Diaphragme

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Le diaphragme forme la paroi inférieure de la cavité thoracique, qu’il sépare de la cavité abdominale. Il constitue un muscle aplati, qui naît généralement par de courts faisceaux tendineux du pourtour de l’orifice thoracique inférieur. Il proémine dans la cavité thoracique, sa face supérieure étant convexe : il en résulte que la cavité abdominale se trouve agrandie au détriment de la cavité thoracique. Les faisceaux musculaires convergent vers la convexité du muscle et s’y continuent avec un tendon aplati, situé au centre et désigné sous le nom de trèfle ou centre phrénique (centrum tendineum). Il y a lieu de distinguer à la portion charnue du diaphragme trois parties, dont les points d’origine diffèrent; ce sont : la partie lombaire, la partie costale et la partie sternale.

M. La PARTIE LOMBAIRE (pars lumbalis) (fig. 277) du diaphragme présente à considérer une portion interne ou vertébrale et une portion externe. La portion interne possède, à la face antérieure de la région lombaire de la colonne vertébrale, un tendon d’origine, uni au ligament vertébral commun antérieur. Le tendon droit descend un peu plus bas (jusqu’à la troisième ou quatrième vertèbre lombaire) que le gauche. De chacun de ces deux tendons part une masse musculaire (celle droite au niveau de la deuxième ou de la troisième vertèbre lombaire), qui se dirige vers le haut sous forme d’un pilier. Les deux piliers délimitent, au niveau du corps de la première vertèbre lombaire, un orifice en forme de fente, qui s’étend plus haut en se portant en avant et en s’écartant de la colonne vertébrale. C’est à travers cet orifice que passe l’aorte en se rendant de la cavité thoracique à la cavité abdominale : de la le nom d’orifice aortique (hiatus aorticus) qu’on lui donne. Cette fente est bordée par une expansion du tendon d’origine et de cette expansion partent des fibres musculaires. La bordure tendineuse appartenant au pilier droit est plus marquée que celle du pilier gauche. Des faisceaux musculaires provenant du corps de la deuxième vertèbre lombaire, ainsi que du corps de la première vertèbre lombaire et de son apophyse transverse, viennent encore renforcer ce pilier musculaire. Au-dessus de l’orifice acétique, les faisceaux internes des deux piliers s’entre-croisent pour délimiter une nouvelle fente. Cette fente constitue l’orifice œsophagien (hiatus œsophageus). Il donne passage à l’œsophage et se trouve tout à fait dans le voisinage du centre phrénique, dans lequel les faisceaux internes de la portion vertébrale du muscle viennent se perdre en arrière en s’étalant.

On subdivise encore la portion interne ou vertébrale de la partie lombaire du diaphragme en trois faisceaux. Cette subdivision est déterminée par le passage de nerfs. Entre le faisceau interne et le faisceau moyen passe le nerf grand splanchnique ; celui de droite qui-traverse le pilier droit est accompagné de la veine azygos; celui de gauche, qui passe à travers le pilier gauche, est accompagné de la veine. demi-azygos. Entre le faisceau moyen et le faisceau externe passe le cordon du sympathique.

Le nerf petit splanchnique tantôt accompagne le grand splanchnique et traverse avec lui le diaphragme, tantôt est isolé et passe à travers le faisceau interne. L’orifice aortique donne passage non seulement à l’aorte, mais aussi au plexus sympathique qui l’accompagne et au canal thoracique. L’œsophage traverse l’orifice œsophagien, en compagnie des nerfs pneumogastriques.

Voir également  Muscles de la paroi abdominale

La portion externe de la partie lombaire du diaphragme est presque immédiatement en continuité avec sa portion interne. Elle naît d’abord d’une arcade tendineuse jetée comme un pont au-dessus du muscle psoas (arcade tendineuse du psoas ou arcade fibreuse interne) et développée dans le fascia de ce muscle. Elle procède ensuite d’une seconde arcade tendineuse, l’arcade fibreuse externe ou ligament cintré, qui passe, de la même manière que la précédente, au-dessus du muscle carré des lombes et qui est unie à la dernière côte. Les fibres musculaires qui partent de ces arcades constituent, dès leur origine, une couche aplatie qui va se continuer dans la partie externe du centre phrénique, en arrière.

