Ceinture pelvienne

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La ceinture pelvienne unit les membres inférieurs à l’axe du corps. Elle est formée, de chaque côté de la ligne médiane, par un seul os, l’os iliaque, qui s’unit, d’une part, en avant, sur la ligne médiane, avec celui de l’autre côté en formant la symphyse du pubis, et d’autre part, en arrière, avec le sacrum. Ces trois pièces squelettiques constituent dans leur ensemble le bassin. La ceinture pelvienne est une véritable ceinture, dans le sens propre du mot. Enfin, grâce à son union avec le sacrum, elle est directement fixée à la colonne vertébrale. Nous avons pourtant dit précédemment (page 170) que la partie du sacrum qui s’articule avec l’os iliaque n’appartient pas en réalité à la colonne vertébrale, mais est formée par des rudiments de côtes, qui se fusionnent avec les vertèbres sacrées. La ceinture pelvienne n’est donc aussi unie qu’avec des organes appendiculaires de la colonne vertébrale et ne diffère, par conséquent, pas essentiellement, sous ce rapport, de la ceinture de l’épaule. Toutefois elle est plus intimement fixée à la colonne vertébrale que la ceinture de l’épaule, ce qui dépend de ce que les membres inférieurs sont moins mobiles que les membres supérieurs. Cette fixité de la ceinture pelvienne est en connexion avec la valeur physiologique des membres inférieurs; ils servent, en effet, à la fois d’organes de sustentation et de locomotion.

Os iliaque

L’os ILIAQUE (os coxae, os innominatum) comprend, comme la ceinture primitive de l’épaule, une partie dorsale et une partie ventrale. Ces deux parties, fortement élargies, se continuent l’une avec l’autre en une région plus étroite, au niveau de laquelle se fait l’articulation avec l’extrémité libre du membre. C’est là que siège la cavité de réception de l’articulation coxo-fémorale.

Les deux parties élargies de la ceinture s’étendent dans différentes directions et servent de surfaces d’origine aux muscles des membres. La partie dorsale est massive ; la partie ventrale est perforée d’un grand trou ovalaire, le trou obturateur (foramen obturatum) ou trou sous-pubien, qui est presque complètement fermé par une membrane, la membrane obturatrice (membrana obturatoria).

Pendant l’ossification de l’ébauche cartilagineuse de l’os iliaque, il se forme trois pièces, qui restent longtemps distinctes, mais qui finissent par s’unir dans la cavité de réception (fig. 219). La pièce dorsale est l’ilion (ilium) ; des deux pièces ventrales l’une, située en avant du trou obturateur, est appelée le pubis (os pubis), tandis que l’autre, délimitant le trou obturateur en arrière, constitue l’ischion (os ischii).

L’ILION (os ilei, ilium) est la partie la plus large de l’os iliaque. Son bord supérieur, arciforme, est épais et forme la crête iliaque (crista). On peut fréquemment lui distinguer trois lèvres : une lèvre externe, une lèvre moyenne et une lèvre interne. En avant, la crête iliaque se termine par l’épine iliaque antérieure et supérieure (spina il. anteriorsuperior), qui est séparée par une faible échancrure de l’épine iliaque antérieure et inférieure (sp. il. ant.inferior). En arrière, la crête iliaque se continue également en une épine iliaque postérieure et supérieure (sp. il. posteriorsuperior), au-dessous de laquelle se trouve aussi une épine iliaque postérieure et inférieure (sp. il. post. inferior). Au-dessous de l’épine antérieure et inférieure se remarque, un peu en arrière, au-dessus du bord de la cavité de réception, une saillie rugueuse, qui sert d’insertion à une partie du tendon d’origine du muscle droit antérieur de la cuisse (m. rectus femoris). C’est à l’union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de la crête iliaque, que cette dernière est la plus massive; elle forme en ce point une saillie vers l’extérieur. La face externe de l’ilion (fig. 220) est un peu convexe en avant, au-dessous de cette saillie. En avant et en arrière de cette convexité, elle est faiblement déprimée.

