APPAREILS ACCESSOIRES DU SYSTÈME MUSCULAIRE

 

Il se forme dans le voisinage des muscles des appareils accessoires qui facilitent leur travail physiologique. De même que tous les organes du corps sont unis par du tissu conjonctif, de même aussi les différents muscles sont unis les uns aux autres par ce tissu. Il comble les interstices qui existent entre eux, forme des cloisons de séparation entre les différents muscles et livre passage aux vaisseaux et aux nerfs qui s’y rendent Cette disposition du tissu conjonctif intersticiel est identique à celle du périmysium interne et du périmysium externe. Il y a cependant entre le périmysium et le tissu conjonctif interstitiel une différence importante. Cette différence est due aux rapports différents des éléments qu’ils unissent. Tandis que les faisceaux d’un même muscle agissent simultanément, au contraire les différents muscles, qui se trouvent dans le voisinage immédiat les uns des autres, n’agissent pas toujours simultanément. Cette autonomie de leurs fonctions n’est pas sans exercer son influence sur le tissu intersticiel qui les unit. Tandis que le périmysium externe d’un muscle quelconque est toujours en connexion intime avec son périmysium interne, il n’est généralement pas intimement uni au tissu intersticiel, qui le sépare d’un muscle voisin. La contractionne s’accomplissant pas en même temps dans les différents muscles voisins, il en est résulté un relâchement du tissu intersticiel qui les sépare. C’est aussi ce qui s’est produit autour des tendons terminaux, qui dans certaines circonstances, surtout dans les muscles pluriarticulés, se meuvent sous l’action de leurs muscles. Cette séparation du muscle d’avec le tissu intersticiel a nécessairement déterminé une certaine autonomie de ce dernier. Le relâchement conduit à la séparation. C’est de là que proviennent ces dispositions que nous désignons sous le nom d’appareils accessoires du système musculaire. Les principaux sont les fascias, les gaines tendineuses et les bourses muqueuses, TOUTES FORMATIONS QUI ONT LA MÊME ORIGINE TOUS PRODUITS DE L’ACTIVITÉ DESMUSCLES.
FASCIAS.

