Os de la voûte du crâne

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La paroi supérieure et les parois latérales de la capsule crânienne sont formées par des os qui se développent, sans l’intervention du crâne primordial cartilagineux, par ossification directe d’une ébauche conjonctive, qui complète elle-même le crâne primordial. Quelques-uns de ces os s’unissent à d’autres os dérivant du crâne primordial. C’est ainsi que nous avons vu précédemment que l’interpariétal s’unit à l’occipital et que le squammeux s’unit au temporal, dont il constitue la portion écailleuse. Nous avons décrit l’interpariétal et le squammeux en même temps que les os auxquels ils se rattachent. Les pariétaux (parietalia) restent indépendants. Ils s’étendent de la région du vertex aux parties latérales de la voûte du crâne. Le frontal (frontale), qui occupe la région antérieure et supérieure de la voûte du crâne, reste aussi indépendant.

En rapport avec leur fonction, ces organes de recouvrement de la cavité crânienne se présentent sous la forme de lames osseuses, convexes à leur face externe et concaves à leur face interne. La substance osseuse, dont est formée leur couche interne, est d’une fragilité particulière et désignée sous le nom de lame vitrée (lamina vitrea). La couche externe de l’os est constituée par du tissu osseux compact ordinaire. Entre cette dernière couche et la lame vitrée se trouve une mince lame de tissu osseux spongieux, dont les larges espaces médullaires sont traversés par des veines. Cette couche intermédiaire, c’est le diploé. Les veines du diploé envoient, en certains points, des branches, tant vers la face interne que vers la face externe de l’os. Ces veines passent par les trous émissaires (emissaria).

Pariétal (Parietale)

Chacun des deux pariétaux constitue un os plat, quadrangulaire, présentant à considérer : une face externe convexe, une face interne concave, quatre bords et quatre angles.

La FACE EXTERNE (fig. 156) est divisée en deux parties par une ligne courbe, généralement rugueuse, la ligne courbe temporale (inférieure), linea temporalis (inferior). La partie inférieure, plus petite, de la face externe est délimitée par la concavité de cette ligne et donne insertion au muscle temporal : c’est la surface temporale (faciès temporalis) de l’os. La partie supérieure, plus grande, est située en dehors de la ligne temporale et tournée vers le sommet de la tète : on la désigne sous le nom de surface pariétale (faciès parietalis). Vers le milieu de la face externe, une saillie, plus marquée chez les individus jeunes que chez les vieux, constitue la bosse pariétale (tuber parietale). Elle répond au point où apparaît le premier noyau d’ossification. Chez le nouveau-né cette région de l’os est caractérisée par sa structure radiaire; la bosse pariétale occupe le point de convergence de ces rayons.

La FACE INTERNE (fig. 157) est lisse et caractérisée par l’existence d’empreintes et de saillies, ainsi que par celle de sillons ramifiés, dirigés du bord inférieur vers le bord supérieur de l’os, et correspondant aux vaisseaux méningés moyens.

Généralement on peut distinguer deux sillons méningés (sulci meningei). L’un, antérieur, part de l’angle antérieur et inférieur de l’os et se dirige vers le haut, à peu près parallèlement au bord antérieur de l’os. L’autre, postérieur, part du milieu du bord inférieur de l’os.

Enfin on en trouve encore un troisième, plus court, qui prend son origine dans le voisinage de l’angle postérieur. Lei long du bord supérieur de l’os règne un sillon plus large, qui forme avec celui de l’autre pariétal la gouttière du sinus longitudinal (sulcus sagittalis); il reçoit le sinus veineux longitudinal de la dure-mère.

En dehors du sillon longitudinal on constate chez le vieillard des dépressions irrégulières, dont le nombre, la formé et l’étendue varient et dans lesquelles se trouvent logées des granulations résultant d’une hypertrophie du tissu conjonctif de l’arachnoïde et de la dure-mère. Ces dépressions du pariétal sont appelées dépressions de Pacchioni : elles logent les granulations de Pacchioni.

Voir également  Fontanelles et os intercalaires

Les quatre BORDS de l’os sont désignés d’après leurs rapports avec les os voisins. Le bord antérieur ou frontal (margofrontalis) s’articule avec l’os frontal suivant la suture coronaire (sutura coronalis). supérieur ou sagittal (m. sagittalis) s’articule avec le pariétal de l’autre côté le long de la suture sagittale (s. sagittalis). Le bord postérieur ou occipital (m. occipitalis) s’articule avec l’occipital par l’intermédiaire de la suture occipitale ou lambdoïde (s. occipitalis vel lambdoides). Dans le voisinage du bord sagittal, à très peu de distance du bord postérieur et supérieur de l’os, le pariétal est traversé dans son épaisseur par le trou pariétal (foramen parietale), qui est un trou émissaire. Enfin le bord inférieur ou squammeux (m. squamosus) s’articule avec le bord supérieur de l’écaillé du temporal, suivant la suture squammeuse ou temporo-pariétale. Tandis que les bords antérieur, supérieur et postérieur, sont dentelés, le bord inférieur est tranchant et taillé en biseau aux dépens de la face externe de l’os (Hg. 156). Il est recouvert par l’écaillé du temporal.