Voir également  Variations de la colonne vertébrale

Une série de rugosités , correspondant à la limite externe de l’origine du muscle petit fessier (m. glutaeus minimus), forment fréquemment une ligne arciforme, qui commence au dessous de l’épine iliaque antérieure et supérieure et s’étend, à la face externe de l’os, jusqu’à la partie postérieure du bord inférieur : c’est la ligne courbe inférieure (linea glutaea anterior). Une deuxième ligne rugueuse, beaucoup moins étendue, court à peu près parallèlement à la précédente, en arrière et au-dessus de cette dernière : elle délimite en avant une petite partie de la face externe de l’os. C’est la ligne courbe supérieure (linea glutaea posterior). Au-dessous de la ligne courbe inférieure, on remarque parfois une troisième ligne courbe, qui correspond à la limite interne du muscle petit fessier : on la désigne sous le nom de ligne fessière inférieure (linea glutsea inferior).

La face interne de l’ilion se divise en deux parties : l’une, plus étendue, est lisse et antérieure par rapport à l’autre, qui est petite et rugueuse. A cette dernière on peut aussi distinguer deux parties. L’une, antérieure, en forme d’oreille, est revêtue de cartilage et désignée sous le nom de facette auriculaire (faciès auricularis). Elle s’articule avec le sacrum. L’autre, postérieure, sert à l’insertion de ligaments et constitue la tubérosité iliaque (tuberositas). La partie lisse, antérieure, de la face interne de l’ilion, est divisée en une partie supérieure et une partie inférieure par une saillie, la ligne innominée ou ilio-pectinée (lineainnominata, velileo-pectinata), qui part du bord antérieur de la facette auriculaire et s’étend jusqu’à la limite de l’ilion.

La partie supérieure constitue la fosse iliaque (fossa iliaca); dans le fond de cette fosse, l’os est fort aminci, et chez le vieillard il est même transparent. Le trou nourricier de l’os se trouve dans la partie postérieure et inférieure de la fosse iliaque. En avant, la fosse iliaque s’étend sur le bord supérieur de la cavité de réception. Elle est délimitée extérieurement, en ce point, par l’épine iliaque antérieure et inférieure et y est souvent déprimée en gouttière. Dans cette gouttière se place le muscle psoas-iliaque (m. ileo-psoas).

L’ISCHION (os ischii) s’unit à l’ilion dans la partie postérieure de la cavité de réception. Cette partie plus massive de l’os est désignée sous le nom de corps de l’ischion; elle délimite en arrière le trou obturateur et présente assez souvent une saillie, dirigée vers le haut, le tubercule obturateur postérieur (tuberculum obturatorium posterius). A la face postérieure du corps de l’os s’étend, un peu en dehors, la tubérosité de l’ischion (tuber ossis ischii), dont la partie supérieure présente généralement deux facettes, auxquelles s’insèrent des muscles. La tubérosité de l’ischion est séparée du bord inférieur de la cavité cotyloïde par une gouttière, dans laquelle glisse le muscle obturateur externe. La face postérieure de l’ischion présente l’épine sciatique (spina ischiadica), dirigée en dedans et en arrière, et au-dessus de laquelle règne la grande échancrure sciatique (incisura ischiadica major), dans laquelle l’ischion se continue avec le bord postérieur et inférieur de l’ilion. La partie de l’ischion qui délimite inférieurement le trou obturateur se continue avec le pubis. On désignait naguère cette partie de l’ischion sous le nom de branche ascendante de l’ischion; elle est en réalité dirigée à peu près horizontalement quand le corps se trouve dans la station verticale.

Voir également  Articulations métatarso-phalangiennes et phalangiennes

Le PUBIS (os pubis) forme la partie antérieure de la cavité cotyloïde. De là il se dirige en avant et en dedans et s’unit avec celui de l’autre côté en la symphyse pubienne. Enfin, il délimite aussi inférieurement, avec la branche ascendante de l’ischion, le trou obturateur. Le point d’union du pubis avec l’ilion est indiqué par une tubérosité généralement peu marquée, l’éminence ilio-pectinée (eminentia ileo-pectinata). De cette éminence part une crête peu saillante, mais aiguë, obliquement dirigée sur la face supérieure de la branche horizontale du pubis : cette crête pectinéale (pecten pubicus) se termine en dedans et en avant, non loin de la; symphyse pubienne, sur l’épine du pubis (tuberculum pubicum).

