RÉGION NASALE DU CRANE

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Les parties du squelette que nous avons à étudier ici forment les parois des fosses nasales ainsi que la charpente du nez. La capsule nasale cartilagineuse, qui est une dépendance du crâne primordial, sert de couche fondamentale à cette région du crâne. Elle consiste en deux lamelles cartilagineuses latérales, qui forment les parois externes des fosses nasales, et en une cloison médiane, divisant la cavité nasale primitive en deux cavités latérales (fig. 160). Cette cloison médiane s’unit supérieurement aux , lamelles latérales, bien que cette union ne soit pas continue, mais souvent interrompue. La partie de la capsule nasale qui regarde vers la cavité crânienne présente des orifices, donnant passage aux nerfs olfactifs. Les lamelles cartilagineuses externes envoient à l’intérieur des fosses nasales des saillies transversales, que l’on désigne sous le nom de Cornets (Gonchae). Il y a lieu de distinguer un cornet supérieur, un cornet moyen et un cornet inférieur. Le cornet inférieur est formé. par l’extrémité de la lamelle cartilagineuse (fig. 160). A la suite de l’ossification partielle de l’ébauche cartilagineuse primitive, cette disposition simple, représentée fig. 160, subit des complications.

Il se forme des cavités nasales accessoires. Elles sont dues à des phénomènes de résorption et d’accroissement, qui se produisent sous la muqueuse nasale, en certains points de la paroi latérale cartilagineuse. La muqueuse s’engage alors dans les cavités accessoires formées. Ces cavités se forment dans la paroi externe, entre les cornets; la lamelle cartilagineuse, jusqu’alors simple, subit donc des transformations.

La partie de la paroi externe qui porte les cornets supérieur et moyen s’ossifie par un point d’ossification spécial. Il en est de même pour la partie correspondante de la cloison médiane. La lame cartilagineuse qui forme la voûte des fosses nasales, et qui est par conséquent tournée vers la cavité crânienne, s’ossifie en même temps et établit une union entre la cloison médiane ossifiée et la partie ossifiée de la paroi latérale des fosses nasales. Chacun des cornets présente également un point d’ossification spécial. Grâce au développement des cavités accessoires dans la région de la paroi cartilagineuse latérale correspondant au cornet supérieur, cette paroi de la capsule nasale prend une extension considérable et se trouve creusée de nombreuses cavités : elle devient le labyrinthe.

Les parois de ces cavités s’ossifient en partie pour constituer de minces lamelles fragiles ; mais cette ossification n’a lieu que dans la région de la capsule nasale qui intervient dans la constitution de la boîte crânienne, de la paroi interne de l’orbite ou de la paroi des fosses nasales. Au contraire là où les parties cartilagineuses de la capsule nasale sont extérieurement en contact avec d’autres os, elles subissent une atrophie complète, et ce sont ces autres os qui accomplissent la fonction de soutien. Comme des os nombreux viennent s’appliquer contre la capsule nasale cartilagineuse, il n’y a qu’une petite partie de cette dernière qui arrive à délimiter la surface du crâne. Aussi presque tous les os qui revêtent la capsule cartilagineuse servent à fermer les cavités nasales accessoires.

Les parties osseuses qui procèdent de la capsule nasale cartilagineuse sont :l’ethmoïde (ethmoidale) avec les cornets supérieur et moyen ; 2° le cornet inférieur (os turbinatum), généralement fusionné avec l’ethmoïde. Des os appartenant à d’autres régions empiètent également sur la capsule nasale et recouvrent partiellement les cavités nasales accessoires. Ce sont : le frontal, le maxillaire supérieur et le palatin. Enfin, il existe des os de revêtement propres à la capsule nasale. Ce sont : les os nasaux, les os lacrymaux ou unguis et le vomer. Une partie de l’ébauche de la capsule nasale persiste cependant à l’état de cartilage et constitue la charpente cartilagineuse du nez.

