Maxillaire inférieur

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Le maxillaire inférieur se forme aux dépens de deux moitiés séparées, qui se fusionnent progressivement, en général pendant la première année de la vie, en un os unique ; cette soudure se fait sur la ligne médiane. Cet os se trouve situé au-dessous de la région faciale du crâne. On lui distingue un corps arciforme, portant une partie alvéolaire correspondant à l’apophyse alvéolaire du maxillaire supérieur, et deux branches montantes, qui partent, à droite et à gauche, de l’extrémité postérieure du corps de l’os.

Le bord inférieur du corps de l’os est épaissi et fait un peu saillie en avant: parfois cette saillie se présente sous la forme de. deux tubérosités. sur la ligne médiane, à la face antérieure ou externe de l’os, on trouve la trace du fusionnement des deux moitiés de l’os sous forme d’une légère saillie, élargie vers le bas et constituant l’éminence mentonnière (protu berantia mentalis), délimitée à droite et à gauche, près du bord inférieur de l’os, par une tubérosité mentonnière (tuber mentale). Plus en dehors et à peu près vers le milieu de la hauteur de l’os, se trouve le trou mentonnier (foramen mentale) à la limite externe de la région du menton. En arrière du trou mentonnier part la ligne oblique (linea obliqua), qui se dirige en haut vers le bord antérieur de la branche montante. A la face interne ou postérieure de l’os, sur la ligne médiane, le fusionnement des deux moitiés de l’os est aussi exprimé par une saillie, que l’on appelle épine mentonnière interne (spina mentalis interna). Tout à fait au bord inférieur de l’os, sur la ligne médiane, on trouve une légère fossette, semblable à une empreinte de doigt et désignée sous le nom de fossette digastrique (fossa digastrica, fig. 180, B, Biv.), parce qu’elle donne insertion au muscle digastrique (musculus digastricus).

Au-dessus de cette fossette part une saillie, dirigée obliquement en haut et en arrière et sur laquelle se trouve nettement exprimée une crête, appelée ligne mylo-hyoïdienne (linea mylo-hyoideus). Cette ligne délimite, en arrière la partie alvéolaire, qu’elle sépare du corps de l’os. Au-dessous de cette ligne court le sillon mylo-hyoïdien (sulcusmylo-hyoideus).

La PARTIE ALVÉOLAIRE présente des cavités ou alvéoles pour les dents du maxillaire inférieur. La forme de ces cavités est adaptée à la forme et à la disposition des racines de ces dents, tout comme cela a lieu pour la partie alvéolaire du maxillaire supérieur. Lorsque les dents ont disparu, les parois de ces alvéoles s’atrophient. Les juga alveolaria, qui correspondent extérieurement aux alvéoles, sont moins marquées qu’au maxillaire supérieur.

Les alvéoles du maxillaire inférieur correspondent essentiellement à celles du maxillaire supérieur. Cependant celles des incisives sont plus étroites, celles des petites molaires ou prémolaires sont indivises et chacune des alvéoles molaires est en général divisée en une partie antérieure et une partie postérieure.

La BRANCHE MONTANTE s’élève de la partie postérieure du corps de l’os et forme avec elle Y angle de la mâchoire (angulus mandibulee). Au sommet de cet angle le bord inférieur du corps se continue avec le bord postérieur de la branche montante (fig. 179, B). Les rugosités que l’on trouve à la face externe de l’angle de la mâchoire servent à l’insertion du muscle masseter. En haut, la branche montante. se bifurque en deux apophyses séparées par l’échancrure sigmoïde (incisura mandibulse). L’apophyse postérieure, la plus volumineuse, est l’apophyse articulaire ou condyloïde (processus articularis vel condyloides). Elle porte la tête articulaire ou condyle, qui est obliquement dirigé, de façon à converger avec celui de l’autre côté, en dedans et un peu en arrière. Le condyle est encroûté de cartilage et fait fortement saillie en dedans. A sa face interne se trouve une fossette, généralement très nette, qui donne insertion au muscle ptérygoïdien externe.

Voir également  Squelette de la main

L’autre apophyse, l’antérieure, est désignée sous le nom d’apophyse temporale ou coronoïde “(processus temporalis vel coronoides). Elle est comprimée latéralement et sert à l’insertion du muscle temporal. Elle se développe d’une façon remarquable pendant la première année, de la vie. Sur sa face interne s’étend la ligne mylo-hyoïdienne. Au-dessous de l’échancrure sigmoïde se trouve le trou dentaire (foramen mandibulare vel alveolare) (fig. 180, B) obliquement dirigé. Il est délimité en dedans par une lamelle osseuse, appelée lingula. A la face interne de l’angle de la mâchoire se trouve une surface rugueuse qui donne insertion au muscle ptérygoïdien interne. En un point correspondant de la face externe il existe une surface rugueuse semblable, servant d’insertion au muscle masseter.

Du trou dentaire part le canal dentaire (canalis alveolaris) qui court au dessous du fond des alvéoles, dans l’épaisseur du maxillaire inférieur, le long de sa face interne : ce canal est plus rapproché du bord inférieur de l’os. Il arrive jusqu’à la partie antérieure de l’os et loge des vaisseaux et des nerfs. Une branche de ce canal s’ouvre à l’extérieur par le trou mentonnier. La masse principale de l’os est formée par une couche puissante de tissu osseux compact, ce qui fait que le maxillaire inférieur résiste à la putréfaction beaucoup plus longtemps que d’autres parties du squelette.

Dans les premiers stades de son développement, le maxillaire inférieur est caractérisé d’une part par l’absence de sa partie alvéolaire, qui ne se développe qu’après que les dents sont percées, et d’autre part par l’obliquité considérable de sa branche montante relativement au corps de l’os. Il en résulte que l’angle de la mâchoire est moins saillant et que l’apophyse articulaire regarde en arrière (voir fig. 179 A et 180 A). Chez le vieillard, lorsque les dents sont tombées, la partie alvéolaire de la mâchoire disparaît, en même temps que l’os reprend une disposition semblable à celle qu’il avait au moment de la naissance.

Le maxillaire inférieur se forme, à une période reculée du développement, comme os de revêtement du cartilage de Meckel. Il se forme comme l’os dentaire (dentale) des vertébrés inférieurs. Il est homologue à cet os, tout comme le marteau est homologue à l’os articulaire (articulare) de la mâchoire inférieure de ces vertébrés. Chez les vertébrés supérieurs, il n’y a donc que la pièce de la mâchoire inférieure qui porte les dents qui se soit maintenue pour constituer la mâchoire inférieure. Nous nous occuperons, en parlant de l’organe auditif, de la pièce articulaire primordiale, qui s’ossifie aux dépens de l’ébauche cartilagineuse. Tandis que l’apophyse coronoïde du maxillaire inférieur se développe aux dépens de la même ébauche que le corps du maxillaire, l’apophyse articulaire ainsi que l’angle de la mâchoire se forment aux dépens d’un tissu cartilagineux, qui apparaît à l’extrémité postérieure de l’ébauche de l’os et qui parvient progressivement à s’unir avec elle. Le cartilage de Meckel intervient aussi par son extrémité antérieure, c’est-à-dire au niveau de la symphyse, dans la composition du maxillaire inférieur. En effet, cette extrémité, relativement considérable, du cartilage de Meckel s’ossifie et se soude à l’ébauche osseuse du maxillaire. Dans la symphyse qui unit les deux moitiés du maxillaire inférieur, on trouve encore chez le nouveau-né un reste de cartilage.