La PARTIE COSTALE du diaphragme est plus ou moins intimement unie, à son origine, avec le bord externe de la partie lombaire. Elle naît des cartilages des six dernières côtes. Ses faisceaux d’origine sont dirigés d’arrière en avant et s’entre-croisent avec ceux du muscle transverse de l’abdomen. Ils forment une couche musculaire aplatie qui s’élève verticalement contre la partie postérieure et la partie latérale de la face interne du thorax et qui se recourbe ensuite jusqu’au bord externe et au bord antérieur du centre phrénique. En avant la partie costale est moins élevée et s’unit enfin avec la partie sternale.

La PARTIE STERNALE du diaphragme est la moins considérable. Elle consiste en une paire de courts faisceaux qui naissent de la face postérieure de l’appendice xiphoïde et qui vont se perdre dans la partie antérieure du centre phrénique.

Ces portions d’origines du diaphragme ne sont généralement pas en continuité immédiate l’une avec l’autre. La portion externe de la partie lombaire est séparée de la partie costale par une fente triangulaire, ce qui dépend de ce que de l’extrémité costale de l’arcade fibreuse externe ne naît pas de fibre musculaire. Cet orifice est fermé par les membranes séreuses qui tapissent la cavité thoracique et la cavité abdominale. La partie costale se comporte en avant de la même manière par rapport à la partie sternale. Il est rare que l’on constate des solutions de continuité entre les faisceaux musculaires de la partie costale.

Le CENTRE PHRÉNIQUE, c’est-à-dire la partie tendineuse du diaphragme, reçoit les portions charnues du muscle; elles aboutissent à son pourtour. Il constitue une membrane résistante, lisse, dans laquelle les faisceaux fibreux s’entre-croisent en divers sens. Il a une forme allongée transversalement; son bord postérieur est repoussé en avant, en son milieu, par la portion vertébrale de la partie lombaire. Il affecte ainsi la forme générale d’une feuille de trèfle et présente à considérer une foliole antérieure et deux folioles latérales, ces dernières étant séparées parla saillie que nous venons de mentionner et que forment les faisceaux musculaires de la portion vertébrale. La foliole droite est un peu plus développée que gauche.

A l’union de la foliole droite avec la foliole antérieure se trouve, à droite de l’orifice œsophagien, un orifice ovalaire,  l’orifice de la veine cave inférieure (foramen venae, cavae vel foramen quadrilaterium), qui donne passage à ce vaisseau. Le bord postérieur de cet orifice est délimité par de forts faisceaux tendineux qui s’irradient dans la foliole droite et dans la foliole antérieure.

Voir également  Muscles postérieurs du bras

La courbure du diaphragme, dont le sommet correspond au centre phrénique est plus abrupte en arrière qu’en avant; mais le centre phrénique intervient beaucoup moins dans la constitution de sa partie postérieure que dans celle de sa partie antérieure. De plus, elle est asymétrique, en ce sens que le diaphragme s’élève plus haut dans la moitié droite de la cavité thoracique que dans sa moitié gauche, ce qui est en rapport avec les dimensions plus considérables du lobe droit du foie, qui est situé au-dessous de lui.

Une faible dépression sépare en avant la partie droite du diaphragme de sa partie gauche. Comme la forme du diaphragme change pendant la respiration, laquelle se trouve sous la dépendance des mouvements de ce muscle, elle est, sur le vivant, différente pendant l’inspiration de ce qu’elle est pendant l’expiration. A l’état d’expiration, qui est en général l’état dans lequel on observe le diaphragme sur le cadavre, le sommet de la convexité de ce muscle se trouve dans le plan horizontal passant immédiatement au-dessus de l’extrémité sternale des quatrièmes cartilages costaux. La position la plus élevée qu’il puisse prendre, dans l’expiration forcée, est telle que le plan horizontal dans lequel se trouve le sommet de sa convexité passe par l’extrémité sternale des troisièmes cartilages costaux. Sa position la plus profonde, dans l’inspiration forcée, est telle que ce sommet se trouve dans le plan horizontal passant par l’extrémité sternale des cinquièmes espaces intercostaux (LUSCHKA).

