Maxillaire supérieur

 

 

Cet os, qui s’unit sur la ligne médiane avec celui de l’autre côté, forme la partie la plus importante de la région faciale du crâne. Il s’articule avec tous les autres os de la face. Bien qu’il soit déjà constitué par une seule pièce chez le nouveau-né, il consiste cependant primitivement en deux pièces osseuses distinctes, le prémaxillaire et le maxillaire proprement dit. Ces deux os se fusionnent ultérieurement. Aux dépens du prémaxillaire se forme la partie de l’os qui porte les dents incisives et qui délimite extérieurement l’orifice nasal.

Nous distinguons au maxillaire supérieur une pièce principale, le corps, et des apophyses qui en partent.

Au CORPS de l’os il y a lieu de considérer trois faces : une face interne ou nasale, une face externe et une face supérieure ou orbitaire, souvent appelée planum À orbitaire. Le corps est creusé d’une grande cavité nasale accessoire,, appelée sinus maxillaire ou antre d’Highmore (1) (antrum Highmori), cavité dont l’orifice se trouve à la face interne de l’os (fig. 169).

La face externe (fig. 168) est divisée par une saillie latérale, l’apophyse zygomatique, en deux  parties, dont l’une, l’antérieure, est dirigée vers la face, tandis que l’autre, la postérieure, regarde dans la fosse temporale. Ces deux parties de la face externe se continuent l’une avec l’autre, sans ligne de démarcation tranchée, au-dessous de l’apophyse zygomatique. On donne fréquemment à ces deux parties de la face externe de l’os les noms de face antérieure et face postérieure. Dans la région supérieure de la face antérieure au-dessous son bord supérieur ou sous-orbitaire (margo infraorbitalis) se trouve le ou sous-orbitaire (foramen infraorbitale). Au-dessous de ce trou, à peu près vers le milieu de la face antérieure de l’os, existe la fosse canine (fossa canina), qui est peu profonde. Le bord interne de cette face présente une échancrure bien marquée, l’échancrure nasale (incisuranasalis). La partie postérieure de a face externe de l’os, encore appelée face postérieure, constitue la tubérosité maxillaire (tuber maxillare); elle est faiblement convexe. Sur cette saillie, le plus souvent dans sa partie inférieure, il existe de petits orifices, les trous alvéolaires ou dentaires postérieurs (foramina alveolaria posteriora); ils mènent dans les conduits dentaires postérieurs, canaux dirigés de haut en bas ans l’épaisseur de l’os et donnant passage à des vaisseaux sanguins et des nerfs. A son angle supérieur et interne se trouve une petite facette rugueuse, servant à l’articulation avec le palatin (fig. 169, pa). Au-dessous de cette facette il en existe une plus grande à la limite de la face interne de l’os.

La face ou planum orbitaire, obliquement inclinée en dehors et en avant, forme le plancher de la cavité orbitaire. De son bord postérieur part une gouttière, qui se continue en avant en un canal dirigé vers le bord sous orbitaire et creusé dans l’épaisseur de l’os. Ce canal sous-orbitaire s’ouvre par le trou sous-orbitaire à la partie antérieure de la face externe du maxillaire.

La face interne (fig. 169) est tournée vers la fosse nasale. Sur l’os isolé on trouve l’orifice considérable du sinus maxillaire. En haut et en arrière de cet orifice une facette rugueuse (pa) s’articule avec le palatin; le bord supérieur de la face interne ferme des cellules ethmoïdales inférieures et s’articule par conséquent avec les masses latérales de l’ethmoïde. En avant de l’orifice du sinus maxillaire, un sillon large et lisse, la gouttière lacrymale (sulcus lacrymalis) est délimitée antérieurement par l’apophyse montante de l’os. Cette gouttière est délimitée dans la partie antérieure du bord supérieur du sinus maxillaire par une lamelle osseuse recourbée en avant et qui parfois est soudée à une lamelle semblable, mais dirigée en arrière, et procédant de l’apophyse montante. La gouttière lacrymale se trouve ainsi transformée en un canal nasolacrymal (canalis lacrymalis) ou canal nasal. En avant de l’extrémité inférieure delà gouttière lacrymale on trouve une crête transversale rugueuse, appelée crête turbinale (crista turbinalis), qui se prolonge jusqu’au bord antérieur de la face interne du maxillaire. Elle s’articule avec la partie antérieure du cornet inférieur, qui délimite aussi généralement en haut la gouttière lacrymale et contribue à l’aide de son apophyse lacrymale à la transformer en un canal.

