Cellules musculaires

 

 

Toute cellule musculaire constitue une cellule plus ou moins allongée, différenciée à sa périphérie en substance contractile, le noyau occupant une position centrale. Les cellules musculaires dérivent généralement d’éléments du mésenchyme et comprennent elles-mêmes des éléments lisses et des éléments striés.

Cellules musculaires lisses ou fibres-cellules                                                                  Ce sont des éléments contractiles, fusiformes, arrondis ou un peu aplatis. Au point où ils sont élargis, ils renferment un noyau en forme de bâtonnet (fig. 77). Aux deux extrémités du noyau on trouve une petite masse de substance protoplasmique, finement granuleuse, allongée suivant l’axe de la cellule. La substance contractile forme la majeure partie de la fibre-cellule ; elle paraît homogène, sa surface est mate, brillante, lisse. On y distingue parfois une striation longitudinale très délicate. Des stries transversales, disposées régulièrement en séries, sont l’indice de contractions locales

Les cellules musculaires lisses sont parfois bifurquées à leurs extrémités; parfois aussi elles montrent des traces de ramifications. Leur longueur atteint généralement 0,04 à 0,09 de mm.; elle peut aller cependant jusqu’à 0,2 de mm. ; leur épaisseur varie entre 0,007 et 0,015 de mm. Elles sont unies entre elles par une mince couche de substance unissante. Elles sont disposées en lamelles ou en faisceaux, leurs axes longitudinaux étant toujours parallèles entre eux. Elles forment fréquemment des faisceaux dispersés dans le tissu conjonctif. Elles peuvent toutefois aussi se disposer en réseaux ou en faisceaux entrecroisés entre eux. Ce tissu musculaire est répandu dans la paroi du tube digestif et des vaisseaux, dans les conduits excréteurs du système uro-génital et dans la peau. On le trouve aussi en des régions plus restreintes

du corps. Le mode d’union des éléments de ce tissu avec les nerfs est variable et mal connu. Les fibres nerveuses se divisent et se disposent en de fins réseaux qui accompagnent les faisceaux musculaires. Les excitations transmises à ces cellules musculaires lisses par les nerfs se traduisent par des contractions lentes, mais de longue durée.

Cellules musculaires striées                                                                                               La substance contractile est différenciée à la surface de ces éléments d’une façon analogue à ce qui existe dans les fibres plurinucléées, avec lesquelles on les a longtemps réunies. La couche contractile, qui dans les cellules musculaires lisses paraît plus homogène, est ici plus hautement différenciée. L’on ne rencontre ces éléments que dans la paroi du cœur, dont la musculature est exclusivement formée par eux.

Chez les vertébrés inférieurs (poissons , amphibiens et reptiles), elles sont encore – fusiformes ; parfois cependant elles montrent des traces d’une ramification. Leur striation transversale est souvent peu apparente (fig. 78).

Elles sont unies de façon à former des faisceaux ou des cordons. Chez les vertébrés à sang chaud et chez l’homme, les cellules musculaires striées sont plus courtes et plus épaisses; elles sont unies entre elles par leurs faces terminales élargies et elles constituent des faisceaux de fibrilles. Ces faisceaux musculaires sont disposés en réseaux, en ce sens que ces cellules se bifurquent à leurs extrémités et s’unissent entre elles par leurs branches .de bifurcation (fig. 79). La contraction de ces éléments musculaires se fait plus rapidement que celle des cellules musculaires lisses

Voir également  Tissu cartilagineux

L’on ne peut plus réunir ces cellules musculaires du cœur avec les fibres musculaires striées, attendu que l’on trouve une foule de formes de transition entre elles et les cellules musculaires lisses : c’est notamment le cas dans le bulbe artériel des amphibiens. L’on doit les considérer comme une différenciation des cellules musculaires lisses. Leur mode d’union avec les fibres nerveuses est aussi identique au mode d’union des cellules musculaires lisses avec ces mêmes éléments nerveux. Les nerfs, qui les fournissent, se divisent également en des faisceaux très délicats, qui né se terminent jamais dans des plaques nerveuses terminales, comme cela a lieu-dans les fibres musculaires striées.

L’on a signalé des cellules musculaires striées, qui présentent des caractères spéciaux. Leur substance contractile fibrillaire ne forme qu’une mince couche à la surface de la cellule ; la majeure partie de la cellule est formée, dans ce cas, par une substance claire (protoplasme ?) renfermant le noyau. Ces cellules sont disposées en faisceaux, qui sont visibles à l’œil nu et constituent les filaments de PURKYNE (1) On les a signalés depuis longtemps à la face endocardique du cœur des ruminants; on les rencontre également chez beaucoup d’autres mammifères.