Muscles du thorax

 

Les muscles propres à la cage thoracique comprennent les muscles des côtes et le diaphragme. Les premiers servent aux mouvements des côtes. Bien que d’autres muscles puissent aussi déterminer des mouvements des côtes, notamment les muscles des membres supérieurs qui naissent des côtes, cependant cette action qu’exercent ces muscles n’est que secondaire. C’est pourquoi on les réunit en un groupe spécial. D’autres muscles qui agissent également sur les côtes, les scalènes, appartiennent à la musculature du cou.

Les muscles des côtes naissent les uns des apophyses transverses, les autres des côtes elles-mêmes. Nous les divisons en deux groupes : les muscles releveurs des côtes et les muscles intercostaux. Les uns comme les autres affectent un caractère métamérique bien net. Nous y ajouterons un troisième muscle, le muscle triangulaire du sternum.

La musculature propre du thorax est donc peu volumineuse, ce qui s’explique avant tout par la réduction qu’ont subie les muscles latéraux du tronc, à la suite du développement des membres . Seules les parties de ces muscles qui servent aux mouvements des côtes se sont maintenues.

MUSCLES RELEVEURS DES CÔTES OU M. SURCOSTAUX (m. levatores costarum). Ces muscles, qui font suite latéralement aux couches profondes du transverso-spinal, sont recouverts par le sacro-spinal. Ce sont des muscles plats, qui naissent des apophyses transverses de la septième vertèbre cervicale et des onze premières vertèbres thoraciques. Les fibres de chacun d’entre eux s’étalent en éventail en se dirigeant en dehors et en bas let vont s’insérer à la côte sous-jacente jusque dans le voisinage de l’angle de cette côte. Les neuvième, dixième et onzième muscles releveurs des côtes se divisent en deux faisceaux: l’un, interne, qui au lieu de s’insérer à la côte sous-jacente passe au-dessus de cette côte et va se fixer à la côte suivante, et l’autre, externe, qui s’insère, comme les autres muscles releveurs, à la côte sous-jacente. Les faisceaux internes de ces muscles ont été désignés sous le nom de rn. longs releveurs des côtes (levatores longi) et les externes sous celui de m. courts releveurs des côtes (levatores breves). Parfois des muscles releveurs des côtes plus rapprochés de la partie supérieure du thorax montrent aussi cette division.

Les releveurs des côtes se continuent d’une part avec des expansions tendineuses et d’autre part avec des fibres musculaires qui les unissent aux muscles intercostaux externes. Le scalène postérieur appartient aussi au système des releveurs des côtes . Ces muscles sont innervés par des rameaux des nerfs intercostaux, le premier est innervé par le dernier nerf cervical.

MUSCLES INTERCOSTAUX (m. intercostales). Ces muscles occupent les espaces intercostaux. Ils se divisent en deux couches, l’une externe et l’autre interne, qui diffèrent l’une de l’autre par la direction de leurs fibres musculaires. Les muscles intercostaux externes et les intercostaux internes naissent respectivement de la lèvre externe et de la lèvre interne de la gouttière costale d’une côte et vont se terminer au bord supérieur de la côte suivante. Ils délimitent donc à leur origine la gouttière costale de la côte supérieure.

M. INTERCOSTAUX EXTERNES (m. intercostales externi). Ils sont en rapport avec les m. releveurs des côtes, et commencent au bord externe de ces derniers. Ils sont étendus, dans chaque espace intercostal, obliquement de haut en bas et d’arrière en avant. Leur épaisseur va en diminuant progressivement de la face externe à la face antérieure du thorax, où ils se terminent à l’origine du cartilage costal; plus en dedans ils ne sont plus représentés que par des faisceaux tendineux, qui forment les ligaments intercostaux externes (ligamenta intercostalia externa). Leurs fibres musculaires sont entremêlées de fibres tendineuses.

Voir également  Muscles iliaques externes

Les muscles intercostaux externes des premiers espaces intercostaux n’arrivent pas jusqu’à l’extrémité de la côte osseuse. Ceux des espaces intercostaux moyens se terminent à l’extrémité même des parties osseuses des côtes, Enfin ceux des premiers espaces intercostaux dépassent l’extrémité de la côte osseuse et viennent s’insérer au cartilage costal correspondant. L’obliquité décrite par les fibres musculaires de ces muscles est d’autant plus prononcée que le muscle appartient à un espace intercostal plus rapproché de l’extrémité supérieure de la cage thoracique.

MUSCLES INTERCOSTAUX INTERNES (m. intercostales interni). Leurs fibres sont dirigées obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, c’est à-dire en sens inverse de celles des intercostaux externes. Ils commencent dans le voisinage de l’angle des côtes et sont généralement moins épais à leur origine que les intercostaux externes. Ils sont recouverts par ces derniers et s’étendent jusqu’à l’extrémité sternale des espaces intercostaux, c’est-à-dire que leur extrémité interne dépasse celle des m. intercostaux externes. Leur volume va en augmentant de dehors en dedans ; ils atteignent leur maximum de développement au niveau des cartilages costaux. L’obliquité décrite par leurs fibres musculaires est généralement moindre que celle des fibres des intercostaux externes. Elle est d’autant plus accusée que le muscle est plus rapproché de la partie supérieure du thorax.

