STRUCTURE DES MUSCLES

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Les fibres musculaires d’un muscle ne s’unissent pas directement aux parties qu’elles servent à faire mouvoir, mais elles le font par l’intermédiaire de faisceaux fibreux qui existent aux deux extrémités du muscle et qui constituent ses tendons. Il y a donc à distinguer dans un muscle la portion charnue, c’est-à-dire le corps du muscle, qui est formée de fibres musculaires et qui en constitue la partie la plus volumineuse, et les tendons, qui en partent. Le corps du muscle est sa partie active.

Dans le corps d’un muscle, les éléments musculaires sont réunis en faisceaux. Un certain nombre de libres musculaires sont unies par du tissu conjonctif, de façon à former un faisceau de premier ordre. Plusieurs faisceaux de premier ordre sont de nouveau réunis par du tissu conjonctif pour constituer un faisceau de deuxième ordre. Un certain nombre de faisceaux de deuxième ordre s’unissent pour former un faisceau plus volumineux encore. Ces faisceaux, visibles à l’œil nu, sont de nouveau groupés et unis par du tissu conjonctif et forment par leur réunion le muscle tout entier. En ce qui concerne la longueur des muscles.

Tout muscle est donc formé par des faisceaux de différents ordres. Ils sont séparés les uns des autres et unis par du tissu conjonctif lâche, qui enveloppe également toute la surface du muscle en lui formant une mince couche de revêtement. On désigne ce tissu conjonctif sous le nom de périmysium ; ou distingue le périmysium externe (fig. 253), qui tapisse la surface du muscle; et le périmysium interne, qui sépare les faisceaux musculaires des différents ordres. Ce dernier est plus abondant entre les faisceaux d’ordre plus élevé qu’entre les fins faisceaux, où il est peu développé. C’est dans le périmysium que sont répartis les vaisseaux et les nerfs du muscle.

Les vaisseaux sanguins courent entre les faisceaux de plus fort calibre ; entre les faisceaux plus délicats, on trouve des réseaux capillaires à mailles allongées. On trouve dans le périmysium, indépendamment des nerfs moteurs, des fibres nerveuses, qui ne pénètrent pas dans les fibres musculaires et que l’on considère comme des fibres sensibles.

Le tendon du muscle est, comme tout tissu conjonctif condensé, caractérisé par son aspect lisse et satiné : il se distingue donc aisément du corps charnu du muscle. Sa texture, bien que différant essentiellement de celle de ce dernier, n’est cependant pas sans présenter avec elle certaines analogies. Les fibres tendineuses sont, en effet, aussi groupées en faisceaux de différents ordres par du tissu conjonctif lâche (fig. 254). Ce tissu conjonctif se comporte comme le périmysium, mais il est moins abondant que lui et renferme beaucoup moins de vaisseaux sanguins. L’on observe aussi des fibres nerveuses dans les tendons.

Dans leur état primitif, les différents muscles du système musculaire présentent tous les mêmes caractères; ce n’est qu’après qu’ils se sont différenciés qu’ils affectent des caractères qui permettent de les distinguer les uns des autres. Après que leur différenciation s’est accomplie, les caractères des divers muscles sont extrêmement différents; les uns se rapprochent encore de leur état primitif; les autres, au contraire, en sont fort éloignés. Ce sont surtout les muscles des membres qui atteignent le plus haut degré de différenciation. La forme du corps et celle des tendons des différents muscles sont très diverses. Pour chaque muscle elles sont caractéristiques. Tantôt le corps du muscle est cylindrique, et de longueur variable, tantôt il est fusiforme, tantôt enfin il est développé en largeur. En général la forme d’un muscle est adaptée à la partie du corps avec laquelle il est en rapport. Ainsi les muscles de l’axe du corps sont surtout développés en largeur; ceux des membres sont plus massifs, moins larges et souvent même ils sont grêles. De même les tendons sont tantôt plus courts, tantôt plus longs et, dans ce dernier cas, ils affectent la forme de cordons, ou bien ils s’étalent en surface [aponévroses). Le tendon se continue directement avec le périoste de l’os auquel il s’insère, le périoste se modifiant dans sa structure au niveau du point d’insertion du tendon.