La formation de l’ethmoïde et des cornets inférieurs aux dépens d’une partie unique du crâne primordial cartilagineux et qui s’atrophie partiellement par résorption, entraine de nombreuses irrégularités dans les rapports extérieurs de ces os. Les parties qui sont recouvertes par d’autres os forment les unes de minces lamelles, les autres des lames perforées. Une autre circonstance, qui détermine la complication de ces pièces du squelette, c’est la formation des cavités nasales accessoires, qui exerce également une influence sur les parties squelettiques voisines. De même que dans les masses latérales de l’ethmoïde se développent des cellules ethmoïdales (cellulae ethmoidales), délimitées en grande partie par l’ethmoïde lui-même, de même aussi des cavités semblables et même parfois plus grandes encore se prolongent en dehors de l’os dans l’épaisseur du corps du sphénoïde (sinus sphénoïdal), dans l’épaisseur du frontal (sinus frontal) et du maxillaire supérieur (sinus maxillaire).

Voir également  Symphyse du pubis

Ethmoïde et Cornet inférieur

Situé en avant du corps du sphénoïde, l’ethmoïde est essentiellement formé par une lame médiane perpendiculaire et par des parties ou masses latérales. La lame perpendiculaire s’élève vers la cavité crânienne; elle s’unit à une lame horizontale, qui délimite cette cavité et se met en outre en rapport avec les masses latérales de l’os.

La lame horizontale (fig. 161) est perforée à droite et à gauche d’une série irrégulière de petits orifices, permettant le passage des filets du nerf olfactif de la cavité crânienne vers les fosses nasales. On donne à cette lame horizontale le nom de lame criblée (lamina cribrosa). De la lame criblée part, sur la ligne médiane, la lame perpendiculaire (lamina perpendicularis) qui sépare les cavités nasales. Le bord externe de la lame criblée supporte les masses latérales de l’ethmoïde, qui sont formées d’une part par les cornets, dirigés en dedans, et d’autre part par le labyrinthe, dans lequel siègent les cellules ethmoïdales. Les cornets participent aussi généralement à la formation du labyrinthe : l’on désigne alors sous ce nom l’ensemble des masses latérales de l’os.

La LAMB CRIBLÉE constitue une lamelle osseuse étroite, placée horizontalement et en rapport en arrière avec le bord antérieur de la face supérieure du corps du sphénoïde. Sur la ligne médiane proémine une crête longitudinale, formant, dans sa partie antérieure, une saillie considérable, dirigée vers la cavité crânienne et désignée sous le nom d’apophyse crista galli. La partie antérieure, généralement épaissie, de cette apophyse se prolonge en deux saillies dirigées à peu près verticalement en dehors et appelées apophyses ailées (processus alares). Les apophyses ailées s’appliquent contre le frontal et délimitent un canal, que l’on suppose terminé en cul-de-sac, et que l’on désigne sous le nom de trou borgne (foramen cœcum). Les orifices de la lame criblée, plus ou moins étroits et généralement répartis en deux séries, conduisent directement au fond des fosses nasales. Aux deux côtés de la lame criblée naissent les labyrinthes, dont la paroi supérieure est recouverte par les bords internes des portions orbitaires du frontal.

La LAME PERPENDICULAIRE (lamina perpendicularis) constitue la partie ossifiée de la cloison verticale des fosses nasales (fig. 144). Sa forme est celle d’un quadrilatère irrégulier (fig. 162). Elle forme une lame osseuse verticale, qui part de la face inférieure de la lame criblée; son bord antérieur se trouve dans le prolongement immédiat des apophyses ailées. Par son bord supérieur elle est en rapport avec la crête sphénoïdale d’abord, puis, plus bas et plus en avant, avec le vomer.

Son bord antérieur s’articule par sa partie supérieure, la plus courte, avec une saillie des os nasaux, et par sa partie la plus longue, dirigée en avant et en bas, avec le cartilage de la cloison verticale du nez. La lame perpendiculaire est généralement plus épaisse suivant ses bords antérieur et supérieur. Du point d’union de la lame perpendiculaire avec la lame criblée partent de fins sillons, en rapport avec les orifices les plus internes de cette lame; ces sillons se dirigent vers le bas. Parfois même ils apparaissent comme des canalicules, provenant de l’expansion des orifices de la lame criblée. La lame perpendiculaire est presque toujours déviée de la ligne médiane.

