Articulations des côtes

 

 

Les articulations des côtes se subdivisent :  en articulations costo-vertébrales ;  en articulations chondro-sternales ou costo-sternales, ces dernières n’existant qu’aux sept premières côtes, et enfin, en articulations entre les côtes elles-mêmes ou intercostales.

Articulations costo-vertébrales (fig. 136). Ces articulations ont lieu d’une part entre les tètes des côtes et les corps des vertèbres (articulations costo-vertébrales proprement dites) et d’autre part entre les tubérosités costales et les apophyses transverses (art. costo-transversaires). Ces dernières articulations existent de la première à la huitième ou à la dixième côte. Les articulations des tètes des côtes sont doubles pour celles qui s’articulent avec deux corps de vertèbres, en ce sens que la crête de la tète est unie au disque intervertébral par un ligament, qui fait partie de l’articulation costo-vertébrale. Les parties articulées sont revêtues par un ligament capsulaire rigide, renforcé par des ligaments accessoires, tant aux articulations des têtes des côtes qu’à celles des tubérosités costales. Le col de la côte étant aussi uni à la vertèbre par des ligaments, il y a lieu de diviser les ligaments costo-vertébraux en : a) ligaments de la tête ; b) ligaments du col, et c) ligaments de la tubérosité.

Les deux articulations vertébrales de chaque côte fonctionnent ensemble comme une seule articulation, dans laquelle le col de la côte tourne autour de son axe longitudinal. Cette articulation, physiologiquement unique, présente une position oblique, qui est de plus en plus accusée, au fur et à mesure que l’on a affaire à une côte plus inférieure, ce qui dépend du changement de direction des apophyses transverses des vertèbres thoraciques (voir page 164). Il en résulte qu’en même temps que la côte tourne dans cette articulation, elle exécute un mouvement de latéralité. Ce mouvement latéral est d’autant plus marqué que l’articulation costo-vertébrale est plus obliquement dirigée. Ces mouvements déterminent des modifications dans la forme de la cage thoracique.

Les LIGAMENTS DE LA TÊTE DE LA CÔTE sont désignés sous le nom de ligaments rayonnés. Ils consistent en des faisceaux tendineux, disposés en éventail et étendus de la face externe du corps de la vertèbre à la face antérieure de la tète de la côte. On peut généralement leur distinguer une partie supérieure et une partie inférieure, entre lesquelles se trouve une partie intermédiaire, qui provient du disque intervertébral (fig. 137).

On trouve aussi aux vertèbres cervicales des faisceaux tendineux, disposés de la même manière et tendus entre le corps de la vertèbre et la portion costale de l’apophyse transverse. Enfin ils existent également aux vertèbres lombaires. (HENLE).

LIGAMENTS DU COL DE LA CÔTE.

Ligament cervico-transversaire supérieur et antérieur (ligamentum collicostœ superius anterius). Il nait du bord inférieur de l’apophyse transverse, reçoit à son origine des fibres provenant de la côte correspondante et court obliquement en bas et en dedans vers la crête du col de la côte suivante.

Ligament cervico-transversaire supérieur et postérieur (fig. c. c.superius posterius). Situé en arrière du précédent. Il a la même origine que ce dernier, mais s’insère généralement en arrière de la crête du col de la côte suivante. Il est dirigé obliquement en bas et en dehors. Très variable, il est parfois même représenté par de minces faisceaux conjonctifs non tendineux.

Voir également  DE LA FORME DES OS

Ligament cervico-transversaire moyen ou interosseux (lig. c. c. médium). Il nait de la face supérieure de l’apophyse transverse de la vertèbre, à laquelle appartient la côte; il s’étend en avant jusqu’au col de la’ côte, et remplit partiellement l’espace compris entre ce col et l’apophyse transverse (fig. 136).

Ligament cervico-transversaire inférieur (lig. c. c. inferius). Il n’est bien développé qu’aux côtes supérieures. Il nait dans le voisinage de la racine de l’apophyse transverse, à la face inférieure de cette dernière, et court en s’élargissant vers la moitié inférieure du col de la côte.

