Muscles de la bouche

 

Ces muscles, dont les uns présentent une disposition radiée et les autres une disposition en apparence circulaire, sont répartis en plusieurs couches qui interviennent dans la constitution des lèvres. Ils appartiennent les uns au peaucier, les autres à la couche profonde du muscle cutané primitif.

Première couche

M. TRIANGULAIRE DES LÈVRES (m. triangularis, de pressor anguli oris) (fig. 264). Par sa base élargie ce muscle naît du bord inférieur du maxillaire inférieur ; de là il se porte vers le haut en se rétrécissant et gagne la commissure des lèvres. L’extrémité antérieure de sa ligne d’origine se trouve en dehors du menton; elle est irrégulière et s’étend jusque vers le milieu de la longueur du bord du maxillaire, où les fibres du muscle s’entremêlent avec des fibres du peaucier du cou.

Le corps musculaire formé par la convergence de toutes les fibres du muscle arrive à la commissure des lèvres. Il se termine d’une part dans la peau et d’autre part dans rorbiculaire des lèvres (orbicularis oris) en s’unissant au m. canin. Ce muscle abaisse la commissure des lèvres.

Malgré sa situation presque exclusivement superficielle, il dérive de la couche profonde. Lorsque les m. triangulaires des lèvres sont plus développés, leurs faisceaux antérieurs d’origine descendent le long du bord inférieur du maxillaire et s’unissent avec ceux du muscle de l’autre côté en un corps musculaire, disposé transversalement au-dessous du menton : on l’appelle le m. transverse du menton (m. transversus menti). Ce dernier n’est donc pas un muscle spécial et l’on ne peut le dériver d’une disposition primordiale.

Au bord externe du m. triangulaire des lèvres s’adjoignent souvent des faisceaux musculaires qui, par leur genèse, appartiennent à ce muscle. Les faisceaux suivent une direction plus transversale ; ils reposent sur le fascia du masseter, contre la peau de la joue. Lorsqu’ils prennent un grand développement ils constituent un muscle, large à son origine, et dont les fibres convergent vers la commissure des lèvres : c’est le m. risorius de Santorini (m. risorius Santorini). Il est situé au-dessus de la portion faciale du peaucier du cou, ce qui permet de le distinguer d’un autre faisceau musculaire, formé par des fibres du peaucier, qui convergent vers la bouche. Le risorius de Santorini tire en dehors la commissure des lèvres.

M. GRAND ZYGOMATIQUE (m. zygomaticus vel zygomaticus major) (fig. 264). Ce muscle, qui dérive du peaucier, naît de l’os malaire, précisément à l’union de cet os avec l’apophyse zygomatique du temporal. Son corps musculaire, généralement entouré de graisse, se dirige obliquement en avant et en bas et arrive jusqu’à la commissure des lèvres. Ses fibres s’entre-croisent alors partiellement avec celles du m. triangulaire des lèvres et vont s’irradier principalement dans la peau de la commissure des lèvres. Il envoie également un faisceau aux lèvres.

Sous le muscle grand zygomatique existe une fosse remplie de graisse et dont le fond est formé par le muscle buccinateur. Le bord antérieur du masseter, au-dessous duquel cette fosse s’étend encore un peu en arrière, la délimite en arrière et en dehors. Le muscle grand zygomatique tire la commissure des lèvres en arrière et en haut. À l’aide de quelques faisceaux il s’unit parfois au muscle carré de la lèvre supérieure, ou bien il s’étend jusqu’au risorius. Il est très fréquemment élargi par des faisceaux externes du muscle orbiculaire des paupières, faisceaux qui s’unissent à son bord antérieur.