Voir également  Phalanges

Des quatre APOPHYSES du maxillaire supérieur, trois servent à l’unir avec d’autres os.

L’APOPHYSE FRONTALE ou MONTANTE (Processus frontalis) est dirigée vers le haut (fig. 168 et 169) : elle procède en partie de la face antérieure et en partie de la face interne de l’os. Son bord postérieur forme la paroi antérieure de la gouttière lacrymale; il délimite en avant cette gouttière par une crête, parfois tranchante, dirigée en haut : c’est la crête lacrymale antérieure (crista lacrymalis anterior). Au milieu de sa face interne se trouve une ligne rugueuse, dirigée un peu obliquement en bas et en avant, à peu près parallèlement à la crête turbinale, c’est la crête ethmoïdale (crista ethmoidalis), qui s’applique contre le cornet moyen. L’extrémité supérieure dentée et épaissie de l’apophyse frontale s’articule avec la partie nasale de l’os frontal. Son bord antérieur s’unit au bord externe de l’os nasal; son bord postérieur ou lacrymal (margo lacrymalis),

fait saillie en dedans de la gouttière lacrymale et s’articule avec l’os unguis., L’APOPHYSE ZYGOMATIQUE (fig. 168) est courte et dirigée en dehors et un peu en arrière. Elle s’unit à l’os malaire par une face triangulaire rugueuse.

L’APOPHYSE PALATINE est dirigée horizontalement à la face interne de l’os.

Elle sert à former le fond de la cavité nasale et la voûte de la cavité buccale, c’est-à-dire la voûte palatine, en s’unissant par suture dentée (suture palatine, sutura palatina) avec l’apophyse palatine du maxillaire de l’autre côté (fig. 169). Sa face supérieure ou nasale est lisse; sa face inférieure ou palatine est rugueuse. Le bord supé- rieur de la suture palatine s’élève en une crête, la crête nasale (crista nasalis). Elle s’articule avec le vomer et, en avant, avec le cartilage de la cloison. Elle forme à son extrémité antérieure une apophyse aiguë, qui s’unit avec celle de l’autre côté pour former Y épine nasale antérieure (spina nasalis anterior) (fig. 168).

En arrière de la partie antérieure, surélevée, de la crête nasale descend obliquement en avant et en bas le canal incisif (canalis incisivus) (fig. 169). Les canaux incisifs droit et gauche s’ouvrent généralement par un seul orifice impair à la face inférieure de l’apophyse palatine. De ce point part fréquemment chez l’adulte et toujours chez l’enfant une suture transversale dirigée en dehors; c’est la suture incisive (sutura incisiva), qui sert de limite entre le prémaxillaire et le maxillaire (fig. 170). En arrière, l’apophyse palatine s’articule avec la lame horizontale du palatin.

L’APOPHYSE OU BORD ALVÉOLAIRE est dirigée vers le bas et renferme les alvéoles des dents du maxillaire supérieur. Elle a la forme d’un arc, et s’unit sur la ligne médiane avec l’apophyse alvéolaire de l’autre maxillaire, en avant du canal incisif. Son bord libre

porte les dents et présente les orifices des alvéoles (alveoli), qui sont séparées les unes des autres par des cloisons transversales. La forme et les dimensions des alvéoles sont en rapport avec la disposition et le volume, des racines des dents qu’elles servent à loger.

