Articulation de la colonne vertébrale avec le crâne

 

Nous avons vu que les différentes vertèbres s’articulent entre elles par deux sortes d’articulations, dont les unes sont primitives et les autres secondaires. L’union primitive des vertèbres est réalisée par les disques intervertébraux, qui s’interposent entre les corps des vertèbres; l’union secondaire se fait entre les arcs des vertèbres à l’aide de ligaments tendus entre leurs apophyses. Dans l’articulation cranio-vertébrale, nous trouvons des dispositions nouvelles, que l’on doit considérer comme des dispositions acquises, dérivées de rapports plus simples. C’est ainsi qu’entre le crâne et la première vertèbre cervicale il n’existe qu’une articulation basilaire, l’articulation correspondant à celles qui se font entre les arcs des différentes vertèbres ne s’est pas développée. C’est de là que provient la mobilité beaucoup plus considérable du crâne. Toutefois l’articulation basilaire elle-même a subi des modifications. Du côté de l’occipital, les surfaces articulaires, au lieu d’être portées par le corps de l’os (occipital basilaire), sont portées par ses parties latérales. Au lieu d’une surface articulaire unique, nous en trouvons deux : elles sont constituées par les parties latérales de l’os. Du côté de l’atlas, le corps de la vertèbre étant partiellement disparu (page 163), au lieu d’une surface articulaire unique, il s’en est formé deux, qui sont portées par les masses latérales. Il s’est ainsi développé une double articulation latérale, dont la nature basilaire est encore suffisamment marquée par ce fait que la première paire de nerfs spinaux sort en arrière de l’articulation, et non pas en avant, comme cela devrait exister, si les surfaces articulaires dérivaient d’une articulation primitive des arcs vertébraux.

La deuxième vertèbre cervicale est aussi intervenue dans l’articulation, le corps de.la première vertèbre s’étant transformé en l’apophyse odontoïde de l’axis. C’est pourquoi les mouvements de la tète s’accomplissent à l’aide de deux articulations. D’un côté ils se font au moyen de l’articulation occipito-atloïdienne, laquelle est formée par les deux condyles occipitaux et les deux cavités de réception de l’atlas, qui reçoivent les condyles. C’est à l’aide de cette articulation que s’exécutent les mouvements d’extension et de flexion de la tête, ainsi que des mouvements latéraux peu importants. D’autre part, l’articulation atloïdo-axoïdienne (entre l’atlas et l’axis) permet les mouvements de rotation, en ce sens que le crâne, reposant sur l’atlas et formant avec elle en quelque sorte un tout unique, peut tourner sur l’axis. Enfin ces articulations sont complétées par des appareils ligamenteux spéciaux.

ARTICULATION OCCIPITO-ATLOÏDIENNE.  Elle est principalement représentée par l’articulation entre les deux condyles occipitaux et les surfaces articulaires supérieures concaves de l’atlas. Les surfaces des deux condyles doivent être considérées comme des parties séparées d’une seule et même surface articulaire : elles accomplissent en effet leurs mouvements en commun. Cette surface articulaire unique a la forme d’un ellipsoïde. Les mouvements d’avant en arrière et d’arrière en avant s’accomplissent autour du grand axe de l’ellipsoïde, transversalement placé. Les mouvements latéraux s’exécutent, au contraire, autour du petit axe de l’ellipsoïde. La concavité des surfaces articulaires de l’atlas correspond à la convexité des surfaces condyliennes de l’occipital. Un ligament capsulaire lâche s’étend du pourtour de chacun des condyles au pourtour de la surface articulaire correspondante de l’atlas.