Des quatre ANGLES, le supérieur et antérieur est appelé angle frontal (angulus frontalis), le supérieur et postérieur étant désigné sous le nom d’angle occipital (angulus occipitalis) (fig. 157). L’angle antérieur et inférieur, c’est -à- dire l’angle sphénoïdal (angulus sphenoidalis), s’articule avec la grande aile du sphénoïde; il est tronqué obliquement et se confond presque avec le bord squammeux de l’os; comme ce dernier, il est taillé en biseau, aux dépens de la face externe, de sorte que son articulation avec la grande aile du sphénoïde a lieu par suture écailleuse. Quant à l’angle postérieur et inférieur de l’os, encore appelé angle mastoïdien (angulus mastoideus) il est largement tronqué et s’articule par suture dentée avec la région mastoïdienne de la portion pétreuse du temporal. Quand les deux pariétaux se fusionnent d’une façon précoce en une pièce osseuse unique, on dit que le crâne est scaphocéphale. La ligne temporale est très souvent double, et l’on distingue alors une ligne courbe temporale inférieure et une supérieure.

La ligne courbe temporale inférieure court en arrière vers l’extrémité inférieure de l’écaille du temporal. Elle répond à la périphérie de l’insertion du muscle temporal. La ligne courbe temporale supérieure, qui parfois est reportée plus haut, peut même passer au-dessus de la bosse pariétale et atteindre en arrière la suture lambdoïde. Elle n est pas en rapport direct avec le muscle temporal, mais avec l’aponévrose temporale. L’espace falciforme délimité par les lignes courbes temporales supérieure et inférieure se distingue parfois par son aspect tout à fait lisse.

Frontal (Frontale, Os frontis)

Il existe primitivement deux os frontaux, tout comme il y a deux pariétaux. C’est même encore cette disposition qui se trouve réalisée au moment de la naissance (fig. 190). Jusque vers la fin de la deuxième année de la vie, les deux os frontaux s’articulent entre eux le long’ de la suture frontale, qui règne sur la ligne médiane. Le frontal devenu unique dans la suite ferme en avant la cavité crânienne. Il occupe la partie supérieure de la face et s’étend en arrière jusqu’au sommet de la tète ou vertex. Sa partie inférieure arrive sur la ligne médiane jusqu’à la racine du nez; à droite et à gauche elle est dirigée à peu près horizontalement et forme la voûte des cavités orbitaires. Il y a donc lieu de distinguer à cet os : une portion frontale, une portion nasale et deux portions orbitaires.

La PORTION FRONTALE présente à considérer une face externe convexe et une face interne concave. Sa FACE EXTERNE est lisse et forme une bosse frontale (tuber frontale) de chaque côté de la ligne médiane, dans sa partie moyenne, mais cependant plus près de son bord inférieur que de son bord supérieur. Chez l’enfant les bosses frontales sont très nettes; chez le vieillard au contraire elles sont considérablement atténuées. Inférieurement la portion frontale est séparée de chacune des portions orbitaires de l’os par l’arcade orbitaire, encore appelée bord susorbitaire (margo  supraorbitalis), qui fait fortement saillie en dehors. L’arcade orbitaire est émoussée dans sa partie interne, et à l’union de sa portion émoussée avec sa portion tranchante ex-1 terne, il existe une échancrure ou un trou, l’échancrure ou trou susorbitaire (Incisura su-praorbitalis seu foramen supraorbitale), qui donne passage à des vaisseaux et des nerfs qui vont de la cavité orbitaire vers le front. En dehors, l’arcade orbitaire s’étend en une forte apophyse, qui s’articule avec l’os mal aire et qu’on appelle l’apophyse zygomatique, du frontal (processus jugalis).

Voir également  Articulation temporo-maxillaire

De cette apophyse part une crête, dirigée en arrière et constituant l’origine de la crête temporale ; elle délimite supérieurement une petite partie de la face externe du frontal, qui appartient à la fosse temporale et que l’on désigne sous le nom de face temporale (faciès temporalis) du frontal, par opposition au restant de la face externe de la portion frontale et que l’on appelle face frontale. Au-dessus de la portion nasale de l’os règne un bourrelet arciforme, qui s’étend rarement au delà de l’échancrure susorbitaire; c’est l’arcade sourcilière(arcus superciliaris). Elle est plus prononcée chez le vieillard que chez l’enfant. Entre les deux arcades sourcilières se trouve une surface généralement plane, la glabelle (glabella).