Les deux derniers muscles intercostaux internes se continuent parfois avec le m. petit oblique de l’abdomen, notamment lorsque le corps de ce dernier muscle s’étend en dehors jusqu’au-dessus des deux derniers cartilages costaux. Que cette disposition indique qu’il existe une relation très intime entre les m. intercostaux internes et le petit oblique de l’abdomen, c’est ce que prouve également l’existence, dans certains cas, d’un cordon tendineux partant de l’extrémité de l’un des deux derniers cartilages costaux et se continuant dans la partie charnue du m. petit oblique. Ce cordon constitue alors un véritable prolongement de la côte, ce qui donne au m. petit oblique la valeur morphologique d’un muscle intercostal. Cette interprétation est encore confirmée par la présence d’une pièce cartilagineuse dans ce cordon tendineux, et que l’on constate parfois.

Les parties postérieures des m. intercostaux internes ne s’insèrent généralement pas seulement aux bords des côtes qui délimitent les espaces intercostaux; mais elles s’étendent aussi sur la face interne de ces côtes, tantôt à l’aide de faisceaux isolés, tantôt au moyen de masses musculaires plus considérables. Dans ce cas, la direction des fibres musculaires de ces muscles n’est que peu ou point modifiée. Il arrive parfois que cette disposition s’accentue davantage encore et que les faisceaux d’un muscle intercostal interne, après avoir recouvert, dans toute sa hauteur, la face interne de la côte qui délimite supérieurement l’espace intercostal auquel ils appartiennent, se continuent obliquement dans l’espace intercostal situé plus haut. Lorsque cette disposition se manifeste à la fois dans toute l’étendue du thorax, il se forme une couche musculaire continue, qui tapisse la face interne de la paroi postérieure et de la paroi latérale du thorax. Cette lame musculaire est plus large en bas ; elle se rétrécit progressivement vers le haut. Elle est formée de corps charnus aplatis, dirigés obliquement en dehors et fréquemment interrompus par des tendons : en dehors comme en dedans, ils se continuent avec les véritables muscles intercostaux internes. On désigne cette couche musculaire sous le nom de MUSCLE SOUS-COSTAL (m. subcostalis) ou MUSCLE TRANSVERSE POSTÉRIEUR DU THORAX (m. transversus thoracis posticus).

Voir également  Muscles thoraciques

Les muscles intercostaux sont innervés par les nerfs intercostaux. Action. On admet généralement aujourd’hui que les deux catégories de muscles intercostaux agissent différemment. Les intercostaux externes sont considérés comme servant à relever les côtes. Quant aux intercostaux internes, leurs parties situées entre les cartilages costaux agiraient de la même manière que les intercostaux externes, tandis que dans le restant de leur étendue ils fonctionneraient comme abaisseurs des côtes. Comme pour tous les autres muscles du corps, il est important, pour déterminer la valeur physiologique des muscles intercostaux, de tenir compte du point fixe. Lorsque le thorax est fixé dans sa partie supérieure, ce qui a lieu par l’action des muscles scalènes, alors les muscles capables de relever les côtes fonctionnent seuls et déterminent un élargissement du thorax. Les intercostaux externes déterminent, à l’aide de leurs parties les plus puissantes, à la fois un soulèvement et une rotation des côtes, ces deux mouvements étant combinés et se trouvant en rapport avec le mode d’articulation des côtes. Il semble cependant que l’ancienne opinion, d’après laquelle les deux catégories de muscles intercostaux exerceraient la même action physiologique (HALLER), coordonnée les deux catégories de muscles intercostaux servent à la fixation des côtes. C’est là une opinion que l’on peut aisément démontrer et qui concilie les deux interprétations précédentes.

Si l’on tient compte de leur origine et de leur terminaison, il devient évident que les muscles scalènes antérieur et moyen dérivent de muscles intercostaux qui, à la suite de l’atrophie progressive des côtes cervicales, se sont étendus jusqu’à, la première côte thoracique et ont pris un grand développement en raison de l’activité fonctionnelle qu’ils ont acquise.

Je réunis encore aux muscles du thorax le M. TRIANGULAIRE DU STERNUM, qui n’est que la partie supérieure du m. transverse de l’abdomen, dont il est séparé par les origines du diaphragme. De là le nom de m. transverse du thorax qu’il conviendrait de lui donner avec les auteurs allemands .

M. TRANSVERSE DU THORAX OU TRIANGULAIRE DU STERNUM (m. transversus thoracis vel triangularis sterni). Ce muscle est situé à la face interne de la paroi antérieure du thorax. Il est composé de faisceaux musculaires aplatis, qui naissent de la face interne des troisième, quatrième, cinquième et sixième cartilages costaux. Les faisceaux supérieurs se dirigent plus obliquement, les inférieurs plus horizontalement jusqu’au sternum. Les différents faisceaux de ce muscle convergent en dedans et en bas et vont insérer, par des tendons minces et aplatis, à la partie inférieure du bord du sternum, a la face postérieure de cet os, ainsi qu’au bord et à la face postérieure de l’appendice xiphoïde.

Le développement et le nombre de ses faisceaux d’origine sont très variables. Il peut en exister un, qui provient de la septième côte. Le muscle se trouve donc par ses faisceaux d’origine en rapport avec les faisceaux d’origine du m. transverse de l’abdomen, dont il n’est séparé que par une des origines du diaphragme. Il est innervé par des nerfs intercostaux.