qu’a actuellement la vertèbre sacrée antérieure qu’il faut attribuer la marche rétrograde de la synostose. L’intervention tardive de cette vertèbre dans la constitution du sacrum explique aussi ce fait qu’elle reste longtemps séparée des autres vertèbres, qui sont depuis plus longtemps qu’elle des vertèbres sacrées et qui par conséquent se sont fusionnées plus tôt.

L’explication qui nous a servi à faire comprendre les variations de la région sacrée, nous permet aussi d’interpréter les variations des régions thoracique et lombaire, variations qui dépendent de l’absence ou de la présence d’une treizième paire de côtes.

L’existence ou l’absence des treizièmes côtes dépend de ce que l’ébauche de ces côtes s’ossifie ou s’atrophie. Dans le premier cas, il y a augmentation du nombre des vertèbres thoraciques et diminution du nombre des vertèbres lombaires. Dans le second cas, c’est le rapport inverse qui s’établit. De là aussi des différences dans les vertèbres de transition. D’après ce que nous avons dit précédemment, la douzième et la treizième vertèbre thoraco-lombaire, c’est-à-dire la dix-neuvième et la vingtième vertèbre, peuvent prendre des caractères qui les rapprochent des vertèbres thoraciques ou des vertèbres lombaires, selon la transformation que subissent la douzième ou la treizième paire de côtes. De même la vingt-cinquième ou la vingt-sixième vertèbre peut constituer une vertèbre de transition lombo-sacrée, selon qu’elle conserve plus ou moins intacts les caractères des vertèbres de la région lombaire ou- qu’elle acquiert ceux des vertèbres sacrées. Lorsque l’une des apophyses costales de la première vertèbre sacrée ne prend pas les caractères des apophyses costales des vertèbres sacrées, le sacrum devient asymétrique (fig. 123). Il en résulte alors que les facettes auriculaires (fa) n’ont pas la même étendue à droite et à gauche, ce qui en- traîne des difformités du bassin.

La colonne vertébrale de l’homme appartient, par les rapports numériques de ses vertèbres, à la même série que celle des Anthropoïdes. Chez l’Orang, le Gorille et le Chimpanzé, il y a habituellement seize vertèbres thoraco-lombaires ; il en existe dix-huit chez Hylobates. Ce dernier présente donc, par rapport à l’homme, un état inférieur dans la composition de sa colonne vertébrale, tandis que les premiers nommés ont leur colonne vertébrale plus hautement organisée que celle de l’homme. Cependant chez ces Anthropoïdes il arrive parfois que la vingt-cinquième et même la vingt-sixième vertèbre (Schimpanzé) constitue la première vertèbre sacrée. Il en résulte alors une augmentation du nombre des vertèbres thoraco-lombaires, ce qui rapproche la composition de leur colonne vertébrale de celle de l’homme, ou la rend même identique à celle de l’homme. D’autre part, la composition de la colonne vertébrale chez l’homme se rapproche parfois de celle réalisée chez les Anthropoïdes, en ce sens que la vingt quatrième vertèbre (dix-septième thoraco-lombaire) devient la première vertèbre sacrée (fig. 115, A). Quant au nombre des côtes thoraciques permanentes, Hylobates occupe encore un rang inférieur dans la série; il en possède treize ou quatorze paires, tandis que le Gorille et le Schimpanzé en ont treize et l’Orang douze paires, comme l’homme. Nous pouvons donc conclure de là que la colonne vertébrale de l’homme, en ce qui regarde les rapports numériques des vertèbres qui la constituent, se range entre celle de Hylobates et celle des autres Anthropoïdes.