Signification du développement

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Les phénomènes qui s’accomplissent pendant le développement de l’organisme se réduisent aux processus, qui se manifestent dans les éléments constitutifs du corps. Ils consistent en l’accroissement et la multiplication des cellules dont se compose l’organisme embryonnaire, ainsi qu’en des phénomènes de différenciation, qui s’expriment par une transformation des éléments constitutifs de l’embryon, par des déplacements, des changements de position et des différenciations. Les formations, qui sont i le résultat de ces phénomènes, c’est-à-dire les feuillets germinatifs d’abord, puis les ébauches des organes, qui se forment à leurs dépens, semblent n’avoir absolument rien de commun avec les dispositions réalisées ultérieurement. Ce n’est en effet que pas à pas que les organes acquièrent leurs caractères définitifs; leurs ébauches se rapprochent progressivement et lentement de leur constitution parfaite. Ainsi s’atténuent peu à peu les différences qui existent entre leur conformation primitive

et celle qu’ils affectent plus tard. Les transformations qu’ils subissent paraissent plus intenses dans les premiers stades. En effet, les changements qui s’opèrent en eux, pendant les premiers stades, dans un laps de temps très court, sont beaucoup plus importants que ceux qu’ils manifestent; plus tard dans un délai beaucoup plus long. Ce fait est vrai, d’ailleurs, pour tout l’ensemble du développement. Les organes se modifient davantage pendant les quatre premières semaines, qu’ils ne le font plus tard, dans l’espace de quatre mois. Pendant les premières périodes du développement, il se forme des parties qui n’existaient pas précédemment, tandis que, dans les périodes suivantes, ces parties ne font que prendre plus d’extension. C’est ce que l’on peut exprimer en disant que pendant les premières phases du développement il se produit surtout des différenciations qualitatives, tandis que, pendant les stades ultérieurs, elles sont plutôt quantitatives.

L’identité du développement des individus d’une même espèce ou d’un même genre, de même que la constance de la succession des différents stades, paraissent être la règle. Comme les agents extérieurs ne peuvent pas agir sur l’embryon, il en résulte que le principe qui préside à son évolution ontogénique, l’organisme en voie de développement doit le renfermer en lui-même. L’on pourrait rechercher ce principe dans le but final poursuivi par le développement; mais alors le chemin parcouru par l’onto- génie reste aussi obscur qu’auparavant. Il n’en est plus de même si nous considérons le développement de l’organisme comme un caractère acquis par hérédité. Nous n’éprouvons aucune difficulté à admettre l’hérédité des caractères corporels et psychiques. Or, si l’hérédité nous donne l’explication des caractères particuliers de l’organisation, à plus forte raison elle nous fournit aussi celle de ses caractères généraux. L’hérédité nous ramène de cette façon à un état d’organisation plus reculé. L’organisme se développe de la même manière que celui dont il dérive, parce qui la hérité de ce dernier, en même temps que son substratum matériel, la fonction de se développer.

La comparaison des différents stades parcourus dans le cours de 1 ontogénie avec l’organisation réalisée, à l’état parfait, par des animaux plus inférieurs, nous permet de reconnaître dans les premiers des dispositions qui ne peuvent s’expliquer que par l’hérédité. L’ontogénie montre également que le corps de l’homme est en connexion avec le restant du règne. animal. Elle nous apprend à connaitre le chemin qu’a parcouru l’organisme dans sa phylogénie, en nous montrant qu’il parcourt aussi successivement ces différents stades dans son ontogénie. Plus est reculé le stade du développement ontogénique que nous examinons, moins est élevé le type d’organisation auquel ce stade correspond. La forme qu’affecte un organisme, pendant son ontogénie, montre dans ses traits les plus saillants et les plus évidents son degré de parenté avec des organismes moins élevés. Certes, certaines relations spéciales qui existent entre les organismes, principalement pendant les premiers stades de leur développement, ne sont pas encore bien claires, mais cela ne peut en rien diminuer la netteté avec laquelle se montrent les autres relations.

