Muscles de l’épaule

 

Ces muscles, qui recouvrent l’articulation scapulo-humérale, forment la saillie ou moignon de l’épaule. Ils sont en rapport avec l’omoplate, de telle sorte que l’épine de cet os et l’acromion restent seuls libres

COUCHE SUPERFICIELLE.

M. DELTOÏDE (m. deltoides). Ce muscle a la forme d’un delta (triangulaire). Il naît, par un court tendon, au tiers externe ou acromial de la clavicule, et est généralement séparé, à son origine, par un espace net, de la partie claviculaire du grand pectoral (fig. 275). Il naît en outre du bord convexe de l’acromion et du bord inférieur de l’épine de l’omoplate, son tendon d’origine devenant de plus en plus net, surtout à la partie postérieure de l’épine de l’omoplate. Ce tendon est parfois uni avec le fascia du m. sous-épineux, situé au-dessous de lui. Ses faisceaux musculaires forment un corps, qui recouvre l’articulation scapulo-humérale, et convergent vers un tendon terminal, développé à la face profonde du muscle et qui va s’insérer à l’empreinte deltoïdienne. Une partie des faisceaux superficiels pénètrent dans la profondeur et se continuent avec le tendon terminal dans la partie supérieure du muscle, tandis que les faisceaux superficiels voisins ne s’unissent au tendon terminal que plus bas.

Ce muscle porte le bras en haut et en dehors (abduction). Il existe entre lui et la grosse tubérosité de l’humérus une bourse muqueuse, qui se confond fréquemment avec une autre bourse muqueuse, située au-dessous de l’acromion et dont elle représente alors un simple prolongement. C’est un des muscles qui se développe le plus tôt. Il est innervé par le nerf axillaire.

COUCHE PROFONDE.

Les muscles que nous rencontrons ici naissent tous de l’omoplate. Ils se divisent en muscles qui naissent de la face postérieure de l’omoplate et en muscles qui naissent de la face antérieure de cet os.

Muscles qui naissent de la face postérieure de l’omoplate.

M. SUS-ÉPINEUX (m. supraspinatus) (fig. 283). Ce muscle occupe la fosse sus-épineuse. Il naît d’une grande partie de cette fosse et fréquemment aussi de la partie postérieure, aponévrotique, de son fascia. Ses faisceaux convergent en dehors et forment un corps musculaire qui passe sous l’acromion. Son tendon terminal s’applique intimement contre la capsule de l’articulation scapulo-humérale, pour aller s’insérer ensuite à la facette supérieure de la grosse tubérosité de l’humérus.

Ce muscle aide le deltoïde dans son action et tend en outre la capsule articulaire. Il est recouvert par un fascia, le fascia sus-épineux, qui se fixe à l’épine de l’omoplate. Il est innervé par le nerf sus-scapulaire .

M. SOUS-ÉPINEUX (m. infraspinatus) (fig. 283). Il naît de presque toute l’étendue de la fosse sous-épineuse, dont il ne laisse libres que le bord externe ainsi que la face postérieur de l’angle inferieur . On peut le diviser en trois portions . La plus volumineuse, la portion moyenne occupe la plus grande partie de la fosse sous-épineuse. Ses fibres se dirigent en convergeant en dehors à partir du bord interne de l’omoplate. Vers le milieu de sa longueur il apparait à sa surface un tendon terminal.

A ce tendon s’unit la portion supérieure du muscle, qui naît de la face inférieure de l’épine de l’omoplate et qui recouvre le tendon terminal, dans sa partie supérieure. La portion inférieure du muscle naît d’une partie du bord externe de l’omoplate et s’applique sur la partie inférieure du tendon terminal. Ce dernier se trouve donc presque entièrement recouvert par des faisceaux musculaires qui se continuent avec lui. Le tendon terminal du muscle est puissant et surplombé partiellement par l’acromion. Il passe au-dessus de l’articulation scapulo-humérale, en s’appliquant intimement sur la capsule articulaire, et va s’insérer à la facette moyenne de la grosse tubérosité de l’humérus.

