DE LA FORME DES OS

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Chacun des os du squelette possède une forme caractéristique spéciale, qui présente cependant de nombreuses variations avec l’âge, le sexe et même avec les individus. Indépendamment des caractères que présente déjà l’ébauche de l’os, la forme de l’organe est déterminée d’une part par les relations qui existent entre lui et les autres parties du squelette avec lesquelles il est en rapport, et d’autre part par les tendons, les ligaments et autres parties molles, qui s’y insèrent ou l’avoisinent. Enfin la traction exercée par les muscles n’est pas non plus sans exercer une influence importante sur leur conformation (L. FICK). Tels sont les facteurs principaux qui déterminent la forme des différentes pièces du squelette.

Les points d’insertion des tendons ou des ligaments rigides sont en général représentés par des saillies, appelées les unes apophyses, bosses ou tubercules, les autres épines ou crêtes; quand ces dernières sont très accusées, on les désigne sous le nom de tubérosités ou de lignes âpres.

Ces particularités s’accentuent progressivement avec l’âge. Il se produit de même des dépressions, des sillons, des empreintes, etc., qui sont dues à l’apposition, contre la pièce squelettique, de parties molles, telles que vaisseaux sanguins, tendons, etc. Les caractères que prennent les surfaces articulaires ont une grande importance, parce qu’ils indiquent comment s’accomplit le jeu de l’articulation. Même après qu’il a atteint son développement complet, l’os se modifie encore dans sa forme. Ces changements, quoique n’ayant jamais une importance fondamentale, ne sont cependant pas sans avoir quelque valeur. Ils permettent en effet de reconnaître l’âge des os et nous montrent que ces organes se transforment continuellement, pendant toute la durée de la vie.

La forme de l’os est donc la résultante de ces différents facteurs.

La forme spéciale qu’affectent les différents os, tout comme celle de tous les organes du squelette, est en relation très intime avec leur fonction, de sorte que des circonstances très diverses et variant avec les différentes parties du squelette interviennent pour déterminer la forme des os. Il en résulte que toute classification des os, basée exclusivement sur leurs caractères extérieurs, manque absolument de valeur scientifique.

Au point de vue génétique, toutes les particularités que présentent les os, en ce qui regarde leur forme, peuvent se répartir en deux groupes. Dans l’un de ces groupes’ se rangent les particularités qui se manifestent dans le cours de la vie fœtale, pour autant qu’elles ne soient pas déterminées par des circonstances mécaniques. Nous voyons, par exemple, se former, avant qu’il ne s’exerce sur l’os aucune action musculaire, des apophyses qui donnent insertion à des muscles. Or, la formation de ces apophyses ne peut être attribuée à l’action des muscles, attendu que ceux-ci n’agissent pas encore quand elles se forment. Il est clair que nous ne pouvons considérer ces caractères que comme des caractères hérités.

L’autre groupe comprend les modifications que subissent les os dans leur forme et qui sont dues à l’influence manifeste exercée par certaines dispositions anatomiques.

Voir également  OS DE LA RÉGION MAXILLAIRE DU CRANE

Ces modifications se produisent en partie pendant la vie fœtale ; toutefois la grande majorité d’entre elles n’apparaissent qu’après la naissance. Ces caractères, nous les considérons comme des caractères acquis, et nous les voyons même se modifier encore dans les parties du squelette qui ont atteint leur complet développement. Mais de même que nous voyons les caractères hérités, par exemple certaines apophyses qui existent déjà dans l’ébauche de l’os, se modifier plus tard, sous l’influence de l’action de certains muscles, de même nous devons admettre que l’origine primitive de ces caractères hérités doit résulter d’actions physiologiques, qui ont exercé naguère leur influence sur la pièce squelettique. L’Anatomie comparée nous sert ici de base scientifique : elle nous fait connaître toute une série de dispositions de plus en plus perfectionnées de ces caractères hérités ; elle nous permet ainsi de remonter jusqu’à un état où ces caractères n’apparaissent pas dans le cours du développement ontogénique, mais où ils se développent plus tard par suite de l’action des muscles. La forme des surfaces articulaires, ainsi qu’un grand nombre d’autres caractères que présentent les os dans leur forme extérieure, sont dus à la même cause.

Nous concluons de ce qui précède que les caractères hérités ont eux-mêmes été une fois acquis chez des ancêtres plus ou moins éloignés.

Les modifications progressives, que subissent les parties du squelette pendant la vie post-embryonnaire, ne manquent pas non plus d’avoir pour nous une certaine importance. Elles nous font connaître, en effet, la voie suivant laquelle se produisent des transformations lentes mais continues.

L’os est donc un organe dont la forme extérieure se complique sous l’action des phénomènes actifs, qui s’exercent sur lui pendant son développement. Chaque particularité de sa surface est déterminée par ses rapports avec d’autres organes du corps. La constitution interne de l’os, par exemple la puissance plus ou moins importante de sa couche corticale de substance compacte ou la structure de sa substance spongieuse, n’est pas non plus sans avoir de valeur au point de vue de sa fonction physiologique.