Diverses formes et mensurations des crânes

 

La forme du crâne présente, chez les différents hommes, des variations individuelles. Plus grandes encore sont les différences que l’on constate dans la forme du crâne chez les diverses souches d’un même peuple. Enfin les différences qui existent à ce sujet entre les diverses races humaines sont plus prononcées encore. Indépendamment de la forme générale, l’expression physiognomonique du crâne est aussi très variable.

Bien que l’on n’ait pas encore détermine avec certitude des caractères nets et décisifs, cependant certains caractères sont bien établis et la connaissance des rapports de forme du crâne humain constitue, depuis longtemps déjà, une base importante pour l’ethnologie. C’est à l’aide de mensurations que l’on détermine les différentes formes des crânes. La mesure de la longueur, de la hauteur et de la largeur des crânes est importante pour déterminer les rapports de la partie cérébrale, rapports qui exercent aussi une influence sur la partie faciale. On désigne sous le nom de ligne horizontale une ligne qui part du bord supérieur du méat auditif externe et s’étend au bord sous-orbitaire. La longueur du crâne étant considérée comme égale à 100, on désigne sous le nom d’indice de largeur ou d’indice de hauteur, le rapport entre la longueur et la largeur ou entre la longueur et la hauteur. L’indice de largeur est en moyenne de 80; l’indice de hauteur est de 75. Cela signifie donc que la longueur du crâne étant 100, sa largeur est en moyenne de 80 et sa hauteur de 73. La largeur étant prise égale à 100, l’on désigne le rapport entre la largeur et la hauteur du crâne sous le nom d’indice transverso-vertical. Ces différentes mesures et leurs combinaisons permettent de distinguer les diverses formes des crânes. D’après leur indice de largeur on divise les crânes en dolichocéphales et brachycêphales. Sont dolichocéphales les crânes dont l’indice de largeur ne dépasse pas 75; sont brachycéphales, les crânes dont cet indice s’élève à 80. Les formes intermédiaires sont dites mésaticéphales. En se basant sur leur indice de hauteur, on peut de nouveau diviser les crânes en plusieurs groupes. Ceux dont la hauteur, prise à partir de la ligne horizontale mentionnée précédemment, n’atteint pas les 70/100 de la longueur, sont dits platycéphales; quand ce rapport est compris entre 70/100 et 75/100, on dit que le crâne est orthocéphale; enfin, quand ce rapport est plus considérable encore, le crâne est dit hypsicéphale. Tandis que ces rapports de mensuration concernent essentiellement la portion cérébrale du crâne, il en est d’autres qui regardent la partie faciale. C’est le cas notamment pour Y angle facial ou angle de Camper. Cet angle est formé par l’intersection de deux lignes. L’une d’entre elles va du méat auditif externe à l’épine nasale (bord inférieur de l’échancrure nasale du maxillaire supérieur); l’autre va du milieu du front (bregma) à la partie incisive de l’apophyse alvéolaire du maxillaire supérieur. Cet angle se rapproche plus ou moins d’un angle droit, selon que la partie alvéolaire du maxillaire est moins saillante ou plus saillante en avant. C’est ce que l’on exprime en disant que le crâne est orthognathe ou qu’il est prognathe. Dans le crâne orthognathe, l’angle facial est de 80° et au delà; dans le crâne prognathe, il est inférieur à 80° et peut même descendre jusqu’à 65°. Ces formes se combinent avec celles que nous avons indiquées précédemment pour la partie cérébrale du crâne, ce qui détermine une diversité considérable. De même que la forme extérieure du crâne est variable, de même la capacité de la cavité cérébrale, capacité qui est en rapport avec le développement du cerveau, varie aussi. Chez l’homme elle est en moyenne de 1450 centimètres cubes; chez la femme elle n’est que de 1300 centimètres cubes. (WELCKER.) Chez différentes races elle est encore moindre Indépendamment des mensurations du crâne que nous venons de mentionner, il en existe encore beaucoup d’autres, qui intéressent ou bien le crâne dans son ensemble, ou bien certaines parties du crâne seulement. Parmi ces dernières, signalons l’angle condylien, c’est-à-dire l’angle formé par le plan dans lequel se trouve le trou occipital avec le plan du clivus. (Ecker.) Nous avons déjà défini plus haut l’angle basilaire Toutes ces mensurations ont aussi une grande importance pour la détermination des particularités caractéristiques des souches ou des races.

Voir également  OS DE LA RÉGION MAXILLAIRE DU CRANE

Plus la somme des observations est grande, plus on arrive à exclure de particularités qui sont purement individuelles. On parvient ainsi à trouver les caractères typiques des différentes souches et des diverses races. Parmi les souches de peuples dolichocéphales on trouve des individus brachycéphales et réciproquement. Pour établir un type normal il faut donc prendre une moyenne en se basant sur le plus grand nombre possible d’observations. W. KRAUSE, dans son Handb. d. menschl. Anat. III. Hanovre 1880, a indiqué les rapports les. plus importants des différentes formes de crânes, ainsi que leurs mensurations.