Les fascias, généralement désignés sous le nom d’aponévroses par les auteurs français, sont des couches intersticielles de tissu conjonctif, qui entourent les différents muscles, les unissent en groupes et forment enfin autour de ces derniers des gainés superficielles, qui les séparent du tégument commun. Il y a lieu de les diviser en FASCIAS SUPERFICIELS et FASCIAS PROFONDS, ces derniers étant ceux qui entourent les différents groupes de muscles et les différents muscles d’un même groupe Les fascias profonds présentent un degré de différenciation en rapport avec le degré d’autonomie des muscles qu’ils entourent; cependant ils sont toujours en continuité avec les fascias profonds voisins. Leur forme dépend de la forme et de la disposition des muscles auxquels ils appartiennent. Quand ils recouvrent des muscles bien développés en surface, ils forment des lamelles ou feuillets, qui perdent cependant ce caractère aux points où ils s’unissent avec d’autres fascias. C’est ce qui a lieu principalement quand un seul fascia sépare plusieurs muscles les uns des autres. Il ne faut donc pas se représenter les fascias comme des organes , distincts, mais comme du tissu conjonctif intersticiel, qui prend dans une partie de son étendue la forme de lamelles, en raison de son adaptation à la forme des muscles. Ce n’est que dans cette partie de son étendue que le fascia prend l’apparence d’un organe autonome. Le degré de différenciation des fascias est donc déterminé par des conditions mécaniques. Leur forme résultant de la forme et de l’étendue des muscles qu’ils recouvrent, ils semblent d’autant plus autonomes que les muscles sont plus développés, en surface. Ces lamelles ne sont donc qu’une forme de transition du tissu intersticiel proprement dit. Là où il existe entre les muscles d’autres organes, tels que de gros troncs vasculaires, des nerfs, etc., ce tissu ne prend généralement pas de structure lamellaire : il reste exclusivement intersticiel et peut ne pas être considéré comme formant un véritable fascia. On trouve alors là, en dehors des fascias, du tissu conjonctif intersticiel, qui n’affecte pas la forme de ces derniers. Les fascias superficiels aussi bien que les profonds peuvent subir dans leur texture des modifications importantes en-rapport avec le système musculaire. En général, ils sont principalement formés par du tissu conjonctif lâche, comme tout tissu intersticiel. Dans le voisinage immédiat du corps du muscle, le fascia renferme de nombreuses fibres élastiques. ce qui facilite son adaptation aux changements de forme que subit le corps du muscle pendant sa contraction. Cette texture se modifie toutefois en certains points. De là des dispositions nouvelles, dont nous allons signaler les plus importantes, a. Lorsque le tissu élastique vient à disparaître, le tissu conjonctif lâche se trouve remplacé par du tissu conjonctif condensé et le fascia devient aponévrotique. Des faisceaux tendineux se disposent dans une direction déterminée et le fascia peut même se transformer en une membrane tendineuse, une aponévrose (membrana aponeurotica). En. générale les fascias superficiels acquièrent cette texture dans le voisinage des saillies du squelette auxquelles ils s’insèrent. Grâce à cette transformation, le fascia acquiert une autre fonction. Au-dessus de lui passent des origines de muscles; il se met ainsi en connexion avec le système musculaire et se transforme, dans cette partie de son étendue, en un tendon d’origine. Les muscles superficiels exemples. des membres nous en offrent de nombreux exemples.
Des fascias superficiels pénètrent profondément entre certains groupes de muscles, jusqu’aux os. Ils deviennent de la sorte des ligaments intermusculaires (ligamenta intermuscularia, membranae intermus-culares), qui possèdent également une texture tendineuse. Ces ligaments servent à augmenter la surface d’origine de l’os auquel ils sont insérés.
Le fascia peut se transformer en tissu tendineux, sur une plus petite étendue, là où les origines de certains muscles partent de la surface d’autres muscles. Le fascia de ces derniers forme alors en ces points des cordons tendineux, que l’on désigne sous le nom d’arcades tendineuses ou fibreuses (arcus tendinei), et qui servent de tendons d’origine à d’autres muscles. Ces arcades sont alors généralement insérées en outre à des
pièces du squelette. Nous trouvons des exemples de cette disposition dans le muscle releveur de l’anus et dans la portion externe de la partie lombaire du diaphragme. En raison de ses origines, le muscle en question éprouve un changement de position. Des muscles ou des parties de muscles peuvent également prendre insertion à des fascias modifiés en aponévroses et dont ils deviennent des tenseurs. Cette disposition se réalise principalement dans des fascias superficiels, qui accomplissent alors une fonction spéciale. Lorsque son tissu tendineux prend un grand développement, le fascia acquiert alors la valeur d’un ligament.
Des muscles isolés ou même des groupes de muscles sont mis en rapport plus intime avec les os par l’intermédiaire de fascias aponévrotiques qui assurent ainsi l’autonomie de leur action. Ce sont surtout les fascias superficiels qui se transforment de la sorte. Des faisceaux tendineux obliques ou annulaires de certains fascias s’insèrent à des saillies du squelette et font fonction de ligaments, servant à renforcer l’action des tendons qui glissent au-dessous d’eux. Il arrive même qu’ils forment entre ces tendons des cloisons tendineuses, qui les maintiennent en place et règlent la direction qu’ils doivent suivre. L’on trouve de pareils ligaments aux membres supérieurs et inférieurs, aux points où des tendons passent de l’avant-bras ou de la jambe à la main ou au pied, en formant un angle dans leur trajet.