Voir également  Muscles du bras

M. CARRÉ DE LA LÈVRE SUPÉRIEURE (m. quadratus labii superioris) (fig. 264). Ce muscle se dirige de haut en bas vers la lèvre supérieure. Il appartient déjà à la région profonde. Il prend origine le long du bord sous-orbitaire ainsi qu’à l’apophyse montante du maxillaire supérieur, jusqu’à l’angle interne de l’orbite; en dehors, il naît de l’os malaire jusqu’au voisinage de l’origine du muscle grand zygomatique. Une partie de son origine est recouverte par l’orbiculaire des paupières. Le muscle est quadrangulaire, aplati, et souvent sa partie interne est séparée de sa partie externe. Cette dernière constitue un muscle primitivement isolé que l’on désigne sous le nom de m. releveur propre de la lèvre supérieure (m. levator labii superioris proprius). L’ensemble du muscle envoie ses fibres internes verticalement et ses fibres externes un peu obliquement en avant à la lèvre supérieure. Une partie des faisceaux qui naissent à l’angle interne de l’orbite vont se distribuer sur l’aile du nez.

Il relève la lèvre supérieure et l’aile du nez. Les différents faisceaux d’origine s’unissent les uns aux autres dans leur trajet. La partie du muscle qui naît de l’angle interne de l’orbite a été désignée sous le nom de m. releveur commun de la. lèvre supérieure et de l’aile du nez (m. levator labii superioris alaeque nasi). Un faisceau qui naît, en dehors du releveur propre de la lèvre supérieure, de la face externe de l’os malaire, provient du muscle grand zygomatique et est désigné sous le nom de M. PETIT ZYGOMATIQUE (zygomaticus minor.)

Deuxième couche

M. CARRÉ DU MENTON OU DE LA LÈVRE INFÉRIEURE (m. quadratus labiii nferioris, depressor labiii nferioris) (fig. 264). C’est un muscle mince, de forme rhomboïdale, en partie recouvert par le triangulaire des lèvres. Il naît du maxillaire inférieur, en dehors du trou mentonnier et se divise en différents faisceaux. Il se dirige en dehors, traversé par des faisceaux d’origine du triangulaire des lèvres. Ses fibres semblent suivre la direction de celles du peaucier du cou, dont le m. carré du menton n’est qu’un prolongement vers le maxillaire inférieur. Il va se terminer dans la lèvre inférieure.

La participation du peaucier à la formation du muscle carré du menton est très variable. Le plus souvent on trouve une continuité immédiate entre eux, dans la portion externe du muscle. Ce muscle abaisse la lèvre inférieure.

M. CANIN (m. caninus, m. levator anguli oris) (fig. 265). Ce muscle est recouvert par le m. carré de la lèvre supérieure, de telle sorte que l’on ne voit superficiellement qu’une petite partie du canin apparaître au bord externe du carré de la lèvre supérieure. Large à son origine, il naît de la fosse canine du maxillaire supérieur, au-dessous du trou sous-orbitaire, et court obliquement en dehors et en bas vers la commissure des lèvres. Ici il peut s’entre-croiser avec des fibres du m. triangulaire des lèvres; mais la plupart de ses fibres se continuent directement avec elles. Une autre partie du muscle se rend à la peau ainsi qu’à l’orbiculaire des lèvres.

Parfois à son origine il s’unit latéralement au buccinateur, de sorte qu’il forme avec ce dernier un muscle unique. Il relève la commissure des lèvres.

Voir également  Muscles antérieurs du bras

Troisième couche.

M. BUCCINATEUR (M. buccinator) (fig. 265). C’est un large muscle, plat, situé dans la profondeur de la joue ; il forme le fond de la fosse remplie de graisse que nous avons mentionnée en parlant du m. grand zygomatique, et de là se continue dans l’épaisseur des lèvres. Sa face externe est recouverte par le fascia buccinateur qui vient se perdre dans les lèvres.

En arrière ce fascia est très résistant ; il est tendu entre le crochet ptérygoïde et le maxillaire inférieur. Cette partie du fascia buccinateur est désignée sous le nom de ligament ptérygo-maxillaire (ligamentum pterygo- mandibulare vel pterygo-maxillare) ; ce ligament sert de tendon d’origine pour une partie des faisceaux du muscle. En arrière, le fascia buccinateur se continue avec le fascia pharyngien. De là le nom de fascia buccinato-pharyngien (f. bucco-pharyngea) que l’on donne à leur ensemble.

