Muscles postérieurs du cou

 

Ces muscles sont séparés des muscles antérieurs du cou par l’œsophage et la trachée, ainsi que par les gros troncs vasculaires du cou. Ils sont appliqués immédiatement contre la face antérieure et la face externe de la région cervicale de la colonne vertébrale. Ils sont répartis en deux groupes : un interne et un externe.

GROUPE INTERNE

Les muscles de ce groupe sont situés à la face antérieure de la région cervicale de la colonne vertébrale. Dans son ensemble ce groupe de muscles part de la région thoracique de la colonne vertébrale et s’étend jusqu’à la base du crâne. Il constitue un système de faisceaux musculaires courant dans trois directions différentes. Les uns sont disposés verticalement sur les corps des vertèbres, de telle sorte que ceux qui prennent origine le plus bas viennent se terminer le plus près de la tête. D’autres faisceaux partent du corps des vertèbres et se dirigent obliquement en dehors vers les apophyses transverses des vertèbres cervicales. Enfin des faisceaux musculaires prennent naissance aux apophyses transverses et se dirigent obliquement en dedans pour aller s’insérer à des. corps de vertèbres.

Cette musculature est moins développée au niveau des vertèbres qui jouissent d’une mobilité moindre, et les différentes parties dont elle se constitue n’y sont pas nettement séparées les unes des autres. Par contre, la partie qui avoisine la base du crâne et s’y insère est plus développée et jouit d’une autonomie. plus grande. Ces particularités rappellent les rapports affectés par les muscles longs du dos, de même leur disposition métamérique en faisceaux superposés rappelle la métamérie de ces muscles dorsaux. Les muscles de ce groupe sont le muscle long du cou et le m. long de la tête ou grand droit antérieur de la tête. Ces muscles sont innervés par des rameaux antérieurs des nerfs cervicaux.

M, LONG DU COU (M. longus colli) (fig: 273). Ce muscle affecte, d’une façon générale, la forme d’un triangle très allongé, dont la base s’étend le long de la colonne vertébrale et dont le sommet, correspondant à un angle très obtus, est dirigé en dehors. Ce muscle se constitue des trois sortes de faisceaux que nous signalions tout à l’heure comme caractéristiques.

Des faisceaux longitudinaux partent de la face antérieure et de la face latérale des corps des trois premières vertèbres thoraciques et des deux ou trois dernières cervicales et vont s’insérer aux corps des trois ou quatre premières vertèbres cervicales : le faisceau qui s’insère à l’atlas s’unit au tubercule antérieur de cette vertèbre. Du faisceau d’origine inférieur du corps du muscle se détachent des faisceaux plus petits qui se dirigent en haut et en dehors et vont s’insérer aux tubercules antérieurs des apophyses transverses des dernières vertèbres cervicales (6e et 7e ou 5e et 6e ainsi qu’à la 4e).

Enfin une partie du muscle est formée par des faisceaux qui proviennent des apophyses transverses des deuxième, troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales et se dirigent en haut et en dedans pour s’unir avec les faisceaux longitudinaux aux corps des premières vertèbres cervicales.

Voir également  Muscles de la face d’extension de l’avant-bras

La partie du muscle qui s’insère au tubercule antérieur de l’atlas est souvent un peu plus épaisse et constitue le m. long de t’atlas (m. longus atlantis de HENLE). Ce muscle n’a guère de fonction spéciale, car ses fibres se rendent à peu près verticalement à l’atlas.

Les trois parties constitutives du muscle sont assez fréquemment traversées par des faisceaux tendineux. Les variations que le muscle présente intéressent principalement ses insertions et ses origines externes. Action. Il fléchit la portion cervicale de la colonne vertébrale. Quand l’un des deux muscles agit seul, il intervient dans la rotation de cette région de la colonne.

M. LONG DE LA TÈTE OU GRAND DROIT ANTÉRIEUR (m. longus capitis vel rectus capitis anticus major) (fig. 273). Ce muscle naît, au moyen de quatre faisceaux, des tubercules antérieurs des apophyses transverses des troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales. Le corps musculaire commun, ainsi formé, recouvre la partie supérieure du m. long du cou, dont un faisceau s’unit parfois avec lui. Il se dirige obliquement vers le haut jusqu’à l’occipital, où il s’insère, par un court tendon, en dehors du tubercule pharyngien. Action. Il fléchit la tête en avant. Les muscles longs du cou et de la tête sont innervés par des branches provenant du plexus cervical et du plexus brachial.

M. PETIT DROIT ANTÉRIEUR DE LA TÈTE (m. rectus capitis anticus, vel. rectus capitis anticus minor) (fig. 273).11 est recouvert par l’extrémité du corps du muscle grand droit antérieur de la tète. Il naît de la face antérieure de la masse latérale de l’atlas, parfois uni à son origine au m. droit latéral de la tête, et s’élève un peu oblique ment jusqu’à la base de l’occipital, où il s’insère immédiatement en arrière du grand droit antérieur, en avant du trou occipital. J’ai aussi constaté l’existence d’un muscle semblable allant de l’axis à l’atlas, où il s’insérait loin du tubercule antérieur de cette vertèbre, de sorte qu’il ne représentait peut-être pas un faisceau du muscle long du cou.

