Muscles thoraciques des membres

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Ces muscles recouvrent la région antérieure et la région latérale du thorax. Ils naissent du sternum et des côtes et sont disposés en plusieurs couches. On les désigne généralement sous le nom de « muscles de la poitrine » en prenant ce mot dans un sens restreint. Indépendamment de leur action principale, qui se fait sentir sur la ceinture de l’épaule et sur les membres supérieurs, ils exercent encore une action secondaire, lorsque leurs points d’insertion sont fixés, sur les différentes parties de la cage thoracique, d’où ils naissent.

Dans le voisinage de la ligne médiane, existe parfois un faisceau musculaire aplati, dont la longueur, la largeur et la direction varient. Il est situé au-dessus du m. grand pectoral et on le désigne sous le nom de muscle sternal (m. sternalis). Tantôt ce muscle existe aux deux côtés de la ligne médiane, tantôt l’un des deux muscles seulement est développé; tantôt son trajet est vertical, tantôt il est oblique. Dans ce dernier cas, chacun des deux muscles sternaux peut dépasser la ligne médiane et s’entre-croiser avec celui de l’autre côté. L’on peut parfois poursuivre dans ce muscle le tendon de l’origine sternale du m. sterno-cléido-mastoïdien, de sorte que l’on peut considérer ce dernier comme dérivé du muscle sternal. CUNNINGHAM a signalé un cas où son nerf provenait d’un rameau du nerf grand thoracique antérieur, qui traversait le muscle grand pectoral.

Première couche.

M. GRAND PECTORAL (m. pectoralis major) (fig. 275). Ce muscle recouvre la majeure partie de la face antérieure du thorax. Il prend origine d’abord à la partie sternale de la clavicule et se trouve en cet endroit séparé, par un espace, de l’origine claviculaire du m. deltoïde ; il naît ensuite de la face antérieure du sternum, dans le voisinage de la ligne médiane. Plus bas, il reçoit encore un faisceau d’origine, généralement large, qui provient de la gaine aponévrotique du muscle grand droit de 1 abdomen. Enfin, en dehors de son origine sternale, se trouvent encore plusieurs faisceaux d’origine profonds, qui viennent des cartilages costaux. Ces faisceaux profonds s’unissent à l’origine sternale du muscle. Il y a donc lieu de distinguer au muscle une PARTIE CLAVICULAIRE et une PARTIE COSTO-STERNALE, qui sont parfois un peu séparées l’une de l’autre à leur origine. Les masses musculaires qui proviennent de ces origines se dirigent en dehors et convergent vers l’humérus. La partie claviculaire du muscle envoie ses faisceaux vers le bas, les plus externes d’entre eux se trouvant en rapport avec le bord interne du m. deltoïde. Les faisceaux de cette partie du muscle sont d’autant plus obliquement dirigés en dehors et en bas qu’ils sont plus rapprochés de l’articulation sterno-claviculaire. Les faisceaux supérieurs de la partie costo-sternale du muscle sont aussi dirigés obliquement en dehors et en bas. Ses faisceaux moyens courent directement en dehors, tandis que les faisceaux inférieurs suivent une direction oblique en dehors et en haut.

Le muscle va s’insérer, au moyen d’un tendon terminal développé à sa face postérieure, à l’épine de la grosse tubérosité de l’humérus. Comme la partie claviculaire du muscle va s’insérer à l’humérus plus bas que la partie costo-sternale, dont les faisceaux passent à leur extrémité terminale au-dessous de ceux de la partie claviculaire, il en résulte une disposition particulière du tendon terminal du muscle. Ce tendon forme une sorte de fossette (fig. 276) ouverte en haut et dont la paroi antérieure reçoit les faisceaux de la partie claviculaire du muscle, tandis que sa paroi postérieure reçoit ceux de sa partie costo-sternale

Voir également  Muscle peaucier du cou

Les faisceaux musculaires qui viennent du thorax forment la paroi antérieure du creux axillaire. L’espace compris entre la partie claviculaire du muscle et le m. deltoïde (fossette de MOHRENHEIM) présente un développement très variable. Dans cette fossette pénètre la veine céphalique jusqu’à la veine sous-clavière.

La séparation des parties claviculaire et costo-sternale du muscle est parfois très complète. Lorsque les deux grands pectoraux sont très développés, les points d’origine de leurs faisceaux sternaux peuvent se trouver en contact immédiat, sur la ligne médiane, à la face antérieure du sternum. Des faisceaux les plus inférieurs du muscle se détache parfois, avant qu’ils se continuent avec le tendon terminal, un faisceau qui va se rendre au tendon terminal du muscle grand dorsal. Quelques faisceaux fibreux du tendon terminal du grand pectoral passent régulièrement dans le fascia brachial. La partie supérieure du tendon terminal se prolonge en des faisceaux, qui se dirigent verticalement vers le haut, le long de la gouttière bicipitale et vont se perdre dans la capsule de l’articulation scapulo-humérale. D’autres faisceaux fibreux vont de l’épine de la grosse tubérosité de l’humérus dans la gouttière bicipitale, laquelle se trouve ainsi tapissée par une couche tendineuse, qui se continue sur l’autre lèvre de la gouttière avec des faisceaux provenant du tendon terminal du m. grand dorsal.

