Os hyoïde

 

Ainsi que nous l’avons exposé précédemment, les différentes parties osseuses, que l’on désigne dans leur ensemble sous le nom d’os hyoïde, ne sont que les restes d’un système d’arcs, qui font partie de la tête et sont très développés chez les vertébrés inférieurs. Chez les vertébrés où ce système d’arcs atteint son complet développement, on trouve, à droite et à gauche de la tète, des arcs cartilagineux ou osseux, formés de plusieurs segments et réunis sur la ligne médio-ventrale par d’autres pièces cartilagineuses ou osseuses, appelées copules. Chaque copule est en rapport avec deux paires d’arcs. C’est aussi une copule avec les restes de ses deux paires d’arcs qui constitue le rudiment de cet appareil, situé à la limite entre la face antérieure du cou et le fond de la cavité buccale.

La pièce qui représente la copule et que l’on désigne sous le nom de CORPS ou base de l’hyoïde est aplatie, faiblement recourbée en dehors ; sa face antérieure, dirigée vers le haut, est faiblement convexe ; en arrière et en bas, elle est concave. Sa face antérieure présente généralement une crête transversale, sur laquelle s’applique fréquemment, dans le voisinage du bord supérieur, une saillie médiane. Il faut y ajouter d’autres saillies irrégulières, qui servent à des insertions musculaires.

Les rudiments d’arcs, qui sont unis au corps de l’os, en constituent les CORNES. Il y a à distinguer une corne antérieure ou supérieure : c’est la petite corne (cornua minora) (fig. 182 et 183, mi), et une corne postérieure ou inférieure, c’est la grande corne (cornua majora) (idem, ma). Les petites cornes sont de petites pièces, généralement peu développées, parfois cartilagineuses ; elles sont appliquées contre le bord externe du corps, juste au point d’union du corps avec les grandes cornes, au moyen d’une articulation, qui n’est souvent que ligamenteuse.

Les grandes cornes sont des pièces grêles, qui s’élargissent dans le voisinage du corps de l’os. Elles sont unies au corps de l’os d’une façon plus solide. Plus rarement elles forment avec le corps de l’os une articulation. Leur extrémité postérieure libre est le plus souvent renflée. Les petites cornes ont une longueur très variable. Elles sont unies à l’apophyse styloïde du temporal par un cordon fibreux, appelé ligament slylo-hyoïdien; elles peuvent aussi s’allonger vers le haut à l’intérieur de ce ligament. Il est rare que les petites cornes arrivent jusqu’à l’apophyse styloïde et plus rare encore qu’elles se fusionnent avec elle. Dans ce dernier cas, le ligament stylo-hyoïdien fait défaut, attendu qu’il dérive de l’atrophie de cette partie du squelette. Parfois, le ligament stylo-hyoïlien est remplacé par une tigelle osseuse, qui unit la petite corne à l’apophyse styloïde. Cette disposition est alors conforme à ce qui existe chez la plupart des mammifères où le ligament stylo-hyoïdien est remplacé par un os véritable. Ces variations dans la disposition des petites cornes s’expliquent par leur mode de développement : nous savons en effet qu’elles se forment aux dépens du segment inférieur d’un arc branchial. Les grandes cornes se soudent fréquemment avec le corps de l’os : la forme que présente l’ensemble de l’os (corps et grandes cornes) est celle d’un v grec; de là le nom d’Hyoïde qu’on lui a donné.