Comme LIGAMENTS DE LA TUBÉROSITÉ COSTALE (fig., 138) on trouve un ligament de renforcement, qui recouvre la capsule articulaire des neuf ou dix premières côtes. On le désigne sous le nom de ligament costo-transversaire (fig. tuberculicostae accessorium). Ce ligament s’étend de la face postérieure de l’apophyse transverse à la tubérosité costale. Aux vertèbres inférieures il est confondu avec le ligament qui unit la côte à l’apophyse transverse. Ce ligament costo-transversaire n’est pas constant. Le plus souvent il est représenté par du-tissu conjonctif lâche, ou bien il est fusionné avec le ligament intertransversaire, dont il ne forme qu’un faisceau, qui, au lieu de se diriger vers l’apophyse transverse, se rend à la tubérosité costale.

Articulations costo-sternales ou chondro-sternales. Elles ont lieu de diverses manières. Le cartilage de la première côte est en continuité immédiate avec le manubrium, c’est-à-dire que la continuité primitive s’est maintenue (voir page 183).

Les cartilages costaux suivants présentent des articulations bien développées. Un certain nombre d’entre elles possèdent une cavité articulaire divisée en deux parties. C’est ce qui se rencontre le plus souvent à la deuxième, ainsi qu’à la quatrième et à la cinquième côte. Un cordon cartilagineux s’étend alors du sternum au cartilage costal : c’est le cartilage interarticulaire. Il est d’autant plus développé que les surfaces articulaires le sont moins. Les vraies côtes inférieures n’offrent généralement pas d’articulation proprement dite : elles sont unies au sternum par des ligaments.

Il se forme aussi, mais rarement, une articulation entre le premier cartilage costal et le sternum. Dans des cas anormaux, il existe aussi une articulation entre la première côte osseuse et son cartilage costal; parfois même on en trouve une au milieu de ce cartilage. Enfin, entre le sixième et le septième, ou bien entre le septième et huitième cartilage costal, il se produit aussi une articulation : elle a lieu entre des prolongements des cartilages en question (fig. 132).

Ces prolongements procèdent tantôt d’un seul cartilage, tantôt des deux à la fois.

Ces articulations chondro-sternales sont renforcées par des ligaments qui vont du sternum s’insérer au périchondre des cartilages costaux; on les appelle ligaments chondro-sternaux ou costo-sternaux rayonnés (ligamentasterno-costaliaradiata). Les uns sont antérieurs et les autres postérieurs. Les ligaments

rayonnés antérieurs sont formés par des fibres tendineuses qui vont en convergeant de la face antérieure du sternum aux cartilages costaux. Ceux qui s’insèrent aux cartilages costaux inférieurs présentent de longs faisceaux entrecroisés sur le sternum. Ils forment ainsi une lame tendineuse appelée membrane sternale, qui recouvre le sternum, et se continue immédiatement avec .son périoste. Les ligaments rayonnés postérieurs présentent la même disposition, mais sont moins développés.

Voir également  Côtes et sternum

Articulations intercostales. Ces articulations se font par l’intermédiaire d’organes ligamenteux, ayant un caractère plus membraneux. Ce ne sont généralement que les aponévroses renforcées des muscles intercostaux. Ils proviennent également d’atrophies partielles de ces muscles. Leur disposition est très irrégulière.

Les ligaments intercostaux externes (lig. intercostaliaexterna) constituent spécialement un prolongement du muscle intercostal externe. Ils existent dans les huit ou neuf espaces intercostaux supérieurs, appliqués contre le sternum. La direction de leurs faisceaux fibreux correspond à celle du muscle.

Les ligaments intercostaux internes (1. i. interna) sont développés dans le voisinage de la colonne vertébrale ; ils s’élargissent vers le bas et la direction de leurs fibres correspond à celle du muscle intercostal interne. En avant, les fibres qui unissent la face interne des côtes, ou qui s’étendent obliquement de la face interne du cartilage costal au sternum, appartiennent en partie à un muscle, le muscle triangulaire du sternum (m. transversusthoracis). Plus bas, des faisceaux ligamenteux vont des cartilages costaux à l’appendice xiphoïde : on les désigne sous le nom de ligaments costoxiphoïdiens (lig. costo-xiphoidea).