La FACE INTERNE du frontal présente des dépressions séparées par des saillies. Sur la ligne médiane court habituellement une gouttière peu profonde, qui n’est que le prolongement du sillon longitudinal des pariétaux. Elle se continue infé- rieurement avec une crête, la crête frontale, qui se termine à la portion nasale de l’os par le trou borgne (foramen cœcum).

Les PORTIONS ORBITAIRES du frontal sont séparées l’une de l’autre par l’echancrure ethmoïdale (incisura ethmoidalis), échancrure profonde allongée d’arrière en avant (fig. 159). Cette échancrure est délimitée à droite et à gauche par une facette élargie en avant et appliquée contre le labyrinthe de l’ethmoïde : elle contribue à délimiter des cavités appelées cellules ethmoïdales. Les cellules ethmoïdales antérieures sont plus complètement délimitées par le frontal que les postérieures. Les plus antérieures d’entre elles pénètrent profondément -dans l’épaisseur du frontal ; elles s’engagent dans l’épaisseur de l’os, en dehors vers la voûte de l’orbite et en haut vers la glabelle. On les désigne sous le nom de sinus frontaux (sinus frontales). Entre la partie antérieure et la partie postérieure de chacune de ces facettes court la gouttière ethmoïdale (sulcus etmoidalis), qui est transformée en un canal de même nom par l’ethmoïde. En dehors la face inférieure de la portion orbilaire, c’est-à-dire celle qui est tournée vers la cavité de l’orbite, présente une fossette délimitée supérieurement par l’arcade orbitaire : cette dépression, dans laquelle se loge la glande lacrymale, est désignée sous le nom de fossette lacrymale (fossalacrymalis). En dehors de cette fossette la portion orbitaire se continue dans l’apophyse zygomatique du frontal.

La PORTION NASALE est interposée sur la ligne médiane entre les deux portions orbitaires de l’os. Elle est délimitée en arrière par l’échancrure ethmoïdale. Sa face antérieure, dirigée en avant et en bas, présente des rugosités et des saillies dentées : elle sert à l’articulation avec les os nasaux et le maxillaire supérieur. Sur la ligne médiane une saillie plus considérable porte le nom d’épine nasale supérieure (spina nasalis) : elle présente parfois deux dépendances latérales aliformes. A droite et à gauche de l’épine nasale, à la/ace inférieure de l’os, se trouve l’orifice du sinus frontal correspondant.

La face externe, lisse, de la portion nasale sert à délimiter en dedans la cavité orhitaire. Elle porte parfois une petite saillie pointue, l’épine trochléaire (spina trochlearis) et plus fréquemment une fossette peu profonde, souvent à peine marquée, désignée sous le nom de fossette trochléaire (fovea trochlearis) ; cette épine ou cette fossette donne insertion à la poulie du muscle grand oblique de l’œil (musculus obliquus superior oculi).

Voir également  Structure des articulations

Le frontal s’articule : par sa portion frontale, d’abord avec les pariétaux suivant la suture coronaire, plus bas avec le bord antérieur de l’aile temporale du sphénoïde et avec l’os malaire; par sa portion orbitaire, en arrière avec l’aile orbitaire du sphénoïde et en avant avec l’ethmoïde et l’os unguis ou lacrymal; par sa portion nasale, avec l’apophyse montante ou frontale du maxillaire supérieur et avec les os nasaux (fig. 184).

L’on trouve la trace de l’indépendance primitive des deux os frontaux dans ce fait que la partie inférieure de la suture frontale persiste toujours longtemps et même parfois quoi que très rarement, pendant toute la durée de la vie. Toutefois la persistance de la suture frontale ne peut être considérée comme représentant un état inférieur d’organisation, attendu que le fusionnement des os frontaux se produit chez les singes et même dans plusieurs autres groupes de mammifères.

L’ossification du frontal débute au point correspondant à la bosse frontale. De là elle s’étend en rayonnant dans toutes les directions. Indépendamment des deux points l’ossification principaux et de points d’ossification moins importants, qui apparaissent dans la portion nasale, il se forme encore une ossification spéciale à l’angle postérieur et inférieur de l’os, c’est-à-dire au niveau de l’articulation avec la grande aile du sphéroïde. Cette partie de l’os montre même encore chez le nouveau-né des traces de séparation. L’on ne sait pas bien positivement si cette partie correspond au post-frontal des vertébrés inférieurs. Les cellules ethmoïdales antérieures recouvertes par le bord interne de la portion orbitaire de l’os prennent parfois un grand développement à l’intérieur du frontal et s’étendent même à l’intérieur de toute la portion orbitaire. Cette même disposition peut aussi être réalisée par les sinus frontaux. Dans ce cas, la voûte orbitaire est formée par deux lamelles osseuses très minces, délimitant un large sinus.