Tissu osseux

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Les éléments constitutifs du tissu osseux sont des cellules unies entre elles par des prolongements très délicats ; ils sont répartis dans une substance fondamentale rendue compacte par combinaison chimique avec des sels calcaires. Cette substance, en apparence homogène, présente cependant, quand on la soumet à un examen minutieux, une structure fibrillaire délicate. Les cellules osseuses (fig. 75) sont généralement allongées dans une direction ; leur protoplasme, entourant leur noyau, est très finement granuleux. Les prolongements de ces cellules traversent en tous sens la substance fondamentale et sont très ramifiés. Ils s’unissent avec les prolongements des cellules voisines, de sorte que le tissu osseux est parcouru par un réseau protoplasmique complet (fig. 75).

Quand on observe du tissu osseux desséché, le protoplasme est alors détruit et les espaces occupés, sur le frais, par les cellules osseuses et les prolongements qui en émanent, sont remplis par de l’air. La masse fondamentale du tissu osseux est alors sillonnée de canalicules très délicats dans lesquels se trouvaient logés les prolongements des cellules osseuses ; sur le trajet de ces canalicules se trouvent des cavités plus larges, dans lesquelles étaient logées les cellules osseuses elles-mêmes ; on les désigne sous le nom de cavités osseuses ou corpuscules osseux. Tout ce système de cavités et de canalicules, sur des coupes d’os desséché, paraît foncé quand on l’examine par transparence ; il paraît, au contraire, clair quand on l’examine à la lumière réfléchie.

Les acides dissolvent les sels calcaires de la substance fondamentale. Cette dernière est alors molle, souple, et on la désigne sous le nom de cartilage osseux, bien qu’elle n’ait guère de caractères communs avec le tissu cartilagineux. Elle est formée par de l’osséine, et se rapproche plutôt, au point de vue de sa constitution chimique, de la substance fondamentale du tissu conjonctif : par coction, elle se transforme en gélatine.

Les parois des corpuscules et des canalicules osseux ne sont pas seulement délimitées par la substance fondamentale du tissu osseux ; mais elles possèdent en outre une membrane très délicate qui revêt le tissu calcifié. Cette membrane, on peut même l’isoler par macération.

Le tissu conjonctif proprement dit donne naissance au tissu osseux. On trouve en effet, presque partout où apparaît plus tard du tissu osseux, du tissu conjonctif, même du tissu conjonctif embryonnaire. Il se forme dans la substance intercellulaire du tissu conjonctif, ou bien en contact avec un autre tissu (cartilage), des couches ou des amas de cellules conjonctives en voie de multiplication et affectant une forme indifférente. C’est par l’activité de ces cellules, auxquelles on donne le nom d’ostéoblastes, par différenciation d’une partie de leur protoplasme, que se forment les couches de substance osseuse. Il persiste, dans cette substance formée, des prolongements protoplasmiques délicats des cellules qui lui ont donné naissance. A une première couche de substance osseuse ainsi formée, s’en ajoutent successivement de nouvelles, qui procèdent de la même manière, c’est-à-dire qui sont un produit de différenciation du protoplasme des ostéoblastes. Ceux-ci finissent par être entourés par la substance osseuse qu’ils ont formée et constituent alors des cellules disséminées dans la substance osseuse et rattachées les unes aux autres par de fins prolongements (fig. 76, a’, b, b’).

Voir également  Différenciation de l’ébauche

La substance osseuse ainsi engendrée devient la substance fondamentale du tissu osseux; les cellules qu’elle renferme, ce sont les cellules osseuses. La texture lamellaire de la substance fondamentale (fig. 76) ainsi que la disposition stratifiée des cellules osseuses permettent de reconnaître que la substance osseuse s’est formée couche par couche.

L’ivoire des dents ou la dentine n’est qu’une modification du tissu osseux. Le début de sa formation est identique au début de la formation du tissu osseux. Seulement les cellules formatrices, les odontoblastes, ne restent pas emprisonnées dans la substance fondamentale formée à leurs dépens ; elles envoient seulement des prolongements dans cette substance. La substance fondamentale de l’ivoire se trouve ainsi traversée par de longs canalicules délicats, les canalicules dentaires, qui contiennent les prolongements des odontoblastes.

