Articulation tibio-fémorale

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Grâce au développement plus considérable qu’a pris le tibia, le péroné s’est trouvé exclu de l’articulation avec le fémur et le tibia seul forme avec ce dernier l’articulation du genou. Les mouvements que peut exécuter cette articulation sont d’une part des mouvements d’extension et de flexion (mouvements angulaires) de la jambe, et d’autre part des mouvements de rotation. L’articulation est donc une trocho-ginglyme.

Les surfaces articulaires des condyles du fémur ne sont pas en concordance avec les surfaces correspondantes du tibia (fig. 235). La concordance est obtenue grâce à l’existence de deux disques ligamenteux semi-lunaires, formés par du fibro-cartilage et interposés entre le fémur et le tibia. Les deux os sont extérieurement unis par la capsule et ses ligaments de renforcement. Il faut encore y ajouter les ligaments croisés, qui sont situés à l’intérieur de l’articulation.

Les disques ligamenteux ou ménisques ou encore cartilages interarticulaires semi-lunaires sont deux plaques fixées au tibia; leur bord externe, plus épais, est convexe; leur bord interne, concave, est très mince. Leurs faces supérieure et inférieure sont moulées sur les surfaces articulaires correspondantes du fémur et du tibia. Ils sont unis à la capsule articulaire par leur bord externe ; les deux ménisques s’insèrent au tibia en avant et en arrière de l’épine de cet os. Le ménisque externe (meniscus laterale) (fg. 236) a un rayon de cour- bure plus petit que le ménisque interne; il est en même temps plus large et plus complet que ce dernier. Sa branche antérieure est insérée en avant de l’épine du tibia. Par sa branche postérieure, d’une part il se rapproche des deux tubérosités de. l’épine du tibia et, d’autre part, il se prolonge en un puissant cordon, qui s’insère dans l’échancrure intercondylienne du fémur sur le condyle interne de cet os. Le ménisque interne (meniscus mediale) est plus semi-lunaire que le précédent et plus étroit que lui. En avant, il s’insère au bord de la face antérieure du tibia, en avant de la surface articulaire correspondante de cet os; en arrière il s’élargit à son point d’insertion dans la gouttière postérieure du tibia, jusqu’à la face postérieure de l’épine de cet os.

Les ligaments croisés (ligamenta cruciata) représentent un appareil ligamenteux, uni à la capsule synoviale et pénétrant à l’intérieur de l’articulation. Cet appareil s’étend de l’échancrure intercondylienne du fémur aux gouttières antérieure et postérieure du tibia. Ils diffèrent par leur origine et leur insertion.

Le ligament croisé antérieur (fig. 236) naît à la face interne du condyle externe du fémur et s’insère dans la gouttière antérieure du tibia; là un certain nombre de ses faisceaux fibreux vont s’épanouir sur la branche antérieure du ménisque interne. Le ligament croisé postérieur, plus volumineux que le précédent, part de la face externe du condyle interne du fémur et s’insère, en s’étendant loin vers le bas, à la gouttière postérieure du tibia (fig. 236). C’est à leur disposition que ces ligaments doivent leur nom.

La capsule articulaire est insérée au fémur en avant et sur les côtés, au-dessus des surfaces recouvertes de cartilage. En avant, le fond de sa cavité s’élève considérablement; sur les côtés, elle ne dépasse guère le bord du cartilage articulaire et reste au-dessous des tubérosités externe et interne du fémur.

