Ligaments du pied

 

Indépendamment des ligaments que nous avons mentionnés en décrivant l’articulation tibio-tarsienne, ainsi que des différents ligaments interosseux, nous trouvons encore, tant à la face dorsale qu’à la face plantaire du pied, des ligaments spéciaux. Nous les décrirons à part, en les réunissant, parce que certains d’entre eux intéressent à la fois plusieurs articulations. Leur répartition est en rapport avec la disposition en voûte du pied. Ce sont surtout les ligaments plantaires qui maintiennent cette disposition.

LIGAMENTS DORSAUX: Il existe autant de ligaments dorsaux qu’il y a de surfaces osseuses articulées l’une avec l’autre. Pour les os du tarse qui sont plus volumineux, ces ligaments de renforcement peuvent se diviser en plusieurs faisceaux, que l’on décrit comme autant de ligaments spéciaux. Nous signalerons : Les ligaments astragalo-calcanéens dorsaux ou externes (fig. 249), qui sont réunis aux ligaments astragalo-calcanéens interosseux. Ce sont de puissants faisceaux fibreux, disposés en plusieurs couches; ils traversent, en se dirigeant obliquement en avant, le sinus du tarse. Ils partent de la face supérieure du calcanéum et s’insèrent, souvent en divergeant, à la face externe de la tête de l’astragale.

Le ligament astragalo-scaphoïdien dorsal (fig. 249) s’étend obliquement de la face externe de la tête de l’astragale à la face supérieure du scaphoïde. Dans ce ligament se prolongent aussi des faisceaux provenant de la couche profonde du ligament précédent.

Le ligament calcanéo-cuboïdien dorsal (fig. 247) part de la tubérosité située au-dessus de la face terminale distale du calcanéum et se dirige obliquement en dedans pour aller s’insérer au cuboïde. De son bord interne se séparent des faisceaux aplatis qui vont s’insérer au scaphoïde (ligament cuboïdo-scaphoïdien dorsal). Les ligaments cunéo-scaphoïdiens dorsaux, étendus entre le scaphoïde et les trois cunéiformes. Les ligaments intermétatarsiens dorsaux sont disposés entre les bases des métatarsiens. Enfin, des faisceaux tantôt droits, tantôt obliques, vont des cunéiformes et du cuboïde à la face dorsale de la base des métatarsiens. Parmi ces derniers ligaments, le ligament cuboïdo-métatarsien mérite une mention spéciale; il se rend au cinquième métatarsien.

LIGAMENTS PLANTAIRES:

Le ligament calcanéo- cuboïdien plantaire ou ligament plantaire externe, encore appelé grand ligament plantaire, est le plus puissant des ligaments du pied (fig: 250). Il va de la face plantaire du calcanéum à la face plantaire du cuboïde. Sa couche superficielle forme un pont au-dessus de la gouttière du long péronier latéral et constitue le long ligament calcanéo-cuboïdïen plantaire, qui s’irradie vers les bases des trois derniers métatarsiens. Sa couche profonde se termine à la lèvre postérieure de la gouttière du long péronier la- téral et constitue le court ligament calcanéo-cuboïdien plantaire.

Le ligament calcanéo-scaphoïdien plantaire ou ligament plantaire interne va de la petite apophyse du calcanéum au scaphoïde et complète la cavité de réception, avec laquelle s’articule la tête de l’astragale. En ce point, il est recouvert de cartilage ; de là le nom de ligament cartilagineux qu’on lui donne parfois.

En dehors, ce ligament présente également une surface lisse, fréquemment recouverte de cartilage, mais ayant la forme d’une gouttière, dans laquelle glisse le tendon terminal du muscle jambier postérieur : le tendon terminal du muscle long fléchisseur des orteils court un peu plus profondément, sur le bord de la petite apophyse du calcanéum. Le ligament cuboïdo-scaphoïdien oblique s’étend obliquement en arrière et en haut, du cuboïde au scaphoïde.

