Muscles de la cuisse

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Les muscles de la cuisse entourent le fémur de telle sorte que seules les faces latérales des deux condyles occupent une position superficielle. Ces muscles servent, d’une part, à faire mouvoir la cuisse, et, d’autre part, à faire mouvoir la jambe. Ils prennent en effet des insertions à la jambe.

Le FASCIA LATA, ce fascia de la cuisse, qui est de nature aponévrotique le long de la face externe de cette partie du membre, est, comme nous l’avons déjà dit à propos du fascia de la hanche, inséré en haut et en dehors à la crête iliaque. En avant il s’unit à l’arcade crurale.

A la face antérieure ainsi qu’à la face interne de la cuisse, le fascia fémoral a perdu son caractère aponévrotique et ne présente qu’un très petit nombre de fibres tendineuses. Au niveau de la rotule, il s’unit à cet os et forme une bourse muqueuse, la bourse prérotulienne (bursa praepatellaris).

Au niveau de l’articulation du genou, une partie du fascia -se continue avec les parties latérales de la capsule articulaire et s’unit aux ligaments latéraux. La partie – du fascia lata, qui provient de la crête iliaque, depuis l’épine iliaque antérieure et supérieure jusqu’à la saillie correspondant à l’union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de cette crête, est désignée sous le nom de ligament ilio-tibial (tractus ileo-tibialis). C’est une membrane très résistante, qui descend jusqu’à la jambe. La partie la plus antérieure du fascia lata reçoit supérieurement le corps charnu du muscle tenseur du fascia et forme une gaine à ce muscle. Le feuillet superficiel de cette gaine est un peu plus mince et recouvre la surface du muscle, tandis que son feuillet profond, non seulement passe en arrière du muscle, mais se ramifie avec des masses fibreuses très puissantes jusqu’à l’épine iliaque antérieure et inférieure. De cette disposition, il résulte que la partie aponévrotique du fascia lata contracte avec le bassin de doubles insertions, qui exercent une action mécanique, pendant la station verticale. Les muscles de la cuisse se répartissent en trois groupes : les muscles’ antérieurs, les muscles internes et les muscles externes.

MUSCLES ANTÉRIEURS DE LA CUISSE

Ils sont tous innervés par des branches du nerf crural (nervus femoralis).

Première couche.

M. COUTURIER (m. sartorius) (fig. 302). C’est un muscle long. Entouré par deux lamelles du fascia lata, il descend de haut en bas et de dehors en dedans sur la cuisse. Il naît au-dessous de l’épine iliaque antérieure et supérieure et forme bientôt un corps charnu aplati qui s’applique en dedans contre le psoas-iliaque, au moment où ce dernier sort de dessous l’arcade crurale. Puis il passe au-dessus des muscles de la couche profonde, étant logé dans une gouttière comprise entre ces muscles et les muscles adducteurs de la cuisse et gagne 1 face interne de la cuisse. Là le corps d muscle, un peu élargi, arrive à la face in terne, et en même temps un peu postérieure du condyle interne du fémur ; puis il se continue, en se rétrécissant progressivement avec son tendon terminal. Ce dernier, qui l’on voit déjà apparaître au bord antérieur et à la face interne du muscle, dans son trajet à la surface du condyle du fémur, est étroit à son origine. Il s’étale, au niveau du condyle interne du tibia, en une large aponévrose, qui se dirige en avant et en bas et va s’insérer à la face interne du tibia, jusqu’à la crête de cet os (fig. 303).

Voir également  Muscles de l’os hyoïde

Au-dessous du tendon terminal du couturier se trouve une bourse muqueuse, qui se prolonge fréquemment aussi au-dessous du droit interne et dU1 demi-tendineux. Les fibres supérieures du tendon terminal peuvent se poursuivre jusqu’à la tubérosité antérieure du tibia. Il existe parfois dans ce muscle un tendon intermédiaire.