L’extension de la cavité de la capsule sur la face antérieure du fémur est déterminée par son union avec une bourse muqueuse sous-tricipitale (bursa subfe-moralis), qui se trouve au-dessus de la rotule, entre le tendon terminal du muscle triceps crural et le fémur. En arrière la capsule s’insère au-dessus des condyles du fémur ; sa membrane synoviale se prolonge sur les ligaments croisés jusqu’au tibia, tandis que sa portion fibreuse plus épaisse forme sa paroi postérieure (fig. 237). Au tibia la capsule est insérée, sur les côtés et en arrière, au-dessous du bord infraglénoïdien; en avant elle prend insertion à la tubérosité antérieure du tibia, le ligament rotulien faisant partie de sa paroi fibreuse. Au-dessous de ce ligament se trouve une bourse muqueuse sous-rotulienne (bursa subpatellaris). Le ligament rotulien et le tendon terminal du muscle triceps crural formant la paroi antérieure de la capsule articulaire, la face postérieure, encroûtée de cartilage, de la rotule, intervient également dans la délimitation de la cavité articulaire (fig. 237). Au-dessous de la face postérieure de la rotule, la membrane synoviale est développée en des replis adipeux très volumineux. Ces replis font saillie dans la cavité articulaire et se prolongent primitivement, à l’aide d’un repli médian, sur le ligament croisé antérieur jusqu’à l’échancrure intercondylienne du fémur, de sorte qu’ils s’unissent à la cloison de séparation verticale de la cavité articulaire, cloison qui embrasse les ligaments croisés et qui pénètre en arrière. La cavité articulaire se trouve ainsi divisée en deux cavités, correspondant chacune à l’un des condyles et qui ne se continuent l’une avec l’autre qu’en avant, entre la rotule et le fémur. Parfois cette disposition se maintient chez l’adulte. Mais en général la partie postérieure seule de cette cloison de séparation persiste, ainsi que les ligaments croisés, tandis que la partie antérieure se réduit en un cordon plus ou moins grêle, le ligament ailé ou ligament adipeux (ligamentum mucosum). Ce ligament unit les replis synoviaux adipeux (plicae adiposae, ligamenta alaria, marsupium) avec le bord antérieur de l’échancrure intercondylienne du fémur (fig. 237)..

Voir également  Phalanges

Parmi les ligaments de renforcement ce sont les ligaments latéraux qui sont les plus puissants. Le ligament latéral interne (fig. 238) (lig. mediale) est large à son origine à la tubérosité interne du fémur; sa partie antérieure, plus épaisse, s’étend jusqu’à la face interne de l’extrémité proximale du tibia, où elle s’insère largement au-dessous du bord infraglénoïdien. Sa partie postérieure, plus mince, ne s’étend que jusqu’au bord du ménisque interne, où elle s’insère. Le ligament latéral externe est plus nettement séparé de la capsule fibreuse que le précédent. Il nait de la tubérosité externe du fémur et s’insère à la face externe de la tête du péroné. Une masse fibreuse dépendant de la capsule, et située en arrière du ligament précédent, va s’insérer à la partie supérieure de la tête du péroné. Elle constitue le ligament tibio-péronéen postérieur (ligamentum tibio-fibulare posticum).

A la paroi postérieure de la capsule fibreuse on distingue une expansion du tendon terminal du muscle demi-membraneux, que l’on décrit sous le nom de ligament postérieur oblique du genou (lig. popliteum obliquum). Ce ligament, qui forme une masse compacte ou qui s’irradie en diverses directions, s’étend du voisinage du condyle interne du tibia, dans la paroi de la capsule, jusqu’au condyle externe du fémur (fig. 238). Une autre partie du même tendon du muscle demi-membraneux se trouve située au-dessous du ligament latéral interne, contre le bord infraglénoïdien, et s’unit avec ce ligament. La cavité de l’articulation du genou communique avec quelques bourses synoviales. Indépendamment de la bourse muqueuse sous-tricipitale, il existe encore, en dehors, une bourse synoviale au-dessous du tendon d’origine du muscle poplité. Elle se prolonge également dans la cavité de l’articulation tibio-péronéale supérieure, qui se trouve ainsi en communication avec la cavité de l’articulation du genou. De même la cavité articulaire se prolonge au-dessous de l’expansion tendineuse du muscle demi-membraneux, qui entoure le bord infraglénoïdien du condyle interne du tibia. Ces communications ne sont cependant pas constantes : la moins fréquente est celle que bous avons mentionnée en dernier lieu.

Pour comprendre le MÉCANISME DE L’ARTICULATION DU GENOU, il faut avant tout tenir compte de l’existence des deux ménisques. Ils décomposent cette articulation en une partie supérieure et une partie inférieure. L’articulation ménisco-fémorale (c’est le nom que nous pouvons donner à la partie supérieure) exécute les mouvements angulaires. Les ménisques constituent, à leur face proximale, des cavités de réception, dans lesquelles se meuvent les condyles du fémur. Ils sont mobiles et peuvent en outre changer de forme, en ce sens qu’ils s’adaptent à la forme des surfaces des condyles qui glissent sur eux. Gomme sous l’action de légers mouvements de rotation du tibia, les ménisques changent en même temps de forme, il en résulte que la partie inférieure de l’articulation prend également part aux mouvements angulaires de la partie supérieure.

