Muscles de l’os hyoïde

 

MUSCLES HYOÏDIENS SUPÉRIEURS

Les muscles que nous avons à examiner ici forment un groupe, qui se trouve en relation la plus intime avec le maxillaire inférieur. Ces muscles produisent en effet partiellement des mouvements de cet os. Outre qu’ils sont situés en arrière et au-dessous du maxillaire inférieur, ils doivent encore, en raison de leur innervation, être rangés parmi les muscles de la tête. Ils sont tous, en effet, innervés par des branches de nerfs crâniens. Ils se divisent en un groupe externe et un groupe interne. Comme on considère généralement comme faisant partie du cou la région située au-dessous du bord inférieur du maxillaire inférieur, les muscles dont nous allons nous occuper empiètent sur la région cervicale.

GROUPE EXTERNE

M. DIGASTRIQUE (m. bivente rmaxilkai nferioris, m. digastricus (fig. 271). Ce muscle représente une couche superficielle des muscles situés au dessus de l’os hyoïde. Son faisceau ou ventre postérieur naît de la rainure digastrique du temporal et, recouvert par l’insertion terminale du muscle sterno-cléido-mastoïdien, il se dirige obliquement en avant et en bas pour s’amincir progressivement et se continuer avec un tendon cylindrique puissant. Ce dernier passe au-dessus de la grande corne de l’os hyoïde et donne naissance au deuxième faisceau ou ventre du muscle. Ce ventre antérieur se dirige en avant jusqu’au maxillaire inférieur, où il s’insère, au moyen d’un court tendon, dans la fossette digastrique.

Le muscle décrit un arc à convexité inférieure, qui embrasse la glande sous-maxillaire. Il est maintenu dans sa position et mis en rapport avec l’os hyoïde, par l’entremise du m. stylo-hyoïdien, qui entoure son tendon intermédiaire. Il est de plus mis en rapport avec l’os hyoïde par des faisceaux tendineux insérés au corps de cet os et qui donnent naissance à une partie des fibres musculaires du ventre antérieur du muscle; enfin il peut encore être uni à cet os par une branche de division de son tendon intermédiaire. Il existe aussi assez fréquemment une irradiation d’une partie des fibres du ventre antérieur du muscle vers la ligne médiane, ce qui détermine la formation d’une mince couche musculaire transversale semblable à la disposition du mylo-hyoïdien.

L’origine du ventre antérieur à l’os hyoïde tend à prouver que cette partie du digastrique constituait primitivement un muscle distinct. La direction transversale ou oblique de ses fibres, qui peut parfois aller jusqu’à l’entre-croisement des faisceaux musculaires des deux muscles sur la ligne médiane, semble être le vestige d’une disposition primitive, le muscle provenant d’une couche transversalement placée. De plus cette partie du muscle digastrique semble, par son innervation, avoir la même origine que le muscle mylo-hyoïdien. Le muscle aurait donc eu primitivement une disposition transversale. C’est ce que confirme également une variété, que j’ai rarement observée et dans laquelle des faisceaux accessoires provenaient du maxillaire inférieur et se dirigeaient transversalement jusqu’au ventre antérieur. Un deuxième stade d’évolution du muscle est caractérisé par le développement de ses origines hyoïdiennes ainsi que par la direction plus sagittale du ventre musculaire. Enfin, un troisième stade nous montre le ventre antérieur du digastrique moins développé et en même temps uni au ventre postérieur.

Voir également  Muscles de la face et de la voûte du crâne

Action  ; Il tire vers le bas le maxillaire inférieur, pendant que l’os hyoïde est fixé par d’autres muscles. Innervation. Le ventre postérieur du m. digastrique est innervé par le nerf facial ; son ventre antérieur par le nerf mylo-hyoïdien, branche du rameau maxillaire inférieur du trijumeau. Ce fait que les deux parties du muscle reçoivent chacune un nerf différent tend aussi à démontrer que ce muscle représente en réalité deux muscles distincts. Chez presque tous les vertébrés, le digastrique est remplacé par un seul muscle (abaisseur du maxillaire inférieur, depressor maxillae inferioris), qui ne correspond qu’au ventre postérieur de notre muscle. Ce muscle unique prend ses origines en des points très variables du crâne, chez les différents vertébrés, et va s’insérer chez tous à l’angle postérieur du maxillaire inférieur. A l’exception de l’Orang, tous les singes possèdent un véritable muscle « digastrique ».

M. STYLO-HYOÏDIEN (m. stylo-hyoideus) (fig. 271). C’est un muscle grêle, fusiforme, qui descend en dedans du ventre postérieur du m. digastrique. Il naît de la partie supérieure et externe de l’apophyse  styloïde du temporal et se dirige oblique-j ment en bas et en  avant vers la petite corne de l’os hyoïde.

Près de son extrémité son corps charnu se divise généralement en deux faisceaux, qui entourent le tendon intermédiaire du muscle digastrique et dont les tendons terminaux, minces et aplatis, von s’insérer à la grande corne de l’os hyoïde, dans le voisinage du corps de cet os (voir fig. 265) Ses relations avec le m. digastrique sont variables, en ce sens que les deux faisceaux musculaires qui entourent le tendon intermédiaire de ce muscle sont souvent de volume très inégal. Parfois le muscle tout entier passe au-dessus du tendon du m. digastrique ; alors ce dernier est uni à l’os hyoïde par un fascia. Il arrive, mais rarement, qu’un faisceau terminal du m. stylo-hyoïdien constitue un muscle distinct, qui s’insère à la petite corne de l’os hyoïde. Action. Il tire l’os hyoïde en haut et en arrière. Il est innervé par le nerf facial.

GROUPE INTERNE

M. MYLO-HYOÏDIEN (m. mylo-hyoideus). C’est un muscle large et plat, situé en avant, entre les deux moitiés du maxillaire inférieur. Il est en rapport en bas avec le ventre antérieur du m. digastrique. Il naît de la ligne mylo-hyoïdienne du maxillaire inférieur et de là ses fibres se dirigent en dedans : les postérieures vont s’insérer au corps de l’os hyoïde ; les antérieures, à un raphé conjonctif, étendu du corps de l’os hyoïde à l’épine mentonnière interne. Ce raphé est souvent interrompu par l’entre-croisement de faisceaux musculaires qui passent d’un muscle à celui de l’autre côté. Ce muscle forme le plancher de la cavité buccale, de là le nom de diaphragma oris qu’on lui donne parfois. Action. Il relève l’os hyoïde, lorsque ce dernier est abaissé. Il est innervé par le nerf mylo-hyoïdien, branche du rameau maxillaire inférieur du trijumeau..

M. GÉNIO-HYOÏDIEN (m. genio-hyoideus). Ce muscle est situé au-dessus du mylo-hyoïdien, contre la langue. Il naît, par un court tendon, de l’épine mentonnière interne. De là il se dirige en arrière et s’élargit en s’appliquant intimement contre celui du côté opposé. Il va s’insérer au corps .de l’os hyoïde, et parfois aussi sur une partie de la grande corne.

Voir également  Muscles abdominaux postérieurs

Sur le muscle génio-hyoïdien se trouve appliqué le muscle génio-glosse, qui intervient dans la constitution de la langue et que nous décrirons avec les autres muscles de la langue, quand nous nous occuperons de cet organe. Action. Il tire l’os hyoïde en avant. Il est innervé par. le nerf-hypoglosse.