La ligne d’origine du muscle est recourbée en fer à cheval. La branche supérieure de cette ligne commence à l’apophyse alvéolaire du maxillaire supérieur, au-dessus de la deuxième molaire supérieure. Elle s’étend jusqu’au crochet ptérygoïde et se continue ensuite verticalement sur le ligament ptérygo-maxillaire, d’où part la branche inférieure, qui gagne la face externe de l’apophyse alvéolaire du maxillaire inférieur jusqu’au voisinage de la deuxième molaire inférieure.

Les fibres musculaires qui naissent de cette ligne d’origine se dirigent en avant de telle sorte que les supérieures vont obliquement vers le bas et les inférieures obliquement vers le haut, comme l’indiquent les deux lignes ci-contre.

Au niveau de la commissure des lèvres, les fibres supérieures et les fibres inférieures se croisent. Les fibres du buccinateur, traversées par les muscles radiés, pénètrent dans l’épaisseur des lèvres et forment le muscle buccinato – labial ( m. bucco labialis), ses fibres supérieures se prolongeant dans la lèvre inférieure et ses fibres inférieures dans la lèvre supérieure.

La partie du buccinateur qui intervient dans la constitution des lèvres forme avec les faisceaux labiaux du m. triangulaire des lèvres et du canin le muscle orbiculaire des lèvres ou sphincter de la bouche (orbicularis vel sphincter oris). Bien qu’aucune des fibres constitutives du muscle orbiculaire des lèvres ne soit complètement annulaire, cependant on y trouve des faisceaux qui s’entre-croisent à la commissure des lèvres. Ces faisceaux dérivent d’une disposition primitive, dans laquelle le sphincter de la bouche constitue un muscle plus autonome. Ce sphincter était un prolongement jusqu’à l’orifice buccal de la couche profonde du muscle cutané.

Dans l’épaisseur des lèvres, au milieu du bourrelet labial, on constate un entre-croisement de fibres musculaires, en ce sens que des faisceaux superficiels s’irradient vers la commissure des lèvres de l’autre côté. Ces faisceaux doivent provenir du triangulaire des lèvres et du canin.

Le bourrelet labial est donc formé par l’union des fibres transversales du buccinateur avec la musculature radiée des lèvres.

M. INCISIFS (m. incisivi). Ce sont de petits muscles dont les rapports avec les autres muscles sont très variables. Ils n’ont qu’une importance très secondaire. Ils naissent en dehors des saillies alvéolaires des incisives externes, tant au maxillaire supérieur qu’au maxillaire inférieur, et se dirigent en dehors vers la commissure des lèvres. Les muscles incisifs supérieurs sont unis aux muscles canins et les inférieurs aux muscles buccinateurs.

Voir également  Muscles abdominaux longitudinaux (muscles droits de l’abdomen)

On les désigne pour les distinguer sous les noms de m. incisifs de la lèvre supérieure et m. incisifs de la lèvre inférieure (incisivi labii superioris et inferioris). Ils sont fréquemment unis, déjà avant d’arriver à la commissure des lèvres, avec la musculature de ces dernières.

M. DE LA HOUPPE DU MENTON (m. mentalis, m. levator menti). C’est un muscle spécial, qui n’a aucune relation directe avec la musculature des lèvres. Il est en grande partie recouvert par le m. carré du menton. Il naît parfois, par des faisceaux isolés, de la saillie alvéolaire de l’incisive externe du maxillaire inférieur, ou bien un peu en dehors de cette saillie. Il se dirige inférieurement vers le menton. Ses fibres divergent et vont se terminer dans la peau du menton.

Le muscle insisif de la lèvre inférieure prend son origine immédiatement au dessus du muscle de la houppe du menton. Parfois ce dernier naît un peu en dehors du précédent. La partie profonde du muscle de la houppe converge vers celle du muscle correspondant de l’autre côté, et s’unit avec elle en une bandelette tendineuse intermédiaire. L’insertion cutanée du muscle correspond à la fossette que présentent beaucoup de personnes sur le menton. Ce muscle sert à approfondir cette fossette : il soulève également le menton.