Pendant la flexion, il se produit, au début seulement, une légère rotation du tibia vers le côté interne; tandis que, dans les mouvements d’extension, le tibia accomplit une rotation en sens inverse. C’est dans la partie inférieure de l’articulation, c’est-à-dire dans l’articulation ménisco-tibiale, que s’accomplissent les mouvements de rotation de la jambe. Ces mouvements ne sont possibles que lorsque la jambe est fléchie, car alors les ligaments latéraux sont relâchés. Lorsque la jambe est en extension, ces ligaments sont tendus, ce qui fait que la cuisse et la jambe forment, dans leur ensemble, un tout unique. Il en résulte que, dans la station verticale du corps, la division du membre en plusieurs segments ne nuit nullement à sa fonction comme organe de sustentation. La cuisse et la jambe forment alors, dans leur ensemble, une colonne, sur laquelle repose toute la charge du corps. Le pied complète cette colonne : il en forme la base ; son articulation avec la jambe est construite de telle sorte que, dans la station verticale du corps, le pied forme un tout unique avec la jambe et la cuisse. Le relâchement des ligaments latéraux, pendant la flexion du genou, c’est-à-dire lorsque la cuisse et la jambe cessent leur fonction, est déterminé par le rapprochement des points d’insertion extrêmes de ces ligaments. Le rapprochement des points extrêmes d’insertion du ligament latéral externe est plus considérable que celui des points extrêmes du ligament latéral interne. Il en résulte que, pendant les mouvements de rotation, le condyle externe est plus libre que l’interne. La conséquence en est que l’axe de rotation passe par le condyle interne.

Voir également  OS DE LA RÉGION MAXILLAIRE DU CRANE

Si l’on se représente la surface” de courbure des condyles du fémur comme constituant une spirale, dont le rayon de courbure est différent en ses différents points, et que l’on considère le point d’insertion des ligaments latéraux comme étant le point d’origine de cette spirale, alors les rayons menés de ce point sur la spirale seront d’autant plus longs qu’ils aboutiront en un point de la spirale plus éloigné de son point d’origine. C’est suivant ces rayons que se trouvent disposés les ligaments latéraux pendant les mouvements de flexion et d’extension du genou. Ils correspondent aux rayons les plus courts pendant la flexion, et aux rayons les; plus longs pendant l’extension; enfin ils forment des organes d’arrêt dans l’extension forcée.

Les LIGAMENTS CROISÉS accomplissent plusieurs fonctions. Ils constituent d’abord un appareil puissant d’union entre le fémur et le tibia. Grâce à leur situation dans l’échancrure intercondylienne du fémur, grâce aussi à leur disposition, ils peuvent se mouvoir à l’intérieur de l’articulation.

Ils servent à arrêter la rotation du tibia vers la ligne médiane et exercent en outre une grande action, pendant l’extension et la flexion. En effet, le ligament croisé antérieur atteint son maximum de tension pendant les mouvements de flexion qui accompagnent la rotation; le ligament croisé postérieur arrête, à l’aide de ses fibres antérieures, les mouvements de flexion et, à l’aide de ses fibres postérieures, les mouvements d’extension (LANGER).

Le bourrelet synovial qui fait saillie dans la cavité articulaire, au dessous de la rotule, pas plus que le ligament adipeux qui le fixe au bord antérieur de l’échancrure intercondylienne, ne prend directement part au mécanisme de l’articulation du genou. Les replis synoviaux forment un organe de remplissage de la cavité articulaire, qui s’adapte aux variations de conformation que subit cette cavité pendant l’extension et la flexion. En même temps le ligament adipeux qui se dirige vers l’échancrure intercondylienne entraîne les replis synoviaux adipeux, pendant l’extension, entre les condyles fémoraux (fig. 237), et pendant la flexion, verticalement en avant des condyles. Ainsi se trouve atténuée la rigidité de la paroi antérieure de la capsule qui est formée par un tendon extenseur et qui ne peut suivre dans ses changements de forme la cavité articulaire. L’existence de replis synoviaux et du ligament adipeux semble être la conséquence de ce fait que le tendon extenseur entrant dans la constitution de la paroi antérieure de la capsule articulaire, cette dernière ne peut plus s’adapter, à la conformation de la cavité articulaire.