L’action du couturier est peu importante; cela dépend de ce que le diamètre transversal de ce muscle est très minime, si on le compare à sa longueur. On lui attribuait naguère comme fonction de relever la cuisse, pendant que les deux jambes sont croisées, c’est-à-dire lorsqu’elles se trouvent dans la position adoptée de préférence par les tailleurs. C’est de là que lui vient son nom. Ce n’est nullement l’action qu’il exerce. Son action semble se réduire à déterminer une rotation de la jambe, lorsque le genou est fléchi. Lorsque le genou est à l’état d’extension le couturier détermine la rotation de la cuisse.

WELCKER lui attribue une action spéciale sur le fascia lata, qui lui forme une gaine, et sur les gros vaisseaux de la cuisse, qui courent au-dessous de lui. Quoi qu’il en soit, il a perdu chez l’homme les rapports qu’il affecte chez la plupart des autres mammifères, en même temps que son volume s’est réduit.

Même chez les Singes anthropoïdes il est beaucoup plus développé que chez l’homme. D’une façon générale, chez tous les mammifères il est tendu en ligne droite le long du bord antérieur de la cuisse; il s’insère largement à la face interne du tibia et parfois même au-dessous de cet os.

Seconde couche

M. QUADRICEPS CRURAL (m. extensor cruris quadriceps) (fig. 305). Ce muscle, que l’on désigne généralement sous le nom de TRICEPS CRURAL, recouvre la plus grande partie du fémur en avant et en dehors (fig. 304). Il est formé de quatre chefs, plus ou moins distincts, qui s’unissent en un tendon terminal commun. Ce tendon s’insère à la base de la rotule et, grâce à l’existence du tendon rotulien, qui va s’insérer à la tubérosité antérieure du tibia, le muscle agit sur cet os.

On doit considérer le ligament rotulien comme un prolongement du tendon terminal du quadriceps et la rotule comme un os sésamoïde, situé dans l’épaisseur de ce tendon. Les quatre chefs du quadriceps sont :

M. DROIT ANTÉRIEUR DE LA CLISSE (m. rectus femoris). C’est le chef le plus superficiel et le plus indépendant. Il nait, au moyen d’un tendon formé de deux languettes, d’une part, de l’épine iliaque antérieure et inférieure, et, d’autre part, du bord supérieur de la cavité cotyloïde, où l’on peut encore le poursuivre sur la capsule de l’articulation coxo-fémorale. Le tendon d’origine du droit antérieur se prolonge à la surface du corps de ce muscle. Il envoie également un puissant cordon à l’intérieur du muscle.

Les faisceaux musculaires sont obliquement disposés aux deux côtés du tendon terminal, lequel existe sur une grande partie de la longueur de la face postérieure du muscle. Ce tendon devient libre à une assez grande distance de la rotule et se continue insensiblement avec le tendon terminal commun du quadriceps.

Voir également  Muscles de l’épaule

PORTION CRURALE DU QUADRICEPS ou VASTE MOYEN (m. femoralis, cruralis, vastus médius) (fig. 306). Ce chef du quadriceps est situé immédiatement au-dessous du droit antérieur. Ses faisceaux partent de la face antérieure et de la face externe du fémur, au-dessous de la ligne rugueuse oblique, où ils sont tout à fait séparés du vaste interne, auquel ils s’unissent plus loin. Les faisceaux supérieurs du vaste moyen vont directement vers le bas ; ses faisceaux externes et internes se dirigent obliquement jusqu’à leur tendon terminal. Ce dernier est large, descend sur la face antérieure du chef musculaire et se continue au-dessus de la rotule avec le tendon terminal commun du quadriceps.