Le tissu osseux constitue par l’ensemble de ses caractères compacité unie à une certaine élasticité — la forme la plus perfectionnée du tissu de la substance conjonctive. Les organes qu’il forme, les os, accomplissent la fonction de soutien d’une façon plus parfaite et sous un volume relativement moindre que les organes formés par du cartilage. S’il est vrai que le tissu osseux est la forme la plus élevée du tissu de la substance conjonctive, il est exact aussi de dire que c’est sa forme la plus récente, tant au point de vue ontogénique qu’au point de vue phylogénique. Il se forme contre le squelette cartilagineux, qu’il remplace progressivement en se substituant à lui. Le tissu cartilagineux ne se maintient plus qu’en certains points du squelette. Il se forme d’ailleurs aussi des parties squelettiques, sans cartilage préformé, ce qui montre l’autonomie du tissu osseux et prouve qu’il est indépendant du tissu cartilagineux.

Nous constatons, dans la série des formes du tissu de la substance conjonctive, un perfectionnement progressif de la fonction. C’est le tissu conjonctif proprement dit, c’est-à-dire la forme la plus primitive du tissu de la substance conjonctive, qui nous offre les plus nombreuses variations de structure. Ces variations sont en rapport avec la diversité de fonctions de ce tissu pour l’organisme. Elles sont l’expression de l’état d’indifférence de la fonction de soutien, qui ne s’est pas encore transformée dans une seule direction. Bien que ce tissu montre déjà clairement, malgré ses rapports primitifs, qu’il sert à l’accomplissement de la fonction de soutien des parties molles, ce qui est indiqué suffisamment tant par son mode général de distribution, que par ce fait qu’il soutient d’autres tissus et les transforme en organes, il affecte en outre d’autres rapports importants au point de vue de la nutrition de l’organisme. Sa coopération à la nutrition n’atténue cependant en rien sa fonction de soutien, attendu qu’il sert surtout à délimiter les voies suivies par le liquide nourricier du corps. Avec le développement du tissu cartilagineux, la fonction de soutien devient plus évidente et en même temps nous constatons que, sous cette forme, le tissu de la substance conjonctive devient plus homogène dans sa structure. En effet, bien que le tissu cartilagineux apparaisse encore sous des formes diverses, nous le voyons cependant mieux organisé pour la fonction de soutien des parties molles. Aussi les formes diverses sous lesquelles il se présente correspondent plutôt à une gradation de cette fonction unique qu’à une diversité de fonctions. Enfin, c’est le tissu osseux qui accomplit cette fonction de la façon la plus parfaite. C’est lui aussi qui, par sa texture, constitue l’organe de soutien le plus hautement différencié. Sa fonction est unique, et les différences que les diverses formes de ce tissu présentent entre elles ne sont que très minimes. Nous voyons donc qu’au fur et à mesure que le pouvoir fonctionnel des tissus de la substance conjonctive augmente, il se produit une diminution correspondante des variations de ces tissus.

Voir également  Fibres musculaires

Le tissu osseux peut se former directement aux dépens du cartilage et du tissu conjonctif proprement dit. L’une et L’autre de ces deux formes de tissus peuvent s’ossifier, leur substance fondamentale peut se scléroser et les cellules cartilagineuses ou conjonctives se transformer en cellules osseuses. Bien que ce ne soit pas là le mode de genèse du tissu osseux le plus répandu, ce phénomène est néanmoins fort important, parce qu’il nous montre quelles relations de parenté existent entre les formes principales du tissu de la substance conjonctive.

Les éléments du tissu conjonctif participent toujours directement à la formation du tissu osseux, quand ce dernier se forme dans du tissu conjonctif, c’est-à-dire dans l’ossification périchondrique. Les faisceaux conjonctifs, en s’ossifiant, restent renfermés dans les couches de substance osseuse, qu’ils traversent : ces faisceaux ossifiés, on les désigne sous le nom de fibres perforantes ou fibres de SHARPEY. Par contre, ces éléments font défaut quand le tissu osseux se forme dans un cartilage, c’est-à-dire dans l’ossification endochondrique.