Voir également  Articulations péronéo-tibiales

Il faut y ajouter des membranes obturatrices, étendues de l’arc antérieur et de l’arc postérieur de l’atlas jusqu’au pourtour du trou occipital. La membrane ou le ligament occipito-atloïdien antérieur s’étend de l’arc antérieur de l’atlas à la face inférieure du corps de l’occipital. C’est un prolongement médian du ligament vertébral commun antérieur, dans lequel passent de puissants faisceaux fibreux venant du corps de l’axis. La membrane ou le ligament occipito-atloïdien postérieur s’étend de l’arc postérieur de l’atlas au pourtour postérieur du trou occipital. C’est une membrane mince, qui est traversée par l’artère vertébrale, au point où elle entre dans le canal spinal. Un ligament semblable existe entre l’arc postérieur de l’atlas et l’arc de l’axis.

ARTICULATION ATLOÏDO-AXOÏDIENNE. Cette articulation rotatoire du crâne comprend plusieurs articulations. L’atlas, dont les surfaces articulaires inférieures reposent sur les surfaces articulaires supérieures de l’axis, reçoit l’apophyse odontoïde de l’axis dans la partie antérieure rétrécie de son trou vertébral. La face antérieure de cette apophyse présente une facette articulaire, qui s’articule avec une facette articulaire semblable que présente à sa face postérieure l’arc antérieur de l’atlas. Le mouvement rotatoire de la tête s’accomplit autour de l’axe de l’apophyse odontoïde. L’appareil ligamenteux qui intervient dans cette articulation présente des ligaments accessoires puissants, qui servent à fixer- l’apophyse odontoïde contre l’atlas en l’unissant en même temps au crâne, sans toutefois nuire à la mobilité de l’articulation.

Des ligaments capsulaires lâches unissent les surfaces articulaires inférieures de l’atlas aux surfaces articulaires supérieures de l’axis. Il existe aussi un ligament capsulaire lâche entre l’apophyse odontoïde et l’arc antérieur de l’atlas (articulation atloïdo-dontoïdienne).

Comme ligaments accessoires nous trouvons:  Les ligaments odontoïdiens latéraux (ligamenta alaria) (fig. 125), qui sont deux courts mais puissants

cordons fibreux: ils partent de la partie supérieure de l’apophyse odontoïde et se dirigent, en divergeant, en dehors et en haut vers la face interne du condyle occipital correspondant. Ils s’y insèrent à des rugosités.

Le ligament odontoïdien moyen ou ligament suspenseur de la dent, encore appelé ligament apical (ligamentum apicis), s’étend du sommet de l’apophyse odontoïde au pourtour antérieur du trou occipital (fig. 126). Ce ligament est peu important au point de vue du mécanisme de l’articulation. Le ligament transverse (fig. 125), qui maintient l’apophyse odontoïde contre l’atlas. Il s’insère à droite et à gauche dans une dépression rugueuse que présente l’atlas; il s’élargit en son milieu et s’applique contre la face postérieure de l’apophyse odontoïde. De sa partie élargie partent vers le haut et vers le bas des faisceaux fibreux longitudinaux. La branche supérieure constitue un ligament étroit, qui s’insère à l’occipital. La branche inférieure, un peu plus courte, s’insère au corps de l’axis. Le ligament transverse se trouve ainsi transformé en un ligament croisé (ligamentum cruciatum) (fig. 125). Le ligament croisé est recouvert par une membrane, qui s’étend, largement étalée, du corps de l’axis à l’occipital. Elle sépare du canal spinal tout l’appareil ligamenteux, qui se trouve de la sorte logé avec l’apophyse odontoïde dans la partie antérieure rétrécie du trou vertébral de l’atlas.

Malgré la mobilité du crâne sur les premières vertèbres cervicales, il reste encore une union immédiate entre la base de l’occipital et l’apophyse odontoïde de l’axis. Le ligament suspenseur de la dent, dont nous avons parlé précédemment (fig. 126), établit cette union. C’est un fin cordon ligamenteux, recouvert par le ligament croisé. Par ses rapports avec la corde dorsale, il correspond à un ligament intervertébral. L’on doit attribuer l’atrophie subie par ce disque intervertébral à la plus grande mobilité qu’ont acquise les parties qu’il unit.