Os de la jambe

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Le squelette de la jambe est formé par deux os longs : le tibia et le péroné (fibula). Chez les vertébrés inférieurs et même encore chez l’homme, à un stade reculé du développement, ces deux os ont à peu près la même épaisseur et tous deux sont en rapport avec le fémur. Progressivement il se produit une différenciation : le tibia, c’est-à-dire l’os interne de la jambe, se développe beaucoup plus que l’externe, le péroné. En même temps ce dernier est écarté du fémur par le tibia. Le tibia devient ainsi la pièce squelettique principale de la jambe; c’est lui seul qui s’articule désormais avec le fémur. Le péroné perd de la sorte sa valeur fonctionnelle primitive, qui était la même que celle du tibia, en même temps que ce dernier prend progressivement plus d’importance. Le tibia formant l’os principal de la jambe, le squelette de celle-ci acquiert une plus grande solidité et l’articulation du genou peut exécuter des mouvements plus variés. La réduction du péroné se trouve donc en connexions avec un perfectionnement de la mobilité de l’articulation.

Les deux os de la jambe ne correspondent pas seulement dans leur ensemble aux os de l’avant-bras, mais le tibia est homologue au radius et le péroné au cubitus. La position inverse qu’occupent les os de l’avant-bras, d’une part, et les os homologues de la jambe, d’autre part, est due à la torsion (p. 284) de l’humérus, qui amène le radius à se placer du côté externe et le cubitus du côté interne. Si l’on suppose que cette torsion n’ait pas lieu, les os de l’avant-bras occuperaient alors leur position primitive. L’existence de l’olécrâne, que l’on a comparée à la rotule, qui est en rapport avec le tibia a fait admettre naguère que ce dernier était homologue au cubitus. Mais cette manière de voir est erronée, attendu que l’olécrâne et la rotule sont des parties squelettiques, qui ne se sont développées que lorsque les deux membres accomplissaient déjà des fonctions différentes.

TIBIA

L’extrémité proximale du TIBIA s’est adaptée à l’articulation de l’os avec le fémur. Nous trouvons à sa face terminale deux surfaces articulaires recouvertes de cartilage. L’externe est souvent un peu plus large et toujours moins concave que l’interne, qui est plus excavée et plus allongée dans le sens antéro-postérieur. Ces deux surfaces articulaires correspondent aux deux condyles du fémur. Entre elles il existe, en avant et en arrière, une excavation rugueuse. L’on désigne l’excavation antérieure sous le nom de gouttière antérieure (fossa intercondylea anterior) et la postérieure sous le nom de gouttière postérieure (fossa intercondylea posterior). Elles sont séparées par une saillie, sur laquelle se continuent l’une avec l’autre les deux surfaces articulaires ou cavités glénoïdes du tibia.

Cette éminence intercondylienne (eminentiaintercondylea), généralement appelée épine du tibia, présente en dedans et en dehors un tubercule. Le bord infraglénoïdien (margo infraglenoidalis), qui entoure les surfaces articulaires, descend à peu près verticalement et se continue progressivement en avant avec la tubérosité antérieure du tibia (tuberositas tibiae) qui donne insertion au ligament ou tendon rotulien (ligamentum patellae). En arrière, le bord infraglénoïdien est interrompu par la gouttière postérieure. En dehors et en arrière se trouve une petite facette articulaire plane, la facette péronéale (superficies fibularis), qui s’articule avec la tête du péroné.

Voir également  Os des doigts

A partir de la tubérosité antérieure, le corps de l’os devient plus grêle et prend la forme d’un prisme triangulaire. De la tubérosité antérieure descend la crête du tibia (crista tibiae), qui est tranchante et constitue le bord antérieur du corps de l’os. A son extrémité distale elle se porte en dedans. En arrière, deux bords moins tranchants forment les bords interne et externe de l’os. Le bord interne est plus net dans sa moitié inférieure; l’externe, d’abord peu marqué, quoiqu’il soit facile de le distinguer dans toute la longueur de la diaphyse, devient très net dans sa partie distale. Le corps de l’os présente donc à considérer trois faces. A la face postérieure, part du voisinage de la facette péronéale une ligne rugueuse, obliquement dirigée vers le bord interne de l’os. On l’appelle la ligne oblique du tibia ou ligne poplitée (linea poplitea). C’est au-dessous de cette ligne que se trouve le trou nourricier. Le canal nourricier est dirigé vers l’extrémité distale de l’os.

L’extrémité distale porte une surface articulaire qui s’articule avec le squelette du pied. En dedans elle est délimitée par la malléole interne (malleolus medialis) (fig. 232 et 233), sur la face interne de laquelle elle se prolonge. En dehors se trouve l’échancrure péronéale (incisura fibularis), qui est également recouverte de cartilage.

Dans le voisinage du trou nourricier descend de la ligne poplitée une crête longitudinale, parfois très nette. Elle sépare l’origine du muscle long fléchisseur commun des orteils (m. flexor digit. longus) de celle du muscle jambier postérieur (m. tibialis posticus). Une saillie située en arrière et au-dessus de la malléole interne délimite une gouttière lisse dirigée obliquement vers le bas. Cette gouttière malléolaire (sulcus malleolaris) loge les tendons des muscles jambier postérieur et long fléchisseur commun des orteils.

