Articulations des vertèbres entre elles

Les différentes vertèbres sont unies les unes aux autres pour former la colonne vertébrale, à l’aide d’appareils ligamenteux, dont les uns sont répartis entre les vertèbres contiguës, tandis que les autres font partie de l’ensemble de la colonne vertébrale. Les premiers unissent les corps ou les arcs de deux vertèbres voisines ainsi que leurs apophyses.

Ligaments servant à unir entre elles les différentes vertèbres.

Ligaments unissant les corps des vertèbres. Entre les corps de deux vertèbres voisines se trouvent les disques ou ligaments intervertébraux. Ils unissent les faces terminales en contact des corps de deux vertèbres voisines. Ils sont en continuité avec le revêtement cartilagineux des faces terminales des deux vertèbres et consistent en un anneau externe formé par du fibro-cartilage et désigné sous le nom d’anneau fibreux (arinulus fibrosus) et une partie interne, gélatineuse, entourée par l’anneau fibreux et appelée noyau gélatineux (nucleus pulposus) (fig. 124).

Le bord externe du disque intervertébral dépasse un peu le bord des faces terminales du corps des vertèbres. L’épaisseur de ces disques va en diminuant progressivement de la troisième vertèbre cervicale jusque vers le milieu de la région thoracique; puis elle augmente progressivement et atteint son maximum à la dernière vertèbre lombaire. Le disque intervertébral lombo-sacré est tellement aminci en arrière qu’il devient cunéiforme. Les disques précédents affectent aussi cette forme, mais elle est beaucoup moins accusée. Au sacrum les disques intervertébraux sont primitivement constitués comme ils le sont entre les autres vertèbres; plus tard, ils s’atrophient complètement, à la suite de la soudure des vertèbres sacrées. Les disques intervertébraux ne servent pas seulement à unir les corps des vertèbres entre eux ; ils constituent en même temps des organes flexibles qui jouent un rôle important dans la mobilité des vertèbres. Leur structure est d’ailleurs en harmonie avec cette fonction. Tandis que le noyau gélatineux, qui dérive de la corde dorsale (page 156) constitue une masse molle et par conséquent élastique occupant l’intérieur de l’anneau fibreux, ce dernier est, au contraire, formé par des couches concentriques de tissu fibreux.

Les faisceaux fibreux présentent une direction oblique et sont disposés en spirale, c’est-à-dire que les différentes couches alternent entre elles. Les couches de fibres tendineuses plus denses sont unies par du tissu conjonctif lâche. Dans le sacrum du nouveau-né les ligaments intervertébraux diminuent d’épaisseur du côté distal. Le premier est beaucoup plus épais que les autres, de même que la synostose entre la première et la deuxième vertèbre sacrée a lieu beaucoup plus tard que les autres (voir page 173). Entre la dernière vertèbre sacrée et la première caudale (synchondrose sacro-coccygienne) la disposition primitive persiste, tandis que les ligaments intervertébraux qui séparent primitivement les autres vertèbres caudales s’atrophient progressivement dans le cours du développement.

Ligaments unissant les arcs vertébraux.

Ligaments intercruraux ou ligaments jaunes (Ligamenta intercruralia vel flava). Les ligaments intercruraux sont des ligaments élastiques, qui remplissent les espaces compris entre les arcs vertébraux voisins. Leur coloration leur a valu le nom de ligaments jaunes. Ils sont étendus de la face interne et du bord inférieur d’un arc vertébral au bord supérieur de l’arc de la vertèbre suivante. Ils s’insèrent généralement à des rugosités que présentent les vertèbres. Le ligament de droite est séparé de celui du côté gauche par un faible sillon. Grâce à l’existence de ces organes, le canal spinal est fermé en arrière par un appareil interverLébral élastique, comme il est fermé en avant par les disques intervertébraux. Toutefois les dispositions spéciales de ces deux appareils ligamenteux sont différentes, Les plus longs et les plus épais sont ceux qui existent entre les vertèbres lombaires Les plus courts se trouvent entre les vertèbres thoraciques et les plus minces siègent à la région cervicale. Ceux qui unissent les arcs de la première et de la deuxième vertèbre cervicale sont très réduits. On les trouve également entre les vertèbres sacrées aussi longtemps que ces dernières ne sont pas encore fusionnées.

Voir également  Articulation carpienne

Ligaments unissant les apophyses des vertèbres.

Entre les apophyses articulaires.

Ligaments capsulaires. Ils entourent la cavité articulaire en unissant les apophyses articulaires. Ils sont plus ou moins lâches, selon le degré de mobilité des différentes parties de la colonne vertébrale. Ils sont particulièrement lâches dans la région cervicale, surtout ceux qui unissent les apophyses articulaires de la première et de la deuxième vertèbre cervicale.