Les deux alvéoles antérieures logent les dents incisives. Vient ensuite une alvéole plus large pour la canine; puis deux alvéoles subdivisées en une cavité externe et une cavité interne et destinées à recevoir les deux dents prémolaires ou petites molaires, et enfin les alvéoles des molaires ou grosses molaires. Les deux alvéoles molaires antérieures sont généralement divisées en une cavité interne et deux cavités externes, tandis que la dernière, la postérieure, affecte des rapports très variables.

Voir également  Côtes et sternum

La face interne de l’apophyse alvéolaire délimite la cavité buccale : elle est rugueuse et se continue avec la face inférieure de l’apophyse palatine. Sa face externe présente des saillies (juga alveolaria), correspondant aux alvéoles; les plus antérieures sont les mieux accusées. L’existence de l’apophyse alvéolaire est en corrélation avec la présence des dents. Elle est à peine indiquée avant que les dents soient percées. Elle prend de plus en plus de développement au fur et à mesure que les racines des dents s’allongent.

L’atrophie du bord alvéolaire détermine certains défauts dans la denture. Enfin, chez le vieillard, après la disparition des dents, l’apophyse alvéolaire subit également une atrophie complète.

Le prémaxillaire, encore appelé intermaxillaire ou os incisif (premaxillare, intermaxillare, os incisivum), constitue chez la plupart des vertébrés un os distinct. Toutefois, chez les singes il se fusionne aussi avec le maxillaire, mais plus tardivement cependant que chez l’homme, du moins chez la grande majorité d’entre eux. Chez les poissons, les reptiles et même chez beaucoup de mammifères, il est situé en avant du maxillaire. Il donne naissance à la partie de l’os placée en avant du canal incisif, c’est -à dire à la portion alvéolaire des deux dents incisives (de là son nom d’os incisif), ainsi qu’à la partie de la face et du bord antérieurs de l’os qui correspondent à l’échancrure nasale. Il s’étend donc jusqu’au bord antérieur de l’apophyse montante.

A cause de ses rapports avec les dents incisives, il arrive que la portion alvéolaire du prémaxillaire, qui en constitue la partie la plus importante, se trouve divisée, chez

l’embryon, en deux segments, portant chacun une alvéole. Cette division peut même intéresser en même temps la portion palatine de l’os, de telle sorte qu’il semble alors exister, de chaque côté de la ligne médiane, deux prémaxillaires. Parfois même chez le nouveau-né on trouve encore cette disposition réalisée.

Abstraction faite du prémaxillaire, le maxillaire supérieur se forme par plusieurs points d’ossification. Il existe d’ailleurs, relativement au mode de formation de cet os, des données très différentes. La première lamelle osseuse, aux dépens de laquelle se forme la plus grande partie de l’os, apparaît à la face externe de la paroi latérale cartilagineuse de la cavité nasale. Elle donne naissance en bas à la portion alvéolaire du maxillaire et en dedans à l’apophyse palatine. Déjà chez un embryon de 8 centimètres de long, la partie de la cavité nasale comprise entre le cornet moyen et le cornet inférieur envoie un diverticule dans le cartilage épaissi, qui forme la paroi externe de la cavité nasale. Ce diverticule constitue l’ébauche du sinus maxillaire, qui est donc primitivement entouré de toutes parts par du cartilage (DURSY).

En dehors ce cartilage est revêtu par une simple lame osseuse qui représente le corps du maxillaire. L’ébauche du sinus maxillaire s’accroît progressivement par résorption et en même temps par développement de sa paroi. Sa paroi cartilagineuse finit par disparaître, et à l’âge de deux ans le sinus maxillaire est complètement formé. Le sinus maxillaire se développe moins par pénétration dans la masse osseuse du maxillaire, d’une cavité tapissée par la muqueuse, que par accroissement des parois d’une cavité préexistante, accompagné d’une résorption. Chez le nouveau-né, la gouttière sous-orbitaire est encore située en dehors de l’ébauche du sinus maxillaire, tandis que plus tard elle est placée sur la paroi supérieure du sinus (RESCHREITER).