Voir également  Squelette des membres

Le ligament cunéo-métatarsien oblique va de la face externe du premier cunéiforme à la base du troisième métatarsien. Comme le précédent, il contribue à former la courbure externe du pied. Le ligament tarso-métatarsien du gros orteil s’étend du premier cunéiforme à la base du premier métatarsien. On peut désigner sous le nom de ligament plantaire transverse du métatarse ces forts faisceaux fibreux qui unissent les bases des quatre derniers métatarsiens. Ils se prolongent en partie entre ces métatarsiens et reçoivent des faisceaux superficiels.

Indépendamment de ces ligaments, il en existe encore de plus petits. C’est ainsi que la saillie plantaire du troisième cunéiforme sert de point de ralliement pour plusieurs ligaments, qui contribuent à développer la convexité transversale du pied et que l’on peut réunir sous le nom de ligaments rayonnés. Cette disposition rappelle celle qui est réalisée par certains ligaments de la main, au niveau du grand os, qui correspond au troisième cunéiforme.

Le faible développement que présente le deuxième cunéiforme, vers la face plantaire, permet à ces faisceaux de se prolonger jusqu’au premier cunéiforme. Entre les têtes des métatarsiens courent, à la face plantaire, des faisceaux fibreux transversaux, les ligaments des têtes des métatarsiens ou lig. transverses du métatarse, qui sont en connexion avec les ligaments glénoïdiens, ces parties épaissies de la capsule articulaire.

Ces ligaments transverses du métatarse correspondent à ceux de la main; toutefois au pied, contrairement à ce qui existe à la main, il en existe aussi entre le premier et le deuxième métatarsien. Pour les nombreux ligaments moins importants, on trouve des variations individuelles nombreuses; seule la direction des faisceaux fibreux est constante. Enfin un certain nombre de ligaments plantaires deviennent plus puissants grâce à des expansions des tendons terminaux de certains muscles . L’aponévrose plantaire (voir plus loin) a également la valeur d’un ligament,’ en ce sens qu’elle contribue à maintenir la convexité longitudinale du pied.

Grâce à sa convexité dorsale, qui entraîne sa concavité soléaire, le ; pied possède, sans que cela nuise à sa fonction de sustentation, un certain degré d’élasticité, qui se manifeste pendant la marche. Quand le corps se trouve dans la station verticale, la charge se répartit sur plusieurs points, qui sont déterminés par les rapports de courbure du pied.

La courbure longitudinale est la plus considérable le long du bord interne du pied (fig. 251, A). Le long du bord externe, son arc est plus court : il ne s’étend généralement que de la tubérosité du calcanéum à la base du cinquième métatarsien. Dans sa région externe, la voûte formée par le pied repose sur le sol sur une partie plus étendue du métatarse que dans sa région interne, où la tête du premier métatarsien semble former à elle seule le point d’appui antérieur. Toutefois, le premier métatarsien étant moins

solidement uni au tarse que le deuxième, dont la base se trouve enclavée entre les trois cunéiformes, c’est plutôt la tète du deuxième métatarsien qui doit être considérée comme constituant le point d’appui antérieur du pied (F.ARNOLD). Ainsi le gros orteil se trouve opposé, par rapport aux autres orteils, d’une façon analogue à ce qui se trouve réalisé pour le pouce de la main. Il existe en outre une courbure transversale du pied. Elle se manifeste déjà dans la partie proximale du pied, en ce sens que la petite apophyse du calcanéum délimite vers le haut une cavité longitudinale. Plus en avant la courbure est formée par le cuboïde et le scaphoïde, qui font saillie à la face plantaire, le long du bord interne et du bord externe du pied. Du côté distal elle augmente, grâce à la disposition des cunéiformes (fig. 244). Elle existe encore, au métatarse, dont les pièces osseuses marginales sont situées plus bas que les métatarsiens moyens.

Voir également  Les différents groupes de vertèbres

Ainsi qu’il résulte de la structure des articulations, la partie interne du pied, formée par l’astragale, le scaphoïde et les trois cunéiformes, est plus mobile que sa partie externe, formée par le calcanéum et le cuboïde. Aux mouvements du pied prennent part, non seulement toutes les articulations tarsiennes proximales, mais aussi l’articulation tibio-tarsienne. Les articulations tarsiennes participent également, dans une certaine mesure, aux mouvements d’extension du pied, qui sont principalement exécutés par l’articulation tibio-tarsienne, ainsi qu’à ses mouvements de flexion.