Le grand pectoral produit l’adduction du bras, et le porte en avant. Il est innervé par les nerfs thoraciques antérieurs.

Deuxième couche.

M. PETIT PECTORAL (m. pectoralis minor vel serratus anticus minor) (fig. 276). Il est complètement recouvert par le grand pectoral. Il se compose de trois languettes, qui naissent respectivement, par de minces tendons, des troisième, quatrième et cinquième côtes et qui s’unissent en un corps musculaire commun , aplati, dont les fibres convergent vers le haut et en même temps un peu en dehors. Ce muscle devient un peu plus épais dans le voisinage de son tendon terminal. Ce dernier va s’insérer à l’apophyse coracoïde. Le muscle reçoit fréquemment une languette de la sixième. côte et parfois aussi une autre de la deuxième côte.

Les faisceaux d’origine du muscle petit pectoral partent de l’extrémité de la portion osseuse des côtes ; cependant ils empiètent généralement encore sur leur cartilage costal. Du tendon terminal part fréquemment un feuillet aponévrotique qui s’unit au fascia du muscle sous-clavier. Enfin ce tendon, à son insertion, s’unit souvent d’une façon intime avec le tendon d’origine du court chef du biceps. Action. Il abaisse la ceinture de l’épaule. Il est innervé par un nerf thoracique antérieur.

M. SOUS-CLAVIER (m. suhclavius) (fig. 276). Ce muscle est tendu entre la clavicule et la première côte. Il est recouvert par un feuillet aponévrotique résistant. Il naît, par un tendon puissant, de la face supérieure de la première côte, où il est inséré à une rugosité située dans le voisinage du cartilage costal. Ses fibres se dirigent obliquement en haut et en dehors et vont s’insérer à la face inférieure de la partie acromiale de la clavicule. Elles sont étalées en éventail. Rarement le muscle va s’insérer sur l’acromion. Le fascia aponévrotique qui recouvre le muscle se prolonge jusqu’à l’apophyse coracoïde; il se continue également sous forme d’une couche plus mince, jusqu’au bord supérieur du muscle petit pectoral. On le désigne sous le nom de fascia coraco-claviculaire. Action. Il fixe la clavicule dans l’articulation sterno-claviculaire. Il est innervé par le nerf sous-clavier du plexus brachial.

Voir également  Muscles du maxillaire inférieur (muscles masticateurs)

Troisième couche.

M. GRAND DENTELÉ (m. serratus anticus vel serratus anticus major). Ce muscle occupe la face externe du thorax et naît par différents faisceaux provenant des neuf premières côtes. Les faisceaux d’origine supérieurs sont recouverts par le m. petit pectoral; les quatre derniers, qui sont situés plus en arrière que les précédents, alternent avec les faisceaux d’origine supérieurs du m. grand oblique de l’abdomen. Tous ces faisceaux d’origine du muscle s’unissent en un corps musculaire qui recouvre la paroi latérale du thorax et pénètrent au-dessous de l’omoplate pour s’insérer au bord interne de cet os.

On peut aisément distinguer à ce muscle trois portions. L’une, supérieure, est formée par les faisceaux d’origine provenant des deux premières côtes ; elle reçoit aussi des fibres musculaires qui naissent d’une arcade tendineuse tendue entre la première et la deuxième côte. Les fibres de cette portion du grand dentelé courent parallèlement les unes aux autres et forment un faisceau renflé, qui va s’insérer à la partie supérieure du bord interne de l’omoplate. La deuxième portion du muscle, unie à la précédente, se forme en général aux dépens d’un faisceau provenant aussi de la deuxième côte : elle reçoit généralement encore le faisceau de la troisième et même parfois celui de la quatrième côte. Ses fibres divergent.et vont s’insérer à la plus grande partie du bord interne de l’omoplate. Enfin, les autres faisceaux d’origine forment la portion convergente du muscle; elle s’insère à l’angle inférieur de l’omoplate. Cette troisième portion du grand dentelé constitue la plus grande partie du muscle : elle en est en même temps la partie la plus longue.

Ce muscle forme la paroi interne du creux axillaire. La manière d’être de la deuxième portion du muscle est variable ; il en est de même pour les faisceaux les plus inférieurs d’origine de la troisième portion.

L’action du muscle consiste à porter en avant l’omoplate ; elle s’exerce principalement sur l’angle inférieur de cet os, l’omoplate étant fixée en haut par son articulation avec la clavicule. Il résulte de là que le mouvement de l’omoplate déterminé par le m. grand dentelé devient un mouvement de rotation. Il est innervé par le nerf thoracique postérieur ou long thoracique du plexus brachial.