Muscles du maxillaire inférieur (muscles masticateurs)

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Cette musculature constitue, chez les vertébrés inférieurs, un muscle unique, qui s’est subdivisé progressivement en plusieurs parties, lesquelles ont donné naissance à des muscles distincts, accomplissant chacun une action spéciale. L’on retrouve encore des indices de la disposition primitive dans les faisceaux d’union qui existent entre ces différents muscles.

Tous ces muscles ont pour caractère commun de prendre leur origine au crâne et de présenter leur insertion terminale sur le maxillaire inférieur, qu’ils servent à faire mouvoir. Leur fonction principale consiste dans la mastication. Deux d’entre eux, le masseter et le temporal, forment une couche superficielle. Les deux autres, les muscles ptérygoïdiens, constituent une couche profonde; ils sont appliqués à la face interne du maxillaire inférieur et sont séparés l’un de l’autre par un tronc nerveux, le rameau maxillaire inférieur du n. trijumeau, qui se comporte vis-à-vis d’eux de telle sorte que le m. ptérygoïdien externe se trouve en connexion intime avec les deux muscles de la couche superficielle. Tous ces muscles sont innervés par ce rameau maxillaire inférieur du n. trijumeau.

M. MASSETER (m. masseter, fig. 268). Ce muscle est situé au-dessous de l’os malaire, à la face externe du maxillaire inférieur. Il est formé de deux couches, dont l’une est superficielle et l’autre profonde. La couche superficielle naît du bord inférieur de l’os malaire et de l’apophyse zygomatique du maxillaire supérieur, qui est unie à cet os par un large tendon, lequel recouvre extérieurement une bonne partie du corps musculaire ; ses fibres se dirigent obliquement en arrière et en bas et vont s’insérer à la face externe de l’angle de la mâchoire. La couche profonde est recouverte par la couche superficielle dans toute son étendue, sauf dans la partie postérieure, c’est-à-dire dans sa partie qui naît de l’apophyse zygomatique du temporal. Elle est formée par des fibres dirigées à peu près verticalement et vient s’insérer le long d’une ligne étendue obliquement de la face externe de l’apophyse articulaire du maxillaire inférieur jusqu’en avant de l’insertion terminale de la couche superficielle. Les deux couches du muscle se continuent l’une avec l’autre en avant. Action ; Il relève le maxillaire inférieur.

M. TEMPORAL (m. temporalis, m. cratophites) (fig. 269). C’est un muscle plat, appliqué contre la région temporale du crâne et recouvert par le fascia temporal. Il naît de la région temporale jusque dans le voisinage de la limite inférieure de la fosse temporale; en avant il n’occupe pas toute l’étendue de la face temporale de la grande aile du sphénoïde. Ses fibres musculaires convergent toutes vers l’apophyse coronoïde et se continuent en un tendon terminal puissant. Les fibres postérieures courent à peu près horizontalement au dessus de la racine de l’apophyse zygomatique ; les moyennes se dirigent obliquement en avant et en bas et, enfin, les antérieures sont à peu près directement dirigées vers le bas.

A ces fibres, qui prennent naissance à la région temporale du crâne, s’en ajoutent d’autres qui proviennent du fascia temporal profond, lequel fait partie intégrante du muscle lui même. Elles forment une couche mince qui se continue à la face externe du tendon terminal étalé en éventail. De cette disposition il résulte que le tendon terminal se trouve situé à l’intérieur même du muscle. Il acquiert vers la fosse temporale une position plus superficielle et s’insère enfin à l’apophyse coronoïde du maxillaire inférieur, qu’il entoure.

Voir également  Muscles de la face de flexion de l’avant-bras

Comme des fibres musculaires, en partie confondues avec les origines du m. masseter, partent de la partie moyenne de l’os malaire pour s’unir au m. temporal, il en résulte qu’il existe entre ces deux muscles une union souvent très intime. La partie antérieure de la fosse temporale, située dans le voisinage immédiat du bord externe de l’orbite, n’est nullement occupée par des fibres du muscle temporal. Elle est habituellement remplie par du tissu conjonctif riche en graisse. Lorsque cette graisse se résorbe, ce qui est le cas chez les sujets malades, cette partie de la fosse temporale se déprime plus ou moins profondément.