Les LABYRINTHES sont appliqués contre la face antérieure du sphénoïde; ils forment autour des cellules ethmoïdales de très minces lamelles osseuses. Seule la partie du labyrinthe qui intervient dans la constitution de la paroi orbitaire constitue une lame osseuse continue : on la désigne sous le nom de lame papyracée (lamina papyracea) (fig. 163, Lam. pap.). Elle est quadrilatère et présente à son bord supérieur deux échancrures placées l’une derrière l’autre dans la gouttière ethmoïdale; ces échancrures sont transformées par la portion orbitaire du frontal en deux orifices appelés trous etlimoïdaux (foramina ethmoidalia) ou trous orbitaires internes et conduisent dans les canaux ou conduits orbitaires internes.

Voir également  Ceinture pelvienne

Le bord postérieur de la lame papyracée est en rapport avec le corps du sphénoïde; son bord antérieur, avec l’os unguis ; enfin son bord inférieur est en rapport, d’une part, avec le planum orbitaire du maxillaire supérieur, et, d’autre part, en arrière, sur une petite étendue, avec la face ethmoïdale de l’apophyse orbitaire du palatin.

Ces os recouvrent, dans le voisinage de la lame papyracée, des cellules ethmoïdales, ouvertes en dehors et appelées cellules frontales, Lacrymales, maxillaires, sphénoïdales et palatines. Celles qui sont situées au-dessous de la lame papyracée constituent alors les cellules ethmoïdales, dans le sens strict du mot. Les cellules frontales (fig. 161), qui regardent en haut, sont partiellement unies aux sinus frontaux.

La paroi interne du labyrinthe porte les cornets (conchae) et les orifices des cavités nasales accessoires. La surface de cette paroi est généralement rugueuse et particulièrement la partie supérieure, qui est dans le voisinage immédiat de la lame criblée, est traversée par des gouttières délicates ou de fins canalicules {gouttières ou canalicules olfactifs), qui partent des orifices externes de la lame criblée. (Pour la disposition des cornets voir la fig. 187.) Le cornet supérieur (concha superior), qui est le plus petit des trois, constitue une mince lamelle, partant de la partie postérieure de la masse latérale de l’ethmoïde et dirigée obliquement en arrière et en bas : son bord libre est un peu recourbé eu dedans. Au-dessus du cornet supérieur il n’est pas rare que I on trouve encore un cornet plus petit : c’est le cornet suprême (c. suprema) ou cornet de Santormi (C. Santoriniana). Le cornet moyen, beaucoup plus développé, est aussi dirigé obliquement d’avant en arrière et de haut en bas. Son bord libre, épaissi, est fréquemment perforé d’orifices et se recourbe d’abord en dehors, puis en haut. Par son extrémité postérieure, il s’articule avec le palatin.

La partie postérieure de chacun des labyrinthes se prolonge généralement en une mince lamelle triangulaire, qui s’applique contre la face inférieure du corps du sphénoïde, à droite et à gauche du bec du sphénoïde. Cette lamelle, que l’on désigne sous le nom de cornet de Bertin (ossiculum Bertini) (fig.161  et 163), ferme le sinus sphénoïdal. Ces cornets s’ossifient avec l’ethmoïde et se fusionnent plus tard avec la face inférieure du corps du sphénoïde (fig. 146), Nous les avons décrits en même temps que ce dernier.

A la paroi interne du labyrinthe, dans le voisinage de la partie antérieure du cornet moyen, se trouve une mince apophyse, recourbée en arrière et en bas; c’est l’apophyse unciforme (processus uncinatus) (fig. 163), qui dépasse latéralement le cornet moyen. Elle sort au-dessus de l’orifice du sinus maxillaire du maxillaire supérieur et se dirige vers le cornet inférieur, avec l’apophyse ethmoïdale duquel elle s’unit. Cette union du cornet inférieur avec l’ethmoïde, union qui fait parfois défaut, mais qui peut facilement être détruite, étant donnée sa ténuité extrême, montre encore chez l’adulte que ces pièces du squelette ont une communauté d’origine.