L’ossification du tibia commence en même temps que celle du fémur. Vers le moment de la naissance, apparaît le noyau d’ossification de l’épiphyse proximale, tandis que celui de l’épiphyse distale se montre seulement pendant la deuxième année de la vie. L’épiphyse inférieure se soude néanmoins plus tôt que la supérieure avec la diaphyse.

PÉRONÉ (fibula)

Le corps de cet os grêle, dont les deux extrémités sont renflées, présente à considérer trois faces et trois bords. Le bord le plus aigu regarde en avant : dans sa partie supérieure il s’infléchit un peu en dedans; il se termine à la face antérieure de l’extrémité distale, en se divisant en deux branches divergentes moins aiguës, qui délimitent cette face en dedans et en dehors. Des deux bords postérieurs, l’externe est le plus long. Il n’est bien net que dans son tiers moyen; dans sa portion distale il est reporté en arrière et devient postérieur : il s’y termine à la face postérieure de l’os. Le bord interne est le plus court : il est très saillant au milieu de la longueur de l’os. A la face interne existe la crête interosseuse (crista interossea), qui est très variable et a l’aspect d’un quatrième bord. Dans sa partie proximale elle court parallèlement au bord antérieur. Vers le milieu de la longueur de l’os elle s’écarte de ce bord et se porte obliquement en arrière, pour finir par se confondre avec le bord interne, dans sa. partie postérieure distale. La partie postérieure de la face interne située en arrière de la crête interosseuse, est fréquemment déprimée en gouttière.

Voir également  OS DE LA RÉGION MAXILLAIRE DU CRANE

L’extrémité proximale ou tête de l’os (capitulum) est séparée de la diaphyse par un col, au niveau duquel les bords ne sont guère marqués. Parfois cependant les deux bords postérieurs prennent déjà leur origine à la tête de l’os, de sorte qu’ils existent au niveau du col. Une surface articulaire, obliquement dirigée en avant et en dedans, et parfois un peu concave, s’articule avec le tibia. La tête présente trois saillies ou tubérosités plus ou moins nettes, dont la plus longue donne insertion au muscle biceps fémoral (m. biceps femoris).

L’extrémité distale du péroné forme la malléole externe (malleolus lateralis). Sa face interne présente une surface articulaire, généralement triangulaire, à peu près plane, et qui s’articule avec l’astragale. Au-dessus de cette surface articulaire on remarque une surface plus grande, rugueuse, également triangulaire, sur laquelle se termine la crête interosseuse. Elle donne insertion à un ligament qui unit le péroné au tibia. En dehors, la malléole forme une saillie à laquelle on remarque, en arrière, une faible gouttière malléolaire (sulcus malleolaris), dans laquelle se logent les tendons des muscles péroniers latéraux.

La lèvre externe de la gouttière malléolaire s’élève au-dessus de la malléole, en haut et en avant, vers le bord antérieur du péroné. Elle divise ainsi, dans le voisinage de la malléole, la face externe en une partie antérieure et une partie postérieure. Cette dernière, qui se continue avec la partie supérieure de la face externe, est longée par les tendons des muscles péroniers latéraux qui se dirigent vers la gouttière malléolaire. Une fossette, située entre la gouttière malléolaire et la surface articulaire de l’extrémité distale de l’os, donne insertion à des ligaments..

L’ossification du péroné commence un peu plus tard que celle du tibia. Le point d’ossification de l’épiphyse distale se forme pendant la deuxième année de la vie ou même plus tard; celui de l’épiphyse proximale n’apparaît qu’entre trois et six ans. Le fusionnement de l’épiphyse malléolaire avec la diaphyse a lieu plus tôt que celui de la tête de l’os. Ces faits nous montrent d’une part que l’importance physiologique du péroné est moindre que celle du tibia, et d’autre part que les deux épiphyses ont une valeur différente. L’épiphyse distale est, en effet, plus importante en raison du rôle qu’elle joue dans l’articulation tibio-tarsienne. Aussi s’ossifie-t-elle et se soude t-elle à la diaphyse plus tôt que l’extrémité proximale, qui, n’étant qu’appliquée contre le tibia, n’accomplit aucune fonction articulaire importante.

La rotule (patella)

La ROTULE (patella, rotula) n’est en réalité pas une pièce squelettique du membre inférieur. C’est un os sésamoïde, qui s’est formé dans le tendon terminal du muscle triceps crural (m.extensor cruris quadriceps).

Il convient de lui distinguer une face antérieure un peu convexe (fig. 234) et une face postérieure recouverte de cartilage. Cette dernière est divisée par une légère saillie médiane en deux facettes, dont la plus large est externe, la plus étroite, interne, ces deux facettes étant adaptées à la forme des surfaces articulaires des deux condyles du fémur, sur lesquels le tendon glisse, pendant l’extension et la flexion de la jambe: Les bords latéraux forment inférieurement une pointe, le sommet de la rotule (apex patellae) d’où part le ligament rotulien (ligamentum patellae), c’est-à-dire la partie terminale du tendon du triceps crural, pour aller s’insérer à la-tubérosité antérieure du tibia. Le bord supérieur de la rotule, sa base, est uni à la partie supérieure de ce même tendon. Pour ce qui regarde les rapports de cette pièce osseuse avec le ligament rotulien et avec le fémur voir fig. 237.

Voir également  Comparaison entre le crâne de l’homme et celui des animaux

La différenciation de la rotule cartilagineuse s’accomplit dans le cours de la neuvième ou de la dixième semaine de la vie intra-utérine et son ossification commence pendant la troisième année de la vie extra-utérine.