GROUPE EXTERNE.

Ce groupe comprend des muscles qui vont des apophyses transverses des vertèbres cervicales aux premières côtes. Il est formé par les MUSCLES SCALÈNES, qui constituent dans leur ensemble une masse musculaire de forme irrégulièrement triangulaire, étendue des apophyses transverses des vertèbres cervicales au pourtour de l’orifice supérieur du thorax. Leurs insertions costales formant une ligne arciforme, les muscles scalènes représentent la moitié de la surface d’un cône, au-dessous de laquelle se prolonge vers le haut, sur une certaine étendue, la cavité pleurale. D’après. leur origine et leur insertion terminale, il y a lieu de distinguer trois scalènes.

M. SCALÈNE ANTÉRIEUR (m. scalenus anticus) (fig. 274). C’est le plus antérieur des trois muscles scalènes. Sa partie supérieure longe le bord externe du m. long du cou. Il naît des tubercules antérieurs des apophyses transverses des troisième, quatrième,  cinquième et sixième vertèbres cervicales. Il forme un corps musculaire court et un peu aplati, qui se dirige en bas, en dehors et en avant, et s’insère au tubercule de Lisfranc de la face supérieure de la première côte, jusqu’au voisinage du cartilage Costal. Parfois il ne possède que trois chefs d’origine : il est rare que leur nombre soit supérieur à quatre.

Voir également  Muscles tendus entre l’occipital et les premières vertèbres

M. SCALÈNE MOYEN (m. scalenus médius) (fig. 274). Il naît, par six ou sept languettes, des apophyses transverses des vertèbres cervicales, généralement dans le voisinage du tubercule antérieur de ces apophyses. Il se sépare, en divergeant, du scalène antérieur, de telle sorte qu’entre ces deux muscles se trouve formé un espace par lequel passent l’artère sous-clavière et le plexus brachial. Il va ‘insérer en arrière, à la face supérieure de la première côte.

La languette d’origine supérieure du muscle est généralement charnue, et, au lieu e s’unir au corps musculaire commun, elle va se perdre dans le tendon d’origine de la languette suivante. C’est là encore un reste de la métamérie primitive du muscle et cette disposition se répète aussi parfois pour la deuxième et la troisième languette l’origine.

M. SCALÈNE POSTÉRIEUR (m. scalenus posticus) (fig. 274). Il se trouve ppliqué immédiatement en arrière du scalène moyen. Il naît, par deux u trois languettes, du tubercule postérieur des apophyses transverses es deux ou trois dernières vertèbres cervicales. Il passe au-dessus de IL première côte et va s’insérer au bord supérieur et à la face externe e la deuxième côte. Parfois il s’étend jusqu’à la troisième côte, ou bien s’insère à ces deux côtes à la fois. Il peut également être intimement ni au m. scalène moyen.

Selon qu’ils naissent des tubercules antérieurs ou des tubercules postérieurs des apophyses transverses des vertèbres cervicales , les scalènes appartiennent à  des systèmes différents. Le scalène antérieur et le scalène moyen font partie du système des muscles intercostaux  ; tandis que le scalène postérieur doit être rangé dans le système des muscles releveurs des côtes. Etant donné que les côtes cervicales se sont atrophiées partiellement, on comprend que des muscles qui y prenaient origine se soient étendus plus bas jusqu’aux premières côtes permanentes. Le fait que les scalènes dérivent de muscles métamériques est en harmonie, non seulement avec la composition métamérique typique de la musculature du thorax, mais aussi avec la composition métamérique de tout l’ensemble des muscles antérieurs ou ventraux de l’axe du corps. De même que les scalènes sont équivalents aux muscles intercostaux, de même aussi ceux-ci ont la même valeur morphologique que les muscles larges de l’abdomen. Au contraire, les muscles hyoïdiens inférieurs (omo-hyoïdien, sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien) sont équivalents morphologiquement au muscle droit de l’abdomen.

Indépendamment des variations que les scalènes présentent au point de vue du nombre de leurs faisceaux d’origine, ils en offrent encore beaucoup d’autres. C’est ainsi qu’ils présentent des variations en ce qui concerne leurs insertions terminales. Parfois la partie postérieure du m. scalène moyen va s’insérer à la deuxième côte, au lieu de le faire à la première. Entre les trois scalènes normaux, que nous avons signalés, apparaissent des faisceaux séparés des deux premiers.

Action , Les muscles scalènes relèvent les côtes et élargissent par conséquent le thorax. Ils sont innervés par des branches des rameaux antérieurs des nerfs cervicaux. Il faut également ranger dans ce groupe externe des muscles postérieurs du cou, les m. intertransversaires antérieurs que nous avons décrits précédemment , ainsi que le m. droit latéral de la tête. Ils sont séparés de la musculature dorsale par les points de sortie des nerfs spinaux.