La partie médiane du diaphragme, dans le sens antéro-postérieur, est la moins mobile. Cela dépend de ce qu’elle est en grande partie formée par le centre phrénique. Elle est en outre fixée par le péricarde, qui repose sur elle avec le cœur. Ce dernier, qui s’appuie principalement sur la partie gauche du diaphragme, détermine également l’inclinaison vers la gauche de cette portion médiane du muscle. C’est dans sa partie postérieure, là où les faisceaux radiés des deux piliers font saillir en avant le bord postérieur du centre phrénique, que la portion médiane du diaphragme descend le plus bas. Les portions latérales du muscle, situées à droite et à gauche de sa portion médiane, sont celles dont la position varie le plus pendant la respiration. Leur convexité est dirigée vers la cavité thoracique et la portion droite proémine plus que la gauche dans cette cavité.

Le diaphragme est innervé par le nerf phrénique, qui provient des troisième et quatrième nerfs cervicaux. L’action du diaphragme consiste à agrandir la cavité thoracique, en diminuant la convexité de ses deux portions latérales. C’est donc un muscle très important pour l’inspiration. Si pendant l’inspiration, qui est due à la contraction du diaphragme, les fibres musculaires tout en se raccourcissant conservent cependant une forme arquée, cela dépend de la forme du foie, dont la convexité ne peut être amoindrie que dans une faible limite.

Par sa disposition et son innervation, le diaphragme est de tous les muscles du corps le plus particulier. En raison de la grande distance qui le sépare du point de sortie du nerf phrénique hors de la moelle épinière, on doit le considérer comme un muscle qui n’occupe plus la position qu’il avait primitivement, mais qui a cheminé progressivement en arrière. Les rares faits connus concernant ce phénomène prouvent qu’il existe une connexion intime entre le développement et le changement de position du diaphragme, d’une part, et la descente ainsi que la position du cœur dans la cavité thoracique, d’autre part. C’est là peut-être qu’il faut chercher la cause de son cheminement progressif. Le stade le plus reculé du développement du diaphragme que l’on connaisse jusqu’ici nous montre qu’il se forme dans la partie antérieure d’une couche de tissu située entre l’ébauche du cœur et celle du foie, et qu’on appelle le septum transversum (His). La partie antérieure de ce muscle serait donc la plus ancienne; avec le développement du thorax, le diaphragme s’est étendu progressivement contre la paroi interne de ce dernier et a fini par acquérir une partie lombaire. A ce développement se rattachent secondairement ses rapports avec les autres organes de la cavité thoracique et avant tout avec les poumons, dont il sépara tout d’abord les cavités pleurales de la cavité péritonéale en se développant davantage en arrière. Le fait que la partie postérieure, plus récente, du diaphragme prend un développement plus considérable que sa partie antérieure, plus ancienne, est simplement une conséquence de l’importance physiologique plus grande de cette partie lombaire du muscle. Celle-ci est, en effet, rattachée à des parties squelettiques plus solides que celles auxquelles sont unis les faisceaux sterno-costaux : ils peuvent donc agir d’une façon plus efficace. Le fait que le nerf phrénique passe en avant du cœur et des poumons, et qu’il arrive par conséquent dans la partie antérieure du diaphragme, nous permet encore de reconnaître un reste de l’état primitif du muscle. Ceci nous prouve également combien la connaissance de la distribution des nerfs est importante pour l’interprétation du système musculaire.

Voir également  Muscles abdominaux longitudinaux (muscles droits de l’abdomen)