Thorax

 

Le thorax ou cage thoracique est cette partie du squelette du tronc qui est formée par les côtes, le sternum et la région de la colonne vertébrale qui porte les côtes. Sa forme se rapproche de celle d’un cône. Sa paroi antérieure est constituée par le sternum et les cartilages costaux ; elle est dirigée obliquement vers le bas et est légèrement convexe. Ses parois latérales, formées par les côtes osseuses, sont plus fortement convexes et s’étendent plus loin vers le bas. Sa paroi postérieure est formée par la portion thoracique de la colonne vertébrale et les parties des côtes comprises entre les vertèbres et l’angle costal. Grâce à la saillie médiane formée par les corps des vertèbres, la cavité thoracique dépasse en arrière à droite et à gauche la colonne vertébrale. Les espaces intercostaux supérieurs et inférieurs sont plus courts et en même temps plus larges que les espaces intercostaux moyens; de plus, ils sont tous plus larges en arrière qu’en avant : leur plus grande largeur existe au point de continuité de la côte osseuse avec le cartilage costal. En haut, la cage thoracique est ouverte vers la région cervicale; en bas, elle s’ouvre vers la région abdominale. L’orifice thoracique supérieur est délimité par le bord supérieur du manubrium, par la première paire de côtes et par l’articulation de la dernière vertèbre cervicale avec la première thoracique. Sa forme est celle d’un ovale à grand axe transversal, légèrement déprimé d’arrière en avant et de haut en bas par la colonne vertébrale : il se trouve dans un plan dirigé en avant et en bas. Au repos, l’échancrure jugulaire ou fourchette du sternum se trouve dans le même plan horizontal que l’articulation entre le corps de la deuxième et celui de la troisième vertèbre thoracique. L’orifice thoracique inférieur, beaucoup plus large que le précédent, possède en même temps un diamètre transversal plus considérable. Il est délimité en avant par l’appendice xiphoïde qui, quand le corps est couché, se trouve vis-à-vis de la neuvième vertèbre thoracique. Il est en outre délimité en avant par l’échancrure formée par l’union des cartilages costaux des dernières vraies côtes avec le sternum (fig. 132). Le cartilage de la dernière vraie côte se continue avec ceux des huitième, neuvième et dixième côtes; ils forment ensemble un arc à convexité inférieure, l’arc costal. L’orifice thoracique inférieur est délimité latéralement et en avant par l’arc costal; puis plus en arrière, par l’ouverture antérieure des deux derniers espaces intercostaux et enfin plus en arrière encore par le bord inférieur de la dernière côte.

On rencontre dans la configuration du thorax de nombreuses variations individuelles. En général, il est plus court et plus large chez la femme que chez l’homme. Chez le fœtus son diamètre sagittal est plus grand que son diamètre transversal; même chez le nouveau-né le diamètre transversal ne présente pas les mêmes rapports que chez l’adulte. La forme du thorax rappelle alors celle qu’il offre chez les mammifères. Le raccourcissement du diamètre sterno-vertébral entraîne l’accroissement du diamètre transversal, ce qui modifie la charge de la colonne vertébrale : le centre de gravité tombe alors plus en arrière. Cette transformation dépend de ce que les membres antérieurs sont devenus libres. Les modifications subies par la forme du thorax sont donc en relation avec la station verticale du corps.

Voir également  Articulations des côtes

Grâce à la présence des poumons dans la cavité thoracique, le thorax s’est mis en rapport physiologique avec la respiration. Il manifeste des mouvements rythmiques, déterminés par les muscles qui s’y insèrent. Il en résulte des changements dans son périmètre ; la cavité thoracique s’élargit et se rétrécit successivement, sous l’action des mouvements des côtes. Les différents arcs élastiques que forment les côtes grâce à leurs extrémités cartilagineuses, non seulement augmentent le périmètre du thorax pendant le soulèvement de ce dernier, ce qui est conforme à la disposition réalisée par les articulations costo-vertébrales (page 192), mais en même temps ils s’allongent. Cette extension ne se fait pas dans la même direction que la côte, mais à l’angle que forme le cartilage costal en son point de continuité avec la côte osseuse ou en un point de son trajet (fig. 132). Cette disposition allant en augmentant jusqu’à la septième côte, il en résulte que pendant le soulèvement du thorax non seulement l’excursion latérale des côtes augmente, mais l’ensemble même des côtes prend plus d’extension. L’allongement vers le bas des cartilages costaux intervient dans ce phénomène. Cette augmentation de la longueur des côtes est accompagnée, pendant leur soulèvement, d’une diminution de l’angle formé par le cartilage costal. La fonction mécanique des cartilages costaux augmente donc avec l’obliquité des articulations costo-vertébrales. De ces deux dispositions résulte un pouvoir fonctionnel important. L’une détermine les mouvements latéraux des côtes; l’autre, grâce à l’extension des cartilages costaux, intervient à la fois dans cette extension latérale et dans l’allongement des côtes. Quand les muscles releveurs des côtes, et par conséquent dilatateurs du thorax, cessent leur action, il se produit un relâchement du thorax et par conséquent un abaissement des côtes et un rétrécissement du thorax. La part que prend l’élasticité des côtes aux mouvements du thorax a donc pour conséquence une économie du travail musculaire.

La longueur de la paroi antérieure du thorax est d’environ 16 à 19 centimètres ; celle de sa paroi postérieure mesure 27 à 30 centim. ; ses parois latérales ont 32 centim. de long. Le diamètre transversal de l’orifice supérieur du thorax est de 9 à 11 centim.; entre les côtes de la sixième paire il atteint 20 à 23 centim. Le diamètre sagittal du thorax, du milieu du sternum au corps de la sixième vertèbre thoracique, est de 12 à 15 centim. (W. KRAUSE).