Muscles de la face de flexion de l’avant-bras

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Ils sont disposés en deux groupes superposés et séparés l’un de l’autre par des troncs vasculaires et nerveux. Les muscles de ces groupes sont, les uns, des fléchisseurs de la main, d’autres, des fléchisseurs des doigts, et d’autres enfin, des pronateurs, c’est-à-dire des muscles qui font tourner le radius et la main en dedans. Ils sont innervés, les uns, par le nerf médian, les autres, par le nerf cubital.

Premier groupe.

Les muscles de ce groupe naissent d’une masse commune, qui prend origine à l’épitrochlée de l’humérus. Les uns partent directement de cette masse musculaire commune, les autres naissent de lames tendineuses qui, fixées à l’épitrochlée, pénètrent dans la masse musculaire ou bien la recouvrent superficiellement en renforçant- le fascia. Cette masse commune se divise, du côté distal, en plusieurs corps musculaires disposés en deux couches superposées.

Couche superficielle.

M.ROND PRONATEUR (m. pronator teres) (fig. 289). C’est le plus interne des muscles de ce groupe. Il ne devient libre que dans la moitié distale de sa longueur et est dirigé obliquement sur l’avant-bras jusqu’au radius. Son bord supérieur délimite le pli du coude. Son tendon terminal fait saillie à sa surface et s’insère à l’empreinte du rond pronateur, rugosité située au milieu du bord externe du radius.

Il fléchit l’avant-bras et détermine la rotation {pronation) du radius et par conséquent de la main. Appliqué contre la face antérieure du radius pendant que la main est tournée vers le haut, il n’occupe plus cette position pendant la pronation : il se déroule. Il est innervé par le nerf médian. Quand l’humérus présente une apophyse sus-épitrochléenne , le muscle reçoit aussi faisceaux d’origine provenant de cette apophyse.

Des faisceaux profonds d’origine du muscle partent de l’apophyse coronoïde du cubitus. Entre eux et la partie superficielle du muscle passe le nerf médian. Ces faisceaux profonds sont souvent exclusivement tendineux; dans d’autres cas, ils forment un corps charnu distinct. Cette partie du rond pronateur appartient à une couche musculaire profonde qui, chez beaucoup de Marsupiaux (Pérameles) et de Carnivores s’étend dans toute la longueur de la face palmaire de l’avant-bras et dont la partie inférieure représente le m. carré pronateur (MACALISTER,).

M. GRAND PALMAIRE (m. flexorcarpiradialis, velradialisinternus) (fig. 289). Uni à son origine au rond pronateur et au palmaire – grêle, le corps charnu du grand palmaire est grêle; il se sépare bientôt du rond pronateur et se dirige vers le bord radial de l’avant-bras. Le tendon terminal apparaît à la surface du muscle, en un point assez rapproché de l’origine de ce dernier. Il entre, à la base de l’éminence thénar, dans un canal, délimité en partie par une gouttière du trapèze et par le scaphoïde, gouttière qui est fermée par des fibres tendineuses, jetées comme un pont au-dessus du tendon du muscle. Le muscle va se terminer à la face palmaire de la base du deuxième métacarpien.

Dans son trajet à la paume de la main, le tendon terminal du grand palmaire contracte des adhérences avec la paroi radiale du canal qu’il traverse. Une gaine tendineuse entoure la portion terminale du tendon et s’insère à la face supérieure de ce canal. Il fléchit la main du côté radial. Il est innervé par le nerf médian.

M. PALMAIRE GRÊLE (m. palmaris longus) (fig. 289). Il se sépare généralement de la masse musculaire commune sous forme d’un corps charnu grêle, qui se continue avec un tendon étroit, aplati, lequel arrive jusqu’à l’articulation radio-carpienne. Il y occupe une position plus superficielle que le tendon du grand palmaire, qui court parallèlement à lui. Au niveau de l’articulation radio-carpienne, le tendon terminal du palmaire grêle s’élargit et, se rapprochant du bord radial de la main, il se transforme presque entièrement en l’aponévrose palmaire ; un petit nombre de ses faisceaux servent de tendons d’origine pour les muscles de l’éminence thénar.

Le palmaire grêle est le plus variable des muscles de l’avant-bras. Parfois il fait complètement défaut. Dans certains cas on constate que son corps charnu naît d’un long tendon d’origine. Alors la partie charnue du muscle est située plus inférieurement et le tendon terminal est raccourci. On observe aussi des dédoublements de ce muscle qui intéressent spécialement son tendon terminal. Enfin on constate également des variations dans son mode de terminaison. Le tendon terminal traverse assez souvent, à l’avant-bras, à une certaine distance de l’articulation radio-carpienne, le fascia antibrachial et acquiert de la sorte une position plus superficielle. Ce muscle agit comme fléchisseur de la main. Il est innervé par le nerf médian.

