Os de l’avant-bras

 

 

Ce sont deux os très allongés, comme l’humérus, et désignés sous les noms de radius (radius) et de cubitus (ulna). Leur conformation est surtout déterminée par les articulations, dans lesquelles interviennent leurs extrémités et spécialement par la mobilité de l’un d’entre eux. Le radius est notamment capable de tourner autour de son axe longitudinal. A son extrémité distale est fixée la main/de sorte que les mouvements de rotation du radius se manifestent par des changements de position de la main. Par contre, l’articulation du squelette de l’avant-bras avec le bras se fait principalement au moyen du cubitus, dont l’extrémité proximale est, pour ce motif, plus volumineuse, son extrémité distale étant considérablement rétrécie, parce qu’elle ne participe pas à l’articulation avec la main. Le radius présente des rapports inverses. Son extrémité distale, qui s’articule avec la main, est la plus volumineuse, tandis que son extrémité proximale est la plus grêle. Grâce à sa mobilité plus grande, le radius constitue la partie dominante de l’avant-bras; le cubitus s’est adapté à ses actions.

Le radius

Le radius porte à son extrémité proximale une tête aplatie (capitulum) séparée du corps de l’os par un col. La surface de la tête est excavée et cette cavité de réception (cupule du radius) s’articule avec le condyle de l’humérus. Son revêtement cartilagineux déborde la cupule et s’étend sur son bord un peu arrondi, c’est-à-dire sur la bordure articulaire du radius (circumferentia articularis). Cette bordure est reçue dans une échancrure (petite cavité sigmoïde) du cubitus. La partie du radius qui fait suite au col porte la tubérosité bicipitale (tuberositas radii), qui regarde en avant et en dedans, lorsque a main est dirigée vers le haut. Elle donne insertion au tendon terminal du muscle biceps (fig. 205 et 206). A partir de ce point le corps u radius s’aplatit un peu et présente un bord interne tranchant, désigné sous le nom de crête interosseuse crista interossea). Sur le ord externe convexe de l’os e trouve une rugosité, qui sert à l’insertion du muscle rond pronateur et qu’on désigne, pour ce motif, sous e nom d’empreinte du rond pronateur (fig. 206*).

L’extrémité distale, beaucoup plus volumineuse, est plane en avant, convexe du côté dorsal et caractérisée par l’existence. de saillies, séparées par des gouttières. En dehors elle porte une apophyse courte et épaisse, l’apophyse styloïde du radius (processus styloides radii). En dedans, au contraire, il existe une échancrure, destinée à recevoir la tête du cubitus et désignée sous le nom d’échancrure cubitale du radius (incisura ulnaris radii). Le relief de sa face dorsale sert à fixer des tendons qui se dirigent vers la main, de sorte que les rapports de l’os avec la musculature se trouvent ainsi exprimés. La face terminale, que dépasse l’apophyse styloïde, présente des facettes recouvertes de cartilage et s’articulant avec deux os du carpe.

La tubérosité bicipitale présente en dedans une forte crête longitudinale, qui se distingue très nettement de la partie convexe, plus lisse, de la tubérosité située en avant d’elle, partie convexe à laquelle on réserve habituellement le nom de tubérosité. C’est à cette crête que se fait l’insertion du muscle biceps.

Voir également  Ceinture pelvienne

L’ossification du corps du radius commence vers la huitième semaine de la vii fœtale. Les deux épiphyses restent cartilagineuses jusqu’au moment de la naissance C’est pendant la deuxième année de la vie qu’il apparaît un noyau d’ossification dan l’extrémité distale. Après la cinquième année, un centre d’ossification se forme également dans la tête du radius. L’extrémité proximale se fusionne plus tôt avec la dia physe que l’extrémité distale de l’os.

Le cubitus (ou Ulna)

L’extrémité proximale du cubitus porte à sa face antérieur une échancrure délimitée en arrière par une forte apophyse; cette échancrure (incisura sigmoides ulnae vel fossa seu cavitas sigmoides major) porte le nom d grande cavité sigmoïde du cubitus. Cette échancrure a une forme correspondant à celle de la trochlée de l’humérus, qu’elle reçoit. L’apophyse, qui la délimitée en arrière, est appelée olécrane. En avant et en dedans la grande cavité sigmoïde est délimitée par l’apophyse coronoïde (processus coronoides ulnae) (fig. 207). Cette dernière porte à sa racine, sur sa face antérieure, une surface rugueuse, la tubérosité cubitale (tuberositas ulnae), qui donne insertion au tendon terminal du muscle brachial antérieur (m. brachialis inter nus).En dehors, une partie de la grande cavité sigmoïde s’unit à angle droit avec une échancrure plus petite, contre laquelle s’applique la bordure articulaire de la tête du radius : c’est la petite cavité sigmoïde du cubitus (incisura radialis ulnae vel fossa sigmoides minor). Au-dessous de cette dernière se trouve une fosse, qui se continue en s’aplanissant du côté distal et qui est bordée en arrière par une forte apophyse. C’est vers cette fosse qu’est dirigée la tubérosité bicipitale du radius, lorsque la main est portée en avant. Elle loge alors le tendon du muscle biceps qui se rend à la tubérosité bicipitale et permet ainsi aux mouvements de rotation du radius un jeu plus libre.

Au-dessous de cette fosse part une crête ou bord tranchant, qui se dirige inférieurement le long de la diaphyse jusque dans le voisinage de l’extrémité distale de l’os et que l’on désigne sous le nom de crète interosseuse du cubitus (crista inter-ossea ulnae). Un deuxième bord, moins tranchant, commence au-dessous de l’olécrâne et descend le long de la face postérieure de l’os. Enfin un troisième bord arrondi constitue le bord interne de l’os. L’extrémité distale du cubitus présente à considérer la tête de l’os (capitulum), dont la face terminale est recouverte de cartilage. Ce cartilage se prolonge en dehors sur le bord externe de la tête, qui s’articule avec l’échancrure cubitale du radius. En dedans, la tête du cubitus est dépassée par l’apophyse styloïde (processus styloides ulnae) (fig. 206). Cette apophyse prend son origine dans une saillie dorsale, qui délimite en dedans une gouttière livrant passage au tendon du muscle cubital postérieur (m. ulnaris externus).

L’ossification de la diaphyse du cubitus a lieu presque en même temps que celle du radius et s’étend aussi vers l’olécrâne. Jusqu’à l’âge de deux à cinq ans, les extrémités de l’os restent cartilagineuses. Il apparaît alors un noyau d’ossification dans l’épiphyse distale, tandis que ce n’est que plusieurs années plus tard qu’il se forme un point d’ossification dans l’extrémité olécrânienne cartilagineuse. A dix-sept ans cette épiphyse est fusionnée avec la diaphyse; l’extrémité distale ne l’est qu’à vingt ans. Dans les apophyses styloïdes du radius et du cubitus apparaissent aussi tardivement des noyaux accessoires d’ossification. Les trous nourriciers des deux os de l’avant-bras siègent, à la face antérieure, dans la moitié proximale. Celui du cubitus est un peu plus rapproché de l’extrémité proximale de l’os que celui du radius, qui se trouve généralement dans le voisinage immédiat de la crête interosseuse. Le trou nourricier du cubitus est plus éloigné de cette crête. Les canaux nourriciers de l’un et l’autre de ces os courent vers l’extrémité proximale (fig.205).