Muscles spino-huméraux

 

M.TRAPÈZE (Trapezius, Cucullaris) (fig. 258). Ce muscle recouvre la plus grande partie du dos jusqu’à la région lombaire. Il part de l’occipital, par une portion rétrécie qui s’insère à la ligne courbe supérieure. Il s’insère ensuite au ligament de la nuque, aux apophyses épineuses de la dernière vertèbre cervicale et de toutes les vertèbres thoraciques, ainsi qu’aux ligaments interépineux de ces vertèbres. De cette ligne d’origine ses fibres se dirigent en convergeant vers l’épaule. Son tendon d’origine est mince et étroit dans sa portion crânienne ainsi qu’au niveau de la partie supérieure du ligament de la nuque. Il s’élargit dans la partie inférieure de ce dernier et constitue, jusqu’au niveau de l’apophyse épineuse de la deuxième vertèbre thoracique, une lame tendineuse étendue latéralement. Les parties du muscle qui naissent de l’occipital et de la partie supérieure du ligament de la nuque se dirigent obliquement en avant et en bas jusqu’à l’acromion; les faisceaux suivants s’insèrent à l’acromion et à l’épine de l’omoplate. Les faisceaux inférieurs du muscle se dirigent obliquement en haut et en avant et vont s’insérer également à l’épine de l’omoplate. Ils se réunissent en un tendon terminal commun, qui passe sur l’origine de l’épine de l’omoplate et va s’insérer en arrière et en bas, sur cette épine.

Les faisceaux thoraciques d’origine du muscle ne. dépassent souvent pas la onzième ou la dixième vertèbre thoracique; parfois même les derniers faisceaux d’origine partent de l’apophyse épineuse d’une vertèbre thoracique plus supérieure encore. Enfin, il arrive que ces faisceaux inférieurs de l’un des deux muscles partent de l’apophyse épineuse d’une autre vertèbre thoracique que celle qui donne insertion aux derniers faisceaux de l’autre muscle. Son origine à l’occipital est aussi très variable dans son étendue. Parfois l’insertion du muscle trapèze arrive jusque dans le voisinage immédiat de celle du muscle sterno-cléido-mastoïdien.

Parfois des faisceaux musculaires du trapèze, provenant de son insertion occipitale, se séparent du reste du muscle, longent son bord antérieur et supérieur et courent à une certaine distance du bord du m. sterno-cléido-mastoïdien, pour aller s’insérer avec lui à la clavicule. Ces faisceaux montrent que le trapèze et le sterno-cléidomastoïdien sont deux muscles congénères. (Voir plus loin.) Le trapèze est innervé par le nerf accessoire de Willis et par les nerfs cervicaux qui s’unissent à ce dernier. Ce muscle sert à tirer l’omoplate en arrière et à rapprocher de la ligne médiane le bord interne de cet os.

SECONDE COUCHE

GRAND DORSAL (M. latissimus dorsi). C’est un muscle très large et très aplati, qui occupe la partie inférieure de la face dorsale. La partie supérieure de son origine est recouverte par le m. trapèze. Il naît, par un tendon très mince, des apophyses épineuses des dernières vertèbres thoraciques, à partir de la septième ou de la cinquième. Dans la région lombaire, le tendon d’origine du muscle est large et fusionné avec le feuillet superficiel du fascia lombo-dorsal. Il s’étend ainsi sur toute la région sacrée et sur la partie postérieure de la crête iliaque. Enfin le muscle est complété par trois faisceaux charnus, qui viennent des trois dernières côtes et qui constituent ses derniers faisceaux d’origine. Ces faisceaux costaux du grand dorsal alternent avec les faisceaux d’origine inférieurs du m. grand oblique de l’abdomen, qu’ils recouvrent en les croisant. Toutes les fibres du muscle ainsi formé convergent vers le bras (fig. 258).

Voir également  Action des muscles

Les faisceaux musculaires supérieurs du muscle se portent à peu près transversalement en dehors et recouvrent l’angle inférieur de l’omoplate. Les faisceaux moyens et inférieurs se dirigent obliquement en haut et en dehors ; ils sont d’autant plus obliques qu’ils sont plus rapprochés de la crête iliaque. Ils s’unissent tous en un corps aplati et puissant qui longe d’abord le muscle grand rond, puis le contourne en se portant en avant de lui. Le tendon terminal, aplati, du grand dorsal s’insère comme celui du grand rond, à l’épine de la petite tubérosité de l’humérus.

