Action des muscles

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L’action exercée par les muscles du squelette s’exprime par les mouvements des pièces squelettiques. Grâce au raccourcissement du corps du muscle, son point de terminaison se rapproche de son point d’origine, ou bien c’est l’inverse qui a lieu dans certaines circonstances, comme nous l’avons dit précédemment .

La somme des fibres actives du corps du muscle, telle qu’on peut la constater sur une coupe transversale, est l’expression du pouvoir de son action. Ce pouvoir représente la valeur de la résistance que le muscle peut vaincre, c’est-à-dire le poids qu’il est capable d’élever. De la longueur du muscle dépend, au contraire, l’amplitude du mouvement qu’il exécute, c’est-à-dire la hauteur à laquelle il peut élever le poids. Le travail musculaire est le produit de ces deux facteurs.

Chaque muscle exerce une action déterminée, qui dépend des rapports existant entre son origine et sa terminaison, ainsi que du mode d’union des pièces squelettiques auxquelles il s’insère. L’on désigne sous le nom d’action principale d’un muscle celle qu’il exerce à lui seul sans le concours préalable ou simultané d’autres muscles. C’est donc l’action la plus complète qu’il puisse exercer, indépendamment de tout autre mouvement accompli simultanément par d’autres muscles. C’est là ce qui la distingue de son action secondaire. Cette dernière pour se manifester est subordonnée à l’action d’autres muscles ou à l’action principale du même muscle. Le mode d’action d’un muscle est d’autant plus facile à déterminer que le rapport entre son origine et sa terminaison est plus simple. Si l’origine ou la terminaison d’un muscle est représentée par une ligne plus étendue que sa terminaison ou son origine, c’est-à-dire si le corps du muscle est formé par des faisceaux convergents ou par des faisceaux divergents, -alors la direction du mouvement est déterminée par la diagonale du parallélogramme des forces. Cet exemple simple est nécessairement compliqué par le développement plus ou moins puissant du corps du muscle, en l’un oui autre point de son étendue.

L’on a donné à un grand nombre de muscles, ou à des groupes de muscles, des noms appropriés à leur mode d’action. C’est ainsi que l’on désigne certains muscles sous les noms de fléchisseurs, extenseurs, abducteurs, adducteurs, etc.

Il est rare qu’un muscle agisse isolément. En général, pour produire un mouvement déterminé plusieurs muscles interviennent simultanément :ils forment donc un groupe de muscles associés. Il peut se faire que la résultante de l’action des différents muscles associés d’un même groupe soit simplement une augmentation de l’action exercée par un muscle déterminé du groupe; mais il arrive aussi qu’elle est telle que le mouvement qu’elle engendre, aucun des muscles du groupe, pris isolément, ne saurait l’exécuter. L’action simultanée des muscles associés d’un même groupe modifie donc les mouvements que chacun d’entre eux est capable de déterminer. A chaque mouvement exécuté par un muscle isolé ou par un groupe de muscles associés, correspond un mouvement en sens inverse déterminé par l’action d’un ou de plusieurs autres muscles. On dit alors que ces muscles ou ces groupes de muscles sont antagonistes. Ainsi les fléchisseurs sont antagonistes des extenseurs et réciproquement.

Voir également  Muscles et nerfs

Des muscles antagonistes peuvent agir simultanément pour fixer dans une position déterminée les pièces squelettiques avec lesquelles ils sont en rapport. C’est ce qui a lieu dans les mouvements coordonnés, c’est à-dire quand un muscle ne peut agir qu’à la condition que son point d’origine soit fixé par d’autres muscles. Cette coordination des mouvements se trouve réalisée dans la grande majorité des cas. A chaque mouvement coordonné participent généralement plusieurs muscles.

Les actions secondaires des muscles sont de différentes espèces. Les unes sont relatives; les autres, absolues. L’action secondaire absolue est liée à la manière d’être. du muscle lui-même; elle se manifeste toujours en même temps que l’action principale. Ainsi la tension des capsules articulaires est très souvent une action secondaire absolue et il en est de même pour la tension des fascias de beaucoup de muscles, une partie du tendon du muscle ou même un certain nombre de ses faisceaux s’insérant aux fascias superficiels. Une action secondaire est relative, lorsqu’elle dépend de l’action d’un autre muscle. Celle-ci doit avoir lieu ou bien avant la première ou bien en même temps qu’elle. Elle précède l’action secondaire, par exemple, lorsqu’un muscle, extenseur dans son action principale, sert en outre à accomplir un mouvement de rotation, ce qui suppose la pièce squelettique fixée dans une position déterminée par l’action d’un autre muscle. Lorsque l’action secondaire d’un muscle dépend de l’action d’un autre muscle qui agit simultanément, ces muscles sont alors associés. Le muscle alors, indépendamment de son action principale, détermine un autre mouvement, qui a lieu grâce à la coopération d’un autre muscle. Dans certains cas l’action principale d’un muscle subit elle-même des modifications. C’est ce qui se produit surtout pour les muscles des membres. Les muscles qui prennent leurs insertions d’origine et de terminaison à deux os placés dans le voisinage immédiat l’un de l’autre, les muscles uniarticulés, comme on les appelle parce qu’ils ne recouvrent qu’une seule articulation, présentent toujours des rapports simples. Au contraire, les muscles pluriarticulés, c’est-à-dire ceux qui passent au-dessus de plusieurs articulations, sont plus compliqués, ce qui dépend de ce qu’ils n’agissent pas seulement sur les os auxquels ils s’insèrent, mais aussi sur les pièces squelettiques situées entre leur point d’origine et leur point de terminaison, et au-dessus desquelles ils passent. Il en résulte toute une série de modifications qui font sentir leur influence sur l’action même qu’exercent ces muscles sur les os auxquels ils s’insèrent.

La musculature est surtout en rapport avec le squelette. Cependant ce rapport n’est pas le seul. Elle détermine aussi certains mouvements, grâce à ses relations avec des fascias, des aponévroses, et avec les ligaments capsulaires des articulations. C’est ainsi que dans les articulations, dont la capsule articulaire est bien développée, on trouve régulièrement des muscles fixés à cette capsule. Certains muscles s’unissent à cette dernière par une partie de leur tendon terminal, d’autres, au contraire, par leur tendon d’origine. Dans l’un comme dans l’autre cas ils agissent sur la capsule.