Voir également  Sacro-spinal

Aponévrose signifie expansion tendineuse, c’est-à-dire ce qui vient d’un tendon, veupov signifiant, en effet, à la fois nerf, tendon, ligament, etc. La différenciation de ces ligaments aux dépens des fascias indifférents est due à la résistance considérable qu’ils ont dû opposer en certains points aux tendons qui glissent au-dessous d’eux. Ils forment des sortes de ponts fibreux, qui jouent un rôle important dans le fonctionnement des muscles sous-jacents.
GAINES TENDINEUSES (vaginae tendinum). Les gaines tendineuses sont aussi des enveloppes membraneuses des tendons, formées aux dépens d’un tissu intersticiel. Elles accompagnent les tendons sur une plus ou moins grande étendue. Elles sont beaucoup plus indépendantes que les fascias des muscles et sont presque entièrement séparées des tendons qui glissent à leur intérieur. C’est à ce glissement des tendons qu’est due la formation des gaines tendineuses. On les trouve, par conséquent, autour des tendons allongés des muscles longs. Elles maintiennent ces tendons dans leur position normale. Quand plusieurs tendons courent parallèlement les uns à côté des autres, leurs gaines sont souvent confondues sur une partie de leur étendue. La face interne d’une gaine tendineuse présente le caractère d’une membrane synoviale ; grâce , à la synovie qu’elle sécrète, le glissement du tendon dans sa gaine est facilité. L’on appelle mésotenon des prolongements de la gaine tendineuse vers le tendon qu’elle renferme.
BOURSES MUQUEUSES OU SYNOVIALES (bursae mucosse, b. synoviales). Là ou des muscles ou leurs tendons glissent à la surface des os, il se produit un relâchement plus considérable du tissu intersticiel, déterminé précisément par ces glissements. Ce relâchement peut même aller jusqu’à la séparation complète des couches de ce tissu. Ainsi naissent des espaces, semblables aux cavités des gaines tendineuses, et remplis par une petite quantité de synovie, qui diminue le frottement du tendon ou du muscle sur les parties osseuses. Ces espaces sont appelés des bourses muqueuses : on leur donne des noms appropriés à la position qu’elles occupent. Leur étendue est aussi très variable. Tantôt elles sont simples (bursae simplices), tantôt au contraire elles sont subdivisées en plusieurs compartiments adjacents (bourses pluriloculaires, b. multiloculares), ou bien elles sont pourvues d’évaginations. Ces bourses ne renferment en général qu’une petite quantité de synovie, qui maintient lisses et onctueuses les cloisons en contact. Il n’est  cependant pas rare que la synovie soit plus abondante. Comme la cause de la formation des bourses muqueuses réside dans la mobilité des muscles qu’elles renferment et que, d’autre part, cette mobilité est la plus grande dans la partie du muscle qui est la plus rapprochée du point mobile, il en résulte que c’est surtout sous les tendons terminaux des muscles que les bourses muqueuses se forment.
Indépendamment des bourses muqueuses en rapport avec des muscles, il existe encore des BOURSES MUQUEUSES SOUS-CUTANÉES, dont nous parlerons lorsque nous ferons l’étude de la peau. Certaines bourses synoviales sont en communication avec des cavités articulaires, dont elles semblent constituer des évaginations. Il n’y a là rien qui doive nous étonner, attendu que les cavités articulaires se forment également par séparation d’un tissu intersticiel primitivement continu. La même cause mécanique qui détermine la genèse des cavités articulaires et des articulations provoque également celle des bourses muqueuses. C’est ce qui permet de comprendre pourquoi, dans l’un comme dans l’autre cas, il se forme des dispositions identiques et pourquoi les ‘bourses muqueuses sont tapissées par un revêtement semblable à la membrane synoviale des articulations. Les muscles ne se forment pas seulement des appareils accessoires par différenciations d’un tissu intersticiel (fascias et bourses muqueuses), mais ils déterminent aussi des modifications dans les parties squelettiques sur lesquelles ils glissent, modifications qui facilitent l’action musculaire. C’est ainsi que là où un muscle présente un trajet angulaire, à la surface d’un os, il se forme sur l’os une dépression en gouttière qui sert à maintenir le tendon. En ce point de sa surface, l’os se recouvre d’une couche de cartilage qui facilite le glissement du tendon. C’est ce que l’on désigne sous le nom de POULIES TENDINEUSES.

Voir également  Muscles spino-huméraux

Nous signalerons, en décrivant certains muscles, d’autres dispositions du même
genre, qui facilitent l’action musculaire et qui se sont formées précisément dans ce but.