M. CUBITAL ANTÉRIEUR (m. flexor carpi ulnaris, vel ulnaris internus) (fig. 289). Il occupe dans toute sa longueur le bord cubital de la face palmaire de l’avant-bras. Il naît en haut, d’une part, de l’épitrochlée de l’humérus, et, d’autre part, du cubitus; il reçoit également des faisceaux d’origine d’une aponévrose, insérée au bord postérieur du cubitus, aponévrose qui recouvre aussi partiellement la surface du muscle. Le corps charnu est aplati et descend jusqu’à l’articulation radio-carpienne. Son tendon terminal se montre déjà dans la moitié supérieure du muscle.

Voir également  Muscles de la paroi abdominale

Il s’insère au pisiforme; grâce aux ligaments pisi-mêtacarpien et pisiunciformien, son insertion se trouve reportée sur le carpe et le métacarpe. Le pisiforme joue donc le rôle d’un os sésamoïde, situé dans le tendon du muscle.

La partie du cubital antérieur qui naît de l’épitrochlée est séparée des autres faisceaux d’origine du muscle par une fente, qui donne passage au nerf cubital. L’aponévrose d’origine est le fascia antibrachial; elle recouvre en même temps, du côté cubital, une partie de la couche profonde (le muscle fléchisseur profond des doigts), le corps du muscle étant séparé par elle du cubitus. Le cubital antérieur fléchit la main vers son bord cubital. Il est innervé par le nerf cubital.

Je réunis encore, aux muscles de cette couche, un petit muscle dont l’existence est assez fréquente, le M. ÉPITROCHLÉO-ANCONÉ (m. epitrochleo-anconaeus). Il naît de l’épitrochlée et, formant un pont au-dessus de la gouttière du nerf cubital, il arrive jusqu’au cubitus, à la face interne de l’olécrâne. Ce muscle offre de nombreuses variétés. Lire sur ce muscle : W. GRUBER, Mémoires de l’Acad. imp. de Saint-Pétersbourg, VIle série, t. X. Le fait que ce muscle est innervé par le nerf cubital prouve qu’il n’a rien à faire avec le m. triceps brachial, bien qu’il présente une certaine ressemblance avec l’anconé.

Couche profonde

Cette couche est constituée par un seul muscle, le FLÉCHISSEUR SUPERFICIEL DES DOIGTS (m. flexor digitorum sublimis vel perforatus). Son corps charnu, qui se sépare de la masse commune des muscles fléchisseurs, se divise en quatre faisceaux, qui donnent chacun naissance à un tendon terminal grêle. Ces tendons vont se terminer aux quatre derniers doigts de la main. Au-dessous du corps du muscle court le nerf médian. Un feuillet profond du fascia antibrachial se développe, vers l’extrémité distale, entre les tendons terminaux de la couche superficielle, d’une part, et le fléchisseur superficiel des doigts, d’autre part. Dans le voisinage de l’articulation radio-carpienne ce fascia devient plus épais, ce qui détermine une séparation plus complète des couches musculaires entre lesquelles il est situé.

Les quatre faisceaux du fléchisseur superficiel se disposent en deux couches : l’une, superficielle, est formée par les deux faisceaux qui fournissent les tendons fléchisseurs du troisième et du quatrième doigt (médius et annulaire); l’autre, profonde, comprend les deux faisceaux, d’où naissent les tendons fléchisseurs destinés au deuxième et au cinquième doigt (index et auriculaire). Le faisceau destiné au médius reçoit un chef accessoire du radius; c’est un faisceau large, généralement aplati, qui naît en dedans et au-dessus de l’empreinte du rond pronateur.

Les quatre tendons du fléchisseur superficiel des doigts passent, entourés de leurs gaines, sous le ligament transverse du carpe, dans la paume de la main et arrivent jusqu’aux doigts placés sous l’aponévrose palmaire (fig. 295). Chacun de ces tendons pénètre avec un tendon du fléchisseur profond des doigts dans un canal, situé à la face palmaire du doigt (voir plus loin la musculature de la main). Dans son trajet contre la première phalange, chaque tendon du fléchisseur superficiel se divise en deux larges bandelettes aplaties (fig. 290, A). Celles-ci s’écartent l’une de l’autre et délimitent une fente, par laquelle passe le tendon du fléchisseur profond. De là le nom de M. FLÉCHISSEUR PERFORÉ (m. flexor perforatus) qu’on lui a donné. Puis, après avoir entouré le tendon fléchisseur profond, les deux bandelettes du tendon superficiel convergent de nouveau l’une vers l’autre pour passer au-dessous du tendon profond, au niveau de l’extrémité de la première phalange. Là, leurs fibres s’entre-croisent partiellement en formant un chiasma tendineux (fig. 290, B) et vont s’insérer à la face palmaire de la base de la deuxième phalange.