Voir également  Muscles spino-dorsaux

Quand un tendon s’unit à une partie cartilagineuse du squelette, c’est avec le périchondre qu’il se continue. Certains tendons ont un trajet différent chez l’homme et chez la femme. Les tendons qui longent les os sur une certaine étendue sont généralement transformés en fibrocartilage, dans une partie de leur trajet. Ils peuvent même s’ossifier et donner naissance à un os sésamoïde. D’autres circonstances déterminent également la formation d’os sésamoïdes dans les tendons des muscles.

Les points de fixation des muscles au squelette, à l’aide de leurs tendons, ont une grande importance au point de vue de la fonction des muscles. Chaque muscle est fixé à deux pièces squelettiques différentes et l’action qu’il exerce en se contractant détermine un changement de position de ces deux pièces, l’une par rapport à l’autre. En effet, en se contractant le corps du muscle se raccourcit et fait rapprocher l’un des points de fixation de l’autre. Il se produit par conséquent un mouvement.

De là la distinction que l’on établit entre ces deux points : l’un est désigné sous le nom de point fixe; l’autre, sous le nom de point mobile. Le premier est le point vers lequel se produit le mouvement. Le point mobile, au contraire, se trouve sur la pièce du squelette qui est. mise en mouvement par l’action du muscle. De là aussi la distinction entre l’ORIGINE (origo) du muscle et sa TERMINAISON (insertio). Les tendons correspondants sont appelés tendons d’origine et tendons terminaux. Il est admis, en effet, que le point d’origine du muscle siège sur la pièce du squelette qui porte le point fixe, tandis que son point de terminaison se trouve sur la pièce qui porte le point mobile.

Comme le point fixe des muscles de l’axe du corps est généralement plus rapproché de la ligne médiane que leur point mobile, de même que le point fixe des muscles des membres est généralement porté par des parties du squelette plus rapprochées de la racine du membre que celles qui portent leur point mobile, on peut, pour un très grand nombre de muscles de l’axe du corps, considérer comme origine leur point d’insertion le plus voisin de la ligne médiane, et pour les muscles des membres leur point d’insertion le plus proximal, le point de terminaison des premiers étant le plus éloigné de la ligne médiane, et celui des seconds étant leur point d’insertion distal. Pour les muscles qui courent parallèlement à la ligne médiane, cette distinction de leurs points de fixation n’a aucune importance.

Le point fixe et le point mobile d’un muscle dépendant de la résistance plus ou moins considérable que le muscle doit vaincre à l’une ou à l’autre de ses insertions il est évident que le point fixe habituel d’un muscle peut, dans des conditions déterminées, devenir son point mobile et réciproquement. Si l’on suppose en ab (fig. 255) représentées deux pièces squelettiques, pouvant être mues l’une vers l’autre par un muscle, b se mouvra vers a, si en a se trouve le point fixe, c’est-à-dire si en a se trouve la plus grande résistance à vaincre. Au contraire a se mouvra vers b, si le point fixe se trouve en 6; enfin, les deux os seront mus uniformément l’un vers l’autre, si la résistance qu’ils opposent à l’action du muscle est la même de part et d’autre.

Voir également  Muscles spino-costaux

Nous pouvons appliquer cet exemple : supposons que a représente le bras et b l’avant bras. Si la résistance à vaincre est plus grande en a, l’avant-bras se mouvra vers le bras; si elle est égale de part et d’autre, les deux parties du membre se mouvront à la fois l’une vers l’autre ; enfin, si la résistance est plus grande en b, par exemple si l’avant-bras est appuyé sur la main, alors il deviendra le point fixe et le bras sera le point mobile.

Toutefois, ces changements de signification des deux points d’insertion du muscle supposent l’intervention de l’action d’autres muscles. Dans l’exemple que nous venons de choisir, ils supposent l’intervention des muscles de la main. Ceci nous démontre que cette transposition du point fixe et du point mobile d’un muscle est possible, mais dans des cas exceptionnels seulement et avec la coopération d’autres muscles. Aussi pouvons-nous dire que la distinction que nous avons établie entre ces deux points n’en conserve pas moins sa valeur.