Voir également  Muscles iliaques

Il imprime au bras un mouvement de rotation en dehors, et exerce en outre une tension sur l’articulation de l’épaule. Le fascia sous-épineux qui le recouvre est assez fortement tendu, grâce à ses insertions au bord interne et à l’épine de l’omoplate. En certains points de son étendue il est aponévrotique et ces parties aponévrotiques se continuent partiellement avec le tendon d’origine du m. deltoïde. Il existe, mais rarement, une bourse muqueuse entre le tendon terminal du muscle et la capsule articulaire, dans le voisinage de l’omoplate. Il est innervé par le nerf sus-scapulaire.

M. PETIT ROND (m. teres minor) (fig. 283). Il naît, dans le voisinage immédiat de la portion inférieure du sous-épineux, du bord externe de l’omoplate jusqu’au col de cet os. Ses faisceaux courent à peu près parallèlement les uns aux autres. Ils sont dirigés en haut et en dehors et vont s’insérer, les uns à la capsule de l’articulation scapulo-humérale, les autres à la facette inférieure de la grosse tubérosité de l’humérus.

Fréquemment le muscle est bordé par une lamelle aponévrotique, qui le sépare du m. sous-épineux; parfois il est confondu avec la portion inférieure de ce muscle. Il aide dans son action le m. sous-épineux et tend en outre la capsule articulaire Il est innervé par le nerf axillaire.

M. GRAND ROND (m. teres major) (fig. 283). Ce muscle prend ses origines à la face postérieure de l’angle inférieur de l’omoplate et se dirige obliquement en haut vers le bord externe de cet os. Le corps du muscle est aplati d avant en arrière ; il est d’abord uni au bord inférieur du m. petit rond; puis il s’en sépare progressivement en avant et se continue avec un tendon terminal, également aplati, qui va s’insérer à l’épine de la petite tubérosité de l’humérus.

Ce tendon terminal s’unit par son bord inférieur avec celui du grand dorsal. Entre ces deux tendons se trouve une bourse muqueuse. Grâce à cette union, le m. grand rond semble être un chef accessoire du grand dorsal, dont il partage l’action. Il est innervé par un nerf sous-scapulaire.

Muscle  qui naît de la face antérieure de l’homoplate

M.  SOUS-SCAPULAIRE (m. subscapularis) (fig. 284). Ce muscle puissant occupe la fosse sous-scapulaire. Il laisse libre une petite bordure de l’os étendue entre l’angle inférieur et l’angle supérieur et interne de l’omoplate. Sa surface d’origine occupe la moitié de la largeur de l’omoplate; elle se termine dans le voisinage du col de cet os : en haut, en avant de l’échancrure scapulaire ou coracoïdienne ; en bas, à la tubérosité sous glénoïdienne. Plusieurs tendons d’origine, fixés aux crêtes de la face antérieure de l’omoplate, pénètrent dans l’épaisseur du muscle. Entre ces tendons naissent des tendons terminaux qui convergent en dehors : le sous-épineux constitue donc un muscle pluripenné. La masse musculaire se dirige vers l’articulation scapulo-humérale et contourne la racine de l’apophyse coracoïde ; en bas et en dehors elle fait une forte saillie au dessus du bord externe de l’omoplate. Son tendon terminal puissant va s’insérer en partie dans la paroi de la capsule articulaire et en partie à la petite tubérosité de l’humérus.

Voir également  Muscles de l’os hyoïde

La partie du muscle qui naît dans le voisinage de l’angle inférieur de l’omoplate passe généralement sur une aponévrose, interposée entre elle et le m petit rond, et fixée au bord externe de l’omoplate. Le muscle est recouvert par un fascia sous-scapulaire, qui n’y adhère que faiblement et qui est inséré au bord interne de l’omoplate. Ce fascia présente çà et là des faisceaux tendineux. Au-dessous du tendon terminal s’étend une évagination de la capsule articulaire. Le plus souvent cependant il existe une bourse muqueuse distincte, entre le tendon terminal et le col de l’omoplate. Le sous-épineux imprime au bras un mouvement de rotation en dedans. Il est innervé par les nerfs sous-scapulaires.