Le fascia temporal profond, qui naît à la ligne courbe temporale inférieure et qui est uni au périoste de la voûte du crâne, court, comme le fascia temporal superficiel, vers le bord supérieur de l’arcade zygomatique, où il s’insère. Il est mince, aponévrotique, et il donne naissance à une partie du muscle. Le fascia temporal superficiel est plus épais, mais plus lâche, et s’unit à l’aponévrose épicrânienne.

Action. Le muscle temporal relève le maxillaire inférieur et aide ainsi le m. masseter dans son action. Il sert également à tirer en arrière, dans la cavité glénoïde, la tête articulaire du maxillaire inférieur, lorsque celle-ci se trouve portée sur le tubercule zygomatique.

M. PTÉRYGOÏDIEN EXTERNE (m. pterygoideus externus) (fig. 270). Il est  situé à la face interne du maxillaire inférieur. Il naît par deux faisceaux de volume inégal. L’inférieur, le plus volumineux, vient de la face externe de l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde ; le supérieur, plus grêle, vient de la fosse zygomatique. Ces deux chefs d’origine du muscle convergent en dehors et en arrière vers l’apophyse articulaire du maxillaire inférieur. Ils s’insèrent en partie au col de cette apophyse, généralement dans une fossette dirigée en avant et en dedans, au-dessous du condyle articulaire, et en partie à la capsule de l’articulation temporo-maxillaire.

M. PTÉRYGOÏDIEN INTERNE (m. pterygoideus internus) (fig. 270).Comme le précédent, il est situé à la face interne de la branche montante du maxillaire inférieur. Il prend ses origines dans toute l’étendue de la fosse ptérygoïde et forme un corps musculaire un peu aplati, dirigé en bas, en dehors et en arrière, contre la face interne du maxillaire inférieur. Il s’y insère à l’angle de la mâchoire, vis-à-vis de l’insertion du m. masseter.

Il n’est pas rare qu’un faisceau accessoire se continue avec le corps du muscle. Ce faisceau se trouve en avant du chef inférieur du muscle ptérygoïdien externe et naît au-dessous de la tubérosité maxillaire ainsi que d’une petite partie de la face externe de l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde.

Action des m. ptérygoïdiens. Le ptérygoïdien externe tire le maxillaire inférieur en avant, hors de la cavité glénoïde, sur le tubercule zygomatique et fait mouvoir en même temps dans cette direction le cartilage interarticulaire de l’articulation temporo-maxillaire. Il s’insère en effet, comme nous l’avons dit, à la capsule articulaire et tout spécialement à cette partie de la capsule à laquelle est uni le cartilage interarticulaire. L’action simultanée des deux ptérygoïdiens externes détermine le glissement du maxillaire inférieur, de telle sorte que ses dents incisives viennent se placer en avant de celles du maxillaire supérieur. Quand l’un des deux ptérygoïdiens externes agit seul, le maxillaire inférieur prend une position plus ou moins oblique. Le mouvement de trituration a lieu lorsque les deux ptérygoïdiens externes agissent alternativement, de telle sorte que l’un des condyles du maxillaire est tiré en avant sur le tubercule zygomatique, pendant que l’autre est reporté en arrière dans la cavité glénoïde par le muscle temporal. Les ptérygoïdiens externes participent également au mouvement de descente du maxillaire inférieur (ouverture de la bouche), les condyles articulaires se trouvant alors portés sur les tubercules zygomatiques. L’action principale du ptéygoïdien interne consiste à relever le maxillaire inférieur; mais il peut également aider le ptérygoïdien externe à mouvoir en avant le maxillaire inférieur, attendu qu’il naît en avant de l’articulation temporo-maxillaire.