Dans la partie distale de l’avant-bras, le palmaire grêle et le cubital antérieur s’écartent l’un de l’autre, de telle sorte que le m. fléchisseur superficiel vient occuper une position superficielle (fig. 289). Les faisceaux des deux couches du muscle échangent parfois des fibres musculaires. Du fond du canal, dans lequel glissent les tendons à la face palmaire des phalanges, partent des faisceaux de tissu conjonctif lâche, qui se fixent à ces tendons.

De cette façon chaque tendon superficiel est déjà uni au canal, à l’extrémité de la première phalange. Des faisceaux fibreux plus longs arrivent généralement, déjà en avant de ce point, au tendon superficiel ; ils passent le plus souvent du chiasma tendineux au tendon profond, situé superficiellement dans cette partie de son trajet. Ce sont là les gaines tendineuses (vincula ou retinacula tendinum), qui n’ont d’importance que parce qu’elles sont accompagnées de vaisseaux sanguins se rendant aux tendons fléchisseurs.

Voir également  Muscles tendus entre l’occipital et les premières vertèbres

Le muscle agit comme fléchisseur des doigts ; la limite de son action s’arrête à la deuxième phalange. Il est innervé par le nerf médian.

Second groupe.

Les muscles de ce groupe forment la partie la plus profonde de la musculature de la face palmaire de l’avant-bras. Ils sont presque complètement séparés de ceux du premier groupe par des troncs nerveux et vasculaires. Nous les répartissons en deux couches : une superficielle et l’autre profonde.

Couche superficielle.

M.FLÉCHISSEUR PROFOND DES DOIGTS (m. flexor digitorum profundus, vel perforans) (fig. 291). C’est un muscle large, qui descend sur le cubitus et la membrane interosseuse jusqu’à la main. Uni à son origine au m. cubital antérieur, il naît du cubitus ainsi que de l’aponévrose de l’avant-bras qui le recouvre du côté cubital. Ses insertions d’origine à la face antérieure du cubitus se font jusqu’au tiers distal de la longueur de cette face. Un certain nombre de faisceaux proviennent également de la membrane interosseuse et quelques-uns du radius en bas.

La masse musculaire commune se divise en quatre faisceaux, placés les uns à côté des autres. De la surface de chacun d’entre eux naît un tendon terminal. Les quatre tendons arrivent, au-dessous des tendons du fléchisseur superficiel, à la paume de la main. De là ils se rendent aux doigts. Au niveau de l’extrémité proximale- de la première phalange, chacun d’entre eux se trouve situé au-dessous du tendon fléchisseur superficiel correspondant; il le traverse ensuite (voir plus haut) et va s’insérer à la base de la dernière phalange (fig. 290, A).

Le fléchisseur profond reçoit parfois un faisceau du corps musculaire du fléchisseur superficiel. Le tendon terminal de ce faisceau se continue avec le tendon du fléchisseur profond destiné à l’index.

Des quatre faisceaux du muscle le plus indépendant est celui qui se rend à l’index. Il est séparé des autres par l’insertion terminale du brachial antérieur. Son tendon est aussi plus nettement distinct. Les autres faisceaux du muscle sont, au contraire, plus intimement unis les uns aux autres et leurs tendons terminaux sont aussi peu distincts a. leur origine. Chacun d’entre eux est formé de plusieurs cordons, qui ne s’unissent en un tendon unique que dans le voisinage de la paume de la main. Pour ce qui concerne les gaines tendineuses, nous renvoyons à ce que nous en avons dit précédemment. Les muscles lombricaux, qui naissent des tendons du fléchisseur profond, seront décrits avec les muscles de la main. Le muscle agit comme fléchisseur des doigts : son action s’exerce sur la dernière phalange.

La partie du muscle qui fournit au médius, à l’annulaire et au petit doigt est innervée par le nerf cubital. Le faisceau destiné à l’index reçoit une branche du nerf médian ; ce dernier peut aussi d’ailleurs fournir aux faisceaux du médius et de l’annulaire et même à celui du petit doigt.

Chez les Prosimiens le tendon terminal du fléchisseur profond des doigts est unique à son origine. Ce n’est qu’au niveau de la main qu’il se divise en les différents tendons pour. les doigts. L’un de ces tendons est destiné au pouce; il s’unit à celui du long fléchisseur propre du pouce. Chez les Singes inférieurs, le fléchisseur profond des doigts possède également un tendon terminal commun ; c’est chez les Anthropoïdes que, pour la première fois, on les voit se séparer, en même temps que l’on constate un commencement de division du corps charnu du muscle. C’est là un perfectionnement, car il entraîne une indépendance plus considérable des différents doigts dans leur action.