Le méat nasal supérieur (meatus narium superior), situé entre le cornet supérieur et le cornet moyen, s’ouvre dans les cellules ethmoïdales postérieures. Le méat nasal moyen (meatus narium médius), étendu au-dessous du cornet moyen, s’élève en dedans au-dessus de lui. Dans sa partie antérieure s’ouvrent le sinus frontal, les cellules ethmoïdales antérieures et le sinus maxillaire.

Cornet inférieur (concha inferior). Cet os, que l’on considère généralement comme formant une pièce distincte du squelette (os turbinatum turbinale), affecte la même forme que le cornet moyen. Il est toutefois plus long et plus haut que lui. Il constitue une lame osseuse, dirigée à peu près horizontalement d’avant en arrière; sa surface est rugueuse et présente des dépressions et de petites tubérosités. Son bord externe, un peu convexe, est appliqué contre la paroi de la cavité nasale et présente trois apophyses. Son bord libre, dirige aussi vers le bas, est également convexe et en outre un peu enroulé en dehors. Sur la face interne, convexe, de l’os on trouve assez souvent une saillie longitudinale; à partir de cette saillie la partie inférieure de cette face se dirige directement vers le bas.

Voir également  Ceinture de l’épaule

Le bord externe ou supérieur est appliqué, par sa partie antérieure, contre l’apophyse frontale du maxillaire supérieur. Vient ensuite l’apophyse lacrymale (processus lacrymalis seu nasalis) (fig. 163), qui est dirigée en haut et atteint généralement le bord inférieur de l’os unguis. Du tiers moyen du bord externe part une large lamelle, qui se termine inférieurement en un angle aigu : c’est l’apophyse maxillaire(processus maxillaris) ou auriculaire.

Elle vient s’appliquer dans une échancrure que présente la paroi interne du sinus maxillaire, en s’unissant aux bords de cette échancrure. En arrière de cette apophyse descendante ou bien aussi au dessus d’elle, se trouve une mince lamelle, Y apophyse ethmoïdale (processus ethmoidalis), dont la forme et les dimensions varient beaucoup, et qui s’unit à l’apophyse unciforme de l’ethmoïde. Enfin la partie postérieure du bord supérieur du cornet inférieur s’applique contre la crête turbinale du palatin.

Le cornet inférieur délimite inférieurement le méat nasal moyen et forme en même temps la voûte du méat nasal inférieur (meatus narium inferior), dont le fond est formé par le maxillaire supérieur et le palatin.

L’ossification de l’ethmoïde commence au cinquième mois de la vie fœtale dans la lame papyracée. Cependant la lame osseuse qui se forme ainsi ne correspond pas exclusivement à la lame papyracée future, mais elle forme l’ensemble de la paroi de la fosse nasale. Elle a donc la même valeur que cette partie du labyrinthe, que ferme la lame papyracée et dont les cellules ethmoïdales se forment plus tard les premières. Après l’ossification de cette partie de l’ethmoïde, a lieu celle des cornets inférieurs et moyens.

Au moment de la naissance ils sont encore unis par des parties cartilagineuses de l’ethmoïde. Plus tard, la lame perpendiculaire s’ossifie avec l’apophyse crista-galli. Vient ensuite l’ossification du cornet supérieur et du labyrinthe, qui s’est formé progressivement dans l’intervalle; ce point d’ossification s’étend aussi à la moitié correspondante de la lame criblée. C’est vers l’âge de cinq à sept ans que commence à se produire la soudure entre les deux masses latérales de l’os et la lame perpendiculaire.

La partie de la capsule nasale qui est recouverte par d’autres os est encore cartilagineuse au moment de la naissance, ces os n’étant que des os de revêtement du cartilage primordial.