L’union des cornes sacrées (p. 168) avec les cornes coccygiennes semble dériver d’une véritable articulation. Il en résulte que les ligaments sacro-coccygiens courts (ligamenta sacro-coccygea brevia), qui unissent ces saillies, sont devenus des ligaments capsulaires. Nous avons dit précédemment que les cornes sacrées et les cornes coccygiennes se soudent chez le vieillard, en même temps que se produit la synostose du sacrum et du coccyx.

Entre les apophyses musculaires.

Les ligaments intertransversaires sont de minces faisceaux fibreux tendus entre les apophyses transverses. Ils affectent une forme membraneuse dans la région lombaire et sont plus grêles dans la région thoracique. Ils sont d’ailleurs sans importance.

L’apophyse transverse de la dernière vertèbre sacrée s’unit à l’apophyse transverse de la première vertèbre caudale par un cordon fibreux, appelé ligament sacro-coccygien latéral. Il n’est pas rare de voir ce ligament, qui primitivement consiste en un cordon cartilagineux, s’ossifier à la suite de la fusion de la première vertèbre caudale avec le sacrum.

Ligaments interépineux (Ligamenta interspinalia). A la suite du développement de l’ébauche de la vertèbre, l’apophyse épineuse vient se loger dans le tissu conjonctif qui sépare sur la ligne médiane les muscles dorsaux des deux moitiés du corps. Peu à peu ce tissu conjonctif se transforme en une membrane, qui unit les apophyses épineuses : les différents segments de cette membrane compris entre deux apophyses épineuses voisines, constituent les ligaments interépineux. Ils sont, d’une façon générale, moins développés dans la région thoracique; ils deviennent cependant plus puissants entre les dernières vertèbres thoraciques ainsi que dans la région lombaire. Mais c’est dans la région cervicale qu’ils atteignent leur maximum de développement, où ils constituent un ligament puissant, unissant les apophyses épineuses, entre les muscles du cou; ce ligament est désigné sous le nom de ligament de la nuque (Ligamentum nuchœ). Il renferme des fibres élastiques et s’étend jusqu’à la protubérance occipitale externe.

Le bord postérieur du ligament de la nuque est formé par un cordon fibreux, qui s’étend jusqu’à l’apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale et se continue, mais en présentant une épaisseur moindre, dans tout le restant de l’étendue de la colonne vertébrale, en unissant les extrémités libres des apophyses épineuses. Ce ligament, auquel on donne le nom de ligament surépineux (ligamentum apicum) (fig., 138) n’est en réalité que le bord libre épaissi des ligaments interépineux.

Ligaments communs à toute la colonne vertébrale.

Ces ligaments s’étendent dans toute la longueur de la colonne vertébrale, à la face antérieure et à la face postérieure des corps des vertèbres. Ils sont cependant interrompus au niveau du sacrum, lorsque les vertèbres sacrées se sont fusionnées.

Ligament vertébral commun antérieur (Ligamentum longitudinale anterius) (fig. 124). Il commence à la tubérosité antérieure de l’atlas, où il est assez étroit, et court, en s’élargissant, le long de la face antérieure des vertèbres cervicales suivantes, puis des vertèbres thoraciques et lombaires. Arrivé à la face antérieure du sacrum, il se continue avec le périoste. Au niveau de la deuxième et de la troisième vertèbre lombaire, il est renforcé latéralement par des fibres tendineuses, qui appartiennent aux piliers du diaphragme.

Voir également  Ceinture de l’épaule

Les faisceaux fibreux de ce ligament passent en avant du bord libre des disques intervertébraux, sans s’y unir; ils s’unissent au contraire d’une façon intime avec les corps des vertèbres, surtout dans le voisinage de leurs bords supérieur et inférieur. A partir de la dernière vertèbre sacrée, ce ligament se prolonge en une bandelette étroite qui court le long des vertèbres caudales (ligament sacro-coccygien antérieur).

Ligament vertébral commun postérieur (Ligamentum longitudinale posterius) (fig. 124). Large à son origine, il part du corps de l’occipital; il est uni dans la cavité crânienne avec la dure-mère ainsi qu’avec l’appareil ligamenteux qui unit le crâne aux deux premières vertèbres cervicales. De là il s’étend dans le canal spinal, à la face postérieure des corps des vertèbres jusqu’au sacrum: il se termine, en s’amincissant, dans le canal sacré. Il s’élargit au niveau de chacun des disques intervertébraux et s’unit avec eux, tandis qu’il est plus étroit au niveau des corps des vertèbres et qu’il ne contracte aucune adhérence avec ces derniers.

Dans la région caudale on trouve un prolongement du ligament vertébral commun postérieur, semblable à celui que nous avons mentionné au ligament antérieur : on le désigne sous le nom de ligament sacro-coccygien postérieur. De la dernière vertèbre caudale part enfin un cordon fibreux, qui vient aboutir à la peau, laquelle présente fréquemment, au point d’insertion de ce cordon, une petite dépression, connue sous le nom de fossette coccygienne.