La portion pubienne delà cavité cotyloïde présente en avant le tubercule iliopubien (tuberculum ileo-pubicum). Il délimite en dedans la gouttière pour le muscle psoas-iliaque. La partie du pubis qui constitue la portion antérieure du bord supérieur du trou obturateur présente une échancrure, obliquement dirigée en avant et en dedans. (échancrure obturatrice). Elle délimite le canal obturateur (canalis obturatprius). Du côté de la symphyse, le pubis est élargi. A la symphyse même, il présente une facette ovalaire à grand axe longitudinal. En dehors il offre un bord aigu, qui délimite en avant le trou obturateur et que l’on désigne sous le nom de crête obturatrice (crista obturatoria), laquelle présente le tubercule obturateur antérieur (tuberculum obturatorium anterius). Le prolongement du pubis vers l’ischion, que l’on appelait naguère la branche descendante du pubis, s’unit à l’ischion. Cette union est marquée par une faible convexité, dirigée en dehors et parfois par une rugosité.

La cavité de réception ou cavité cotyloïde (acetabulum), formée par les trois parties de l’os iliaque, constitue une excavation hémisphérique, dont le fond aminci est occupé par l’arrière-fond de la cavité cotyloïde (fossa acetabuli). De l’arrière-fond part Y échancrure cotyloïdienne (incisura acetabuli), qui se dirige en bas et en avant vers l’ischion. Le reste de la cavité de réception est encroûté de cartilage et affecte une forme semi-lunaire (fig. 220). Les trois parties de l’os iliaque ne participent pas également à la formation de la cavité cotyloïde. C’est l’ilion qui prend la part la plus importante, et le pubis la part la plus faible, à la constitution de la surface articulaire. L’arrière-fond de la cavité est principalement formé par le pubis. Le bord de la cavité cotyloïde, encore appelé sourcil cotyloïdien, est un peu échancré en dehors du tubercule ilio-pubien, pour donner passage au muscle psoas-iliaque. Puis il se joint à la tubérosité située au-dessous de l’épine iliaque antérieure et inférieure et forme, à partir de là, en arrière ainsi qu’au-dessous de la cavité cotyloïde, une forte saillie, un peu aiguë, jusqu’à l’échancrure cotyloïdienne. ••i La MEMBRANE OBTURATRICE (membrana obturatoria) (fig. 223) est principalement formée par des faisceaux fibreux dirigés transversalement et qui se continuent avec le périoste du pubis et de l’ischion. Au-dessous de l’échancrure obturatrice, cette membrane présente une solution de continuité qui transforme l’échancrure obturatrice en un canal obturateur (fig. 223).

L’ilion et l’ischion possèdent une ébauche cartilagineuse primitive unique; l’ébauche cartilagineuse du pubis est primitivement indépendante, mais elle ne tarde pas à se souder avec la précédente (E. ROSEXBERG). A la suite de ce fusionnement l’ébauche de l’os iliaque est formée par une seule pièce cartilagineuse. Si l’on tient compte de ce fait que primitivement le pubis ne fait pas partie de la ceinture pelvienne primordiale, on arrive à conclure que l’ilion est homologue à l’omoplate et l’ischion au coracoïde de la ceinture primordiale de l’épaule.

Voir également  Squelette de la main

L’ossification est périchondrique et commence à l’ilion d’abord, puis aux deux autres parties de l’os iliaque, et cela dans le voisinage de la cavité cotyloïde. Chez le nouveau-né, une grande partie de la périphérie de l’ilion, puis le bord de la cavité cotyloïde, ainsi que toute la partie de l’os iliaque qui délimite inférieurement le trou obturateur, depuis la tubérosité de l’ischion jusqu’à l’épine du pubis, sont encore cartilagineuses. L’ossification avance progressivement, en procédant des trois parties de l’os iliaque à la fois, vers le fond de la cavité cotyloïde; elles finissent par se toucher en formant une sorte d’y0. Vers l’âge de huit à neuf ans, le pubis et l’ischion se soudent du côté distal. Ce n’est qu’au moment de la puberté que s’accomplit le fusionnement des trois os dans la cavité de réception. Dans les parties restées cartilagineuses apparaissent des noyaux d’ossification accessoires. Il en est ainsi dans la tubérosité de l’ischion, dans l’extrémité symphysaire du pubis, dans la crête iliaque, dans l’épine iliaque antérieure et inférieure. Ce n’est que vers l’âge de vingt-quatre ans que se produit la soudure de ces noyaux accessoires avec la pièce osseuse principale.