La partie du corps du muscle qui croise latéralement la paroi thoracique forme la paroi postérieure du creux axillaire. Le nombre des vertèbres thoraciques, auxquelles le grand dorsal prend origine, est très variable. Il ne prend parfois insertion qu’à quatre ou cinq vertèbres thoraciques. Son tendon terminal s’insère en avant de celui du grand rond et est parfois fusionné avec ce dernier. Lorsqu’ils sont séparés, on trouve entre eux une bourse muqueuse. Du tendon terminal du muscle se sépare assez souvent un faisceau, qui pénètre en avant dans le creux axillaire et s’unit à l’apophyse coracoïde, ou bien va se perdre dans le fascia du creux axillaire. Les faisceaux costaux du muscle peuvent aussi s’insérer à l’arcade axillaire, c’est-à-dire à la partie initiale du fascia brachial, qui est jetée comme un pont sur les vaisseaux sanguins et les troncs nerveux du creux axillaire.

On trouve aussi des connexions du grand dorsal avec le tendon terminal du petit pectoral et avec celui du grand pectoral. Un faisceau accessoire du muscle grand rond part parfois de l’angle inférieur de l’omoplate pour s’unir au grand dorsal. Ce fait tend à prouver que le grand dorsal et le grand rond sont congénères.

Action, Il porte le bras en arrière. Il est innervé par le nerf sous-scapulaire.

M. RHOMBOÏDE (M. rhomboïdes). Ce muscle est recouvert par le trapèze. Il naît, par un tendon court et mince, de la partie inférieure du ligament de la nuque et des apophyses épineuses de la septième vertèbre cervicale et des quatre premières vertèbres thoraciques. Ses fibres musculaires constituent un corps aplati, rhomboïdal, qui se dirige obliquement vers le bord interne de l’omoplate, auquel il s’insère depuis l’angle inférieur de l’os jusqu’un peu au-dessous de l’angle supérieur.

Le corps du muscle est traversé, à l’union de son tiers supérieur avec son tiers moyen, par des vaisseaux sanguins. En général, il existe en ce point une fente, qui divise souvent très nettement le muscle en un faisceau supérieur plus petit, le PETIT RHOMBOÏDE (rhomboïdes minor) et en un faisceau inférieur plus volumineux, le GRAND RHOMBOÏDE (rhomboïdes major).

Il existe de grandes variations en ce qui concerne les limites des origines du muscle. Les fibres musculaires se continuent dans le voisinage de l’omoplate avec des fibres tendineuses qui longent’ le bord interne de l’omoplate et qui peuvent en être séparées sous forme d’une arcade tendineuse. Sous cette arcade passent alors des vaisseaux sanguins. Quand le muscle est moins développé qu’il ne l’est normalement, ce sont généralement ses origines supérieures qui font défaut. Il est innervé par le nerf dorsal de l’omoplate (branche du rhomboïde et de l’angulaire de Math. Duval et Morel). Il soulève l’omoplate en la rapprochant de la colonne vertébrale.

Voir également  Muscles spino-costaux

ANGULAIRE DE L’OMOPLATE (M. levator scapulae). Il est situé sur le côté du cou, à la limite de la nuque, et descend sur l’omoplate. Il naît habituellement par quatre faisceaux, qui partent des tubercules postérieurs des apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicalés. Le faisceau qui part de l’atlas est le plus puissant et en même temps

le plus constant. Les autres sont plus grêles, et il en est de même de leurs tendons d’origine. Ces différents faisceaux’ s’unissent en. un corps unique qui descend en arrière du m. scalène postérieur et va s’insérer, à l’aide d’un court tendon, à l’angle supérieur de l’omoplate.

Il est innervé par le deuxième et troisième nerf cervical ainsi que par le nerf dorsal de l’omoplate. Il sert à relever l’omoplate, de là le nom de releveur de l’omoplate, que lui donnent les auteurs allemands. Ce muscle est plus souvent réduit qu’hypertrophié. Le plus souvent ses faisceaux d’origine sont soudés aux faisceaux terminaux du m. splénius du cou. Lorsque ses faisceaux d’origine sont hypertrophiés ils sont unis au m. grand dentelé, avec lequel ils forment chez une foule de mammifères (rongeurs, prosimiens) un muscle unique. Chez les singes il constitue un muscle distinct et chez beaucoup de mammifères il est réduit à un petit faisceau musculaire.