M. VASTE INTERNE (m. vastus medialis, vastus internus). Le vaste interne est situé en dedans du vaste moyen, avec lequel il est parfois si intimement uni (voir fig. 304), qu’on les a décrits, non sans raison, comme ne formant qu’un seul et même chef musculaire. Il naît de la ligne rugueuse oblique ainsi que de la lèvre interne de la ligne âpre. Le tendon d’origine, formé par des fibres dirigées obliquement en bas et en avant, se montre à la face postérieure et à la face interne du muscle. Au tiers inférieur de la cuisse, le vaste interne passe sur le tendon terminal du m. grand adducteur jusque près du point d’insertion de ce muscle au condyle interne du fémur. Ses faisceaux sont dirigés obliquement d’arrière en avant et de haut en bas. Le tendon terminal du vaste interne apparaît, dans la partie supérieure du muscle, à sa face interne. Tantôt il ne s’unit avec le tendon terminal du vaste moyen que dans le tiers inférieur de la cuisse, tantôt, au contraire, il lui est uni dans presque toute son étendue, de sorte que les muscles sont fusionnés. Les faisceaux inférieurs du vaste interne se continuent avec le bord interne du tendon terminal commun du quadriceps.

M. VASTE EXTERNE (m. vastus lateralis, vastus externus). Ce chef du quadriceps est situé en dehors de la portion crurale. Il naît : du grand trochanter; d’un tendon qui, partant du voisinage du grand trochanter, recouvre dans une grande partie de son étendue le corps charnu du muscle ; de la partie du tendon terminal du grand fessier qui va s’insérer à la tubérosité fessière du fémur ; de la lèvre externe de la ligne âpre, jusque dans le voisinage du condyle externe. La surface d’origine des faisceaux du vaste externe est augmentée par un feuillet tendineux qui part de la ligne âpre, dans le voisinage de son tiers moyen, et s’étend jusqu’au condyle externe du fémur. Ce feuillet tendineux constitue une sorte de membrane intermusculaire. Le corps charnu du vaste externe est très développé et recouvre presque entièrement le vaste moyen (fig. 304). Son tendon terminal est large et situé à la face du muscle qui est en rapport avec le vaste moyen. Il s’unit d’abord au tendon terminal du droit antérieur de la cuisse; puis au tendon commun du quadriceps.

Les faisceaux d’origine les plus profonds de la portion crurale du quadriceps ne se rendent nullement au tendon terminal commun du muscle, mais ils forment deux languettes charnues aplaties qui vont s’unir à la capsule de l’articulation du genou. On les désigne sous le nom de MUSCLE SOUS-CRURAL (m. subfemoralis, m. subcruralis) et servent à tendre la capsule articulaire. Une action semblable est exercée sur la capsule de l’articulation coxo-fémorale par la languette externe du tendon d’origine du droit antérieur de la cuisse. Au-dessous du vaste moyen, au niveau du genou, il existe une bourse muqueuse, la bourse sous-tricipitale (bursa mucosa subfemoralis), qui communique fréquemment avec la cavité de l’articulation du genou.

Voir également  Muscles iliaques externes

Le vaste externe offre de nombreuses variations dans la disposition de son tendon terminal et dans ses rapports avec la portion crurale du quadriceps. Son tendon terminal est très souvent divisé en plusieurs (2 à 4) feuillets tendineux, qui reçoivent chacun une couche de faisceaux musculaires. Il en résulte que le muscle lui-même présente alors une structure lamellaire. Cette disposition est en rapport avec la division de l’artère circonflexe externe de la cuisse et de la veine qui l’accompagne. On pourrait donc dire que le vaste externe est divisé en lamelles par ces vaisseaux sanguins.

De ces feuillets tendineux quelques-uns se réunissent les uns aux autres, ou bien ils s’unissent au tendon terminal du vaste moyen. Il résulte de là qu’une partie du vaste externe peut s’unir à la portion crurale du quadriceps, tandis qu’une autre partie, plus superficielle, de ce chef musculaire se place au-dessus d’elle.

Le quadriceps crural est extenseur de la jambe. La rotule, qui est renfermée dans son tendon terminal, ALLONGE le bras de levier, sur lequel le muscle prend son point d’appui : elle facilite, par conséquent, le travail du muscle. A cause de l’origine du droit antérieur de la cuisse au-dessus du fémur, le quadriceps peut également agir comme releveur de la cuisse.