On désigne sous le nom de tête du muscle sa partie la plus rapprochée de son origine. Elle se continue sans ligne de démarcation tranchée avec le corps ou ventre du muscle. Lorsqu’un muscle est à son origine divisé en plusieurs parties qui s’unissent, après un trajet plus ou moins long, en un corps commun, on dit que ce muscle présente plusieurs têtes ou chefs (biceps, triceps). L’unité du muscle est conservée à son insertion terminale.

Lorsque plusieurs muscles sont fusionnés en un seul, le corps musculaire ainsi formé se trouve interrompu par des tendons intermédiaires et divisé en plusieurs corps ou ventres. Le tendon terminal de l’un des corps se trouve donc être en même temps le tendon d’origine des autres. Ainsi se trouve, par exemple, constitué le muscle digastrique (musculus digastricus, biventer). Si le tendon intermédiaire est très court, il n’exerce alors aucune influence sur la forme du muscle, ou bien cette influence est très faible. Le muscle semble alors formé d’un corps unique et les tendons intermédiaires qui l’interrompent irrégulièrement sont désignés sous le nom d’intersections tendineuses (inscriptiones tendineae). L’existence de ces intersections tendineuses n’est que la trace d’un état primitif, dans lequel le muscle était divisé en deux ou plusieurs parties. En général ces muscles correspondent à des muscles métamériques, c’est -à dire à des muscles qui ont conservé la métamérie que présentait primitivement toute la musculature du corps. Il y a cependant des cas où les intersections tendineuses ont une autre origine.

Les dispositions des muscles que nous avons examinées jusqu’ici représentent un état simple du rapport entre le corps du muscle et ses tendons d’origine et de terminaison. C’est sous cette forme simple que se présentent la plupart des muscles de l’axe du corps. Tout autrement se présentent les muscles des membres. La conformation des os longs principaux, dont se constitue le squelette des membres, offre une étendue relativement faible pour la disposition de la musculature et surtout pour l’origine de grandes masses musculaires. Aussi pour s’adapter à la fonction des membres, les corps des muscles ont-ils dû éprouver des modifications nombreuses. Souvent il s’agit d’obtenir un grand développement du corps du muscle dans un espace le plus réduit possible, c’est-à-dire un accroissement du nombre des fibres musculaires sous un volume plus restreint. La figure 256, a nous représente un muscle dont le tendon d’origine est situé en haut et le tendon terminal en bas. L’extension de ces deux tendons sur le corps du muscle, telle qu’elle est représentée en b, à la coupe, sera accompagnée d’une augmentation du nombre des fibres musculaires, sans que pour cela le volume total du muscle soit augmenté.

Voir également  Muscles et nerfs

Plus cet accroissement du nombre des éléments contractiles devient considérable, plus les tendons prennent de l’extension sur le corps du muscle, le tendon proximal se développant du côté distal et réciproquement le tendon distal du côté proximal, plus aussi les fibres musculaires doivent se disposer obliquement entre les deux tendons. Les muscles construits sur ce type sont appelés muscles semi-pennés.

Le nombre des fibres musculaires s’accroît davantage encore lorsque sur les deux faces du tendon d’origine s’insèrent des fibres musculaires, c’est-à-dire lorsque ce tendon pénètre dans le corps du muscle, tandis que le tendon terminal se développe sur les côtés à la surface du corps du muscle (fig. 25G, c),ou inversement. Les muscles qui sont construits sur ce type et dont le corps est très aplati sont appelés muscles pennés. Lorsque cette disposition se répète plusieurs fois dans le même muscle, le corps de ce dernier subit de nouvelles complications. Nous rencontrons des muscles ainsi construits là où il s’agit d’obtenir une grande activité musculaire dans un espace relativement restreint et là où en même temps, grâce à la disposition de leurs insertions et à celle de l’articulation sur laquelle ils agissent, les corps des muscles, tout en se raccourcissant peu pendant la contraction, doivent déterminer de grands déplacements des os.