M. LONG FLÉCHISSEUR PROPRE DU POUCE (m. flexor pollicis longus) (fig. 291). Ce muscle est appliqué sur la face antérieure du radius, où il prend ses origines. Il conserve cette situation pendant la rotation du radius. Il part un peu au-dessous de la tubérosité bicipitale et s’étend, en s’élargissant, vers le bas pour se rétrécir de nouveau vers son extrémité inférieure. Dans cette partie de son trajet il reçoit des faisceaux d’origine provenant de la membrane interosseuse. Le tendon terminal apparaît déjà dans la partie supérieure du muscle : il est disposé par rapport aux fibres musculaires de telle sorte que le muscle est demi-penné. Il arrive avec les tendons des fléchisseurs des doigts dans la paume de la main, où il se place entre le court fléchisseur et l’adducteur du pouce. De là, il passe à la face palmaire de la première phalange du pouce, sous un pont tendineux transversalement placé, et va s’insérer, comme les tendons fléchisseurs des doigts, à la base de la dernière phalange. Le long fléchisseur propre du pouce reçoit assez fréquemment un faisceau du fléchisseur superficie] des doigts. Il fléchit le pouce en exerçant son action sur la dernière phalange. Il est innervé par le nerf médian.

Voir également  IMuscles des membres inférieurs

Ce muscle est puissant chez les Prosimiens et son tendon terminal est uni à celui du fléchisseur profond des doigts : chez eux, son action est donc peu autonome. Chez les Singes il n’existe pas comme muscle spécial, mais il est remplacé par le fléchisseur profond des doigts, qui fournit au pouce un tendon peu important. Il manque chez l’Orang, qui présente donc, à ce point de vue, un état inférieur d’organisation. Cependant chez certains Anthropoïdes, notamment chez Hylobates, nous constatons un commencement de différenciation, en ce sens que le tendon du fléchisseur profond des doigts qui se rend au pouce se comporte, vis-à-vis du corps musculaire commun, d’une façon plus indépendante que les tendons des autres doigts.

Chez l’homme il n’est pas très rare que ce muscle soit fusionné avec le fléchisseur profond des doigts, et cette disposition est plus fréquente dans la race noire. Consulter sur le long fléchisseur propre du pouce.

LES GAINES TENDINEUSES DES FLÉCHISSEURS DES DOIGTS forment, au-dessous du ligament annulaire antérieur du carpe, deux sacs synoviaux, qui ne dépassent que peu (environ 2 centimètres) les bords distal et proximal du ligament. L’un de ces sacs est situé vers le bord radial et l’autre vers le bord cubital de la main. Nous les désignerons pour ce motif sous les noms de sac radial et de sac cubital. Le sac radial entoure le tendon du long fléchisseur propre du pouce ; le sac cubital, ceux du fléchisseur du quatrième et du cinquième doigt. Chez le nouveau-né, les gaines tendineuses qui existent le long des phalanges sont séparées, aux cinq doigts, des sacs synoviaux du carpe. Chez l’adulte la gaine tendineuse du pouce s’unit au sac radial et celle du petit doigt au sac cubital, tandis que celles de l’index, du médius et de l’annulaire restent indépendantes. Parfois il existe entre les deux sacs synoviaux normaux du carpe un troisième sac synovial, qui se forme aux dépens de la cloison de séparation des deux précédents. Ce sac intermédiaire, en prenant plus d’extension, tant du côté distal que du côté proximal, reçoit le tendon du fléchisseur profond destiné à l’index.

De nombreuses variations dans la disposition des tendons fléchisseurs des doigts ont été décrites par TURNER dans Transact. of the Royal Soc. of Edinburgh, t. XXIV.

Couche profonde.

Cette couche ne comprend qu’un seul muscle. Il est recouvert par les tendons terminaux du fléchisseur profond des doigts et du long fléchisseur propre du pouce.

M. CARRÉ PRONATEUR (m. pronator quadratus). Ce muscle occupe le quart distal de l’avant-bras : ses fibres sont surtout transversalement dirigées. Il naît du bord interne du cubitus et reçoit également des faisceaux provenant d’un tendon superficiel, qui part du même bord du cubitus. Le muscle se dirige transversalement et va s’insérer largement à la face antérieure du radius.

Souvent un certain nombre de ses faisceaux sont obliquement dirigés ; lorsque cette disposition s’accentue davantage, elle peut même déterminer la subdivision du muscle en deux couches. Le m. carré pronateur représente la partie inférieure d’une couche musculaire profonde qui recouvre l’avant-bras chez une foule de mammifères. Il détermine la pronation du radius. Il est innervé par le nerf médian.