Voir également  Tissu épithélial

Nous apprenons à reconnaître que l’organisme est monocellulaire dans la cellule-œuf, qu’il est formé d’un agrégat de cellules pendant les stades de segmentation de l’œuf. Avec la formation du blastoderme il monte d’un degré : le corps tout entier ne constitue cependant encore qu’un organisme homogène, indivis. Ses rapports deviennent plus nets avec la division du blastoderme. Avec l’apparition des protovertèbres se manifeste le premier caractère du type vertébré. Les arcs branchiaux et les fentes branchiales, qui se forment dans la région céphalique, rappellent les dispositions réalisées chez les vertébrés inférieurs. Avec la disparition des fentes branchiales, l’organisme devient semblable aux vertébrés supérieurs, qui possèdent, comme lui, un amnios et une allantoïde. Puis viennent des stades, en connexion avec les précédents, et dans lesquels apparaît le type mammifère; enfin, l’organisation de l’embryon se rapproche de celle que possède l’organisme complètement développé. La nature transitoire de ces stades successifs parcourus par l’homme, dans le cours de son développement ontogénique, ne permet pas aux différents états d’organisation auxquels ils correspondent de se réaliser complètement, pas plus que ces stades ne reproduisent toutes les particularités que présentent les animaux inférieurs connus, mais seulement leurs traits fondamentaux, ce qui, d’ailleurs, suffit pour faire reconnaître leurs relations. Cette interprétation des stades du développement ontogénique comme représentant des dispositions héritées, acquises phylogéniquement, nous fournit aussi l’explication des différences que l’on constate dans le rythme du développement. Les caractères acquis les premiers, c’est-à-dire les plus anciens, passent plus vite que ceux qui ont été acquis plus tard, c’est-à-dire qui sont d’une origine relativement plus récente et qui, partant, se rapprochent davantage de l’état définitif. Le raccourcissement de la durée des stades qui se répètent dans l’ontogenèse détermine aussi leur abréviation, de même qu’elle détermine la concentration en un seul stade ontogénique, de stades qui se sont produits à d’assez grands intervalles de temps, dans le développement phylogénique : c’est là ce qui rend très difficile la compréhension de beaucoup de stades. Il en résulte des complications du processus du développement, complications qui deviennent plus nombreuses encore à cause des adaptations en rapport avec la formation des enveloppes fœtales, adaptations qui réagissent sur les dispositions du corps de l’embryon. Cette interprétation des stades ontogéniques, comme représentant des états hérités pendant la phylogenèse, n’empêche pourtant pas de considérer les différents phénomènes comme s’accomplissant mécaniquement. En effet, pour expliquer l’existence des facteurs qui déterminent les conditions dans lesquelles se passent ces phénomènes, facteurs qui résident dans la structure de l’organisme et qui agissent mécaniquement, il faut admettre qu’ils sont eux-mêmes hérités, attendu qu’ils ont leur raison d’être. Un caractère, dont hérite un organisme, a été une fois acquis par ses prédécesseurs ; il s’est formé, suivant les mêmes lois mécaniques qui président, chez l’organisme arrivé à son complet développement, à la formation de nouvelles dispositions engendrées par adaptation. La somme des caractères d’organisation, que l’organisme a reçue en héritage et qu’il transmet à ses descendants, n’est que le total de dispositions acquises progressivement dans la série infinie des stades phylogéniques. L’ontogénie rattache par conséquent l’organisme à des états d’organisation moins élevés et nous enseigne en même temps l’histoire de son origine, c’est-à-dire sa phylogénie, bien qu’elle n’en reproduise cependant que l’esquisse, attendu qu’elle n’est la répétition que des caractères essentiels de ces types inférieurs d’organisation. Or, comme toutes les parties constitutives de l’organisme complètement développé se forment dans le cours de l’ontogénie, il existe donc aussi une liaison entre l’état parfait réalisé par l’organisation de l’homme et les types d’organisation moins élevés. Le développement constitue ,donc le lien qui unit entre elles toutes les organisations ; il nous fait comprendre les complications des dispositions plus élevées en nous montrant leur perfectionnement progressif, en nous faisant voir qu’elles dérivent de dispositions plus simples.

Voir également  Tissu nerveux

L’on ne peut refuser d’admettre l’hérédité, en soutenant que les conditions du développement résident déjà dans l’embryon ; en effet, même si l’on admettait que ces conditions se trouvent réalisées dans la constitution chimique et physique de la cellule-œuf, il n’en est pas moins vrai qu’il existe des relations entre la cellule-œuf et l’organisme maternel, dont l’œuf n’est qu’une partie constitutive. Si la cellule-œuf possède maintenant des caractères particuliers; elle les doit à l’organisme maternel et par conséquent à l’hérédité.