Articulation coxo-fémorale

 

L’articulation du fémur avec l’os iliaque, c’est-à-dire l’articulation de l’extrémité libre du membre inférieur avec le tronc, constitue une énarthrose. La tête du fémur est reçue dans la cavité cotyloïde de l’os iliaque, qui lui forme une cavité de réception représentant un peu plus d’un hémisphère. La cavité cotyloïde est approfondie à l’aide d’un bourrelet marginal fibro-cartilagineux, le bourrelet glénoïdien (labrum glenoidale), qui est jeté comme un pont au-dessus de l’échancrure cotyloïdienne. De là le nom de ligament transverse (lig. transversum) qu’on donne à cette partie du bourrelet. Sous ce pont passent des vaisseaux sanguins, qui se rendent dans l’arrière-fond de la cavité cotyloïde. Le bourrelet glénoïdien est large, son bord tranchant est à peu près libre ; il s’applique intimement sur lai tête du fémur et agrandit par conséquent la cavité cotyloïde (fig. 230, Lab.) La surface articulaire semi-lunaire de la cavité de réception entoure l’arrière-fond de la cavité cotyloïde, qui n’est pas revêtu par du cartilage, mais qui est rempli par une masse de graisse, le pulvinar, tapissé par la membrane synoviale.

Près de l’échancrure cotyloïdienne, la membrane synoviale se continue en un cordon aplati, qui provient principalement du ligament transverse, s’amincit et va s’insérer dans la fossette de la tête du fémur. On désigne ce cordon sous le nom de ligament rond (ligamentum teres) ; mais il est en réalité une dépendance de la membrane synoviale ; dans ce ligament courent des vaisseaux sanguins, qui se rendent à la tête du fémur. Pendant les mouvements de cette dernière dans la cavité cotyloïde, le ligament suit la tête du fémur, sans intervenir dans le jeu de l’articulation.

Il se loge alors dans le pulvinar de l’arrière-fond de la cavité cotyloïde (fig. 230, L. teres).

La capsule articulaire est insérée en dehors du bourrelet glénoïdien à des rugosités que l’on trouve immédiatement en dehors du sourcil cotyloïdien. Au niveau de l’échancrure cotyloïdienne, elle naît du ligament transverse. Elle passe au-dessus du col du fémur et s’insère : en arrière, au-dessus de la ligne intertrochantérienne, et en avant à la ligne rugueuse oblique.

Le ligament capsulaire est renforcé par des faisceaux obliques qui partent de l’os iliaque. Parmi ces faisceaux, l’un est large et va de l’épine iliaque antérieure et inférieure dans la paroi antérieure de la capsule : c’est le ligament ilio-fémoral ou ligament de Bertin (lig. ileo-femorale vel Bertini). Il se dirige vers la ligne rugueuse oblique, où ses fibres s’insèrent (fig. 231). Un autre ligament de renforcement, le ligament pubo-fémoral (lig. pubo-femorale), prend son origine à l’épine du pubis et ses faisceaux passent dans la paroi interne et dans la paroi postérieure de la capsule. On le voit dans la figure 231. Il se continue avec des faisceaux qui viennent de l’ischion et qui, unis à des fibres annulaires de la capsule, entourent le col du fémur : on donne à ces faisceaux le nom de zone orbiculaire (zona orbicularis). Ils sont plus visibles en dedans qu’en dehors. Le ligament ilio-fémoral sert à limiter les mouvements d’extension et ceux de rotation.

Le ligament rond (lig. teres) ne semble pas être le reste d’une continuité primitive des deux surfaces de contact de l’articulation coxo-fémorale. Il constitue plutôt un appareil situé primitivement en dehors de l’articulation. Il a pénétré dans l’articulation lorsque, chez les oiseaux et les mammifères, le fémur a cessé d’être à peu près transversalement placé : sous l’influence des mouvements de rotation du fémur il a fini par se trouver à l’intérieur de l’articulation. Chez beaucoup de mammifères d’ailleurs son point d’insertion au fémur se trouve sur le bord même de la surface articulaire (Tapirus, Dasypus).

Voir également  Articulations des os de la ceinture de l’épaule

Parfois il n’est que peu éloigné de ce bord. Chez d’autres mammifères, le ligament rond est très peu important (Dasyprocta) ou même il fait complètement défaut, comme c’est la règle chez l’orang et comme cela se présente aussi parfois chez l’homme.

La disposition en énarthrose de l’articulation coxo-fémorale permet à la fois des mouvements angulaires suivant différents plans et des mouvements de rotation. L’axe de rotation se trouve naturellement dans la tête du fémur. Le rayon d’excursion est formé par une ligne menée de la tête du fémur à l’échancrure intercondylienne. A l’aide de ce rayon, l’os peut décrire la surface d’un cône, à

l’intérieur duquel peuvent s’accomplir des mouvements de rotation et des mouvements angulaires. La base du cône est située en bas, en avant et en dehors. Il en résulte que, dans la station verticale du corps, le rayon d’excursion se trouve déjà dans une position extrême, tandis que la demi-flexion de la cuisse correspond à sa position moyenne. Si, pendant la station verticale, la cuisse ne peut exécuter des mouvements aussi divers et qu’en outre l’amplitude de ces mouvements, d’extension et d’adduction par exemple, est notablement diminuée, par contre, dans la position de demi-flexion, la cuisse acquiert une mobilité plus grande. L’amplitude d’excursion du fémur, pendant l’adduction et l’abduction, peut alors atteindre 90° (LANGER).