Muscles spino-costaux

Ces muscles vont des apophyses épineuses aux côtes. Ils sont innervés par des branches des nerfs intercostaux, c’est-à-dire par des rameaux ventraux. Ils se distinguent des muscles spino-huméraux, par leur composition métamérique, et des muscles spino-dorsaux, par leurs rapports avec des rameaux nerveux ventraux.

M. PETIT DENTELÉ POSTÉRIEUR ET INFÉRIEUR (M. serratus posticus inferior) (flg. 260). C’est un muscle plat et large. Il est recouvert par le grand dorsal. Il naît de la portion lombaire du fascia lombo-dorsal par un tendon d’origine très mince. La limite supérieure de son origine correspond à peu près aux apophyses épineuses des onzième et douzième vertèbres thoraciques.

Le tendon d’origine se sépare progressivement, en dehors, du fascia lombo-dorsal. Il en part un corps musculaire mince, aplati, dont les fibres se dirigent obliquement en dehors et en haut. Il est généralement divisé en quatre languettes, disposées les unes derrière les autres et dont la largeur va en augmentant vers le haut. A l’aide de ces languettes charnues le muscle s’insère aux quatre dernières côtes..

Chacune de ces languettes présente parfois un tendon d’origine distinct. Souvent il en existe moins de quatre. La limite supérieure du muscle est rarement nette. Elle est unie à des faisceaux tendineux, dont la direction est la même que celle du muscle et qui semblent être un prolongement de son tendon d’origine. Cette disposition des faisceaux tendineux se trouve souvent réalisée jusqu’au bord inférieur du muscle petit dentelé postérieur et supérieur. On trouve parfois encore quelques petits corps charnus, aplatis, qui recouvrent les muscles intercostaux externes et sont situés en avant de la languette supérieure du petit dentelé postérieur et inférieur, entre elle et le petit dentelé postérieur et supérieur. Leurs tendons d’origine peuvent se poursuivre dans les faisceaux tendineux que nous venons de signaler. Action ,Il abaisse les quatre dernières côtes.

M . PETIT DENTELÉ POSTÉRIEUR ET SUPÉRIEUR (M. serratus posticus superior) (fig. 260). Il ressemble au précédent, mais ses fibres sont dirigées obliquement en dehors et en bas. Il est presque entièrement recouvert par le rhomboïde. Il naît, par un tendon large et mince, de la partie inférieure du ligament de la nuque et des apophyses épineuses de la septième vertèbre cervicale et des deux ou trois premières vertèbres thoraciques. Le tendon d’origine se dirige obliquement en dehors et en bas. Il en part un corps charnu aplati, qui suit la même direction et va s’insérer, à l’aide de quatre languettes musculaires, aux deuxième, troisième, quatrième et cinquième côtes, en dehors de l’angle de ces côtes.

Il existe parfois encore une cinquième languette, qui va se rendre à la sixième côte. D’autres fois celle de la deuxième côte fait défaut. Action. Il soulève les côtes supérieures. Les deux petits dentelés postérieurs doivent être considérés comme des parties d’un seul et même muscle, dont la portion moyenne est devenue rudimentaire, et n’est plus représentée normalement que par les faisceaux tendineux, dont nous avons parlé en décrivant le petit dentelé postérieur et inférieur.

Chez les rongeurs (lapin) et chez les prosimiens (Tarsius) ce muscle est encore unique ; mais nous y constatons déjà une trace de sa division, car les languettes moyennes sont plus faibles que les antérieures et les postérieures. Chez certains prosimiens la division du muscle est complète. A la suite de la division du muscle, les faisceaux musculaires des deux parties qui persistent suivent une direction différente dans chacune d’elles. C’est une conséquence de l’autonomie qu’elles ont acquise. Nous constatons encore cependant des traces de l’origine primitive unique de ces deux muscles, dans leur action physiologique. L’un et l’autre déterminent un élargissement de la cage thoracique et facilitent l’inspiration. Ces muscles dérivent phytogéniquement des muscles latéraux ventraux du tronc, qui existent chez les vertébrés inférieurs (poissons). Ils se sont formés aux dépens de la partie de ces muscles, qui ne s’est pas transformée en les muscles intercostaux et les muscles larges de l’abdomen. Leur mode d’innervation démontre leur nature ventrale.